Opération PAL #6

Il est l’heure d’une mise à jour !

Depuis la dernière fois, deux livres ont rejoints la PàL (et l’ont quitté très rapidement) grâce à la boîte à livres de ma ville, et trois autres l’ont rejoints grâce aux rangements de cartons du grenier, ils seront surlignés dans la liste.

Et qu’est qui l’a quitté ? Plein de choses !

Joe Abercrombie :

  • Pays Rouge
  • La Moitié d’un roi
  • La Moitié d’un Monde
  • Double Tranchant

Karim Berrouka :  Fées, weed et guillotine

Dickens : Oliver Twist

Bruce Dickinson : What does this button do ?

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas

FabCaro : Le discours

Susan Fletcher : Un bûcher sous la neige

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Robin Hobb : Assassin’s Fate

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Lemmy Kilmister : White lines fever

Andrei Kourkov : Le pingouin

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur –> en cours

George RR. Martin : Le Dragon de glace

Terry Pratchett :

  • La Longue Terre
  • La Longue Guerre
  • La Longue Mars
  • La Longue Utopie

Erich Maria Remarque : A l’Ouest rien de nouveau

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

JRR Tolkien : Le Hobbit

Tronchet : Raymond Calbuth 3

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

Histoires et légendes de l’Alsace mystérieuse

5 entrées, dont 3 sorties quasi immédiates, et 12 sorties de livres qui attendaient pour certains, leur tour depuis, pfiouuuh, des années ! Reste donc 23 livres à lire, contre 31 en mars.

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Pour suivre en direct mes lectures et ne pas attendre le décompte annuel, je vous donne rendez-vous sur Goodreads et Instagram !

L’été indien d’une paire de lunettes – A.E. Van Vogt

L'été indien d'une paire de lunettes - E.A. Van VogtIndian Summer of a Pair of Spectacles

Editions : J’ai lu

ISBN : 978-2277210573

Traduit par France-Marie Watkins

189 pages

En ces temps futurs, les femmes dominent tandis que les hommes obéissent. Les lunettes chimiques qu’il leur faut porter ont fait d’eux des êtres d’une parfaite soumission.
Or,, un matin, le très doux et distingué physicien Peter Grayson s’aperçoit que deux fines fêlures lézardent ses verres teintés de rose…
… et découvre les charmes de l’autorité, de la colère, remportant au passage quelques victoires charnelles oubliées depuis longtemps.
Bref bonheur : devenu homme dangereux, Grayson est convoqué au Q.G. des Utts, les maîtres occultes de l’Univers…

Je ne sais plus trop comment ce livre est arrivé dans ma PàL. J’ai le vague souvenir d’un stand du secours populaire à la gare, il y a 6 ou 7 ans. Je l’ai exhumé fin mai, j’ai lu sa quatrième de couverture, et j’ai légèrement pris peur. M’apprètais-je à lire une ôde misogyne ? Allais-je réussir à lire ce livre sans le déchirer, le brûler ni hurler ?

Alors, oui, et des fois, non.

La Terre est été assujettie aux Utt, espèce extra-terrestre qui, partant du postulat que All Men are Trash (en 1979, les gars !), a décidé de castrer psychiquement tous les hommes pubères. Ce postulat de base, exposé dès les débuts du livre, m’a fait prendre peur, pas parce que je n’adhère pas -je suis féministe, ne l’oublions pas-, mais parce que j’avais peur que ce constat soit démoli, que les femmes en prennent pour leur grade, et que tout le livre ne soit qu’un rêve éveillé pour incels en tout genre.

Spoiler : ce constat n’est jamais remis en cause, le personnage principal, lorsqu’il parvient à sortir de son état de castrat, se rends compte de la modification de ses pulsions et que sa nature profonde est fidèle aux reproches des Utts.

Alors attention, ce livre n’est pas féministe pour autant, il y a bien quelques clichés lourdingues sur les femmes ici et là : nous ne savons pas conduire, et nous sommes frigides une fois mariées, alors qu’avant, célibataires, ohlala, quelles chaudasses nous étions.

Mais ce que je craignais le plus, à savoir, une pluie de male tears et de critiques sur les femmes, ne s’est pas produit. Ce qui s’est produit, c’était une critique de… la Religion, des faiseurs de bien et de Rois autoproclamés.

Parce que les femmes ont tous les droits et tous les pouvoirs, sauf un, celui de se pencher sur les Sciences, ce qui est autorisés aux hommes, qui sont réduits à l’état de toutous myopes. Les critiques du livre que j’ai lues sur Goodreads imputaient cela à un fantasme misogyne de l’auteur. Je ne demande jusqu’où ils sont arrivés dans leur lecture, car la raison devient rapidement transparente et évidente : l’ignorance rend manipulable et les Faiseurs de Bien, même avec les meilleures intentions du monde, peuvent devenir rapidement des tyrans. Car les Utts l’ont bien vu, les hommes sont responsables de beaucoup de choses qui sont allées de travers dans l’histoire de l’Humanité, mais qu’en est-il des femmes ? Feraient-elles mieux ? On ne le saura jamais, car en les gardant dans l’ignorance totale d’évidences scientifiques, ils ont réussi à les maintenir sous leur coupe. Ici, ce ne sont pas les femmes au pouvoir non plus finalement. D’ailleurs, les employés de maison sont… des femmes. On ne renverse pas tout un système en un claquement de doigts.

Alors, est-ce que ce livre est misogyne ? Il contient des clichés de genre bien énervants, mais il a 40 ans ! Parlez-donc à vos pères, oncles, voisins, il y en aura bien qui partageront encore aujourd’hui cette vision des choses, alors à l’époque… Mais il remet aussi les pendules à l’heure en ce qui concerne les pulsions irrépressibles des hommes, il y a 40 ans : certainement peu d’hommes se rendaient compte que les femmes acceptaient certaines choses par peur. Dans L’été indien d’une paie de lunettes, c’est exprimé clairement, sans faux semblants. Il mentionne aussi – rapidement, soit – l’image du vieil homme et de la jeune femme, mettant en avant le contraste entre leurs corps, leurs attentes, et leurs performances.

