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Fernweh #3 Spécial Québec

En septembre dernier, j’ai quitté le continent européen pour la première fois. Armée de mon passeport tout neuf, je suis allée au Québec. Après avoir fait la file pendant 3 heures à la douane de l’aéroport de Montréal, Québec, me voilà.

J’ai tenté de faire un carnet de voyage pour ce séjour de deux semaines, j’ai lamentablement échoué au bout d’une semaine. Mais j’ai tout de même collecté quelques cartes de visite et photos afin d’en garder quelques traces dans lesquelles je viens de me replonger.

 

Les meilleures confitures que j’ai mangé se trouvent au couette et café L’Intendant à Québec, vous dormirez dans des chambres qu’on dirait sorties d’un western en plus :

8 Des-Vaisseaux-Du-Roi
Vieux-Québec (Québec) G1K 6T5

Profitez-en pour carresser des chats au Café Félin voisin Ma Langue aux Chats :

307 Rue Saint-Paul
Québec

Pour bien manger à Québec (peut-être le meilleur repas de tout le séjour) : Le Hobbit, à Québec, toujours :

700 Rue Saint-Jean
Québec (Québec)
Canada G1R 1R1

(Et évitez le Lapin Sauté, recommandé par tous les guides, nous avons trouvé que c’était un piège à touristes. Pas mauvais, mais pas à la hauteur. Et il n’y avait pas de lapin dans la casserole de lapin !)

Si vous en avez l’occasion, n’hésitez surtout pas à faire les excursions en zodiac à Tadoussac pour voir des baleines, belugas et phoques. Otis fait un détour par le fjord en plus en revenant. Et prenez vous en photo avec les magnifiques vêtements de survie qui font feront prendre 30 kg en 2 minutes !

Si déjà vous êtes à Tadoussac, buvez un cocktail bière/sirop d’érable au Père Coquart :

115 Rue Coupe De L’islet
Tadoussac, Québec G0T 2A0

Puis allez manger au Café Bohème :

239 rue des Pionnier,
Tadoussac

Si vous allez visiter les parcs nationaux, ne déconnez pas avec le répulsif à moustiques et mettez en partout ! Parole de personne qui en avait un qui s’est glissé sous le tee-shirt et s’est retrouvée avec une quinzaine de piqûres énormes dans le dos (nos moustiques européens, c’est rien comparé à ça…) et dont le seul remède était une crème à base de bicarbonate dénichée dans une supérette.

vous pouvez également participer à une observation de l’ours noir dans son milieu naturel en Mauricie.

Alors, quoi de neuf ? #2

Non, je n’ai pas abandonnée l’idée de continuer une série d’articles.

L’an dernier, j’ai commencé le crochet (je vous entend vous marrer dans le fond !). Depuis, j’ai terminé un châle, un marque-page et un amigurumi Cthulhu auquel il faut encore ajouter des yeux. J’ai entamé un nouveau châle (avant, j’achetais des tonnes d’écharpes, maintenant, je les fais, leur nombre augmente moins vite depuis) et un bonnet, qui stagne à 10 rangs de la fin. Le fait que je l’ai recommencé trois fois pour le trouver moche au final n’arrange rien j’imagine.

Forcément, entre temps, j’ai emprunté et acheté la littérature qui va avec, je vous en ai même déjà parlé ici (c’est déjà depuis l’article le plus populaire de ce blog, plus même que les réponses idiotes aux questions banales). Je parcours Ravelry pour ajouter des patrons de fringues ringardes que je ne ferais jamais et porterai encore moins à ma bibliothèque alors que je porte régulièrement des napperons, ou des accessoires abscons à offrir aux prochains Noëls/anniversaires/crémaillères (tout le monde a besoin de sous-bocks crochetés en forme de cul de chat). Et surtout que je cherche un patron de plaid qui m’occupera pour les 30 prochaines années.

Et j’ai découvert la blogosphère crochet. En France, les crocheteuses sont certes très douées (o.o un truc de fou), mais les interfaces restent vieillottes (dit celle dont le blog à la même tête depuis pratiquement son ouverture, alors qu’elle bosse dans le ouaibe) et souvent, on sent qu’il s’agit de femmes qui font des choses pour leurs petits-enfants (ceci explique cela). Et les sujets restent très pragmatiques : « j’ai fait ça, le patron se trouve ici ». Ailleurs, les crocheteuses présentes sur la toile sont bien plus jeunes, plus décalées, et leurs blogs sont souvent très bavards.

