Chanson du vendredi #48

Quand un groupe de metal utilise de la musique yéyé pour faire patienter son public…

Pour plus d’informations sur cette chanson qui a sa propre page wiki : https://en.wikipedia.org/wiki/Pop_opp_i_topp

Chose peu courante, je passe en coup de vent pour relayer une demande d’aide d’un bouquiniste passionné dans le Tarn, afin qu’il puisse continuer sa boutique menacée de fermeture, qui non seulement vends des livres a 0,50 cts, mais sert aussi de refuge à ceux qui ont besoin d’écoute.

Si vous passez par Mazamet, allez lui rendre visite et achetez compulsivement (à 50cts, allons !) !

http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/18/1820901-mazamet-nouveau-bouquiniste-et-des-tresors-de-livres.html

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/20/1975393-le-bouquiniste-a-demenage.html

2 RUE DES CORDES 81200 MAZAMET

Les Groseilles de Novembre – Andrus Kivirähk

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Chronique de quelques dérèglements dans la contrée des kratts

Editions : Le Tripode
ISBN : 9782370550316
266 pages

Traducteur : Antoine Chalvin

Le destin d’un homme n’est pas facile. On vit, on meurt, puis on se change en démon.

Lire Andrus Kivirähk, c’est à chaque fois se donner la certitude que l’on va entrer de la façon la plus naturelle dans un monde proprement extraordinaire. L’Homme qui savait la langue des serpents (Le Tripode, 2013 – Grand Prix de l’Imaginaire 2014) nous avait habitués à l’idée d’une époque où il était encore possible d’épouser des ours, d’avoir pour meilleur ami une vipère royale ou encore de voler dans les airs à l’aide d’ossements humains. Les Groseilles de novembre démontre un peu plus les talents de conteur de l’écrivain. Nous voici cette fois-ci immergés dans la vie quotidienne d’un village où tout pourrait sembler normal et où, très vite, plus rien ne l’est. Les seigneurs sont dupés par leurs serfs, des démons maraudent, des vaches magiques paissent sur les rivages, les morts reviennent, le diable tient ses comptes, une sorcière prépare ses filtres dans la forêt et, quotidiennement, les jeux de l’amour et du désir tirent les ficelles. A la fois drôle et cruel, le texte relève autant de la farce que de la chronique fantastique. Les Groseilles de novembre est considéré en Estonie comme le meilleur roman d’Andrus Kivirähk.

Ce livre m’a tapé dans l’oeil en premier lieu à cause de sa couverture. Mis en avant au rayon SFFF d’une librairie, elle détonait parmis les couvertures arborants des héros musclés, des paysages sombres, des loup-garous poilus ou des femmes armées jusqu’aux dents. En effet, c’est quoi ce machin avec des bras en balai et cet air bête ? Et cette couverture, façon torchis ? Le libraire s’est trompé de rayon ? Oui et non. Les Groseilles de Novembre entrent bien dans la catégorie fantastique, on y trouve des créatures étranges dans les bois, des démons qui déambulent plus ou moins librement dans les fermes, de la magie, etc. Mais par contre, point de quête, point de héros, ici, tous les personnages sont des têtes à kratt (claques/kratt, krkrkr, pardon).

Ce roman, présenté comme la chronique d’un village estonien au mois de juillet novembre comme l’indique le titre – chaque chapitre est dédié à un jour -, nous fait faire la connaissance d’estoniens superstitieux (quoique), avares, voleurs, stupides pour la plupart et malhonnêtes.

Superstition : Forme élémentaire et particulière des sentiments religieux consistant dans la croyance à des présages tirés d’événements matériels fortuits (salière renversée, nombre treize, etc.).
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/superstition/75497#jYDoYXvjdHhqhBy3.99

Mais il parle aussi d’amour courtois, de pactes avec le Diable (rien à voir avec Faust), de vaches marines, d’épidémies courantes en ces temps là et nous fait découvrir le passé de ce pays méconnu, sous un angle mordant et critique.