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En conclusion, ce n’était pas la lecture de l’année, c’était moins pire que ce à quoi je m’attendais d’un point de vue idéologique, et assez intéressant à mettre en parallèle avec les problématiques militantes du XXIème siècle.

En contrepartie, le discours manque cruellement de subtilité et de nuances, et le style, à moins que ce ne soit la traduction ? Est un peu pataud lourdingue. Mais je n’ai jamais lu de SF spécifiquement pour ses qualités stylistiques. Et l’auteur n’est d’ailleurs pas reconnu pour son talent dans ce domaine précis.

Mais aurais-je apprécié différemment ce livre sans le prisme féministe ? Mmmmh.

L’histoire humaine pré-Utt racontait que les hommes avaient profité sans pitié de leur plus grande force physique pour subjuguer et contrôler les femmes. Et c’était à cette menace que les femmes réagissaient.

Amigurumis en pagaille

 

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Amigurumis en balade

Ca fait longtemps que j’ai pas parlé de crochet !

Pourtant, entre temps, j’ai testé divers tutos de ce magazine.  Lorsque j’ai rédigé cet article, j’avais beaucoup de choses à dire sur la forme, mais je n’avais pas encore testé le fond. Ce n’est toujours pas fait, mais par contre, j’ai testé divers tutos du vol. 5, et c’était pas glorieux. Je vous passe mes sphères qui ressemblent plus à des œufs et je vais dire que c’est parce que je compte mal mes mailles et que ma tension n’est pas homogène.

IMG_20200605_213214.jpgMais quand j’ai voulu crocheter ce chat ! En soit, ce n’est pas sorcier, c’est un cœur un peu asymétrique, mais à aucun moment, quand il est dit qu’on doit assembler les deux parties, il n’est précisé sur combien de mailles on doit joindre les deux éléments. Alors quand, comme moi, on a jamais crocheté de coeur, on recommence trois fois son rang, on peste et on essaie tant bien que mal de retomber sur ses pattes avec le nombres de mailles finales du rang. Et la queue, en rond, plate ? Comment, dites-moiiiiiii ? Et le chapeau ? C’est le même fil ! J’ai respecté à la lettre ! Pourquoi il est beaucoup trop grand ?! C’était beaucoup de tâtonnements et d’hésitations. si j’avais été une vraie débutante ou moins entêtée, j’aurais balancé le tout par la fenêtre. C’est dommage, parce que le résultat est plutôt mignon, malgré le chapeau trop grand. Les oreilles trop grandes, ça, c’est ma faute, je trouvais que c’était vilain tel quel, j’ai rajouté un rang, et paf, trop grandes.

Futurama BrainSlug amigurumi

La BrainSlug, c’était mon premier amigurumi présentable (je vous épargne les précédents, dont le tout premier, un hibou qui ressemblait vaguement à une crotte, est devenu un jouet pour chat qui a vu bien des choses.) et aussi mon déguisement d’Halloween 2018. Il est beau, il est réussi, et j’ai terminé deux heures avant d’en avoir besoin dans le train, ah, j’en suis si fière. Le tuto (gratuit) vient de Ravelry.

La poire et le dragon viennent tous les deux du magazine Crochet Pratique Amigurumi. Je n’ai pas modifié la poire, à part l’épaisseur de fil et les yeux, parce que je n’ai pas d’yeux de sécurité. Le dragon, lui, a été modifié en plusieurs points : les yeux, pour la même raison que la poire, les cornes, les ailes, les joues et le ventre. Sur l’original, tous ces éléments sont en feutrine. Je n’en ai pas, et ne souhaitais pas en acheter exprès. LE ventre est improvisé d’après le tuto de la tête du dragon : même nombres de mailles et même forme. Les joues sont les mêmes que la poire. Les cornes sont des… oreilles de Pikachu (que j’avais fort bien réussi, mais que je n’ai pas pris en photo avant de le faire partir chez sa nouvelle propriétaire) et les ailes des ailes de Cthulhu.

La balle de préhension est le projet le plus ancien, elle date de mon congé maternité. Le tuto vient de chez Thali Créations, elle est plus grande que la sienne, et n’a jamais rencontré de franc succès chez sa destinataire. Mais des enfants plus grands ont aimé la démonter. Pour me la rendre quand ils n’arrivaient plus à la remettre.

Globalement, les seuls tutos avec lesquels j’ai du mal sont ceux de On aime les Amigurumis. Je ne sais pas si c’est un souci de traduction ou de rédaction du tuto en général. Ceux des autres livres, magazines et blogs n’ont pas de problème de clarté, fort heureusement.

J’ai encore une guirlande sur le feu, et d’autres idées en tête. Dont un livre au crochet.

 

 

Influences consuméristes

a l interieur aliments boire boisson

Photo de Kerde Severin sur Pexels.com

En préparant un article sur la liste des livres que je souhaitais lire, une chose m’a sauté aux yeux : la seule fois où un livre m’a fait envie à cause de sa couverture ou quatrième de couverture, sans aucun avis extérieur et que je ne l’ai pas acheté de suite, une fois sur ma liste, il a bien failli en être exclu rapidement à cause d’avis extérieurs négatifs (alors qu’ils sont moins nombreux que les bons).

Alors, outre le fait que je me suis attachée aux deux avis mitigés plutôt qu’à la vingtaine (voire plus) de notes excellentes, pourquoi les avis externes me sont-ils si importants ?

Avant les blogs, les réseaux sociaux, et même avant de faire des études supérieures « à la grande ville », alors que j’étais un peu seule dans mon patelin à aimer lire, et encore plus seule à aimer lire de la littérature de genre, j’arrivais bien à trouver des livres par moi même, à décider quoi lire, quoi emprunter, quoi acheter.

