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Dragons at Crumbling castle – (The fantastically funny) Terry Prachett

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(The fantastically funny) Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 9780857534378
338 pages

Illustrations : Mark Beech

Dragons have invaded Crumbling Castle, and all of King Arthur’s knights are either on holiday or visiting their grannies.

It’s a disaster!

Luckily, there’s a spare suit of armour and a very small boy called Ralph who’s willing to fill it. Together with Fortnight the Friday knight and Fossfiddle the wizard, Ralph sets out to defeat the fearsome fire-breathers.

But there’s a teeny weeny surprise in store . . .

Fourteen fantastically funny stories from master storyteller Sir Terry Pratchett, full of time travel and tortoises, monsters and mayhem!

‘So funny I dropped my spoon laughing!’ – King Arthur

Bon, cette fois, je vous évite mon laïus habituel concernant Terry Pratchett, vous allez croire que je radote. Du coup, on va entrer dans le vif du sujet tout de suite.

Terry Pratchett a toujours assumé avoir du mal à écrire des nouvelles. Vous me direz donc, si lui même disais qu’il n’y arrivait que très difficilement, est-ce que Dragons at Crumbling Castle est réservé aux complétistes et collectionneurs ? J’ai le malheur ahem de faire partie de ces deux catégories , et en plus, je suis de mauvaise foi, je dirais que non.

Mais objectivement et réellement, non, cette anthologie est à réserver aux fans inconditionnels, qui veulent découvrir les premiers écrits de l’auteur et les prémices du Disque-Monde ainsi que la version originale du Peuple du Tapis. On y retrouve également l’influence des Monthy Pythons, et le talent de Pratchett pour manipuler la langue est déjà bien présent, néanmoins certaines nouvelles trouvent le moyen de trainer en longueur et manquent de rythme.

Alors si vous souhaitez découvrir le Pratchett originel, foncez, sinon, lisez plutôt ses romans.

 

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Sinon, il parait que A Blink of the Screen est sorti en français. Va falloir que je complète. On se revoit dans 15 ans, quand ma collection sera terminée.

The Sleeper and the Spindle – Neil Gaiman

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Neil Gaiman
Editions : Bloomsbury
ISBN : 978-1-4088-5964-3
69 pages

Illustrateur : Chris Ridell

La Belle et le Fuseau

She was one of those forest witches, driven to the margins a thousand years ago, and a bad lot.
She cursed the babe at birth, such that when the girl was eighteen she would prick her finger and sleep forever.

La Belle et le Fuseau : ce titre français va évidemment vous évoquer un conte bien connu, qu’il s’agisse de la version de Grimm ou de celle de Perrault. Les contes m’ont toujours fascinée, et j’ai ingurgité un nombre incalculable de séries et de films qui les réécrivaient pendant mon adolescence et mes premières années de fac. Mon intérêt a faibli peu avant le début de Once Upon a Time, c’est bien ballot. Mais vous vous souvenez de cette version horrifique de Blanche-Neige, avec Sigourney Weaver ? Ou avez-vous lu les mangas Ludwig Révolution ? Bon, ça, c’était avant que je ne décroche. Puis est venu Neil Gaiman.

The Sleeper and the Spindle nous propose donc une relecture du conte de la Belle au Bois Dormant. Sauf qu’ici, point de prince charmant. Non, ici,  c’est une Reine qui décide, accompagnée de sept nains (ahem), de libérer cette beauté endormie avant de se marier.
Le récit est ponctué de dessins de Chris Riddell, dont le style se rapproche des gravures de Doré (#petitstraits, cf. Boulet et Walter Moers). Le tout forme un objet livre très beau – je ne vous ai pas parlé de sa couverture ! – avec une couverture papier calque couverte de dessins de ronces, qui laisse apparaître par transparence la belle endormie.
La Reine est une reine guerrière, la belle et la sorcière ne sont pas ce que l’on croit de prime abord.
The Sleeper and the Spindle est une réécriture sombre, intelligente et dans l’air du temps.

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Une lecture courte et un bel objet, loin des contes pour enfants, à lire pour tout amateur de contes et de Neil Gaiman.

 

La Musique du Silence – Patrick Rothfuss

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Patrick Rothfuss
Editions : Bragelonne
ISBN : 2352947790
168 pages

Traducteur : Colette Carrière
Illustrateur : Marc Simonetti

The Slow Regard of Silent Things

Rares sont ceux qui connaissent l’existence du Sous-Monde, une toile brisée d’anciennes galeries et de pièces laissées à l’abandon qui s’étend dans les profondeurs de l’Université.
Protégée par ce labyrinthe sinueux, confortablement installée au coeur même de ces lieux désolés, vit une étrange jeune femme.
Le silence et les ténèbres semblent être ses seuls compagnons sur le chemin qu’elle se fraie dans cet univers souterrain. À moins qu’elle ne perçoive autre chose. Comme une complainte des oubliés, mêlant douceur et amertume à son existence…
Son nom est Auri. Et sa vie est peuplée de mystères.
Parmi les nombreuses rencontres de Kvothe, la plus attachante est sans nul doute celle d’Auri. Cette jeune femme, au caractère à la fois sauvage, enfantin et précieux, reste voilée de mystère. Le regard qu’elle porte sur le monde semble percevoir bien plus que celui du commun des mortels. Bientôt elle reverra Kvothe et il faudra lui offrir un présent. Il est temps de se mettre en quête.
Laissez-vous entraîner dans le Sous-Monde et découvrez l’univers du personnage le plus touchant du Nom du vent.