Dans Les Groseilles de Novembre, les jours (et les chapitres) se suivent, mais en se ressemblent pas. On a l’impression de voir de saynètes burlesques se succéder, sans pour autant que l’ensemble ne paraisse incohérent. Après tout, c’est tout un village que l’on suit au jour le jour. Le seul fil conducteur du roman, c’est le comportement exécrable des habitants et leur volonté de flouer le diable afin de s’enrichir. Ainsi que la météo, c’est pas comme ça que les touristes auront envie de venir à cette période de l’année. Malgré tout, le roman et l’univers loufoque de ces Groseilles est fort plaisant.

On retrouve chez Kivirähk des similitudes avec son voisin Paasilinna, au niveau du ton employé, mais j’y ai aussi vu des similitudes avec un livre que, contrairement à ces Groseilles, je n’ai pas pu terminer : La Triste Histoire des Frères Grossbart, à cause du caractère des personnages, des scènes parfois cruelles et crues. Le contexte historique ne doit pas y être étranger non plus.

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En bref, une petite perle d’humour noir et de cynisme.

C’est le premier livre de Kivirähk que j’ai l’occasion de lire, mais ce ne sera certainement pas le dernier. Prochaine étape : L’homme qui savait la langue des serpents.

Opération PAL : Etat des lieux

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Comme mentionné dans plusieurs articles précédents, mes achats de livres se veulent plus raisonnés ces derniers temps. Le but ultime serait d’arriver à un PàL physique (c’est à dire sans les ebooks) constituée d’un seul livre… (Je vous entend pouffer dans le fond)

C’est dans cette optique que l’opération PàL est lancée :

Joe Abercrombie : Pays Rouge

   Les Héros

   La Moitié d’un roi

   La Moitié d’un Monde

G.D. Arthur : Eos 24/11/2016

Asimov : Cailloux dans le ciel

Marcel Aymé : La Jument Verte

Iain Banks : Entrefer

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque

Patrick Dewitt : Les Frères Sister

Dickens : Oliver Twist

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas

Flaubert : Madame Bovary

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Notre Dame de Paris

Mark Lawrence : L’empire Brisé

Ursula K. Le Guin : Terremer

Megan Lindholm : Le Dernier Magicien

Andrus Kivirähk : Les Groseilles de Novembre 17/10/2016

Jerome K. Jerome : Three Men in A Boat

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur

George RR. Martin : L’Agonie de la Lumière

Terry Pratchett : La Longue Terre

La Longue Guerre

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

JRR Tolkien : Le Hobbit

Alfred Wallon : Sterben kann ich noch Morgen 4/12/2016

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Ce qui fait 38 livres. Il y a encore un an et demie, cette PàL était de plus de 50. Elle baisse donc, mais assez lentement. Le fait que je la délaisse au profit de livres empruntés n’y est pas étranger.

Le bon côté, c’est que je sait déjà lesquels je vais lire en prochain.

Allez ! Rendez-vous dans 10 ans pour savoir si la mission est réussie !

Alors, quoi de neuf ? #1

Il y a quelques années, j’avais évoqué à une amie l’idée de faire une série d’articles « Revue de presse », projet mort dans l’œuf. C’est en parcourant divers blogs que l’idée est revenue. Seulement, une simple revue de presse manquait d’intérêt à mes yeux.Et si, finalement, je l’intégrais à une liste de mes lubies du moment ?

Et question musique ?

Il y a quelques mois est sorti un album associant un membre d’Enslaved à un membre de Wardruna, présenté au public à Oslo l’an dernier, lors de l’anniversaire de la constitution norvégienne. Il en résulte une musique planante et envoutante :

Bientôt sortira le deuxième opus de Blues Pills, que j’ai hâte de revoir sur scène. En attendant, le premier extrait est sorti :

 

Et au niveau lecture ?

