Entre-deux, France, Science Fiction

Suréquipée – Grégoire Courtois

Editions : Folio SF

ISBN : 9782072711206
176 pages

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Écoutons-la nous raconter son histoire.

Avec Suréquipée, son premier roman de science-fiction, Grégoire Courtois, à la suite de J. G. Ballard ou de Stephen King, s’empare avec brio du mythe moderne par excellence : la relation de l’homme à sa voiture.

En voilà un livre qu’il est chelou. Le rapport du conducteur à sa voiture a déjà été exploité dans la littérature, Christine de Stephen King étant très certainement l’œuvre la plus connue sur ce thème.

Alors, est-ce qu’on peut encore y apporter quelque chose de neuf ?

Suréquipée, loin de King, se passe au XXIème siècle, l’industrie automobile vient de se lancer dans la voiture organique. Réactive, dotée de caractéristiques animales et d’une certaine forme de conscience primitive, bien loin de la voiture hantée et maléfique et Stephen King.

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Ici, l’auteur se concentre bien plus sur le lien du conducteur à sa voiture plutôt que sur le fantasme d’une technologie qui prendrait le dessus sur l’humain. Ce lien ici, est exacerbé jusqu’au plus glauque par ailleurs.

Le livre est assez court, et se présente sous forme d’enregistrements de la mémoire de la voiture, sur plusieurs années, entre sa conception et la disparation de son propriétaire, afin de découvrir toutes les caractéristiques organiques et animales dont l’a doté son créateur ainsi que les liens unissant le disparu à sa famille et à son véhicule. Il s’agit d’une lecture assez rapide et agréable, je n’aurais qu’à soulever un souci de clarté sur la fin, sans doute causé, en partie,  par cette forme d’enregistrements internes à la Blackjag, sans jamais avoir un point de vue externe.

 

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En soi, Suréquipée est une lecture agréable, même si la conclusion m’a fortement perturbée, je suis une chochotte. Et si quelqu’un passant par là peut m’expliquer la fin du dernier enregistrement, ça sera bien gentil.

Et, en cette période de bac, je vous offre une réminiscence de vos cours de philo : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

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Bibliothèque, Bilans

Opération PAL #3

tsundoku

Wouh, plus d’un an depuis la dernière opération PAL. Alors, est-ce qu’elle a baissé ? Augmenté ? Stagné ?

J’ai pas mal emprunté en médiathèque, mais j’ai aussi désherbé récemment, certains livres non lus sont donc partis dans les limbes de la boîte à livres locale.

Mais du coup, quoi de neuf dans ma PAL ?

Joe Abercrombie : Double Tranchant

GRR Martin : Le Dragon de Glace, qui s’y trouve en fait depuis bien plus longtemps, comment a-t’il bien pu passer à la trappe ? o_O

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices : aussitôt entré, aussitôt lu

Andrus Kivirähk : Le Papillon, déjà lu aussi, si vous avez aimé Le Maitre et Marguerite de Boulgakov, n’hésitez pas !

Neil Gaiman : Hansel et Gretel – déjà lu aussi

Grégoire Courtois : Suréquipée, qui a évité le désherbage de justesse

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert (le lirais-je seulement un jour ? Suspense !)

Robin Hobb : Assassin’s Fate (Le lire, ça veut dire le finir…)

Boulet : Notes, tome 11 – déjà lu

Axolot, tome 2 – déjà lu

Emilie voit quelqu’un, tome 2 – déjà lu

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon

Joe Abercrombie :

Pays Rouge

Les Héros

La Moitié d’un roi

La Moitié d’un Monde

                           Double Tranchant

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Axolot, tome 2

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices

Marcel Aymé : La Jument Verte –> désherbé

Iain Banks : Entrefer

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Boulet : Notes, tome 11

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque –> lecture en cours

Grégoire Courtois : Suréquipée

Dickens : Oliver Twist

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Emilie voit quelqu’un, tome 2