C’est en lisant un article sur l’influence du genre sur ses interlocuteurs en milieu professionnel : https://medium.com/@nickyknacks/working-while-female (en anglais, édifiant), que j’ai découvert Nicky Knacks, qui se pose des questions sur la condition de crocheteuse issue de la génération Y. Et c’est sur instagram que j’ai découvert Gossycraft, qui réutilise des fils de pulls trouvé d’occasion pour crocheter des trucs.

Et question musique ?

J’ai découvert Battle Beast en concert, plein d’énergie et de joie de vivre, malgré des chansons kitschouilles digne de l’Eurovision (Lordi a bien gagné, alors bon) et des paroles complètement teubées :

She’s a black ninja, you can’t see her in the niiiight

Et au niveau lecture ?

Pourquoi lire ça ? Mais pour la science ! Découvrez tous sur les hémorroïdes, même si vous n’en avez jamais eu, parce qu’au final, ça peut frapper tout le monde. Sur fond de shojo lycéen, découvrez des schémas et des explications pour améliorer votre transit (ou quelque chose comme ça).

Un manga d’utilité publique ! Vivement que je mette la main sur le tome 2.

Oui, vraiment, c’est en deux tomes. Parce que le sujet est trop vaste pour un seul tome. Voyons.

 

Sinon, j’ai tenté de lire Dark Shadows, le livre qui a inspiré le film de Tim Burton. Il n’a pas passé le test des 50 pages : c’était mièvre. Lire les Chroniques des Sorcières d’Anne Rice m’a mise moins mal à l’aise. Alors que j’ai pas pu lire tous les tomes. Parce que. A un moment, la gothique en moi avait terminé sa crise d’ado et en avait terminé avec les vampires et les sorcières et tout ça avant que les mormons décident de leur foutre des paillettes.

 

Allez, à la prochaine, pour plus de romans nuls, de mangas improbables et de crochets kitschs !

s’en va farfouiller dans son sachet de pelotes en chassant son chat

Saisons culturelles

Bonne année ! Comment ça, on est en février ?

Ma panne de lecture est revenue, du coup, on va peut-être parfois changer de sujet ici. On va parler de crochet, voilà,  ça marche bien, le cochet, ça occupe mes soirées depuis des semaines (à nouveau),  c’est bien une activité d’hiver. En parlant d’activités d’hiver, et si on parlait de lectures et de musiques saisonnières ?

Parmi mes nombreuses lubies plus ou moins passagères, l’une de celles qui dure depuis des années, c’est celle de documenter mes habitudes. Pas ma vie par contre, toutes mes tentatives pour tenir un journal intime ont lamentablement échouées (et c’est pas forcément une mauvaise chose, étant donné que je n’écrivais que quand ça n’allait pas…) Par contre, ce que j’arrive à maintenir, surtout grâce aux sites dédiées, mais aussi sur papier, ce sont mes lectures et la musique que j’écoute : ma consommation culturelle en gros, même si le terme « consommation » dans ce contexte me chiffonne. J’ai retrouvé dans ma chambre d’ado un carnet qui recensait toutes mes lectures personnelles, bien avant d’avoir internet et les sites qui facilitent la chose. Ce carnet a entre temps été remplacé par anobii, lui même tendant actuellement à être remplacé totalement par Goodreads et… un nouveau carnet.

Ainsi, j’ai pu constater que depuis 15 ans, mes étés sont consacrés à Stephen King. Enfin, je ne l’ai plus lu pendant quelques années suite à une mésaventure de traduction (je radote, mais pourquoi un auteur aussi populaire a-t’il eu des traductions aussi nazes ?), mais ce qui est avéré, c’est que je ne lis le King qu’en été, même si je n’ai plus de vacances estivales. Les premières années après ma découverte de Terry Pratchett, au lycée, encore, bien avant internet, je ne le lisais qu’en été… Puis, j’ai pu lire ce que je voulais pour mes cours d’anglais à la fac, depuis, il m’accompagne tout au long de l’année.

