Dragons at Crumbling castle – (The fantatiscally funny) Terry Prachett

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(The fantastically funny) Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 9780857534378
338 pages

Illustrations : Mark Beech

Dragons have invaded Crumbling Castle, and all of King Arthur’s knights are either on holiday or visiting their grannies.

It’s a disaster!

Luckily, there’s a spare suit of armour and a very small boy called Ralph who’s willing to fill it. Together with Fortnight the Friday knight and Fossfiddle the wizard, Ralph sets out to defeat the fearsome fire-breathers.

But there’s a teeny weeny surprise in store . . .

Fourteen fantastically funny stories from master storyteller Sir Terry Pratchett, full of time travel and tortoises, monsters and mayhem!

‘So funny I dropped my spoon laughing!’ – King Arthur

Bon, cette fois, je vous évite mon laïus habituel concernant Terry Pratchett, vous allez croire que je radote. Du coup, on va entrer dans le vif du sujet tout de suite.

Terry Pratchett a toujours assumé avoir du mal à écrire des nouvelles. Vous me direz donc, si lui même disais qu’il n’y arrivait que très difficilement, est-ce que Dragons at Crumbling Castle est réservé aux complétistes et collectionneurs ? J’ai le malheur ahem de faire partie de ces deux catégories , et en plus, je suis de mauvaise fois, je dirais que non.

Mais objectivement et réellement, non, cette anthologie est à réserver aux fans inconditionnels, qui veulent découvrir les premiers écrits de l’auteur et les prémices du Disque-Monde ainsi que la version originale du Peuple du Tapis. On y retrouve également l’influence des Monthy Pythons, et le talent de Pratchett pour manipuler la langue est déjà bien présent, néanmoins certaines nouvelles trouvent le moyen de trainer en longueur et manquent de rythme.

Alors si vous souhaitez découvrir le Pratchett originel, foncez, sinon, lisez plutôt ses romans.

 

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Sinon, il parait que A Blink of the Screen est sorti en français. Va falloir que je complète. On se revoit dans 15 ans, quand ma collection sera terminée.

Chanson du vendredi #47

En souvenir du concert de Sélestat et de mes révisions de partiels.

#moonsorrow #tanzmatten #selestat

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Chroniques express – book edition #3

Pour cette troisième édition des chroniques express, nous exploiterons la thématique du malaise. Des lectures qui, sans avoir été mauvaises, m’ont laissé un gout de poussière ou de sang dans la bouche.

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William Kotzwinkle
Editions : Cambourakis
ISBN : 9782366241815
282 pages

Dr Rat, rongeur mentalement déséquilibré et mégalomane, a fait alliance avec la cause des hommes : dans le laboratoire où il est enfermé avec des dizaines d’autres animaux, il prêche la soumission à une science qui leur réserve pourtant un sort peu enviable. Mais le délire masochiste du Dr Rat ne pourra empêcher la révolte de gronder parmi ses congénères : le laboratoire se transforme en champ de bataille révolutionnaire. Paru vingt ans avant L’ours est un écrivain comme les autres, cette comédie animalière de William Kotzwinkle est une fable grinçante et sarcastique qui dénonce vivement la cruauté des hommes envers le règne animal.

Un livre que j’avais repéré en librairie pour le retrouver à la médiathèque. J’avais déjà lu L’Ours est un écrivain comme les autres (surtout à cause de la citation de Terry Pratchett au dos, on ne se refait pas) qui était sympa sans plus (la citation m’a semblé un peu exagérée en fin de compte. Quelle trahison.), on redécouvre ici un point de point de vue animal. Un rat de laboratoire taré observe avec désarroi une révolte animale qui commence avec les chiens de laboratoire, qui continue dans les abattoirs pour se poursuivre dans la savane. Tous les animaux convergent vers un seul point, seul l’Homme ignore cet appel viscéral qui traverse toutes les créatures vivantes.

Ici, à chaque pause de lecture, même avant de découvrir la fin, c’est un gout de sang persistant dans la bouche qui me suivait. C’est le regard torve que je mangeait mon steak haché, c’est la conscience torturée que j’ai acheté du jambon.
Si la fin est prévisible, l’Homme est un loup pour l’Homme est surtout pour les animaux après tout, elle m’a prise aux tripes et m’a donné les larmes aux yeux.
Ce livre date de 1976… 40 ans et il n’a pas pris une seule ride. Malheureusement.
Sur ce, je vais manger du tofu.