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas –> en cours

Flaubert : Madame Bovary

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Neil Gaiman : Hansel et Gretel

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Robin Hobb : Assassin’s Fate

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Notre Dame de Paris

Andrus Kivirähk : Le Papillon

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Mark Lawrence : L’empire Brisé –> lu et désherbé

Ursula K. Le Guin : Terremer

Megan Lindholm : Le Dernier Magicien 20/04/2017

Jerome K. Jerome : Three Men in A Boat –>désherbé

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica –> en cours

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur –> en cours

George RR. Martin : L’Agonie de la Lumière

                                Le Dragon de glace

Terry Pratchett : La Longue Terre

La Longue Guerre

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

JRR Tolkien : Le Hobbit

Alfred Wallon : Sterben kann ich noch Morgen 4/12/2016 –> déherbé

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon –> trouvé en boîte à livres en grand format et bon état !

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

18 livres ont été ajoutés à la PAL depuis mars 2017, dont 6 pnt été lus dans la foulée.

2 livres ont été désherbés sans avoir été lus.

4 livres sont en cours de lecture.

2 livres ont été ajoutés, mais ils ne feront jamais partie complètement de la PAL, s’agissant de livres régionnalistes dédiés à des lieux dits.

36 livres à lire en tout, sans compter ceux en cours. Ca tombe bien, ma file d’attente m’attend déjà.

Bibliothèque, France, Historique

Marquise des Anges

Une de mes premières héroînes littéraires, c’était Angélique, marquise des Anges, ne pouffez pas. Oubliez ces téléfilms éroto-kitschs qui n’ont fait que la desservir, la Marquise est bien plus qu’une courtisane échevelée.

C’était l’été 94 ou 95, je ne sais plus trop. Je passais quelques jours chez ma grand-mère, qui avait descendu du grenier de vieux livres qui avaient appartenus à ma mère et à ma tante pour combler mon ennui les jours de pluie. Entre quelques récits sur la vie des Saints, qui m’ont marquées d’une autre manière et Jane Eyre, dont les qualités n’ont pas besoin d’être défendues, il y avait ces vieux J’ai Lu, datant d’avant les ISBN, une peinture ornant la couverture, et une photo du couple ayant écrit cette saga qui ornait l’arrière. J’étais très certainement trop jeune pour lire ça, mais qu’importe ! C’est ainsi qu’a commencé une obsession qui a duré quelques années et m’a accompagné durant tout le collège : patiemment, j’ai fouillé les vides greniers et autres Emmaüs pour completer cette collection, c’est que les auteurs étaient profiliques et les aventures nombreuses. Finalement, ma passion fulgurante s’est étiolée pour ne devenir plus qu’une flammèche qui subsiste dans le fonds de mes amours littéraires une fois l’Atlantique traversé par mon héroïne.

Ceux qui ne la connaissent que par le biais de ces films ou elle apparraissait souvent dénudée et terriblement niaise ont une image bien ternie et faussée de cette icône féministe ignorée.

Si les films ont fait d’Angélique une femme certes libre sexuellement, moeurs des années 60 oblige, la censure de l’époque n’a permis que cette émancipation là, qu’il s’agisse des films ou des livres.

Il s’agit d’un personnage complexe, rebelle, loyal, qui est animé par bien plus de choses que simplement l’amour ou le sexe. Son amour pour les hommes ne fait pas d’elle une victime, elle n’a pas besoin d’eux pour vivre ni pour survivre.