Les classiques, sur un rythme presque scolaire également, je les lis en automne.

Les séries sur plusieurs tomes, je les engloutis en deux mois (oui, même le Trône de Fer et tout le cycle de l‘Assassin Royal), sur l’été et l’automne. Et en hiver, et bien, je lis des BDs.

Et pour la musique ? Non, je n’ai jamais listé à la main ce que j’écoutais. Par contre, last.fm recense sans faillir ce que j’écoute depuis décembre 2005, et depuis que j’ai découvert l’universal scrobbler, sera encore plus complet. En été, toute la musique aux accents folks joyeux passera en boucle. Tout ce qui est plus lourd et pesant passera en hiver. Le heavy ? En été ! Le death et le black ? En hiver ! Skyclad ? En été ! Moonsorrow ? En hiver !

Au final, pour quelqu’un dont les humeurs ne sont pas influencées par les saisons, elles influencent fortement mes goûts.

La prochaine fois, je vous raconterai comment pour moi, les albums ont des couleurs. Mais pas les chansons ou les sonorités individuelles.

Alors, quoi de neuf ? #1

Il y a quelques années, j’avais évoqué à une amie l’idée de faire une série d’articles « Revue de presse », projet mort dans l’œuf. C’est en parcourant divers blogs que l’idée est revenue. Seulement, une simple revue de presse manquait d’intérêt à mes yeux.Et si, finalement, je l’intégrais à une liste de mes lubies du moment ?

Et question musique ?

Il y a quelques mois est sorti un album associant un membre d’Enslaved à un membre de Wardruna, présenté au public à Oslo l’an dernier, lors de l’anniversaire de la constitution norvégienne. Il en résulte une musique planante et envoutante :

Bientôt sortira le deuxième opus de Blues Pills, que j’ai hâte de revoir sur scène. En attendant, le premier extrait est sorti :

 

Et au niveau lecture ?

Il n’y aura pas d’article sur la série de livres que je suis en train d’engloutir, parce que c’est trop dense, et que l’exercice de parler d’un tome tout seul est très délicat. Sachez néanmoins qu’il s’agit de la Tour sombre, dont je me suis enfilé les tomes à la suite, j’en suis au dernier, sur lequel j’ai levé le pied. Il est toujours difficile de sortir d’un univers aussi fort aussi brutalement qu’une lecture qui s’achève. Si le premier tome m’avait laissé de marbre, le deuxième m’a envouté. Et m’a aussi donné envie de relire les tomes du King que j’ai lu au lycée et dont les liens avec cette saga sont évidents (Insomnie, Salem, etc).

Pour continuer avec les livres, avez-vous lu cet article sur le genre chez John Scalzi ? Édifiant et chapeau à ses traducteurs. Il faut que je relise Deux In Machina.

Sinon, finissons-en avec le snobisme littéraire.

Et les sorties dans tout ça ?

Paris est une ville que je n’apprécie pas vraiment, néanmoins, j’y suis retournée pour assister au Download le vendredi 10 juin. Le vendredi matin a été consacré à visiter Montmartre, le vendredi après-midi à faire la queue au Cashless, la soirée à s’en prendre plein les oreilles (et a sautiller pour voir quelque chose et éviter le mal de dos dû à la station debout prolongée – oui, ça marche ! Faut pas s’arrêter par contre -)

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Et si jamais vous passez par Freiburg im Breisgau, dites bonjour au crocodile avant d’aller prier au dieu Bretzel et ne chopez pas de gastro !

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Et pour finir : Halestorm à Strasbourg, Raveneye en première partie : j’y suis allée sur un coup de tête, mais c’était vraiment un bon concert, autant la première partie que le groupe principal. Le public était majoritairement constitué de jeunes filles, ce qui l’éloigne de la moyenne d’âge des concerts que je fréquente d’habitude, mais en voyant la prestation du groupe, j’ai compris : Lzzy Hale est une leader charismatique et communicative, aux chansons sans langue de bois, donnant au tout un air d’empowerment bienvenu dans le milieu du metal bien couillu en temps normal.