 

Aah, Patrick ! Avec trois livres parus, il est déjà en train de se frayer une place dans mon panthéon personnel. Oui, rien que ça. Même avec ce livre qui, d’après les avis sur Amazon et les avis présentés dans la postface, ne laisse personne indifférent. Soit on aime, soit on déteste et on ne comprend pas l’intérêt.

Mais avant de vous parler du contenu du livre, il faut que je vous parle de l’objet livre ! Il s’agit là d’une édition reliée façon cuir magnifique, bien protégée par sa « dust-jacket » montrant Auri observant l’Université, illustrée de gravures du Sous_Monde, par Marc Simonetti.

Comme présenté dans la préface, il ne faut pas lire ce livre si vous n’avez pas lu Le Nom du Vent auparavant, ni La Peur du Sage. Et comme dit dans la postface, il ne faut pas lire ce livre non plus si vous avez besoin d’action, de dialogues et de multiples personnages et endroits dans une histoire. Parce qu’ici, rien de tout ça, il n’y a qu’Auri, ce personnage étrange, qui semble échappé d’une histoire féerique, qui évolue dans son monde, le Sous-Monde, dont Kvothe a pu apercevoir des bribes dans les deux romans précédemment cités. D’ailleurs, l’auteur n’avait jamais prévu de faire publier cette novella, justement à cause de tous ces éléments manquants pour en faire une histoire digne de ce nom, avec du dialogue, de l’action, du suspens. C’est suite aux encouragements de son entourage et de son éditeur que finalement, nous pouvons partager quelques jours du quotidien d’Auri.

S’il vous est recommandé de lire également la Peur du Sage avant de commencer La Musique du Silence, c’est surtout parce qu’il répond à quelques questions que l’on a pu se poser au sujet de cette jeune fille aux cheveux en aigrette de pissenlit, sur son passé surtout – qui reste malgré tout nébuleux pour le moment – et sur ce qu’elle a pu être avant,  et que ce dernier n’évoque à aucun moment ce qui a pu se passer pour qu’elle se réfugie dans son Sous-Monde, et se concentre justement sur la nature de celui-ci, et sur la conscience qu’Auri a d’elle même. Elle ne tourne pas rond, et elle le sait, et parfois, ce poids l’écrase, alors qu’à d’autres moments, le monde -et elle même – est comme il devrait être, avec ses fêlures, ses bosses, et son désordre apparent.

 

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 Un livre introspectif, lent, dans lequel il ne se passe pas grand chose, et pourtant, j’ai eu énormément de mal à le poser. Les lliens d4auri avec son environnement ont bien résonné en moi, et ce personnage s’y est rendu encore plus attachant. J’ignore si j’ai autant accroché à ce livre parce que, comme mentionné dans la préface, je fais partie de ces gens cabossés qui s’identifient à cette jeune fille, ou parce que ce livre, sans plaire à tout le monde, est plus universel que l’auteur ne s’y attendait.

Bonus !

Nightwish a sorti un nouvel album et a dédié une chanson à l’univers du Nom du Vent, et il me semble qu’elle est tout à fait adaptée pour conclure cet article :

Fool’s Assassin – Robin Hobb

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Robin Hobb
Editions : Harper Voyager
ISBN : 9780553392425
630 pages

 Le Fou et l’Assassin

Tom Badgerlock has been living peaceably in the manor house at Withywoods with his beloved wife Molly these many years, the estate a reward to his family for loyal service to the crown.

But behind the facade of respectable middle-age lies a turbulent and violent past. For Tom Badgerlock is actually FitzChivalry Farseer, bastard scion of the Farseer line, convicted user of Beast-magic, and assassin. A man who has risked much for his king and lost more…

On a shelf in his den sits a triptych carved in memory stone of a man, a wolf and a fool. Once, these three were inseparable friends: Fitz, Nighteyes and the Fool. But one is long dead, and one long-missing.

Then one Winterfest night a messenger arrives to seek out Fitz, but mysteriously disappears, leaving nothing but a blood-trail. What was the message? Who was the sender? And what has happened to the messenger?

Suddenly Fitz’s violent old life erupts into the peace of his new world, and nothing and no one is safe.