Il n’y aura pas d’article sur la série de livres que je suis en train d’engloutir, parce que c’est trop dense, et que l’exercice de parler d’un tome tout seul est très délicat. Sachez néanmoins qu’il s’agit de la Tour sombre, dont je me suis enfilé les tomes à la suite, j’en suis au dernier, sur lequel j’ai levé le pied. Il est toujours difficile de sortir d’un univers aussi fort aussi brutalement qu’une lecture qui s’achève. Si le premier tome m’avait laissé de marbre, le deuxième m’a envouté. Et m’a aussi donné envie de relire les tomes du King que j’ai lu au lycée et dont les liens avec cette saga sont évidents (Insomnie, Salem, etc).

Pour continuer avec les livres, avez-vous lu cet article sur le genre chez John Scalzi ? Édifiant et chapeau à ses traducteurs. Il faut que je relise Deux In Machina.

Sinon, finissons-en avec le snobisme littéraire.

Et les sorties dans tout ça ?

Paris est une ville que je n’apprécie pas vraiment, néanmoins, j’y suis retournée pour assister au Download le vendredi 10 juin. Le vendredi matin a été consacré à visiter Montmartre, le vendredi après-midi à faire la queue au Cashless, la soirée à s’en prendre plein les oreilles (et a sautiller pour voir quelque chose et éviter le mal de dos dû à la station debout prolongée – oui, ça marche ! Faut pas s’arrêter par contre -)

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Et si jamais vous passez par Freiburg im Breisgau, dites bonjour au crocodile avant d’aller prier au dieu Bretzel et ne chopez pas de gastro !

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Et pour finir : Halestorm à Strasbourg, Raveneye en première partie : j’y suis allée sur un coup de tête, mais c’était vraiment un bon concert, autant la première partie que le groupe principal. Le public était majoritairement constitué de jeunes filles, ce qui l’éloigne de la moyenne d’âge des concerts que je fréquente d’habitude, mais en voyant la prestation du groupe, j’ai compris : Lzzy Hale est une leader charismatique et communicative, aux chansons sans langue de bois, donnant au tout un air d’empowerment bienvenu dans le milieu du metal bien couillu en temps normal.

 

 

Join the P.a.L #5

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Juin 2016, l’heure de faire le premier bilan des dernières acquisitions de l’année ! Comme la fois précédente, mes achats ont été limités et raisonnables (ils me le paraissaient moins sur le coup, mais bon, hein) Finalement, la technique de noter les références vues en librairie et de les laisser décanter pour retourner les chercher ou les réserver (non, Amazon ne passera toujours pas par moi, du moins pour les livres) si quelques semaines/mois plus tard, ils me font toujours envie, est assez efficace : moins d’achats impulsifs, forcément, et des livres qui restent moins longtemps dans ma PàL (au détriment de ceux qui s’y trouvent depuis 5 ans ahem).

Du coup, ce Join the PàL devrait plutôt s’intituler Join the Billy shelf, mais bon, hein, on va dire que.

Alors, depuis novembre, quoi de neuf ?

Donc, depuis novembre, 11 livres sont venus s’ajouter à ma bibliothèque, j’en avais déjà évoqué 3 : The Sleeper and The Spindle, Dragons at Crumbling Castle et Émilie voit quelqu’un.

Quid des huit autres ?

Dois-je vraiment expliquer pourquoi Par bonheur le lait ? Vraiment ? Neil Gaiman + Boulet ? Non, cela va de soit, il me le fallait. Point.

Idem pour le tome 10 des Notes de Boulet, que j’ai couru acheter le lendemain de la sortie, avant qu’ils n’aient plus de tote à la librairie. Le vendeur m’a d’ailleurs expliqué, très enthousiaste, qu’il essayait de le faire venir en dédicace. Il a réussi, je n’étais pas là. Je me suis rattrapée aux Imaginales. Muhuhuhu.

C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai fait l’acquisition du Club des Punks contre l’apocalypse Zombie. J’hésitais à l’acheter, puis en sortant du café littéraire dédié aux auteurs d’imaginaire, auteurs politiques ?, je me suis précipitée au stand pour le prendre (et le faire signer, muhuhuhu bis).