Je zonais comme une âme en peine dans le rayon SFF de la médiathèque de la petite ville ou j’allais au lycée, et j’ai découvert des merveilles ! Rien qu’avec la couverture, en faisant confiance à mon flair et  surtout à mes goûts. C’est grâce à cette médiathèque, au rayon SFF si petit, que j’ai découvert mes auteurs favoris. Alors même que je n’avais internet que 20 heures par mois et que le modem faisait bip bzp tut. (Médiathèque de Bitche, big-up et merci, sans vous, ma vie de lectrice n’aurait pas été la même !)

Au final, la seule chose qu’internet n’a pas changé, c’est la manière dont je découvre de la musique, qui, pour le coup, a toujours été via autrui, qu’il s’agisse de presse spécialisée, de forums, ou d’intelligence artificielle basée sur des algorithmes (last.fm depuis 2005 ! 15 ans de suggestions musicales !)

De fait, est-ce que ma relation au web, trop connectée, sur le plan personnel et professionnel, etc, m’a rendu paresseuse ?

Est-ce que ce flux continu d’avis, de chroniques, de grains de sel de tout le monde et personne m’ont éloigné de ma personnalité et de mon individualité ?

Est-ce que l’intelligence collective de cet essaim au bourdonnement incessant m’ont fait perdre le lien à mes goûts ? Ou me fait-elle douter d’eux ? Mais, au final, qui sait mieux que moi-même ce que je suis susceptible d’aimer ?

Quand ai-je cessé de me laisser porter par mes découvertes et de vouloir y plonger sans aucun a priori ? Est-ce que « devenir adulte » s’est accompagné chez moi d’un incroyable désir de vouloir tout anticiper au point de rendre la découverte de quelque chose le moins impactant possible ? -D’ailleurs, on peut allégrement me spoiler les séries que je regarde, ça ne me dérange pas.- Cette anticipation est-elle le résultat d’une société profondément anxiogène ?

L’information constante nous a-t’elle rendue anxieux au point de ne pas vouloir de mauvaises surprises, sommes-nous trop sollicité et désirons-nous avoir l’assurance au préalable que, oui, ce pavé de 950 pages est une merveille, suis-je devenue incapable de sortir des sentiers balisés des recommandations externes ?

Si nous sommes l’addition des gens que nous avons rencontrés, pour le meilleur et pour le pire, et que ce fameux bouche-à-oreille peut faire découvrir des merveilles, si nous nous en servions pour faire découvrir des choses, et que nous ne laissions pas des avis négatifs nous empêcher de lire, de voir, d’écouter, les livres, les films, la musique que nous souhaitons découvrir ?

Et si on essayait de retrouver l’innocence d’avant la cacophonie du net ? Et si on allait aussi visiter des endroits, sans avoir regardé si c’était joli sous toutes les coutures, sur Google Maps, Images, le Guide du Routard et TripAdvisor ? Redevenons des aventuriers et allons reconquérir la Terra Incognita de notre culture personnelle !

Je suis bien consciente de participer à cette cacophonie, à me prendre au mot, je pourrais aussi bien fermer boutique ici. Mais, d’une, j’ai deux lecteurs qui se battent en duel, donc je ne pense pas influencer grand monde, de deux, j’ai parfois le besoin de partager mes coups de cœur et de gueule sans vouloir casser les c…lles de mon entourage, je le fais déjà bien assez en vrai, et de trois, tout le monde n’a pas ce même ressenti. Je ne l’avais pas moi-même il y a une semaine.

A suivre, un récapitulatif des livres que j’ai lu sans influence extérieure ces dernières années, histoire de me rassurer.

De livres et d’envies

Pendant ce confinement (ça va, vous ?), j’ai lu et ma PàL a un peu baissé. Elle n’avait pas beaucoup augmenté ces derniers temps de toutes manières. C’est donc le prétexte parfait pour chercher comment la faire grimper à nouveau, non ?

Mais c’est aussi un moyen de laisser cette wishlist se décanter. D’ici quelques temps, j’y reviendrai pour la mettre à jour. Souvent, des livres sur ma wish-list finissent par en disparaitre sans avoir été jamais lus, empruntés ou même cherchés ne serait-ce qu’à la bibliothèque.

Corollaire de ce listing, comme visiblement, j’aime bien raconter ma vie, je me rends compte que je suis horriblement influençable. Un des seuls livres qui ont terminés sur cette liste sans réseau ni bouche à oreille (alors qu’apparemment, la maison d’édition a mitraillé -ma bulle d’informations fonctionne étrangement-) (ceux là, sont, pour la science, noté avec une *) a bien fini en sortir ni une ni deux à cause de deux avis négatifs à simplement mitigés, pour les autres qui y sont sans influence externe, j’ai refusé de chercher des avis.

Alors, on y va ?

lemurinvisibleLe mur invisible, de Marlen Haushofer, que j’aimerai trouver en VO. Ca me laisse, au plus tôt jusqu’à l’ouverture des frontières pour y réfléchir. Ou la prochaine fois que j’irais faire des courses Outre-Rhin, ce qui peut arriver des mois après l’ouverture des dites frontières. Oui, tout le monde l’a lu. Je crois que quelqu’un de connu en a parlé. Genre, quelqu’un avec des paillettes.

A la suite d’une catastrophe planétaire, une femme fait l’apprentissage de la solitude et de la peur.

derbucherdracheDer Bücherdrache, de Walter Moers*. Pas disponible en français, et ma librairie se trouve dans l’impossibilité de le commander (c’est pourquoi je n’ai même pas posé la question pour le livre précédent). En attendant le tome final des aventures de Hildegunst, prévu en 2025…

déracinéeDéracinée, de Naomi Novik, dont j’ai entendu beaucoup de bien à maintes reprises. Et la couverture est belle !

Pour les protéger des forces maléfiques du Bois, les habitants d’un village peuvent compter sur le Dragon, un puissant mage. Mais en échange, ils doivent lui fournir une jeune fille qui le servira pendant dix ans. L’heure du prochain choix approche et Agnieszka est persuadée que le Dragon optera pour Kasia, belle, gracieuse et courageuse, tout ce qu’elle n’est pas. Mais Agnieszka se trompe..