J’ai découvert L’Assassin Royal très tard, bien plus tard que la plupart des gens, et sans doute que j’avais bien dépassé l’âge de la cible. Mais pourtant, ce cycle, (avec Les Aventuriers de la Mer inclus dans le lot), est sans doute celui qui m’a donné une des plus grosse claque littéraire de ma vie. Oui, rien que ça. C’était la première fois que je pleurais toute les larmes de mon corps lors de la mort d’un personnage, que j’avais des sueurs froides pendant ma lecture, que j’ai vécu ma lecture de manière aussi physique, et aussi qu’une fois le cycle terminé, toutes les lectures qui ont pu suivre dans la foulée m’ont parues aussi fades (et pourtant, des bouses écrites, j’en ai l’habitude.)

Quand j’ai su que Robin Hobb préparait une suite, j’ai trépigné d’impatience, j’ai attendu la sortie, puis, j’ai attendu que la librairie anglaise de Strasbourg réouvre après ses congés, puis, encore, que ma commande arrive. Et enfin, il était là, il m’attendait, et du coup, c’est lui qui a dû m’attendre. Est-ce que j’étais prête à retourner à Castelcerf, à replonger dans toutes ses intrigues, alors que j’avais fait mon deuil de cet univers, que l’histoire était close, que chaque personnage était allé prendre sa retraite ? Ça fait beaucoup de questionnements pour un simple roman qu’on ne me demande que de lire, pas d’écrire, n’est-ce-pas ? Mais derrière tout ça, il avait aussi l’appréhension, la peur d’être déçue. De retrouver cet univers, mais de ne pas y retrouver ce qui m’y avait tant plu.

Puis, il y a une semaine, j’ai décidé d’y aller franchement, histoire de savoir, comme ça, ça serait fait, et aussi, je saurais tout de suite si ça valait le coup de sautiller en attendant la sortie de la suite en 2015. Alors j’ai ouvert le livre, et j’ai replongé dans les Six Duchés. Et, pour tous ceux qui ont l’intention de lire (ou qui sont en train de lire) L’Assassin Royal (allez-y, allez-y !), ça risque de spoiler un peu en attendant. Lire la suite

The Name of the Wind – Patrick Rothfuss

Le Nom du Vent

Patrick Rothfuss

The Kingkiller Chronicle: Day One
Editions : Orionbooks
ISBN : 978-1-4072-3472-4
661 pages

I have stolen princesses back from sleeping barrow kings. I burned down the twon of Trebon. I have spent the night with Felurian and left with both my sanity and my life. I was expelled from the University at a younger age than most people are allowed in. I tread paths by moonlight that others fear to speak of during day. I have talked to Gods, loved women, and written songs that make the minstrels weep.
My name is Kvothe. You may have heard of me.

C’est une période prolifique en coup de coeurs en ce moment. Il est temps pour moi de lire une bouse infâme pour rééquilibrer l’univers. Mais ce livre là, il n’y contribuera pas.

J’ai lu et entendu énormément de bien de ce livre avant de le commencer. Sauf que mes expériences passées avec les livres encensés de tout bord m’ont refroidie. Est-ce que celui là saura être à la hauteur de mes attentes ?  Ce n’est pas l’introduction qui m’a rassuré. Cette introduction est en fait une lettre adressée à l’auteur par Stephen Deas, un autre auteur de fantasy, qui avouait avoir été jaloux de Rothfuss à cause de l’enthousiasme de son épouse pour ce livre. Pour finalement le lire, et admettre que oui, honnêtement « it is that damn good ». Autant vous dire, la barre était haute, très haute. Peut-être plus que toutes les autres barres que j’ai placées pour d’autres livres.

Pour paraphraser Stephen Deas, oui, c’est vraiment aussi bien qu’on le dit.

Le Nom du Vent prend la forme d’un récit oral, qui fait office de mémoires qui tentent de rétablir la vérité au sujet de ce Kvothe, ce tueur du roi, autour duquel tournent énormément d’histoires et de légendes. Il prend également la forme d’un roman initiatique, qui suit le cheminement de cet enfant doué et vif d’esprit, jusqu’à cet homme mystérieux qu’il est aujourd’hui, en passant par une adolescence bercée par les rêves de vengeance. Les mémoires sont entrecoupées de scènes dans l’auberge ou est hébergé le scribe réceptacle de l’histoire.

Le rythme du récit est rapide, le personnage, tout comme le lecteur, a à peine le temps de souffler qu’une autre aventure/mésaventure débute, que les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas forcément.