 

corbeaucorbeaucorbeaucorbeau

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Edward Carey
Editions : Grasset
ISBN : 9782246811855
464 pages

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…
Premier tome d’une trilogie superbement illustrée par l’auteur, Le Château nous plonge dans un univers pareil à nul autre, fantasmagorique et inquiétant, gothique et enchanteur. Edward Carey y révèle des talents de conteur, de dessinateur et de magicien qui font de lui le fils spirituel de Tim Burton et de Charles Dickens.

1 euros sur un vide-grenier, pratiquement neuf, il n’en fallait pas plus pour que ce livre rentre avec moi. Il a fallu ensuite 6 mois pour que je le sorte de ma PàL. Illustré par l’auteur dans un style très sombre, ce livre pour adolescents (je suppose) nous plonge dans un univers aussi noir que ses illustrations, ou la saleté est reine. On a du mal à en sortir, pas vraiment parce que l’histoire est fascinante, mais plutôt parce qu’on a l’impression de sortir du livre recouvert d’une couche de crasse bien épaisse (ou c’est moi qui fait un léger blocage hygiéniste concernant les livres d’occasion…) avec une odeur de décharge dans le nez.

En bref, pas une lecture qui m’a passionnée, l’enchantement promis par la quatrième de couverture n’était pas au rendez-vous, je ne pense pas lire la suite, mais l’atmosphère sombre est parfaitement réussie et oppressante.

 

corbeaucorbeau

 

Stand-up ! – Anthony McCarten

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Anthony McCarten
Editions : Piranha
ISBN : 9782371190276
249 pages

Traducteur : David Tuaillon

Stand-up!

Azime, jeune femme timide d’origine kurde, a grandi dans une banlieue de Londres, déchirée entre l’Orient et l’Occident, l’islam et la laïcité, le foulard et les petits hauts sexy. Et maintenant que des bombes explosent dans les rues et le métro, être Azime devient plus compliqué encore. Comment vivre dans deux mondes si différents, qui tous deux dictent qui on doit être et ce qu’on doit faire ?
Lorsqu’une de ses camarades kurdes est retrouvée morte à cause d’un choix amoureux que réprouve sa famille, Azime décide de réagir : la meilleure façon d’échapper à un destin aussi tragique ne serait-elle pas d’en rire ? Elle se lance un défi qui paraît impossible : mettre un niqab, monter sur scène et devenir la première humoriste de stand-up musulmane du monde !

Incroyable, encore un livre de la rentrée littéraire de 2015 ! Un jour, je finirai par parler du Goncourt. Voici bien une lecture dans l’air du temps, quand Elisabeth Badinter appelle à boycotter les marques proposant de la mode « modeste », les marques qui décident que les femmes musulmanes sont des consommatrices et cibles marketing au même titre que les femmes non voilées, ce livre donne la parole à Azime, jeune kurde, qui décide de porter le niqab sur scène.

Azime vit avec ses parents, son frère et sa soeur dans une petite maison au nord de Londres, dans un quartier uniquement peuplé de kurdes, et que les médias appelleraient en ce moment une « zone de non droit ». Deux policiers pour une centaine de petites frappes en moyenne, un crime d’honneur dont la police se moque, des amies mariées à des hommes violents à peine arrivées à la majorité, et une mère qui court les agences matrimoniales pour caser sa fille qui a le malheur de trop penser par elle-même sont le quotidien de cette jeune femme qui a refusé de porter le voile et qui travaille bénévolement dans le magasin de meubles de son père. Elle cherche le réconfort auprès d’un ami kurde également, esprit libre à la syntaxe tout aussi libérée des conventions que lui-même, qui va lui permettre de commencer le stand-up.

On pourra d’ailleurs noter que le titre présente non seulement l’activité d’Azime,  mais aussi sa conviction profonde de se lever pour faire entendre ce qu’elle à dire. Ce qui semble très mal vu au sein de sa communauté et de sa famille.