Si cette série brille pour moi à cause de son personnage principal fort, elle est aussi admirable de part la justesse de son contexte historique, recherché par Serge Golon, tandis qu’Anne, son épouse, rédigeait l’intrigue. On est bien loin d’une bluette divertissante remplie d’inexactitudes destinée à ce public sous-estimé et stéréotypé qu’est « la ménagère de moins de 50 ans ». Malgré tout, la version originale souffre de la censure de l’époque : j’ai grandi en lisant cette même version originale, et j’ai eu l’occasion de lire un tome réécrit en 2009 par Anne Golon, selon ses souhaits originaux, l’an dernier : des épisodes dramatiques éludés dans la version originale (l’épidémie qui emporte sa petite soeur par exemple) sont désormais décrits dans toute leur horreur et leur violence, pour apporter encore plus de profondeur à ce personnage sous-estimé a mes yeux.

Au final, on retrouve un peu d’Angélique, Marquise des Anges dans la série Kushiel, de Jacqueline Carey : un personnage féminin fort, intelligent, sensible, et la réduire à sa « sensualité » serait une grave erreur.

Réduire Angélique aux téléfilms, c’est réduire Elisabeth d’Autriche à la Sissi de Romy Schneider.

Liens :

https://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20170717.OBS2175/anne-golon-a-jamais-angelique-j-ai-ete-spoliee-terriblement-spoliee.html

http://next.liberation.fr/culture/2017/07/16/anne-golon-femme-de-combat-comme-son-heroine-angelique_1584127

https://annegolon.wordpress.com/

Bibliothèque

Alors, quoi de neuf ? #4

Deux articles en deux semaines après des mois de silence ?! Champagne !

Pour reprendre en douceur, voici une petite (très petite) sélection de liens intéressants :

Féminisme

L’injonction à la confiance en soi, pour masquer les injonctions au corps parfait.

De la nécéssité d’élever ses fils afin d’en faire de gentils petits garçons et pas « de vrais p’tits mecs (NDLR) ».  Peut-être qu’un jour, je vous présenterai tout le bien que je pense de cette expression et des perles dénichées lors d’une descente au royaume des mamounes.

Psycho

Le metal utilisé lors de thérapies pour les enfants.

Culture

Papa Emeritus a pris sa retraite, vivement le mois d’aout pour voir Cardinal Coppia en live. En attendant, un clip très 80’s/Thriller :

 

Et on se retrouve la prochaine fois pour reparler de livres et ptet même de crochet (le crochet, mine de rien, ça brasse les foules sur ce blog.)

Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy, La Femme Sauvage

La Dilogie de Moirin

En fait, il s’agit d’une trilogie, mais je n’en ai lu que les deux premiers tomes. Après avoir dévoré les aventures de Phèdre, puis d’Imriel, que j’ai trouvées un cran en dessous, voici celles de Moirin, qui se déroulent un siècle après celles d’Imriel, en Alba. Le peuple des Maghuin Dhonn souffre toujours de sa malédiction, et vit isolé. Pourtant, la magie vit toujours en eux, dans une moindre mesure. Moirin est une enfant sauvage, qui vit avec sa mère dans la forêt, encore plus isolées que le reste de leur peuple. La légende de Phèdre continue à être contée, et l’héroïne de cette nouvelle série ne cesse de se comparer à cette figure devenue mythique. De ce fait, le lecteur ne peut s’empêcher de faire pareil…

Se retrouver en Alba est bien l’élément que j’ai préféré, ressentant plus d’affinités avec la mythologie « à la celte » qu’avec celle de Terre d’Ange, mais est-ce que cela suffit à atteindre la grandeur des aventures de la célèbre courtisane masochiste ?

Je dois avouer qu’au début, ce nouvel univers sauvage, loin de la sophistication d’Angeline m’a fait plaisir et emballée, puis, avec le recul, le soufflé est retombé. Au moment ou la Moirin sauvage et libre met les pieds en Terre d’Ange pour être civilisée. On quitte assez rapidement Alba, Moirin emporte au fond d’elle une boussole morale qu’ont tous les gens de son peuple que la grande Ourse a accueillis en son sein, ce qui limite assez sa marge d’erreur : quand elle doute, sa boussole lui dit quoi faire, pas d’erreur possible ou presque.