Les personnages sont certes les mêmes que dans beaucoup de romans de fantasy : le héros qui a tout à apprendre, le vieux sage, les amis marrant, la jolie et mystérieuse jeune fille et l’antagoniste à qui ont foutrait bien des claques en aller-retour. Le fait que Kvothe apparraise doué en tout pourrait presque le faire passer pour une Mary-Sue, mais cet écueil là est évité parce que contrairement au personnage Mary-Sue-esque, tout le monde n’entre pas en pâmoison au moindre de ses faits et gestes, et qu’il semble bien maladroit dans ses actes, et surtout dans ses contacts avec les autres. Mais la force du Nom du Vent réside surtout dans l’écriture. Je ne saurais jurer qu’il en est de même pour la version française (ce qui serait dommage si ce n’est pas le cas). L’écriture est travaillée, réfléchie, poétique et mélodieuse (si on peut appeler une écriture mélodieuse). La narration est d’abord externe, puis va et vient entre ce point de vue externe et le récit à la première personne de Kvothe, qui, comme mentionné sur la quatrième de couverture, a écrit des chansons à faire pleurer les ménestrels, autant dire que pour cette partie là, Patrick Rothfuss avait intérêt à assurer. Et cette mission est, à mon sens, accomplie.

De plus, lors de mes recherches sur l’auteur, j’ai vu qu’il était actif dans un association féministe, engagement politique qui se ressent dans son écriture, avec des personnages féminins forts et indépendants, même si assez peu présents dans ce premier tome. Le Jour Deuxième saura peut-être les mettre plus en lumière.

J’ai néanmoins pu noter quelques incohérences au niveau du contenu, et quelques coquilles au niveau de mon édition. Malgré ces détails, je reste fidèle à ce que j’ai dit dans mon TTT dernier, le tome suivant rejoindra bientôt ma bibliothèque, et mon appréciation n’a *presque* pas été ternie par ces détails (même si une relecture plus précise serait appréciable, il s’agit d’un livre publié et encensé, pas d’un skyblog).

 

 

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Liavek – Megan Lindholm, Steven Brust

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Megan Lindholm, Steven Brust
Editions : actuSF
ISBN : 978-2-917689-60-8
282 pages

Traducteur : Jacqueline Callier

 

Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, les habitants reçoivent une dose de « chance » chaque année, le jour de leur anniversaire. La plupart des gens ne peuvent utiliser ce pouvoir, seuls les sorciers ont appris à le manipuler, souvent à leur propre profit. Kaloo, une jeune orpheline, sent qu’elle pourrait apprivoiser et développer sa « chance », mais comment faire alors qu’elle ignore sa date de naissance ? Taraudée par cette question, elle consulte un mage pour tenter de lever le voile sur ses origines. Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux.Certains mystères devraient rester dans l’ombre…
Devenue une légende de la fantasy mondiale grâce à L’Assassin royal, Megan Lindholm, alias Robin Hobb, s’associe pour ce récit inédit en France à Steven Brust et Gregory Frost. Teinté de la profonde humanité et de l’art du rebondissement qui caractérisent les histoires de l’auteur, Liavek offre au lecteur une plongée dans une cité aux couleurs éclatantes sur les traces d’une héroïne aussi effrontée que volontaire.

Liavek est à la base un univers patchwork, où chaque auteur participant apporte sa touche et ajoute des éléments jusqu’à créer un monde multi-facettes, aussi foisonnant que les œuvres de tous les auteurs impliqués réunis. Ce projet comptabilise cinq anthologies de nouvelles, en V.O., mais seules les cinq nouvelles du recueil ci-nommé ont été traduites en français. Ce qui commence déjà à poser un problème. On se retrouve projeté dans un univers déjà installé, les actions sont déjà en cours, les personnages déjà présentés. C’est un peu comme revenir au travail en souffrant d’amnésie, c’est un peu difficile de s’y retrouver. On se retrouve face à des ennemis et des complots dont on ignore tout (mais qui ont certainement été évoqués dans d’autres nouvelles), on a des méchants qui sont méchants parce qu’il leur est arrivé un truc triplement méchant 15 nouvelles plus tôt. Alors certes, c’est révélateur d’un univers complet, réfléchi et cohérent, mais pour ce recueil là, on a simplement l’impression de sauter dans un train en route, sans savoir d’où il vient, ni où il va.

 

Si l’on prend les nouvelles pour ce qu’elles sont, en ignorant le fait qu’on est largué au début (oui, je râle, mais en fait, à la deuxième nouvelle, ça va déjà mieux, on a trouvé un contrôleur, on a pu lui demander si on était dans un TER ou un Corail), le fait qu’elles soient écrites par deux auteurs différents fait ressortir l’énorme différence de plume entre les deux. Si je n’ai plus besoin de vous dire à quel point j’aime celle de Megan Lindholm/Robin Hobb, celle de Steven Brust ne n’a pas autant convaincue : une construction plus alambiquée et une structure moins cohérente m’ont perdues en route (déjà que je n’étais pas solidement attachée, hein).  Heureusement que celle de Megan Lindholm, fidèle à elle-même, a su me captiver.

 

Le bon point, c’est que les cinq nouvelles se lisent à la suite, évidemment, et suivent les deux mêmes personnages principaux, dont les histoires se croisent, pour se lier de manière inextricable, pour, au final, donner le rendu d’un roman écrit à quatre mains. Avec tous les inconvénients qu’une écriture à plusieurs mains peut avoir.