Sterben kann ich noch morgen, (Ou Je pourrais encore mourir demain) d’Alfred Wallon est un achat tout aussi spontané (mais pas signé, pas muhuhuhu), 1 € dans un bazar lors des courses en Allemagne, un résumé un peu WTF, je n’ai pas pu le laisser là, seul, abandonné. On verra bien ce que ça vaut.

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin, publié chez les Moutons Électriques, me faisait de l’œil depuis sa sortie. Il m’a finalement fallu le commander auprès de ma librairie pour l’avoir tant j’ai attendu. S’agissant d’une rétrospective sur la figure mythique de la sorcière, il avait tout pour me plaire. J’espère qu’il sera à la hauteur. Si oui, Pirates ! se retrouvera sans doute sur ma liste prochaine.

Le Prince écorché se trouvait dans ma liste depuis quelques années déjà (oui, même avant qu’il ne soit traduit hipster) mais pas assez haut pour que je me décide à l’acheter. L’action spéciale à 3.99 € a fini par me décider, désormais il est mien.

Si je vous dis que ce livre m’a tapé dans l’œil tout d’abord à cause de sa couverture, vous me croyez ? La créature des Groseilles de Novembre m’évoquait les créatures dans les sous-sols de Berlin, et la quatrième de couverture était assez décalée pour me marquer durablement. J’avoue pourtant appréhender un peu la lecture, avoir basé mon achat sur ces quelques éléments ne protège pas de la déception. Au pire, ça complètera la carte des auteurs que j’ai lus.

Comme convenu de Laurel n’est pas vraiment un achat de cette année, j’ai participé à la collecte Ulule à son lancement, ce n’est que récemment qu’il est arrivé dans ma boîte aux lettres. L’attente en valait clairement la peine (bon, sauf pour P.B., mais je n’aime pas vraiment son travail, du coup, j’aurais été très contente même sans cette introduction dont je n’ai pas trop compris l’intérêt), le livre est de très bonne qualité. Vivement la parution complète de la suite !

Vous l’aurez compris, ces dernières acquisitions ont été lourdes en BDs, ce qui n’est pas vraiment dans mes habitudes, mais il faut savoir sortir de sa zone de confort. Mais pas trop non plus, on reste sur des valeurs sûres et des genres qui ont su faire leurs preuves.

Allez, la prochaine fois, il y aura peut-être des romans érotiques et des livres pour enfants – blague à part, la taupe avec la crotte sur la tête, c’était pas mal -.

Dragons at Crumbling castle – (The fantastically funny) Terry Prachett

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(The fantastically funny) Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 9780857534378
338 pages

Illustrations : Mark Beech

Dragons have invaded Crumbling Castle, and all of King Arthur’s knights are either on holiday or visiting their grannies.

It’s a disaster!

Luckily, there’s a spare suit of armour and a very small boy called Ralph who’s willing to fill it. Together with Fortnight the Friday knight and Fossfiddle the wizard, Ralph sets out to defeat the fearsome fire-breathers.

But there’s a teeny weeny surprise in store . . .

Fourteen fantastically funny stories from master storyteller Sir Terry Pratchett, full of time travel and tortoises, monsters and mayhem!

‘So funny I dropped my spoon laughing!’ – King Arthur

Bon, cette fois, je vous évite mon laïus habituel concernant Terry Pratchett, vous allez croire que je radote. Du coup, on va entrer dans le vif du sujet tout de suite.

Terry Pratchett a toujours assumé avoir du mal à écrire des nouvelles. Vous me direz donc, si lui même disais qu’il n’y arrivait que très difficilement, est-ce que Dragons at Crumbling Castle est réservé aux complétistes et collectionneurs ? J’ai le malheur ahem de faire partie de ces deux catégories , et en plus, je suis de mauvaise foi, je dirais que non.

Mais objectivement et réellement, non, cette anthologie est à réserver aux fans inconditionnels, qui veulent découvrir les premiers écrits de l’auteur et les prémices du Disque-Monde ainsi que la version originale du Peuple du Tapis. On y retrouve également l’influence des Monthy Pythons, et le talent de Pratchett pour manipuler la langue est déjà bien présent, néanmoins certaines nouvelles trouvent le moyen de trainer en longueur et manquent de rythme.

