Le Médecin d’Ispahan – Noah Gordon

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Londres, en l’an 1021. Orphelin, Rob J. Cole, neuf ans, est recueilli par un barbier-chirurgien et devient son apprenti. Ensemble, ils sillonnent l’Angleterre. C’est une époque où l’on brûle les sorcières, où la vie est dure et la mort vite venue… Mais Rob n’a qu’une idée en tête : devenir médecin et il a un terrible don : il sent si un patient va mourir lorsqu’il lui prend la main. Ayant appris qu’on peut étudier sérieusement la médecine chez les Arabes, Rob n’hésite pas et, à vingt ans, le voilà qui traverse l’Europe pour gagner l’Orient. Comme chez les Arabes on n’admet pas les chrétiens, il va se faire passer pour juif… Le Médecin d’Ispahan est un formidable roman d’aventures. C’est l’histoire d’un homme enflammé d’une passion dévorante : vaincre la mort et la maladie, guérir. Pour atteindre son but, il fuira la brutalité et l’ignorance de l’Angleterre du xie siècle, traversera tout un continent pour découvrir la cour de Perse, le monde étonnant des universités arabes et la chaude sensualité des palais d’Ispahan. Et, dominant tout cela, Le Médecin d’Ispahan est la magnifique histoire d’un amour que rien ne parvient à détruire.

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Les échos que j’avais eu de ce livre ne m’ont jamais réellement donné envie de le lire, malgré mon intérêt pour l’époque médiévale et ce qui en découle. Peut-être que je ne l’aurais jamais lu s’il n’avais pas été abandonné sur une étagère au rayon livre chez Emmaüs et qu’il n’avais pas été en allemand. Ce jour là, j’ai raflé les quelques romans dans la langue de Goethe qui étaient présent, parce que ça faisait longtemps et qu’une langue vivante, ça se travaille. Je vous ai d’ailleurs déjà parlé d’une de ces trouvailles.

J’ai lu Les Piliers de la Terre entre temps, du coup, j’étais préparée à plonger dans l’Angleterre du début du deuxième millénaire. Ce livre-ci est paru quelques années avant le best-seller de Ken Follett, et à quelques points communs avec lui, outre le pays et l’époque. Le Médecin d’Ispahan s’y déroule un siècle avant Les Piliers de la Terre, mais visblement, le prénom Agnes était un prénom populaire pendant ses décennies. Et le destin des femmes prénommées Agnes semble être le même.

Le roman se construit au début comme une sorte de « Roman road trip », où l’on suit l’apprentissage de Rob à être barbier-chirurgien, jongleur et charlatan. Il découvre les pouvoirs et capacités d’un vrai médecin lorsqu’il rencontre un patient atteint de cataracte, qui s’en va consulter un médecin juif, élève d’Ibn Sina, qui parvient à lui rendre la vue. Dès lors, soigner la cataracte et, plus tard, exécuter une césarienne, vont  devenir une obsession, qui vont le pousser à mentir sur son identité et rejoindre Ispahan, une ville « aux milles seins » comme il va la découvrir et l’appeler, à cause de son architecture. Il découvrira un pays gouverné par un shah décadent, ignorant volontairement les lois de la sharia en vigueur, et les contraintes exercées par la religion par rapport à sa soif d’apprendre. Je ne connais que très peu le Judaïsme et l’Islam, je ne peux donc pas me prononcer sur la véracité des propos et préceptes décrits, mais ils me semblent bien documentés et recherchés, de la manière de faire sa prière du matin et de celle d’abattre un animal pour que sa viande soit casher, au personnage d’Ibn Sina, mentor du médecin juif et raison pour laquelle Rob a entrepris ce voyage d’une vie. Ibn Sina, aussi connu sous le nom d’Avicenne. Si ce livre n’a pas vocation a raconter une histoire vraie, ce personnage là a réellement existé sous cette forme-ci.

Le Médecin d’Ispahan raconte aussi la rencontre entre les trois grandes religions monothéistes, entre différentes cultures, et les difficultés de compréhension qui peuvent en découler. Il raconte aussi le besoin viscéral de vouloir poursuivre sa vocation et de devoir contrer les obstacles. Et il nous fait également une démonstration pittoresque des insultes perses, qui sont presque aussi chouettes que celles en alsacien*. Par contre, contrairement à la quatrième de couverture, l’histoire d’amour ne m’a pas semblé être le point principal du roman, qui, pour moi, se trouve plus dans la description des méthodes et connaissances médicales de cette époque et l’influence de la religion sur les méthodes curatives. Époque qui ignorait l’origine de l’appendicite, opération bénigne de nos jours, fatale en ce temps là. Si vous aimez l’Angleterre médiévale, le choc des cultures, et voulez avoir un aperçu de la médecine médiévale de manière ludique, n’hésitez pas !

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