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Si vous êtes un inconditionnel de l’un de ces auteurs, allez-y, sinon, euh, allez-y pas. Ou alors débrouillez-vous pour lire les autres nouvelles aussi.

 

 

 

Rumo und die Wunder im Dunkeln – Walter Moers

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Walter Moers
Editions : Piper
ISBN : 978-3-492-24177-9
693 pages

 

Selbst die größten Helden haben klein angefangen.

Rumo – der Wolpertinger aus Walter Moers’ Bestseller « Die 13 1/2 Leben des Kapt’n Blaubär » – macht sich selbstständig aund geht seinen Weg: Wie er kämpfen und lieben lernt, Feinde besiegt, Freunde gewinnt und das Böse kennenlernt und wie er schließlich auszieht, um das größte Abenteur seines Lebens zu bestehen, davon erzählt das bisland spannendste, ergreifendste und komischte Werk von Walter Moers.

« Es gibt Wunder, die müssen im Dunkeln geschehen. » Professir Doktor Abdul Nachtigaller

 

Vous le savez, Walter Moers fait partie des auteurs que j’adore, et dont je vous ai parlé déjà maintes fois. Si Les 13 vies et demie du capitaine Ours Bleu étaient un poil en dessous de mes attentes, j’ai toutefois passé au crible fin les librairies berlinoises lors de mon séjour là bas, afin de pouvoir compléter ma collection (attendez-vous à entendre parler de lui plusieurs fois encore), et d’enfin pouvoir lire Rumo und die Wunder im Dunkeln, dont le personnage éponyme est présent dans la biographie de l’ours à la couleur azur.

Au début, accompagné d’un membre de la dysnatie Smeik (bien connue des lecteurs de la Cité des Livres qui Rêvent, ou de la vie de l’Ours Bleu) qui, en lui racontant des histoires et en partangeant sa connaissance toute théorique de l’art du combat, lui permet de libérer ses instincts sauvages, de sauver toute une population enfermée sur une île flottante (rien à voir avec le dessert), et ainsi de devenir le premier héros méconnu de son espèce, puis, une fois devenu adulte et ayant rejoint la ville où vivent tous ses congénères et découvert son fil argenté sous les traits d’une femelle Wolpertinger très spéciale, ses pérégrinations le mènent au devant de nombreux dangers, tous pires les uns que les autres. Mais il parvient néanmoins à trouver du soutien dans les endroits les plus inattendus, tout en affrontant son destin seul avec son épée schizophrène (oui, l’épée n’est pas toute seule dans sa lame).

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und die Wunder im Dunkeln (Rumo et les miracles dans l’obscurité, traduction approximative, l’ouvrage n’ayant, pour le moment, pas de version française), est un roman initiatique, parodiant les quêtes initiatiques mythologiques (les Nibelungen, par exemple, ou encore l’Edda) qui suit un chiot Wolpertinger (qui n’a rien à voir ici avec les chimères des Alpes) depuis sa ferme natale au monde souterrain de la Zamonie, à la recherche du fil argenté, quête suivie par toutes les créatures de son espèce. Le lecteur suit l’évolution de ce chiot rose, faible et cornu, qui ne pense qu’à son panier et à manger, jusqu’à devenir un Wolpertinger adulte, au pelage blanc, féroce, et, avouons-le, un peu bête, (ce qui ne le rend pas moins attachant). Cette dernière caractéristique le différencie également des autres héros Moersiens, entre l’Ours Bleu, malin et débrouillard, et Hildegunst Taillemythes, intellectuel héroïque et éloquent, qualité dont manque cruellement Rumo, qui « ne sait pas raconter les histoires », mais qui adore en écouter. Cet aspect « histoire racontée oralement » est d’ailleurs présente dans tout le roman, le narrateur omniscient externe ne se privant pas commenter sarcastiquement les faits, le seul chapitre relevant du domaine de l’écrit dans le style est celui qui retranscrit un journal intime au contenu Lovecraftien.

 

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Rumo est un roman plein de rebondissements, qui ennuient rarement, s’enchainent sans longueurs, et tous les éléments se mettent en place logiquement et de manière toutefois imprévisible, grâce à des changements de perspective rapides. Contrairement au tome précédent (L’Ours Bleu, pour ceux qui ne suivent pas, là bas, au fond), l’écriture est bien moins linéaire, et la narration bien plus maitrisée.

De nouvelles parties du continent Zamonien sont défrichées, de nouvelles espèces sont présentées, l’histoire (à ce moins que ce soit l’Histoire ?) du continent est explicitée, ce qui permet aussi de préparer le terrain pour les tomes suivants, à savoir,  la série de Bouquinbourg (le troisième tome est à paraitre en V.O. en automne.), et, comme toujours, les illustrations permettent de découvrir encore plus profondément la faune particulière de ce monde à part.

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Il est vraiment dommage que ce tome ne soit pas traduit (pour le moment) en français (même si la traduction de cet auteur doit s’avérer ardue), cet univers étant très complet, et chaque livre permettant encore d’approfondir ce monde foisonnant.