Alors si vous souhaitez découvrir le Pratchett originel, foncez, sinon, lisez plutôt ses romans.

 

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Sinon, il parait que A Blink of the Screen est sorti en français. Va falloir que je complète. On se revoit dans 15 ans, quand ma collection sera terminée.

Chanson du vendredi #47

En souvenir du concert de Sélestat et de mes révisions de partiels.

#moonsorrow #tanzmatten #selestat

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Chroniques express – book edition #3

Pour cette troisième édition des chroniques express, nous exploiterons la thématique du malaise. Des lectures qui, sans avoir été mauvaises, m’ont laissé un gout de poussière ou de sang dans la bouche.

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William Kotzwinkle
Editions : Cambourakis
ISBN : 9782366241815
282 pages

Dr Rat, rongeur mentalement déséquilibré et mégalomane, a fait alliance avec la cause des hommes : dans le laboratoire où il est enfermé avec des dizaines d’autres animaux, il prêche la soumission à une science qui leur réserve pourtant un sort peu enviable. Mais le délire masochiste du Dr Rat ne pourra empêcher la révolte de gronder parmi ses congénères : le laboratoire se transforme en champ de bataille révolutionnaire. Paru vingt ans avant L’ours est un écrivain comme les autres, cette comédie animalière de William Kotzwinkle est une fable grinçante et sarcastique qui dénonce vivement la cruauté des hommes envers le règne animal.

Un livre que j’avais repéré en librairie pour le retrouver à la médiathèque. J’avais déjà lu L’Ours est un écrivain comme les autres (surtout à cause de la citation de Terry Pratchett au dos, on ne se refait pas) qui était sympa sans plus (la citation m’a semblé un peu exagérée en fin de compte. Quelle trahison.), on redécouvre ici un point de point de vue animal. Un rat de laboratoire taré observe avec désarroi une révolte animale qui commence avec les chiens de laboratoire, qui continue dans les abattoirs pour se poursuivre dans la savane. Tous les animaux convergent vers un seul point, seul l’Homme ignore cet appel viscéral qui traverse toutes les créatures vivantes.

Ici, à chaque pause de lecture, même avant de découvrir la fin, c’est un gout de sang persistant dans la bouche qui me suivait. C’est le regard torve que je mangeait mon steak haché, c’est la conscience torturée que j’ai acheté du jambon.
Si la fin est prévisible, l’Homme est un loup pour l’Homme est surtout pour les animaux après tout, elle m’a prise aux tripes et m’a donné les larmes aux yeux.
Ce livre date de 1976… 40 ans et il n’a pas pris une seule ride. Malheureusement.
Sur ce, je vais manger du tofu.

 

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Edward Carey
Editions : Grasset
ISBN : 9782246811855
464 pages

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…
Premier tome d’une trilogie superbement illustrée par l’auteur, Le Château nous plonge dans un univers pareil à nul autre, fantasmagorique et inquiétant, gothique et enchanteur. Edward Carey y révèle des talents de conteur, de dessinateur et de magicien qui font de lui le fils spirituel de Tim Burton et de Charles Dickens.

1 euros sur un vide-grenier, pratiquement neuf, il n’en fallait pas plus pour que ce livre rentre avec moi. Il a fallu ensuite 6 mois pour que je le sorte de ma PàL. Illustré par l’auteur dans un style très sombre, ce livre pour adolescents (je suppose) nous plonge dans un univers aussi noir que ses illustrations, ou la saleté est reine. On a du mal à en sortir, pas vraiment parce que l’histoire est fascinante, mais plutôt parce qu’on a l’impression de sortir du livre recouvert d’une couche de crasse bien épaisse (ou c’est moi qui fait un léger blocage hygiéniste concernant les livres d’occasion…) avec une odeur de décharge dans le nez.

En bref, pas une lecture qui m’a passionnée, l’enchantement promis par la quatrième de couverture n’était pas au rendez-vous, je ne pense pas lire la suite, mais l’atmosphère sombre est parfaitement réussie et oppressante.