Si les coutumes kurdes me sont totalement étrangères et que je ne saurait dire si celles-ci sont représentées de manière correcte (n’oublions pas que l’auteur est un homme blanc a priori étranger à ces questions de niqab ou de jupe trop courte/trop longue), les problématiques féministes sonnent juste : entre Dondu, féministe en herbe qui se plie aux traditions pour ne pas déplaire à sa famille (combien d’entre nous s’épilent alors que ça nous gonfle, juste pour ne pas être regardées de travers en été ?), Azime qui tente d’échapper au mariage, supposé être la seule voie possible pour une femme (avec la maternité, bien évidemment, un enfant hors mariage ? Putain de Babylone !), et le problème rencontré par les femmes qui osent dire ce qu’elles pensent et ce peut importe leur religion ou leur couleur de peau.

Si Azime est l’humoriste dont le monde a besoin au moment où il en a besoin, Stand-up ! est le livre dont on a besoin en ces temps perturbés.

 

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 Si seulement sa fille pouvait apprendre à fermer sa bouche, à écouter plus, à se comporter avec plus de modestie et d’humilité, à être loyalement au service des autres, libérée de cette ravageuse pression occidentale qui pousse à avoir une vie plus grande que son destin.

Alors ces longs siècles, avec tout ce qu’il avaient apportés, n’avaient vraiment pas servis à grand chose, si ne pas plier aux croyances de quelqu’un d’autre valait toujours la même peine capitale.

The Sleeper and the Spindle – Neil Gaiman

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Neil Gaiman
Editions : Bloomsbury
ISBN : 978-1-4088-5964-3
69 pages

Illustrateur : Chris Ridell

La Belle et le Fuseau

She was one of those forest witches, driven to the margins a thousand years ago, and a bad lot.
She cursed the babe at birth, such that when the girl was eighteen she would prick her finger and sleep forever.

La Belle et le Fuseau : ce titre français va évidemment vous évoquer un conte bien connu, qu’il s’agisse de la version de Grimm ou de celle de Perrault. Les contes m’ont toujours fascinée, et j’ai ingurgité un nombre incalculable de séries et de films qui les réécrivaient pendant mon adolescence et mes premières années de fac. Mon intérêt a faibli peu avant le début de Once Upon a Time, c’est bien ballot. Mais vous vous souvenez de cette version horrifique de Blanche-Neige, avec Sigourney Weaver ? Ou avez-vous lu les mangas Ludwig Révolution ? Bon, ça, c’était avant que je ne décroche. Puis est venu Neil Gaiman.

The Sleeper and the Spindle nous propose donc une relecture du conte de la Belle au Bois Dormant. Sauf qu’ici, point de prince charmant. Non, ici,  c’est une Reine qui décide, accompagnée de sept nains (ahem), de libérer cette beauté endormie avant de se marier.
Le récit est ponctué de dessins de Chris Riddell, dont le style se rapproche des gravures de Doré (#petitstraits, cf. Boulet et Walter Moers). Le tout forme un objet livre très beau – je ne vous ai pas parlé de sa couverture ! – avec une couverture papier calque couverte de dessins de ronces, qui laisse apparaître par transparence la belle endormie.
La Reine est une reine guerrière, la belle et la sorcière ne sont pas ce que l’on croit de prime abord.
The Sleeper and the Spindle est une réécriture sombre, intelligente et dans l’air du temps.

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Une lecture courte et un bel objet, loin des contes pour enfants, à lire pour tout amateur de contes et de Neil Gaiman.

 

5 ans

Le 9 mars 2011, j’ai publié timidement le premier article de ce qui devrait devenir un blog dessin… Ce qui a  d’ailleurs inspiré le nom du blog : Celestraceae était le nom latin de la plante dont est issu le fusain (c’est aussi un poison).

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Finalement, il doit y avoir trois articles consacrés à ce passe-temps et c’est devenu un blog lecture en fin de compte (avec quelque fois, des parenthèses hors sujet, dans la vie, je ne fais pas que lire).

J’aurais aimé dire que les stats ont explosé, que j’écris beaucoup régulièrement maintenant qu’à l’époque, mais un petit tour dans les archives montrera que c’est faux. Depuis 2011, j’ai voyagé, trouvé d’autres passe-temps, déménagé, vécu. Tout ça fait que parfois, l’envie et le temps d’écrire n’ont pas été toujours là. Et en lançant ce bout d’internet, jamais je n’aurais pensé tenir ne serait-ce qu’une année.