Samantha-Shannon-–-Le-Prieuré-de-lOranger-2019Le Prieuré de l’Oranger, de Samantha Shannon*, parce qu’il me faisait bien envie quand je l’ai vu à la librairie cet hiver. Mais j’avais plein de choses à lire. Puis j’ai lu des avis, tous dithyrambiques. Sauf deux qui m’ont fait retirer ce livre de ma wish-list. Pour que je l’y remette suite à un tweet de l’autrice.

Un monde divisé.
Un reinaume sans héritière.
Un ancien ennemi s’éveille.

La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…
Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages. Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.
De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence.
Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil… Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

StarlessSeaThe Starless Sea, d’Erin Morgenstern, parce que j’ai lu un article de blog qui en parlait si bien que j’ai depuis une folle envie de le lire (par contre, j’ai totalement perdu le lien de l’article en question).

« Aucune histoire ne s’achève jamais vraiment tant qu’elle continue à être racontée. »

Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu’une scène de son enfance y est décrite, il décide d’en savoir davantage. C’est le début d’une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d’histoires à préserver, quel qu’en soit le prix…

elisabetaElisabeta, de Rozenn Illiano, après avoir vu ses livres passer sur les réseaux (je suis tellement influençable, que voulez-vous), dès que la crise sera passée et que son site sera rouvert, et peut-être un autre, indisponible sur les autres réseaux de deals de livres. Réseaux que je n’utilise pas, par conviction, donc j’attendrai la réouverture du site.

‘Le Cercle’ désigne une société secrète cachée dans les ombres de l’Histoire depuis ses balbutiements, et fédère le peuple immortel que les humains nomment ‘vampires‘. »

En France, Saraï est une jeune immortelle assignée à résidence depuis toujours ou presque. Elle a été jugée pour avoir manifesté un pouvoir parapsychique interdit, un don qu’on lui a retiré avant de la marier de force et de la contraindre à ne jamais quitter sa maison.
En Italie, Giovanna est une mortelle qui vit en compagnie d’un vampire, et dont elle est la seule source de sang. Elle non plus n’a pas eu le choix : née dans une famille proche du Cercle, elle a dû se soumettre à leur autorité et quitter sa petite vie toute tracée.

Jusqu’à ce jour de novembre 2014, quand une éclipse solaire se produit. Le phénomène réveille le don endormi de Saraï. Giovanna, quant à elle, est agressée dans sa propre maison par un immortel, qui lui donne de force la vie éternelle. Depuis, le Cercle les menace de mort, car il ne tolère pas les écarts de ce genre.

Grâce à son don, Saraï entend l’esprit d’une ancienne Reine immortelle, Elisabeta, dont l’âme est piégée à l’intérieur d’une poupée de porcelaine. Elisabeta a tout perdu : son pouvoir, son règne, son enfant et son amant. Réduite aujourd’hui à l’état de fantôme, elle accepte de venir en aide à Saraï qui veut se confronter au Cercle, quitte à le détruire.

sorcieredechairSorcière de Chair, de Sarah Buschmann, parce qu’on m’en a parlé dans la vraie vie, que c’est une autrice locale et que je suis terriblement chauvine, et que c’est un premier livre qui a fini finaliste du prix Masterton.

Australie, 2016.

Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.

Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ?

Une chose est sûre : l’abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…

lediseurLe Diseur de mots, de Christian Léourier, parce qu’on m’a dit du bien de sa plume, et que j’ai envie de découvrir par moi même sa manière d’écrire.

Depuis l’accession au pouvoir du hartl Skilf Oluf’ar, la paix règne et la commanderie du Solkstrand prospère.
Lorsqu’on lui refuse le passage d’un pont parce qu’il ne peut s’acquitter du péage, Kelt prédit l’effondrement de la construction. Ainsi sont les diseurs de mots : ils possèdent de drôles de dons, jamais ils ne mentent et, affirme-t-on, leurs vérités ensorcellent.
Arrêté et livré aux geôles du seigneur local, Kelt doit démontrer son innocence lors d’une ordalie. Hòggni, un mercenaire en mal de contrats, accepte de le représenter puis remporte le duel. Toutefois, vexé de sa défaite, le seigneur les missionne alors au Heldmark, où le culte d’un dieu unique se répand plus vite que la peste…

laseveetlegivreLa Sève et le Givre, de Léa Silhol. Celui là, c’est un cas à part. Plusieurs fois je l’ai eu entre les mains pour finalement le reposer. Il est sur ma liste depuis au moins 10 ans… Son style serait dense et j’ai peur de m’y perdre ou d’y être insensible, les styles très travaillés et très « littéraires » ne sont pas toujours ma tasse de thé, surtout si j’ai la sensation qu’il s’agit plus d’un exercice de style que du style naturel, aussi ampoulé soit-il, d’un auteur (une certaine horde qui avance contre un ventilateur, je dis ça, je dis rien). Alors, est-ce que cette fois-ci, ce sera la bonne ?

Trois fois les Parques ont parlé, et en accord avec leurs prophéties de ruine, Finstern, Roi de la Cour unseelie de Dorcha, doit mourir. Sauf si…

Comme une dernière chance, ou un danger supplémentaire, des puissances contraires mettent au monde Angharad, née du printemps et de l’hiver, de l’élan et de la mort. Elle peut contrecarrer le destin de Finstern, ou le précipiter, et s’avance sur l’échiquier en Reine Blanche, porteuse du pouvoir de trancher entre des myriades d’intérêts divergents.