Un des éléments phares de cet univers est la prépondérance du sexe. Ici, pas de scènes S/M, ouf, tout le monde est consentant, tendre, aimant, le rapport de force dans l’acte charnel est quasi inexistant – dans les relations humaines, c’est autre chose, la manipulation par les sentiments reste assez présente – ce qui peut rendre les scènes de sexe fades, voire gratuites, alors que pour Phèdre, elles faisaient pleinement partie du jeu politique. Je regrette seulement que, comme chez Phèdre, l’héroïne soit bissexuelle plutôt que lesbienne, ce qui aurait pu rendre la devise d’Angeline « Aime comme tu l’entends » plus percutante et pertinente.

Le compagnon de Moirin souffre également de la comparaison avec ses prédécesseurs, là ou Josselin et Imriel étaient tiraillés et torturés, ici, pour le rendre plus mystérieux, l’auteur a choisi de le rendre mutique. En effet, pas besoin de développer un personnage en profondeur s’il ne dit jamais rien. De plus, la question de la véracité de leur attachement se pose tout du long, à cause de leur lien subi et imposé, comme toutes les choses liées à la boussole de Moirin.

Néanmoins, tout n’est pas à jeter, même avec le recul (j’ai lu ces deux livres il y a maintenant plusieurs mois) : on découvre plus en profondeur la carte de l’univers de Jacqueline Carey, on découvre des horizons plus lointains que ceux parcourus par Phèdre, et découvrir ces pays haut en couleurs est fort plaisant.

En conclusion, si les aventures de Phèdre m’ont fascinées, celles d’Imriel diverties, celles de Moirin m’ennuient quand même un peu, jusqu’à ce qu’elle retourne en Alba, si son destin est de revenir sur sa terre d’origine.

 

Bibliothèque

Alors, quoi de neuf ? #3

Pour cette nouvelle fournée de liens et trucs divers, on va faire un groupement thématique, c’est mieux, non ? Et après le flood précédent, pas de photos.

DIY

Des patrons de couture vintage (parce que la fast fashion, c’est vilain)

Une artiste suisse qui crochète (on y revient toujours) et brode autour de feuilles mortes.

Totoro et sakuras (parce que c’est trop mignon)

Féminisme

Virginie Despentes : « C’est exactement ça la féminité : ne soit pas spontanée, penses à l’autre avant de penser à toi, avales et souris. »

Simone Veil, une ministre de la Santé sur le terrain

Les mots sont importants, et la grammaire aussi

Société

On connait les personnes les plus riches de la planète. Rencontrons maintenant les plus pauvres.

Une augmentation plutôt qu’un babyfoot : de la culture d’entreprise en start-up

Culture

Neil Gaiman parle de la difficulté de traduire de la fiction

Connaissez-vous les sheelanagig ? Sculptures grotesques surtout répandues en Irlande ?

En écho à un article que j’ai écrit il y a quelques années, du mépris de la culture de masse

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Sinon, j’ai lu Dracula Cha cha cha, dernier tome de la série Anno Dracula. Meilleur que le deuxième que j’ai trouvé franchement dispensable. Désormais, il faut que je lise les autres livres de l’auteur.

 

 

 

 

Et sinon, avez-vous déjà écouté Apocalypse Orchestra ?

BD - Roman graphique, Bibliothèque, Entre-deux, Japon, Terreur

Le Cercle du Suicide – Usamaro Furuya

Editions : Casterman

ISBN : 978-2203373327
176 pages

Le 31 mai 2001, en gare de Shinjuku, 54 lycéennes, main dans la main, se jettent sous un train. Seule Saya en réchappe. Un mois plus tard, la jeune fille se plaint à Kyôko, son amie d’enfance, de n’avoir pas péri en compagnie de Mitsuko, une autre de ses amies. Surprise, Kyôko sait néanmoins que Saya appartenait à un mystérieux « club », dirigé par la défunte. A présent, de nouveaux changements s’opèrent sur elle : tandis que des rumeurs se répandent à son sujet sur le Net, Saya s’attire la fréquentation de nombreuses jeunes filles.