Mes tentatives de réseautage parmi les blogolecteurs ont été un échec : toutes mes participations à des forums (qu’il s’agisse de musique, de livres, voire même le forum des anciens de mon lycée) n’ont duré que quelques mois : l’introversion s’applique aussi à la vie virtuelle visiblement.

J’ai tenté de participer à un rendez-vous récurrent, mais le manque de temps et d’intérêt en a eu raison (pourtant, j’ai beaucoup aimé faire certaines thématiques).

Mais le blog continue, les visites et les lecteurs arrivent tout de même (merci !), les commentaires aussi (re-merci !). Il s’est même étoffé de quelques réseaux dédiés : une page Facebook, et un compte Instagram, entre bribes de vie perso et complément du blog.

Le design n’a que peu évolué, après les tentatives de design minimaliste et épuré, je me suis rendue compte que ce n’était pas ce dont je voulais : il me fallait un truc cosy, chaud, et vu l’Internet d’aujourd’hui, désuet, un peu comme le salon chez mamie, chez qui t’attend une tasse de chocolat et des biscuits, des livres et de la musique qui fait du bruit (bon, ça, c’est peut-être pas comme chez mamie, c’est vrai).

En 5 ans, 202 articles ont été publiés, l’année la plus prolifique ayant été 2014. Le mois où j’ai été le plus bavarde était le mois de novembre de cette même année avec 10 articles. J’ai lu des merdes, j’ai appris à ne plus me forcer, tant pis pour l’article rageur et vengeur.

Mais j’ai aussi lu des livres excellents, et certains ont même changé (un peu) ma façon de voir les choses.

J’ai découvert un collectif d’auteurs méconnus, mais très talentueux, eu l’opportunité de recevoir des livres envoyés par les auteurs eux même (et je les remercie de leur confiance). D’ailleurs, j’ai failli emprunter l’un de ces livres à la médiathèque, puis, je ne suis rendue compte que l’auteur me l’avais envoyé en .epub (je les lirais, je ne vous oublie pas !). Et j’ai été déçue par des auteurs connus dont j’avais adoré les romans quand j’avais 17 ans…

Que les années à venir vous apportent des lectures édifiantes et des expériences de vie hors normes ! Et que ma motivation à écrire revienne me voir, des fois que…

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On aime les Amigurumi, vol.1

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Les couleurs sont beaucoup plus éclatantes en vrai.

En janvier, j’ai pris une résolution, la première depuis des années : faire des choses de mes mains. Je n’ai pas touché un crayon depuis plus de 6 mois. Autant pour un appareil photo. J’ai plusieurs projets couture en suspens. Cette fois-ci, je veux terminer quelque chose. Et comme je n’aime pas que les choses soient simples, j’ai commencé quelque chose que je ne maîtrisais pas du tout avant : le crochet ! Il faut bien s’occuper pendant les longues veillées d’hiver (et passer mes soirées devant mon ordi est de moins en moins une option, y passant déjà la journée). #mamie

La preuve en images en suivant ce lien.

Forcément, je me suis fournie en littérature qui va avec. Dont ce fameux magazine : On aime les Amigurumi. Je ne voulais même pas vous en parler au début, parce que le crochet, ça n’est sûrement pas la passion de mon mince lectorat, mais en le feuilletant, j’ai eu des choses à dire.

Alors pour poser les choses, je n’ai clairement pas le niveau pour évaluer les tutos : ils m’ont l’air clairs et compréhensibles, mais j’ai commencé avec des tutos issus du net, mal traduits, voire pas traduits du tout. Les étapes sont parfois détaillées par des photos dans ce magazine, mais il faut déjà maîtriser les points de base du crochet et les abréviations : n’imaginez pas pouvoir pondre une chauve-souris avec les ailes si vous ne savez pas comment faire une maille en l’air.

Le magazine propose également des interviews de créatrices, assez encourageants quand on est une noob totale.

Les projets sont mignons, le thème des animaux de la forêt est parfaitement illustré, j’ai d’ailleurs noté quelques petits trucs que je ferais un jour plus ou moins lointain (vu le rythme auquel j’avance, en gros, ça sera quand je serais à la retraite). On y trouve des castors, des renards, des loups, des blaireaux, des insectes, des chauve-souris, des fées, etc, bref, des animaux de la forêt et des personnages de contes de fées.