 

 

Buycott : l’argent comme bulletin de vote

Ce sujet me trotte dans la tête depuis un moment, mais je n’ai jamais su comment le tourner. Mais ce problème de forme est désormais résolu. Vous avez dû en entendre parler, de cette application qui permet d’acheter de manière conscience et responsable. Buycott, que ça s’appelle. Parce que boycotter les marques qui ne respectent pas certaines valeurs éthiques à cause du dieu nommé Argent reste le moyen le plus efficace pour tenter de changer, un peu, à notre échelle, le monde dans lequel nous vivons.

Je vous rappelle ici le boycott de Coca Cola qui a eu lieu en Espagne suite à un plan social, mesure qui a su montrer son efficacité : ESPAGNE Le boycott de Coca-Cola a fonctionné

Donc voilà, boycotter les marques pas gentilles, ça semble efficace, sauf que, nous, consommateurs, comment pouvons-nous faire pour voir quel empire agro-alimentaire tente de nous empoisonner ? Quelle grand créateur utilise de la peau de renard arctique pour faire ses manteaux ? Quel grand PDG a apporté son soutien pour que le loi pour un salaire égal homme/femme ne passe pas ? Quel enseigne utilise de la main d’œuvre infantile (toutes ou presque, ne nous leurrons pas) ?

Alors certes, on ne pourra jamais éviter toutes ces marques, on ne pourra jamais être totalement irréprochable. Parce que merde, ce petit haut de chez H&M est trop mignon et pas cher, et que EKYOG, c’est pas dans mon budget et c’est pas mon style non plus et que l’odeur d’encens qui flotte chez Korogo me donne la migraine. Et aussi parce que notre pouvoir d’achat étant ce qu’il est, acheter de la malbouffe est bien plus abordable pour le portefeuille que de faire ses courses au supermarché bio (déjà, il n’y en a pas partout, et surtout, souvent, c’est bien plus cher qu’a Lidl, OUI, manger sain et s’habiller éthiquement, ça reste encore réservé à des privilégiés). Mais honnêtement, ça ne coûte rien d’essayer, de voir si oui, changer quelques unes de nos habitudes de consommation est jouable.

Tout ce blabla décousu, donc, pour vous présenter (si c’est pas déjà fait) Buycott, une application GRATUITE et disponible pour Android et Iphone, qui vous permet de scanner vos produits, et de voir si la marque entre en conflit avec certaines, toutes ou aucune (ça arrive) de vos éthiques personnelles.

Tuto pour les nul/Les (oui, parce que moi, j’ai pas compris tout de suite où rentrer ses critères, du coup, scanner du Nestlé et voir qu’il n’y avait pas de souci, ça m’a semblé bizarre) :

Première étape, on choisit la catégorie de « campagnes » qu’on souhaite rejoindre :

photo 2   Ensuite, on sélectionne sa, ou ses campagnes :

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Après avoir consulté la liste de campagnes sur le sujet, on peut choisir de les rejoindre (ou pas, comme ce sont des utilisateurs qui les entrent, certaines peuvent, justement, être à l’opposé total de vos idéaux à vous) :

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Et enfin, on peut commencer à scanner :

 

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Soit Erstein n’est pas assez connu, soit ils ont tout bon pour ma part, j’hésite

Je l'ai tellement avoidé que je l'ai scanné après avoir mangé la moitié du paquet

J’ai tellement évité ce produit que je l’ai scanné après avoir mangé la moitié du paquet

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Les campagnes auxquelles j’ai adhéré mais auxquelles Nestlé n’adhère pas

Autres campagnes auxquelles Nestlé n'adhère pas

Autres campagnes auxquelles Nestlé n’adhère pas

Et encore

Et encore.

Alors certes, ça prend du temps, certes, à la fin, on ressort avec juste de la salade et du sucre Erstein, mais au fond, ouvrir les yeux ne peut pas faire de mal.

Instannés berlinois

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Fin mai, nous sommes allés à Berlin, destination dont nous parlions depuis déjà quelques temps.

Alors évidemment, les adresses à Berlin, ce n’est pas ça qui manque sur le net. Mais j’avais envie de partager quelques adresses qui je n’avais vu sur aucun blog francophone, ou que nous avons trouvées en parcourant la ville.

Ce sera loin d’être exhaustif, mais ce sont des adresses qui m’ont marquées :

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La photo de blog cuisine ou lifestyle correcte, c’est pas pour tout de suite.