Si j’ai pris ce livre, c’est parce que son titre et les quelques lignes au dos m’évoquaient Petits suicides entre amis d’Arto Paasilinna avec un ton un peu plus grave. Un peu ? Le ton est finalement totalement différent. Ici, je n’ai pu déceler aucune trace d’humour, aussi noir soit-il.

Ici, on plonge dans un univers malsain, dans une adolescence malheureuse, bien loin des fantasmes et clichés habituels des lycéennes japonaises présents dans les autres mangas que j’ai pu lire et auxquels je suis habituée. – Alors que leurs bizarreries et le taux de suicide élevé de ce pays ne me sont pas inconnus ; je resterai pour toujours traumatisée par Ring, vu il a presque 15 ans et dont le souvenir est toujours vivace –

Le cercle du suicide commence par un suicide collectif : une cinquantaine de lycéennes se jette sous un train. Une seule jeune fille survit, quasiment miraculée, sans aucune égratignure. En l’observant à travers les yeux de sa meilleure amie d’enfance, de qui elle s’est éloignée, on découvre la spirale sordide qui peut mener à ce geste désespéré. Le vie ne semble épargner aucune des adolescentes de ce manga, alors qu’elles sont à un âge ou tout semble encore possible, et l’on voit bien que, malgré cela, tout semble encore très flou et incertain. Entre légende urbaine et fait divers, le désespoir adolescent, dans ce manga, semble être une sorte de maladie contagieuse, une malédiction qui ne se satisfait que de victimes de plus en plus nombreuses.

Par ailleurs, d’un point de vue occidental, dans un pays où les uniformes scolaires ne font pas partie du paysage, voir ces lycéennes toutes habillées de la même manière en proie à leurs états d’âme dévastateurs gomme tous les marqueurs sociaux et rends le tout plus universel et plus effrayant.

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Je pensais que ce serais une lecture sans plus. Même au moment de refermer le livre, je me suis dit « Boarf, meh ». Et pourtant, avec le recul, c’est une lecture plus marquante que mes espérances ne le laissaient soupçonner.

Source : CoinBD
Dystopie, Etats-Unis, Youpi Tralala

Bioshock : Rapture – John Shirley

Editions : Bragelonne

ISBN : 9782352949305
432 pages

Traducteur : Cédric Degottex

C’était la fin de la seconde guerre mondiale.

Le New Deal du président Roosevelt avait redéfini la politique américaine. Les impôts avaient atteint un pic sans précédent. Les bombardements de Hiroshima et Nagasaki avaient créé la peur de l’annihilation totale. La montée d’agences gouvernementales secrètes avait rendu la population méfiante. Le sentiment de liberté des États-Unis s’était étiolé… Et nombreux étaient ceux qui voulaient retrouver cette liberté.

Parmi eux, un grand rêveur, un immigré qui s’était élevé des plus profonds abysses de la pauvreté pour devenir l’un des hommes les plus riches et les plus admirés au monde. Cet homme s’appelait Andrew Ryan, et il avait la conviction que les grands hommes méritaient ce qu’il y avait de mieux. Alors il se mit en quête de l’impossible, une utopie libre de tout gouvernement, de toute censure, de toute restriction morale sur la science, où ce qu’on donnait on le recevait en retour. Il a créé Rapture, la lumineuse cité sous les mers.

Mais l’utopie a été frappée d’une terrible tragédie.

Voici comment tout a commencé… et tout a fini.