 

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Stand-up ! – Anthony McCarten

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Anthony McCarten
Editions : Piranha
ISBN : 9782371190276
249 pages

Traducteur : David Tuaillon

Stand-up!

Azime, jeune femme timide d’origine kurde, a grandi dans une banlieue de Londres, déchirée entre l’Orient et l’Occident, l’islam et la laïcité, le foulard et les petits hauts sexy. Et maintenant que des bombes explosent dans les rues et le métro, être Azime devient plus compliqué encore. Comment vivre dans deux mondes si différents, qui tous deux dictent qui on doit être et ce qu’on doit faire ?
Lorsqu’une de ses camarades kurdes est retrouvée morte à cause d’un choix amoureux que réprouve sa famille, Azime décide de réagir : la meilleure façon d’échapper à un destin aussi tragique ne serait-elle pas d’en rire ? Elle se lance un défi qui paraît impossible : mettre un niqab, monter sur scène et devenir la première humoriste de stand-up musulmane du monde !

Incroyable, encore un livre de la rentrée littéraire de 2015 ! Un jour, je finirai par parler du Goncourt. Voici bien une lecture dans l’air du temps, quand Elisabeth Badinter appelle à boycotter les marques proposant de la mode « modeste », les marques qui décident que les femmes musulmanes sont des consommatrices et cibles marketing au même titre que les femmes non voilées, ce livre donne la parole à Azime, jeune kurde, qui décide de porter le niqab sur scène.

Azime vit avec ses parents, son frère et sa soeur dans une petite maison au nord de Londres, dans un quartier uniquement peuplé de kurdes, et que les médias appelleraient en ce moment une « zone de non droit ». Deux policiers pour une centaine de petites frappes en moyenne, un crime d’honneur dont la police se moque, des amies mariées à des hommes violents à peine arrivées à la majorité, et une mère qui court les agences matrimoniales pour caser sa fille qui a le malheur de trop penser par elle-même sont le quotidien de cette jeune femme qui a refusé de porter le voile et qui travaille bénévolement dans le magasin de meubles de son père. Elle cherche le réconfort auprès d’un ami kurde également, esprit libre à la syntaxe tout aussi libérée des conventions que lui-même, qui va lui permettre de commencer le stand-up.

On pourra d’ailleurs noter que le titre présente non seulement l’activité d’Azime,  mais aussi sa conviction profonde de se lever pour faire entendre ce qu’elle à dire. Ce qui semble très mal vu au sein de sa communauté et de sa famille.

Si les coutumes kurdes me sont totalement étrangères et que je ne saurait dire si celles-ci sont représentées de manière correcte (n’oublions pas que l’auteur est un homme blanc a priori étranger à ces questions de niqab ou de jupe trop courte/trop longue), les problématiques féministes sonnent juste : entre Dondu, féministe en herbe qui se plie aux traditions pour ne pas déplaire à sa famille (combien d’entre nous s’épilent alors que ça nous gonfle, juste pour ne pas être regardées de travers en été ?), Azime qui tente d’échapper au mariage, supposé être la seule voie possible pour une femme (avec la maternité, bien évidemment, un enfant hors mariage ? Putain de Babylone !), et le problème rencontré par les femmes qui osent dire ce qu’elles pensent et ce peut importe leur religion ou leur couleur de peau.

Si Azime est l’humoriste dont le monde a besoin au moment où il en a besoin, Stand-up ! est le livre dont on a besoin en ces temps perturbés.

 

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 Si seulement sa fille pouvait apprendre à fermer sa bouche, à écouter plus, à se comporter avec plus de modestie et d’humilité, à être loyalement au service des autres, libérée de cette ravageuse pression occidentale qui pousse à avoir une vie plus grande que son destin.

Alors ces longs siècles, avec tout ce qu’il avaient apportés, n’avaient vraiment pas servis à grand chose, si ne pas plier aux croyances de quelqu’un d’autre valait toujours la même peine capitale.