Mais sans savoir quel est son destin, ni le prix qu’elle devrait payer pour écarter Finstern du sien. Au cœur des affrontements entre les fées d’Ombre et de Lumière, les Fatalités et les anciens dieux, Angharad cherche une voie qui lui soit propre, chacune de ses décisions engageant à la fois l’équilibre de la Féerie, et des Terres de Mortalité…

chezsoiChez soi, de Mona Chollet*, j’ai beaucoup aimé Beauté Fatale, j’ai moins accroché à Sorcières (la sorcière en tant que terme militant, ça commence à me sortir par tous les orifices, même Sephora s’empare du truc pour vendre du font de teint, c’est bien que ça devient craignos, et si je devais ne garder qu’un seul livre mêlant féminisme et sorcières, ce serait Caliban et la sorcière, de Silvia Federici). Il est disponible en lecture libre sur le site de l’éditeur, mais je n’aime pas lire sur un écran d’ordinateur.

Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l’état de  » famine temporelle  » qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question  » Qui fait le ménage ? « , persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l’on rencontre des modes de vie bien plus inventifs… Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d’y voir plus clair, et de se sentir mieux.

abymeAbyme de Mathieu Gaborit*, parce que j’ai lu La Cité Exsangue et que j’ai aimé. Ou bien carrément Les Royaumes Crépusculaires, soyons fous !

« La créature me salue puis, d’une voix familière, déclare : Fais-moi visiter cette ville. Je viens pour la première fois. » À l’ouest des Royaumes Crépusculaires se dresse Abyme, cité baroque et décadente. Maspalio, farfadet astucieux et ancien prince-voleur est engagé pour retrouver un démon Opalin. Sillonnant les canaux, les abysses et les palais, il y rencontre : les Gros, caste d’obèses qui règnent sans bouger ; les décadents qui absorbent l’âme de la cité ; mages, ogres, salanistres et méduses… Mais quand un meurtre est commis, la vie de Maspalio est menacée et l’enquête se complique… Dans ce dédale cosmopolite, qui est suspect, qui est coupable ? Et qui sait ce qui se cache dans les ombres d’Abyme ?

alavieA la vie, de L’Homme Etoilé, parce que ses bds publiées sur Instagram redonne un peu d’espoir pour l’humanité de l’Humanité (non, y’a pas d’erreur) et m’ont fait pleurer plus d’une fois. Et le fait que sa fille ait une peluche du Cardinal Coppia me le rend encore plus sympathique.

Avec Roger, l’Homme étoilé met une claque à la maladie sur les sons endiablés des tubes de Queen. Avec Mathilde, il apprend à parler le suédois, Edmond lui lance un véritable défi gastronomique et Nanie finit par l’adopter, en parfaite nouvelle grand-mère.

Dans ce roman graphique plein d’humanité, émouvant et drôle, l’Homme étoilé, l’infirmier aux plus de 1OO OOO abonnés sur Instagram, raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

La majorité est francophone, et ça, c’est bien la première fois que ça arrive.

Rendez-vous dans quelques mois (on va pas être trop optimiste, hein, les mises à jour sont déjà redevenues plus irrégulières) pour voir l’évolution de la chose.

Chanson du vendredi #53

C’est l’histoire d’un mec que je voyais passer souvent dans les flux d’écoutes de gens avec qui j’ai des goûts musicaux en commun mais que je n’ai pas daigner écouter à cause de son étiquette « country ». Bouh caca. On va écouter de la country, et puis quoi encore ? Du Schlager aussi ? Et on termine avec Yvette Horner ? Non, mais, j’ai une réputation à tenir, moi !

Et puis j’ai regardé Sons of Anarchy, et j’aimais bien la bande-son, et je me suis fracturé le crâne en m’ouvrant un peu l’esprit. Et j’ai écouté. Et c’était bien. Donc voilà.

La chanson suivante est sur l’album sorti cette année.

Peut-être qu’un jour, je vous parlerai de tous mes préjugés culturels, en attendant, il faudra composer avec mes biais présentés sur un plateau d’argent virtuel.

Le pingouin – Andreï Kourkov

Смерть постороннего

Editions : Points

ISBN : 978-2020477819

Traduit par : Nathalie Amargier

274 pages

À Kiev, Victor Zolotarev et le pingouin Micha tentent péniblement de survivre. Victor, journaliste, est sans emploi et Micha, rescapé du zoo, traîne sa dépression entre la baignoire et le frigidaire de l’appartement. Lorsque le patron d’un grand quotidien offre à Victor d’écrire les nécrologies de personnalités pourtant bien en vie, Victor saute sur l’occasion. Un travail tranquille et lucratif.

Mais un beau jour, les « petites croix » se mettent à mourir, de plus en plus nombreuses et à une vitesse alarmante, plongeant Victor et son pingouin neurasthénique dans la tourmente de ce monde impitoyable et sans règles qu’est devenue l’ex-Union soviétique.

Ce livre est un fail de tentative de réduction de ma PAL. J’allais tranquillement déposer des livres dans la boîte à livres de ma ville. 5 ou 6, je ne sais plus. Deux coffrets de 3 plus quelques one shots. Trois semaines avant le début du confinement. Je dépose donc mes livres. Et je jette un coup d’œil quand même à ce qui traîne, on ne sait jamais. Bon, les traditionnels fascicules de feuilletons en allemand sur des romances de médecin de campagne. Des livres d’auteurs tombés dans l’oubli. Et celui là. Dont je n’avais jamais entendu parler. Mais ça avait l’air drôle, et il se peut que l’enfant m’aie contaminé avec sa phase pingouin. Et je venais de lire Le chat qui mangeait de la laine, je m’attendais à quelque chose du même type en lisant la quatrième de couverture.
 