L’impression est de qualité, le papier est épais et agréable à manipuler. La mise en page est vraiment jolie, mais souffre de quelques défauts et c’est là que le bât blesse: si vous avez l’intention de faire l’un des porte-clés de ce numéro par exemple, n’espérez pas savoir quel matériel sera nécessaire, la maquette a décidé de superposer les photos des projets à la liste de matos : si c’était précisément ces projets là qui vous tentaient, c’est bien dommage, et démerdez-vous…

De plus, la traduction laisse un peu à désirer : un mot en allemand traîne dans un encart à côté de sa traduction, le chapeau introduisant les créatures de contes de fées est carrément incompréhensible (la traduction, c’est un métier, hein). Je n’ai pas relevé d’incohérences dans les modèles.

Il s’agit du premier numéro, j’espère que les parutions suivantes seront plus propres au niveau de la mise en page et de la traduction, parce que la présentation globale et les projets proposés sont soignés, c’est dommage que des détails de l’ordre de la superposition des photos et de deux traductions mal foutues ou bourrées de germanismes ternissent l’image de ce magazine pourtant prometteur.

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Son plus grand rêve est de partir une fois en tournée (bon, en vrai, moi aussi je commets ces germanismes, d’ailleurs, je vais une fois me coucher, là).

Les adorables figurines sont des animaux de la préhistoire gardant naturellement des petits secrets comme dans tous les contes de fées. Huh ?

The Miniaturist – Jessie Burton

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Jessie Burton
Editions : Picador
ISBN : 9781447250937
424 pages

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On an autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives at a grand house in Amsterdam to begin her new life as the wife of wealthy merchant Johannes Brandt. Though curiously distant, he presents her with an extraordinary wedding gift; a cabinet-sized replica of their home. It is to be furnished by an elusive miniaturist, whose tiny creations ring eerily true.
As Nella uncovers the secrets of her new household, she realises the escalating dangers they face. The miniaturist seems to hold their fate in her hands – but does she plan to save or destroy them?

J’avais repéré ce livre lors d’une de mes pérégrinations en librairie. Comme d’habitude, j’ai noté la référence pour la laisser décanter. Afin de ne pas acheter trop de livres sur un coup de tête, je note ceux qui m’intéressent, je les oublie pendant quelques mois, puis, je retourne voir si leur quatrième de couverture me fait toujours autant envie. Quitte a les commander à ma librairie habituelle où à les réserver à la bibliothèque.

Celui là, je n’y pensait plus trop d’ailleurs, jusqu’à ce que je retombe dessus à la médiathèque. Ni une ni deux, je l’ai emprunté.

The Miniaturist nous emmène vers une époque et un pays peu exploité par la littérature « populaire », c’est à dire, celle qui parvient jusqu’à nous : les Pays-Bas du XVIIème siècle. Nul doute que la littérature battave possède des rayons entiers dédiés à cette époque, mais elle fait rarement des émules chez nous.

Le livre comporte un lexique à la fin qui nous explique les termes et spécificités de l’époque, lexique très appréciable si, comme moi, on y connait strictement rien au commerce et aux colonies des Pays-Bas à cette époque.

Toute l’intrigue semble partir de ce meuble un peu particulier qui hante Pinterest autre autres pages wikipédia :
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Petronella, jeune épouse d’une riche marchand amstellodamois, reçoit cette maison de poupée en cadeau de mariage. A l’époque, ce type de maisons miniatures coutait bien plus cher qu’une vraie habitation. Elle décide de la meubler et contacte un mystérieux miniaturiste qui lui fait parvenir de magnifiques objets qui semblent avoir une signification cachée.
Cette maison et ces objets semblent être le prétexte pour dénouer les problèmes sous-jacents de la nouvelle famille de Petronella : un stock de sucre qui ne se vends pas, une belle-soeur écrasante par son autorité, un mari froid et distant, deux domestiques dont la place est ambigüe.

Si les personnages sont en avance sur leur temps – Petronella et Marin sa belle-soeur sont clairement des personnages aux convictions féministes tandis que Johannes et Otto auraient étés plus acceptés aux Pays-Bas au XXIème siècle (mais pas pour les mêmes raisons) -, au fond, leurs désirs et motivations restent obscures et peu explicités et la conclusion m’a laissé sur ma faim. De plus, Petronella, de part son assurance et sa maturité, m’a parue bien plus âgée que les 18 ans qu’elle est censée avoir. Inconsciemment, je suis partie du principe qu’elle avait la trentaine, pour violemment retomber dans la réalité à chaque mention de son jeune âge.