Shiso burger : un restaurant de burgers asiatiques faits maison vraiment excellents. Assez petits, les burgers sont pourtant bien remplis, et, pour les végétar/liens, trois versions sans viande ni poisson sont proposées. La carte est originale, entre le bœuf, le saumon, les champignons, les aubergines, etc, et si on aime pas particulièrement les frites, on peut choisir les patates douces ou les haricots edamame. Quand aux boissons, leur limonade au litchi (maison) est délicieuse. Les prix sont raisonnables, nous avons mangé à deux pour moins de 20 euros, boissons comprises. Lire la suite

De l’élitisme culturel

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Il y a un moment, l’actualité ci-dessus est apparue dans mon fil Facebook. Je connais les deux personnes. Et justement, elles pensent bien faire partie d’une certaine élite. (Oui, bon, un de nos profs nous l’avait dit à l’époque « vous faites partie de l’élite ». Personnellement, je n’ai jamais trop compris pourquoi, et venant d’un prof de Sciences Humaines qui ne sauve aucune vie, filière pas vraiment réputée pour son égotisme, m’a semblé étrange. Un prof de langues étrangères ne changera certainement pas la face du monde, il ne faut pas se leurrer.)

Mais ce n’est pas l’image qui m’inspire cet article, mais le commentaire en dessous. Justin Bieber et M6 comme non preuve d’évolution… On assimile là des milliers de gens à des crétins finis parce qu’ils aiment Justin Bieber ou regardent M6… En résument ces deux choses à l’essence même de l’intellect non-existant de foules entières. En ignorant sans conteste que ces gens lisent peut être Proust, sont médecins et n’ont pas besoin de se sentir valorisés par ce qu’ils regardent ou écoutent chez eux, en privé. (Je ne parle pas de la Bieberfan enragée de 15 ans, là, à 15 ans, on est jeune, on a le droit, tous les adolescents se sentent valorisés par un truc ou un autre, ça passe, c’est normal.)

Non, ce que je trouve contestable, c’est de juger la valeur et l’intelligence des gens à leurs loisirs. On ne peut pas être tout le temps en train de monter des réacteurs nucléaires, on ne peut pas constamment discuter de philosophie, personne ne peut éternellement lire les entretiens de tous les présidents du monde. En quoi est-ce condamnable de vouloir, de ressentir le besoin de se consacrer à un loisir léger et frivole ? Est-ce que regarder la Nouvelle Star ou Tellement Vrai fait de nous des idiots incapables de réfléxion ?

Ce n’est pas parce que Le Lay pense vendre du temps de cerveau disponible que ce même cerveau est incapable de tout discernement. Les gens ne sont pas cons. Et ce n’est pas parce qu’on ne regarde pas de programmes légers ou qu’on écoute pas de musique de jeunes qu’on est sortis de la cuisse de Jupiter.

Bon, sur ce, je vais retourner lire l’encyclopédie Universalis devant le replay de Koh Lanta.

Source : WulffMorgenthaler

De l’art d’avoir raison (ou de le croire)

Ces derniers temps, j’ai remarqué une tendance bien humaine un peu partout. Qu’il s’agisse du mariage pour tous, de différentes manières de voir sa vie de couple, ou même d’habitudes alimentaires.

Étrangement, malgré l’actualité, c’est surtout au sujet de l’alimentation que j’ai remarqué ce phénomène. (Ou au sujet de l’utilisation ou non du mot « féministe », ou du débat Madame/Mademoiselle, mais c’est moins fréquent.) Donc, l’alimentation, ou, plus précisément, le refus de manger de la viande, voire, refuser toutes formes de protéines animales. Il se trouve que j’ai des végétar/l/iens dans mon entourage. Ces gens là cherchent peut être à ouvrir les yeux des gens sur certains traitements animaux, mais personnellement, ils ne m’ont jamais craché sur mon bout de jambon lorsque j’ai mangé avec eux. Ni même essayé de m’en dégoûter. Il y a quelques années, j’ai testé le végétarisme, et j’ai lâchement abandonné, devant l’impossibilité de réunir tous les ingrédients nécessaires à une seule recette du livre spécialisé que j’avais emprunté. Il m’en faut peu, je sais.