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Wenn du wolltest könntest du den ganzen Tag Wasser lassen, wo du gehst und stehst, aber du tust es nicht, was wäre das denn für eine Sauerei? Du staust es auf bis es weh tut, dann lässt du es fließen, und es ist eine Erlösung – stimmst’s? Genau so solltest du kämpfen: wie du pinkelst.

Si tu le voulais, tu pourrais pisser toute la sainte journée, peu importe où tu te trouves, mais tu ne le fais pas, parce que ça serait vraiment crade. Tu te retiens, jusqu’à ce que ça devienne douloureux, puis tu laisses couler, et c’est un vrai soulagement, pas vrai ? C’est exactement comme ça que tu devrais te battre. Comme tu fais pisse.

Chroniques express – book edition

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Tobe Hooper et Alan Goldsher
Editions : Michel Lafon
ISBN : 978-2749914145
254 pages

Midnight Movie
Traducteur : Pascal Loubet

 

« Ce serait pas mal de retourner à Austin et de faire un tour au festival, même si je me rappelais pas de quoi ^parlait mon film – sûrement de zombies et de sexe. Et j’avais pas du tout envie de me retrouver devant une salle remplie de geeks fans de films gores. Mais j’avais besoin de fric. »
Un réalisateur de films d’horreur, Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d’un festival de seconde zone. Ce film oublié, écrit et tourné par Tobe lorsqu’il y avait 15 ans, n’a jamais été projeté en public.
Très vite, les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite de l’inconcevable. Leurs amis sont également touchés. Et les amis de leurs amis… Le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s’accumulent dans l’Amérique entière.
Tobe Hooper comprend alors que, pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit, ce film qu’on n’aurait jamais dû projeter à minuit.

Midnight Movie. Tobe Hooper. Rien que ça, et vous pourriez penser que c’est un film d’horreur. Mais non, c’est un roman. Par le créateur de Massacre à la tronçonneuse. Et Poltergeist. Et de L’invasion vient de Mars (dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, mais j’aime bien le titre). Enfin, roman, c’est vite dit. Il s’agit d’un récit construit à la manière d’un épisode de Faites entrer l’accusé, avec des témoignages, des retours en arrière, des scènes de l’histoire, ainsi que des morceaux de l’internet mondial (articles de blog, mails, twitts, etc.) entre deux.

On retrouve les ficelles qui ont fait le cinéma d’horreur (« Noooon, n’y va paaaaaaaaaas ! Pas toute seule, ‘spèce de cruche ! »), agrémenté de réflexions sur lui même, Tobe Hooper étant présenté comme un réalisateur de seconde zone, un looser qui a réussi une seule et unique fois, et qui depuis, reste dans l’ombre de réalisateurs plus jeunes. Mais qui parvient, lui même ignore comment, à provoquer une apocalypse à base de sécrétions bleues et de zombies avides de sexe. Oui. Vraiment.
A réserver aux adeptes du film d’horreur.
Bon, je vais aller me mater Massacre à la tronçonneuse, moi.

 

corbeaucorbeaucorbeau

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Terry Pratchett
Editions : L’Atalante
ISBN : 9782841-726530
124 pages

The World of Poo
Traducteur : Patrick Couton
Illustrations : Peter Dennis

 

Enfin traduite en français, découvrey Mlle Félicité Bidel, l’auteur favori de Sam Vimaire junior, le fils du commissaire du Guet d’Ankh-Morpork.

Avec Le très gros Problème de Gaston, La Guerre contre les Gobelins Morveux, Les Hommes Pipi et autres succès de librairie, elle est la coqueluche des enfants du Disque-monde.
Geoffroy rend visite à sa grand-mère à Ankh-Morpork. Alors qu’il passe sous les pommiers ancestraux du jardin, il sent quelque chose lui tomber sur la tête. Ce sera le début d’une quête déterminée et d’une collection d’un genre unique.

Si vous avez lu Coup de Tabac, vous savez qui est Félicité Bidel, et pourquoi elle se fascine tant pour les sécrétions (décidément, je n’aurais jamais autant écris ce mot dans un article… Ou écrit ce mot tout court d’ailleurs.). Découvrez l’un de ses titre phares, enfin traduit en français ! Enfin, si ça se laisse lire facilement, et si les illustrations sont jolies, si vous n’avez pas lu Coup de Tabac, ce Pratchett est plutôt dispensable. Mais si on veut découvrir la faune particulière du Disque-monde, ce livre permet de rencontrer des animaux particuliers, pour des raisons tout aussi particulières. Une lecture rapide, qui permet de se replonger vite fait entre deux autres lectures dans l’univers haut en couleurs de Terry Pratchett malgré tout.

En plus, l’objet livre est joli.

 

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Ken follett
Editions : Pan
ISBN : 978-0-330-45692-0
1237 pages

 

On the day after Halloween, in the year 1327, four children slip away from the cathedral city of Kingsbridge. They are a thief, a bully, a boy genius and a girl who wants to be a doctor. In the forest they see two men killed.