Les jeux vidéos et moi, c’est une histoire compliquée. Selon les phases, je peux y passer mes soirées, puis, ne plus jouer pendant des mois voire des années. Je peux être conquise par un univers visuel et une atmosphère d’un jeu et être incapable d’y jouer pour plein de raisons. Bioshock est l’un de ceux là. Univers riche et visuellement très beau, j’ai tenu jusqu’au premier boss. Ce type de jeu n’est pas fait pour moi.
Mais quand je suis tombée sur le livre tiré de l’univers, j’ai su que ce serait le moyen d’y plonger (plonger, eau, Bioshock, haha) sans trop esquinter mes nerfs.
L’histoire commence à New York, on y découvre les prémices de Rapture, rêve utopiste d’un industriel américain, dans une amtophère sombre, digne des films noirs se déroulant dans les années 40.
Rapture, ce nouvel Eldorado imaginé pour pallier à l’échec du rêve américain. La fortune sourira au plus méritant : évolution capitaliste de la théorie de Darwin.
L’atmosphère oppressante de Rapture, la sensation de claustrophobie et d’étouffement est fortement présente. L’ambiance du jeu est très bien rendue.
L’histoire est prenante également, de la naissance à la chute de Rapture en passant par son heure de gloire, la ville sous-marine nous est représentée sous toutes ses coutures, pour le meilleur et pour le pire.

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Alors, à lire, même si ne connait pas le jeu ? Si vous aimez la science-fiction à tendance steampunk/art déco, oui, pourquoi pas. Comme dit, je n’ai atteint que le premier boss, et le principal atout a connaitre le jeu, c’est d’avoir en tête à quoi ressemblent les lieux et pour ça, vous avez internet ou votre propre imagination, c’est encore mieux.

J’aimerai vous dire s’il est mieux ou moins bien par rapport à d’autres livres tirés d’univers de jeux vidéos, mais celui-ci est le premier que je lis, mais il est plutôt pas mal dans le genre.

Dans les sociétés de la surface, la toute-puissance masculine tue nos rêves dans l’œuf. Sitôt qu’un homme décèle chez une femme la moindre étincelle… il l’étouffe.

Bibliothèque, Contemporain, Grande-Bretagne, Youpi Tralala

The Good the Bad the Furry – Tom Cox

Life with the World’s Most Melancholy Cat and Other Whiskery Friends

Editions : Sphere
ISBN : 9780751552393
272 pages

Le bon, la brute et le toudou (o_O)

Meet THE BEAR – a cat who carries the weight of the world on his furry shoulders, and whose wise, owl-like eyes seem to ask, Can you tell me why I am a cat, please?

Like many intellectuals, The Bear would prefer a life of quiet solitude with plenty of time to gaze forlornly into space and contemplate society’s ills. Unfortunately he is destined to spend his days surrounded by felines of a significantly lower IQ…

RALPH: handsome, self-satisfied tabby, terrified of the clothes horse.

SHIPLEY: mouthy hooligan and champion mouser, rendered insensible by being turned upside-down.

ROSCOE: fiercely independent kitten, tormented by her doppelganger in the mirror.

And then there’s Tom, writing with his usual wit and charm about the unexpected adventures that go hand in hand with a life at the beck and call of four cats … or three cats and a sensitive poet who just happens to be a foot high and covered in fur.

Internet, c’est pour les chats, c’est bien connu. Les réseaux sociaux en sont plein. C’est en tombant sur le profil des chats The Bear, Shipley et Ralph sur Twitter que j’ai découvert Tom Cox, un journaliste/écrivain qui parle de musique et de chats. Suivre leurs profils puis le blog de Tom Cox m’a donné envie de découvrir ses romans. C’est donc avec grand bonheur que j’ai trouvé The Good, the Bad The Furry sous le sapin. Je l’ai lu en deux jours et ça, ça ne m’était plus arrivé depuis un an et demi au moins, et ça n’est plus arrivé depuis alors que nous sommes en mars.