Alors ouiiiii, et non. Victor vit avec Micha, le pingouin rescapé du zoo, dans un petit deux pièces à Kiev. Sa présence le réconforte et ils se soutiennent mutuellement dans leur solitude. La ressemblance s’arrête ici. Victor accepte une mission pour un journal et se retrouve entrainer dans une affaire politique qui le dépasse.
Pourtant, les enjeux politiques ne sont pas le cœur du récit, Victor ne comprenant pas trop ce qui se passe, ni pourquoi. Il a bien des idées à ce sujet, mais il est plus absorbé par sa solitude et son désespoir pour réellement chercher à comprendre.Le dénouement de l’intrigue lui est révélé, comme au lecteur, lorsqu’il tente de sauver son pingouin.
Cette partie là m’a rappelé un livre que j’ai lu l’année dernière, dans lequel un homme se fait régulièrement interpeller par des gens qui savent qui il est, sans que ce soit réciproque : Figurec de FabCaro.Ici, c’est un peu pareil et il m’a également évoqué d’autres auteurs des pays de l’Est, qui, dans leurs romans, subliment le désespoir avec de l’incongru : Arto Paasilinna (pas vraiment de l’Est, mais j’y viens*) et Andrus Kivirähk, ou même Boulgakov (dont je ne vous ai jamais parlé). Comme si le spectre de l’URSS planait encore sur leur tête et avait teinté leur écriture d’un grain de folie pour supporter une vie au mieux banale, au pire déprimante et accablante (*La Finlande, bien qu’indépendante, devait encore des comptes à l’URSS pendant la guerre froide). 
J’ai pas de chance avec les femmes. Je tombe que sur des extra-terrestres: calmes, discrètes, elles restent un temps avec moi, puis elles disparaissent… J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin, et je me suis tout de suite senti mieux.
 Car du désespoir, parlons-en. Victor a peu d’amis. Et il connait à peine ceux qu’il a. Au début, je pensais que c’était par manque de développement des personnages secondaires, d’où les ex-compagnes calmes et discrètes. Mais non, Victor le sait et le dit.
Les personnages secondaires, s’ils ont quelques caractéristiques et qu’on connait vaguement quelques éléments de leur vie, restent des silhouettes sans substance, par manque d’intérêt de Victor pour leur vie, parce qu’il ne veut pas rester seul, et qu’au final, eux non plus. Il trouve une petite amie, un peu parce qu’elle était là, parce qu’il était là, sans vraiment d’affection ni d’amour, et se crée alors un simulacre de famille, juste pour ne pas rester seuls dans un pays qui vit encore avec le spectre du communisme.
Au final, c’est le pingouin avec qui Victor a le plus d’affinités, ce colocataire silencieux et peu démonstratif qui va lui faire rencontrer d’autres personnages isolés plutôt que solitaires, et avec qui vont se lier d’autres relations, superficielles mais salutaires. 
 
Je m’attendais à un polar avec pingouin, léger et drôle. Je me retrouve avec une histoire assez triste enrobée d’absurde. Un récit d’isolation teinté de poésie étrange et de satire (d’un pays dont j’ignore presque tout), comme je l’ai souvent retrouvée chez les auteurs sus-mentionnés déjà, entre la lecture légère et le cafard interdimensionnel.
L’histoire d’un mec qui vit sa vie comme une marionnette pendant que des gens mentionnés en passant tirent les fils. L’histoire d’un mec déprimé qui vit dans un pays post-URSS où, pour obtenir des soins ou une protection, il faut graisser la patte de la bonne personne et où les gens vont faire une cure de rayons à Tchernobyl quand ce n’est pas la saison pour partir en vacances en Crimée.  

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Au final, peu d’action pour beaucoup d’introspection. Pas un coup de cœur, mais une lecture intéressante que j’ai apprécié, lu en deux jours, c’est que j’ai bien eu du mal à le poser. La fin est ouverte, j’ai lu la dernière phrase avec stupeur et frustration. Il semblerait qu’il y ait une suite, que je vais chercher, parce que Micha le pingouin, le personnage le plus étoffé du livre, me manque déjà.

L’amitié ? En fait, il ne l’avais jamais vraiment connue, pas plus que les costumes 3-pièces ni la passion véritable. Sa vie était terne et douloureuse, elle ne lui apportant pas joie. Même Micha était triste, comme si lui aussi n’avait connu que la fadeur d’une existence dénuée de couleurs et d’émotions, d’élans joyeux, d’enthousiasme.Chaque siècle offre environ cinq ans de faste, puis tout s’écroule.

 

L’Agonie de la Lumière – George RR. Martin

L'Agonie de la lumière

Dying of the light

Editions : J’ai lu

ISBN : 978-2290075722

442 pages

Lorsque, un jour, Dirk t’Larien reçoit sur la planète Braque le joyau que jadis il a offert à son amour perdu, des souvenirs douloureux reviennent à la surface, d’anciennes cicatrices se réveillent : pourquoi Gwen ferait-elle appel à lui après tout ce temps ? À l’idée qu’il existe une possibilité de repartir de zéro avec celle qu’il a tant aimée, t’Larien embarque néanmoins sans hésiter dans le premier vaisseau interstellaire en partance pour Worlorn – le monde-festival désormais à l’abandon, un cadre baroque et décadent condamné à l’extinction. Sur cette planète mourante, pour tenter de raviver les sentiments qui l’unissaient à la jeune femme, il lui faudra commencer par l’arracher aux griffes des Kavalars, un peuple violent régi par un code d’honneur d’un autre âge… un code mortel.

 

Oooh, un George RR Martin, alooors, Le Trône de Fer ?! Eh bah nan ! Découvrez avec moi le premier roman de M. Martin, aux antipodes de Westeros, à l’autre bout de la Galaxie.
 
Ici, point de fantasy médiévale avec dragons, géants, loups géants, mais de la science-fiction pure et dure, avec extra-terrestres et saucisses de cuir volantes.
 
Sur une trame d’un amour perdu et peut-être renaissant, nous nous dirigeons vers la planète Worlorn, ou se déroula, il y a fort longtemps, une exposition universelle, qui méritait largement son titre d’universelle : chaque planète, chaque peuple, construisit sa ville avec ses technologies, pour célébrer un festival qui durerait des années. Puis les soleils de Worlorn commencèrent à s’éloigner, l’hiver vient (ahem), et les moeurs se durcissent (ahem).
 
J’avoue, de base, la SF, l’espace, l’anticipation, tout ça tout ça, c’est pas trop mon truc. Trop anxiogène, et la réalité finit toujours par rattraper la fiction, malheureusement. Mais je voulais lire autre chose de Martin, qui souffre, à mon humble avis, de tics de langages qui changent d’un livre à un autre (useless as nipples on a breastplates, hein, quoi ? J’aurais dû compter les occurrences) et qui parasitent un peu la lecture. Ce qui ne remet pas en cause son talent de tisseur d’histoires, attention.
 