As adults, their lives will be braided together by ambition, love, greed and revenge. They will see prosperity and famine, plague and war. One boy will travel the world but come home in the end; the other will be a powerful, corrupt nobleman. One girl will defy the might of the medieval church; the other will pursue an impossible love. And always they will live under the long shadow of the unexplained killing they witnessed on that fateful childhood day.

Ken Follett’s masterful epic « The Pillars of the Eart »h enchanted millions of readers with its compelling drama of war, passion and family conflict set around the building of a cathedral. Now « World Without End » takes readers back to medieval Kingsbridge two centuries later, as the men, women and children of the city once again grapple with the devastating sweep of historical change.

On prend les mêmes et on recommence ! Kingsbridge est encore le lieu de péripéties parfois digne des Feux de l’amour, mais ça fonctionne toujours aussi bien. La trame reste sensiblement la même que pour Les Piliers de la Terre, les archétypes de personnages également, sauf que cette fois-ci, certains personnages sont peut-être un peu plus nuancés que leur alter-égo Piliers-terrien, et, parfois, thèmes et époque obligent, plus proche du Médecin d’Ispahan. Ken Follett prouve ici que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et qu’il maitrise parfaitement l’art du rebondissement.

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Imriel’s trilogy, tome 1 : Kushiel’s Scion – Jacqueline Carey

Imriel de la Courcel was born a prince of Terre d’Ange. A child of his birth parents treasonous blood and his foster parents heroic spirit, he bears the gift that belongs to the direct descendents of the deity Kushiel: the ability to deliver exquisite pain and cruelty, and the power to discern the faultlines in the souls of others and the knowlege of how to exploit them. Surrounded by enemies who would gladly see him dead, Imriel must strive to obey Blessed Eluas precept of love, a challenge fraught with sorrow and joy beyond all imagination.

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Kushiel et son univers ont déjà été évoqués à plusieurs reprises ici, et ce tome en particulier dans un Top Ten récent, il faut dire que je l’ai sorti de la PAL le lendemain.

Si la première trilogie se concentrait sur Phèdre et son consort Joscelin, ici, le personnage principal est son fils adoptif, que nous avons déjà rencontré dans le dernier tome consacré à Phèdre. Pour mémoire, elle se plongeait au fin fond du Drujan, pays dirigé par un tyran maléfique qui s’était voué à de sombres forces, afin de sauver le fils disparu de Mélisande, son amante, son ennemie, mais aussi la plus grande traitresse du royaume : Imriel, alors âgé de 10 ans. Ce tome-ci narre les premiers pas d’Imriel en Terre d’Ange, ses premiers émois, ses premiers amis, et surtout, marque le début de son voyage initiatique pour devenir celui à qui il aspire être, loin de ce à quoi il pourrait être destiné. Car Imriel tente de devenir quelqu’un, un grand guerrier, comme Joscelin, son modèle, quelqu’un de bien, et de sortir de l’ombre imposante de sa mère, la redoutable Mélisande Sharizai.

En tant que descendant de la maison Sharizai, il est l’un des descendants de Kushiel, un des sept compagnons d’Elua, celui qui punit et qui inflige la souffrance. Celui qui trouve la jouissance dans la souffrance qu’il inflige à autrui. Seulement, son passage par le Drujan lui a laissé des marques, tant physiques que psychologiques, et il ne se sent pas apte, ni prêt, à vivre selon son rang, comme un prince, qui pourrait accéder au trône s’il suivait les pas de sa mère, la plus grande manipulatrice du royaume. Car c’est que les autres attendent de lui, qu’il trahisse son pays, sa famille, ses parents adoptifs, pour redonner vie aux rêves de sa mère Mélisande.

Si Phèdre et Joscelin, dans la première trilogie, étaient parfois remplis d’une innocente et naïve arrogance, Imriel, lui, commence son aventure en étant meurtri et en ne sachant pas s’il pourra passer outre. S’il pourra devenir le héros qu’il aimerait tant devenir, s’il réussira à échapper au tribut exigé par sa lignée et s’il pourra échapper à l’influence insidieuse de sa mystérieuse mère. Car si elle a œuvré au détriment de Phèdre dans la trilogie précédente, qu’elle semble avoir été rétribuée à la valeur de ses actes, et que finalement, elle n’apparait jamais dans ce livre, son aura tentaculaire plane encore.

De plus, si Phèdre était l’élue de Kushiel, choisie afin d’équilibrer le monde, Imriel en est le descendant. Si Phèdre endure la souffrance, le destin d’Imriel est de jouir de celle d’autrui. Mais comment peut-il se construire si on lui a infligé des souffrances plus grandes que celles qu’il aurait pu donner ? Comment peut-il accepter ce qu’il est s’il a été victime de quelqu’un comme lui ? C’est cet équilibre précaire qu’il lui faudra trouver.