De plus, dans la dernière partie du roman, certains détails anodins à première vue sont remémorés par Nella avec le recul, afin de les expliciter et de les rendre évidents. L’intention est louable, certes, mais est-ce que le lecteur a un tel besoin d’être pris par la main ? Est-ce que le lecteur est un tel assisté qu’il est incapable d’additionner 1 + 1 ?

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Malgré ces défauts, The Miniaturist est un roman prenant, avec des défauts pardonnables pour un premier roman. Et dans le pire des cas, on sort de cette lecture en ayant la sensation d’avoir appris des choses, et ça, c’est pas donné à tous les livres. Jusqu’au milieu du roman, je croyait au coup de coeur, pour être mitigée sur la fin.

Chanson du vendredi #46

Year of the Goat avec This will be Mine, extrait de l’album Angel’s Necropolis.

Emilie voit quelqu’un – Anne Rouquette, Théa Rojzman

Emilie voit quelqu'un

Anne Rouquette, Théa Rojzman
Editions : Fluide Glacial
ISBN : 978-2352075554
104 pages

 

Une BD d’humour sur la psychanalyse !
Émilie a 30 ans – le meilleur âge – mais aussi un copain accro à la télé, des parents gentils (synonyme d’intrusifs) et une soeur parfaite (synonyme d’insupportable). Bref, le quotidien est un peu pesant pour cette instit au look de Mary Poppins ! Décidée à se prendre en main, elle commence une thérapie plutôt déroutante avec une psy aussi aimable qu’un caillou et aux méthodes étonnantes pour cette novice en dogmes freudiens. Et pourtant, avec délicatesse et humour, de lapsus en actes manqués, Emilie retrouve le sourire. Attachante héroïne du quotidien servie par le trait délicat d’Anne Rouquette et la plume subtile de Théa Rojzman, Émilie rend drôle le sérieux sujet de la psychanalyse. Fille de l’écrivain et psychosociologue Charles Rojzman, titulaire d’une maîtrise de philosophie, Théa nous offre une intelligente « Psychanalyse pour les Nul(le)s » !

C’est par hasard que je suis tombée sur cette BD, au en furetant au rayon BD de la Fn*c. Je l’ai feuilleté, et j’aurais bien été partie pour le lire en entier, là, au milieu de l’allée, si l’annonce que le magasin allait fermer n’avait pas retenti.
Du coup, j’ai noté la référence pour plus tard.
C’est finalement sous le sapin que je l’ai retrouvée et que j’ai pu continuer ma lecture.

Emilie, trente ans, vit depuis deux ans avec un mollusque/gameur/geek. Son collègue est hypocondriaque et doit être un habitué des forums doctissimo. Ses parents sont hyper-présents et maladroits, sa sœur parfaite et ses amies sont soit gotho-artistico-dépressives, soit greluches, et Emilie, au milieu de tout ça, tente de trouver ses repères dans un monde d’adultes. Pour tenter de démêler ses problèmes et névroses, elle va voir une psy.
Son collègue décrit les mécanismes et le vocabulaire de la psychothérapie a l’aide de schémas et des grandes explications de vulgarisation, ce qui permet de mieux appréhender les mots qui font peur, comme la dépression entre autres.
Les éditions Fluide Glacial ne sont, pour ce que j’en sais, pas réputées pour leur délicatesse. Je ne m’attendais pas à retrouver le récit de la psychothérapie d’une trentenaire habillée en Mary Poppins chez eux. Et pourtant, cette BD est assez fine et assez représentative de la génération de (presque) trentenaires dont je fais partie (à moins que ce ne soit uniquement mon entourage ? o_O)/

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En bref, un moment sympathique de lecture, peut-être pas la BD du siècle – n’est pas Maus qui veut (et ce n’est surement pas l’ambition des auteurs) – mais une lecture fort agréable et en plus, on sort de cette lecture en ayant l’impression d’avoir appris des choses (si on a pas fait d’études de psycho et qu’on a vu un psy la dernière fois il y a plus de 15 ans).

Le « à suivre » dans la dernière vignette m’intrigue, je n’ai vu aucune annonce pour une suite pour le moment, mais je suis bien curieuse de connaitre le fin mot de cette thérapie.