Alors pourquoi ce livre ? Ovni littéraire, ce n’est ni un roman, ni vraiment une autobiographie, ni un essai. Je ne saurais trop le qualifier. A première vue, ce livre parle de chats (sans déconner ?), mais il est bien plus profond que ca, il parle de la difficulté à se retrouver seul, fraîchement divorcé, travaillant dans un corps de métier sur le déclin, en pleine campagne anglaise humide dans une maison qui fuit, avec un père qui parle comme la Mort de Pratchett (COMME CA). L’auteur nous parle de son ressenti de campagnard qui retourne à la terre après des errances à la ville, de classic rock (il anime d’ailleurs une émission de radio sur le sujet) et de vinyles.

De base, je n’aime pas les livres sur les animaux : L’incroyable Voyage est un traumatisme, et mon envie de lire Watership Down oscille entre « jamais, ca va me donner envie de me pendre » et « Il parait que c’est trop bien et puis les lapins, c’est mignon » (et il vient d’être réédité, ne me tentez pas !). Mais voilà, souvent, quand ça parle d’animaux, c’est triste. Mais ici, malgré la tristesse inhérente à la longévité de nos animaux, on rit, notamment grâce aux parents de Tom Cox, bien malgré eux.
De plus, l’auteur partage, son plus de son amour pour les chats, son amour pour le classic rock (il anime d’ailleurs une émission de radio à ce sujet) et les vinyles.
Au fond, The Good the Bad The Furry reflète bien ce que c’est que de vivre dans la cambrousse, avec des animaux (domestiques ou non) : c’est souvent drôle, c’est parfois triste, mais au final, même si on sait toujours comment finira notre histoire avec notre animal, on sait qu’on ne la regrettera jamais.

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Amateurs de chats et de musique des années 70, vous y trouverez votre compte.
Il parait aussi que ce livre a été traduit. Le titre est douteux, mais si vous ne lisez pas l’anglais couramment, le problème de la langue ne se pose plus.

 

Bibliothèque, Bilans

Opération PAL #2

tsundoku

Les fêtes de fin d’année font toujours monter ma pile à lire. Fort heureusement, j’ai appris à rester plutôt sage le reste de l’année.

Cette fois ci, ce sont seulement 5 livres qui s’y sont ajoutés :

Tom Cox : The Good the Bad the Furry (Lu dans les deux jours qui suivaient)

Terry Pratchett : The Science of Discworld IV Judgement Day

Histoires et légendes de la Lorraine mystérieuse

Edouard Brasey : La France Enchantée – Légendes de nos régions, le seul de cette liste que j’ai honteusement acheté moi-même, à 10 €, juste avant Noël…

Le Crochet en 180 points, un livre pratique qui ne sortira jamais de la PàL, tout comme il n’y entrera jamais vraiment non plus.

Joe Abercrombie :

Servir froid 6/02/2017

Pays Rouge

Les Héros

La Moitié d’un roi

La Moitié d’un Monde

G.D. Arthur : Eos 24/11/2016

Asimov : Cailloux dans le ciel

Marcel Aymé : La Jument Verte

Iain Banks : Entrefer

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque

Patrick Dewitt : Les Frères Sister

Dickens : Oliver Twist

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas

Flaubert : Madame Bovary

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Notre Dame de Paris

Mark Lawrence : L’empire Brisé

Ursula K. Le Guin : Terremer

Megan Lindholm : Le Dernier Magicien 20/04/2017

Andrus Kivirähk : Les Groseilles de Novembre 17/10/2016

Jerome K. Jerome : Three Men in A Boat

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur

George RR. Martin : L’Agonie de la Lumière

Terry Pratchett : La Longue Terre

La Longue Guerre

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

JRR Tolkien : Le Hobbit

Alfred Wallon : Sterben kann ich noch Morgen 4/12/2016

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

38 livres, dont 4 ont été lus depuis le premier volume de l’opération PàL.

5 s’y sont ajoutés, un a déjà été lus, un n’y est pas vraiment à sa place, ce qui fait trois ajouts.

36.5 livres ce jour. Elle baisse doucement, mais surement ! \o/