L’auteur réussi encore à nous embarquer dans son univers. Si Phèdre nous l’a fait découvrir, Imriel nous y plonge encore plus profondément, les intrigues politiques ne s’arrêtant pas aux limites de Terre d’Ange et d’Alba, mais continuent bien au délà de Tiberium ou de la Skaldie.

Néanmoins, certains tics de langage récurrents chez Phèdre le sont également ici. Les canons d’avant-bras de Joscelin brillent toujours autant (il a que ça à foutre, de se lustrer les canons, hein ?), et, bon, au bout de deux fois, on a compris que son armure est digne d’un pokémon shiny, et le souvenir récurrent du bassin dans le zenana au Drujan ne nous permet pas d’oublier que l’eau croupie, ça sent mauvais. Mais malgré ces répétitions que ne perturbent peut être que moi, Kushiel’s Scion reste un très bon roman à l’intrigue maitrisée et réfléchie.

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That which yields is not always weak.

Les Mensonges de Locke Lamora – Scott Lynch

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Dans la cité insulaire de Camorr, la vie d’un orphelin ne vaut pas cher. Doté d’un esprit vif et d’un don naturel pour la rapine, Locke Lamora a néanmoins réussi à éviter jusqu’ici la mort et l’esclavage, un luxe qu’il doit en partie au prêtre aveugle Chains. Ce dernier – qui n’est ni prêtre ni aveugle – forme à l’art du vol sous toutes ses formes une troupe de gamins des rues triés sur le volet, connus sous le nom de Salauds Gentilshommes. Sous sa tutelle, Locke va bientôt devenir la Ronce de Camorr, douloureuse épine dans le pied de la maréchaussée et hantise des notables de la ville…

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On m’a prêté ce livre en me disant que c’était le meilleur roman de fantasy que la personne aie jamais lu. On m’avait dit la même chose sur La Horde Du Contrevent, et j’en ai été déçue, c’est donc avec appréhension que j’ai entamé ce roman. (C’est là tout le paradoxe, plus mes attentes sont élevées, plus je suis déçue, parce qu’au fond, elles le sont toujours trop, et jamais rien n’est à la hauteur. Alors que si je prenais la même œuvre, mais sans idées préconçues, mon avis serait sans doute moins mitigé. Oui, c’est déprimant.)

Les Mensonges de Locke Lamora suit le personnage du même nom dans ses activités de voleur dans la ville de Camorr (librement inspirée de Venise). Pour une fois, le héros n’est pas héroïque, il ne cherche pas à faire le bien, ce qui est déjà remarquable et relativement original. Locke est un jeune orphelin qui prend un malin plaisir à manipuler autrui et à mener les gens en bateau afin d’obtenir ce qu’il veut (qu’il s’agisse d’argent ou juste de tromper son ennui), sans lésiner sur les moyens, le souci, c’est que souvent, ça ne se passe pas comme prévu. Il est accompagné d’une fine équipe composée de jumeaux, d’un intellectuel myope et grassouillet, et d’un jeune garçon (et de la femme invisible).

La structure est déroutante au premier abord,  on passe en effet d’un chapitre au présent, suivi par un interlude, digression vers l’enfance de Locke, permettant ainsi d’expliciter certains éléments évoqués dans le chapitre précédent. Ce procédé m’a dérouté au début de ma lecture, j’avais régulièrement l’impression d’avoir sauté des lignes, voire des pages, avant d’arriver à l’interlude explicatif tant espéré. Au bout de deux chapitres/interludes, le temps de saisir le concept, on s’y fait, et la lecture se fait toute seule. On se demande bien souvent où et surtout comment l’auteur veut nous emmener, mais aucun détail n’est laissé au hasard. Bien souvent, on peut se demander comment il veut parvenir à terminer son intrigue, (et surtout, comment il va faire pour écrire 7 tomes), mais arrivés à la fin de ce premier tome, on le referme, soulagé, confiant, et avec la certitude qu’on y arrivera, et que le voyage ne sera pas de tout repos, autant pour le lecteur (je lis dans le train, c’est pas toujours calme ni confortable), que pour les protagonistes.

Si dire qu’il s’agit du meilleur livre de fantasy que j’ai lu serait une forte exagération, il s’agit néanmoins d’un des plus originaux. Un univers riche et original, des personnages imprévisibles et une intrigue complexe pleine de rebondissement tiennent le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Le deuxième tome a déjà été dévoré (avec du ketchup), le troisième vient de sortir en VO, et je n’ai qu’une hâte, de l’avoir entre les mains. Pour une première publication, un vrai coup de maître ! Ce qui laisse présager du meilleur pour la suite.

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La seule constante de l’âme humaine, c’est son inconstance.

Comme de nombreux hommes l’apprirent à leurs dépens, il est impossible d’être intimidant lorsqu’une femme en colère tient votre bite dans une main et qu’elle a un stylet pointé sur vos reins de l’autre.