Suivons donc Dirk T’Larien à la découverte de Worlorn et à la poursuite de Gwen, son amour perdu qu’il retrouvé mariée à un Kavalar, un peuple barbare en voie de disparition, assujetti à un code d’honneur et des rites et traditions désuets, comme celui d’avoir des frères d’armes avec qui ont partage son épouse (ahem). Mais est-ce c’est bien Gwen qui lui a demandé de venir la rejoindre  sur ce caillou dans le ciel ? Hahaaaa !
 
Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire, le but étant de vous donner envie (ou pas) de le lire, mais vous souhaitez lire un récit épique, avec de grandes batailles ainsi que des complots politiques de grande ampleur, passez-votre chemin. Ici, vous trouverez des duels, des complots pour l’amour (the things I do for love ?), une course poursuite angoissante, sur une planète mourante.
 
Les personnages ont une planète entière a explorer, et l’on passe toute la première partie du livre à l’explorer avec eux, et pourtant, le récit m’a fait l’effet d’un huis-clos claustrophobe, le nombre restreint de personnages et les descriptions de villes entières désertées n’y sont pas innocentes. Ici, vous ne trouverez pas non plus de listes de personnages à rallonge, vous vous en sortirez avec vos deux mains et pourrez garder vos chaussettes.
 
Par contre, vous y découvrirez des peuples absents, mais aux constructions fascinantes (une ville qui fait de la musique grâce au vent soufflant dans ses tours ! ), des antagonistes dignes d’un électorat de Trump, se vautrant dans un racisme primaire pour rendre sa gloire à leur peuple (en 1977, les gars), un benêt romantique qui pense pouvoir reconquérir son amour perdu en lui expliquant à quel point elle est bête d’avoir épousé ce Kavalar avec son peuple à la con et ses traditions d’un autre âge (toujours une bonne idée, ça) (spoiler : non), ainsi que des personnages complexes, fouillés et représentatifs de la nature humaine, qui arrivent à s’embrouiller dans la deuxième partie de manière tellement rapide que j’ai eu du mal à suivre, après une première partie plutôt passive.
 
Vous trouverez aussi dans ce one-shot relativement court les prémisses de ce qu’allait devenir Westeros : des saisons durant plusieurs années, la déraison des gens à l’approche de la fin (#pénuriedePQ), un peuple partageant beaucoup de traits avec des Dothrakis, les chevaux en moins, une question d’amour mal placé qui débute les hostilités et un personnage féminin (un seul, oui, mais il doit y avoir trois pelés deux tondus sur cette planète) fort, avec une mise en perspective de sa place et de sa condition selon le peuple qui l’observe.
 

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Malgré quelques maladresses stylistiques -je n’oserais pas accuser la traduction parce que nipples on a breastplate à chaque chapitre-, une saucisse de cuir, vraiment ?, L’Agonie de la Lumière, premier roman de GRRM, publié en 1977 pose les bases de sa prose, et nous fait démonstration des talents de conteur que l’auteur possède visiblement depuis ses débuts. Certains romans de SF datant de cette époque là, voire avant semblent désormais datés, vieillots, ici, ce n’est pas (encore) le cas.

Toute l’essence et les thématiques de l’œuvre la plus marquante de GRRM se trouvent déjà ici, ce qui peut éventuellement donner lieu à des comparaisons entre les deux univers, celui de la fameuse saga au mur étant bien plus complet et abouti, expérience et longueur obligent. J’ai essayé de ne pas penser à ses romans phares, mais je dois bien avouer que c’était compliqué.

Néanmoins, si la longueur du Trône de Fer ou la fantasy vous rebutent, mais que la SF vous parle, donnez une chance à L’Agonie de la Lumière, vous découvrirez un univers complexe et fouillé, très abouti pour un premier roman -il  a même un glossaire à la fin-, certes au rythme inégal, tout s’enchaîne très vite à la fin, mais pas déplaisant.

Sur ce, je vais voir si je peux trouver d’autres one-shots en ces temps de confinement.

Chanson du vendredi #52

C’est une histoire de rendez-vous manqués.

Lors de la sortie du premier album, en 2005, je l’ai écouté, alléchée par le line-up (des membres d’Enslaved, Gorgoroth), mais ce n’était pas le type de son que je recherhais à l’époque. J’ai rangé le groupe au fond de ma mémoire jusqu’à la sortie de Youngblood en 2013, qui m’a mis une bonne claque.

J’ai voulu les voir en concert, la première fois, ils sont passés à une cinquantaine de km, en pleine semaine, c’était incompatible avec mon emploi du temps. Ils ne tournent pas des masses, il faut dire. Puis, ils devaient passer à Strasbourg. J’avais mon billet. Il y a eu l’attentat la veille du concert. Il fut annulé, de manière bien compréhensible.

Ils sont passés en Allemagne, à une cinquantaine de km de mon fief natal. Un samedi. J’avais des obligations ailleurs.

J’espère bien que comme promis lors de l’annulation, ils reviendront, et que cette fois-ci, je serais dans la fosse. Et c’est pourquoi je choisi un extrait de leur dernière sortie, un live de cette fameuse tournée où je me suis fait rembourser un billet pour la première fois de ma carrière de spectatrice de concerts. Alors que je n’aime pas plus que ça écouter des lives, trop de bruits parasites. Mais ici, ça s’y prête bien à mon sens.

101 livres à lire

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En avril 2011, j’ai publié un article intitulé 1001 livres à lire, en 9 ans, j’ai perdu un 0.

Cet article est devenu une page, mise à jour régulièrement quand j’y pense une fois par an à peu près.

Mais récemment, le Monde a eu la brillante idée de demander à ses lecteurs quels sont les livres qu’il faut avoir lu.

Bon, d’une part, les injonctions « il faut avoir lu machin sinon, t’as rien compris à la vie », ça me les brise menu menu, et les défis pour rentabiliser la lecture, la rendre « productive », comme un CV de lecteur, ça me semble capitaliste comme manière de voir un divertissement, et ça me les brise encore plus, mais j’aime les listes. Et on est confinés, et moi au chômage technique, alors on peut dire qu’entre une couche et une séance de dinette ou de pâte à modeler, je n’ai que ça à faire. Alors voyons où j’en suis de cette liste :

1 : Harry Potter, la collection complète, J. K. Rowling
2 : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline
3 : À la recherche du temps perdu, Marcel Proust
4 : Cent ans de solitude, Gabriel García Márquez
5 : Le Seigneur des anneaux, l’intégrale, J. R. R. Tolkien
6 : 1984, George Orwell
7 : L’Étranger, Albert Camus
8 : Belle du seigneur, Albert Cohen
9 : Les Misérables, Victor Hugo
10 : La Promesse de l’aube, Romain Gary
11 : Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
12 : La Horde du Contrevent, Alain Damasio
13 : Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar
14 : Orgueil et préjugés, Jane Austen
15 : L’Insoutenable Légèreté de l’être, Milan Kundera
16 : Le Cycle de Fondation, Isaac Asimov
17 : La Vie devant soi, Romain Gary (Emile Ajar)
18 : Crime et Châtiment, Fiodor Dostoïevski
19 : Madame Bovary, Gustave Flaubert
20 : L’Écume des jours, Boris Vian
21 : Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
22 : Le Rouge et le Noir, Stendhal
23 : Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov
24 : Les Frères Karamazov, Fiodor Dostoïevski
25 : La Peste, Albert Camus
26 : La Nuit des temps, René Barjavel
27 : La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï
28 : Martin Eden, Jack London
29 : Les Raisins de la colère, John Steinbeck
30 : Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos
31 : Bel-Ami, Guy de Maupassant
32 : Cycle de Dune, Frank Herbert
33 : Les Bienveillantes, Jonathan Littell
34 : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker
35 : Anna Karénine, Léon Tolstoï
36 : Le Nom de la rose, Umberto Eco
37 : Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq
38 : Le Monde selon Garp, John Irving
39 : Germinal, Emile Zola
40 : Le Parfum, Patrick Süskind
41 : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee
42 : L’Attrape-cœurs, J. D. Salinger
43 : Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre
44 : Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
45 : Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
46 : La Vie mode d’emploi, Georges Perec
47 : Les Piliers de la Terre, Ken Follett
48 : Aurélien, Louis Aragon
49 : Lolita, Vladimir Nabokov
50 : Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë
51 : La Conjuration des imbéciles, John Kennedy Toole
52 : Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley
53 : Jane Eyre, Charlotte Brontë
54 : Au Bonheur des Dames, Emile Zola
55 : Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline
56 : Des souris et des hommes, John Steinbeck
57 : Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
58 : L’Éducation sentimentale, Gustave Flaubert
59 : Les Cantos d’Hypérion, intégrale, Dan Simmons
60 : Vie et destin, Vassili Grossman
61 : Le Joueur d’échecs, Stefan Zweig
62 : La Chartreuse de Parme, Stendhal
63 : Dalva, Jim Harrison
64 : Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie
65 : Petit Pays, Gaël Faye
66 : L’Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar
67 : Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski Je ne vous en ai jamais parlé, mais c’était tellement bien !
68 : Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq
69 : À l’est d’Eden, John Steinbeck
70 : Les Racines du ciel, Romain Gary
71 : L’Idiot, Fiodor Dostoïevski
72 : L’Assommoir, Emile Zola
73 : La Montagne magique, Thomas Mann
74 : La Route, Cormac McCarthy
75 : Bonjour tristesse, Françoise Sagan
76 : Le Père Goriot, Honoré de Balzac
77 : Le Procès, Franz Kafka
78 : Dix petits nègres, Agatha Christie
79 : Vernon Subutex, Virginie Despentes
80 : Le Désert des Tartares, Dino Buzzati
81 : Le Grand Meaulnes, Alain Fournier
82 : La Ferme des animaux, George Orwell
83 : L’Amie prodigieuse, Elena Ferrante
84 : L’Alchimiste, Paulo Coelho
85 : La Chute, Albert Camus
86 : Don Quichotte, Miguel de Cervantes
87 : Beloved, Toni Morrison
88 : La Tache, Philip Roth
89 : Le Soleil des Scorta, Laurent Gaudé
90 : Notre-Dame de Paris, Victor Hugo
91 : Le Vieil Homme et la Mer, Ernest Hemingway
92 : Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras
93 : 1Q84 : livres 1, 2 & 3, Haruki Murakami
94 : Les Cavaliers, Joseph Kessel
95 : Gatsby le magnifique, F. Scott Fitzgerald
96 : L’Art de perdre, Alice Zeniter
97 : L’Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón
98  : Illusions perdues, Honoré de Balzac
99 :  L’Amant, Marguerite Duras
100 : Le Bruit et la Fureur, William Faulkner
101 : La Condition humaine, André Malraux

Il y a pas mal de doublons, forcément, les grands classiques de la littérature se trouvent sur toutes les listes. Cependant, je n’ai pu cocher certains livres parce que l’intégrale est listée, et parfois, je n’ai lu qu’un tome, comme pour le Cycle de Fondation par exemple, ou Les Misérables. Aussi, pour Anna Karénine, c’est long, très long, et j’en suis au milieu. Et le Seigneur des Anneaux compte bien comme trois livres pour moi plutôt qu’un seul, même mentionnée comme « Intégrale ».

21 livres lus selon cette liste. Certains sont sur ma liste à lire un jour, mais trop de livres, pas assez de temps ni de place. Et certains ne me bottent tout simplement pas, comme par exemple, le premier de la liste. Oui. Lynchez-moi. Mais je lis par plaisir, et pas par obligation, on en a déjà bien assez dans la vie comme ça.