Et quand j’en parle, à des gens pas forcément grands consommateurs de viande, ils sont scandalisés. « Mais l’humain à besoin de protéines animales ! Ça ne peut pas être sain ! Leur vie doit être triste ! Ils doivent être squelettiques ! Mais ils ne mangent que des graines ! Arracher la carotte du sol, c’est tout aussi cruel que de tuer une vache ! Et leurs enfants, ils leurs donnent de la viande ? Il en faut pour bien grandir ! » J’en passe et des meilleures.

Quand on regarde l’actualité récente en France, concernant le mariage pour tous, les arguments ne sont pas plus fondés. « C’est ouvrir le mariage à la zoophilie (ouuuh, la belle future requête google glauque) Ça détruit les valeurs du mariage ! Leurs couples ne sont pas aussi stables qu’un couple hétéro ! Et les enfants, est-ce que quelqu’un pense seulement aux enfants ? »

Et les enfants, hein ?!

Et les enfants, hein ?!

Les avis sont semblables dès que quelque chose sors de l’ordinaire, des habitudes culturelles bien ancrées dans nos contrées. Est-ce parce que, dès que quelqu’un ne partage pas l’avis de la masse, celui-ci est remis en question, et donc, il faut dénigrer les façons de faire différentes ?

Il n’y a pourtant pas qu’une seule manière de vivre qui rende heureux. En quoi les convictions ou préférences de l’un sont plus importantes ou plus justes que celles de l’autre ? La divergence d’avis sur une façon de vivre personnelle ne remet pas en cause la façon de vivre des autres.

Peut-être que seulement, l’humain a une peur panique d’avoir tort et préfèrent ainsi dénigrer les différences afin de se rassurer. L’humain a certainement besoin de repères stables, et toute remise en question de mode de fonctionnement semble chambouler l’univers tout entier. Mais guerroyer pour des sujets aussi personnels, est-ce bien une bonne façon d’utiliser son temps et son énergie ?

(Et là, je voudrais bien continuer, mais sinon, je vais atteindre le point Godwin.)

La relativité de l’emploi de son temps

La persistance de la mémoire - Dali (extrait)

La persistance de la mémoire – Dali (extrait)

Ces derniers temps, j’ai souvent entendu une petite phrase, je l’ai sans doute dite, sinon pensée très fort aussi.

Surtout dans un contexte bien particulier, celui des relations amoureuses. Ces amis qui discutaient à la table à coté de moi au resto (non, je n’écoute pas aux portes, mais le déjeuner entre collègues s’éternisait et être en bout de table n’aide pas à y participer), dont l’un d’eux ne voulait pas « perdre » 5 ans de plus avec sa copine avec qui il était juste bien sans plus mais avec laquelle il ne se voyait pas fonder une famille, ces deux autres jeunes gens dans le tram qui discutaient de la même chose, d’avoir perdu 3 ans avec quelqu’un, sans rien avoir construit, cette amie qui a perdu 3 ans avec quelqu’un qui est revenu sur une décision prise quand il s’est mis avec elle, cette collègue, victime d’un manipulateur alcoolique et violent qui a mis 6 ans avant de partir, et moi, qui a mis 3 ans avant d’ouvrir les yeux sur la personne avec qui j’étais et encore quelques mois avant d’en finir totalement.

Ma mère me l’a répété après la rupture : « Mais tu n’aurais pas pu t’en rendre compte avant, que c’était un gros connard ? »… Non, je n’aurais pas pu, parce que sinon, je l’aurais fait, et je serai partie plus tôt.

Si maintenant, j’ai envie de foutre des baffes à celle qui était aveuglée par de belles paroles il y a maintenant 4 ans, à cette époque là, justement, je ne voyais pas, j’idéalisais, j’étais naïve, et bien peu expérimentée dans le domaine des relations homme-femme.

Si je pouvais retourner en arrière, je ne crois pas que je ne retomberai pas dans le panneau, mais, en connaissance de cause, je sauterai du train avant qu’il ne déraille jusqu’au dernier wagon.

Je ne sais pas si j’ai réellement perdu mon temps, et, si j’avais pu contrôler les choses, elles se seraient passées différemment, mais le fait est que ça m’a fait grandir, et peut être que sauter cette étape de la relation foireuse ferait de moi quelqu’un d’autre, et peut être que les choses positives qui sont arrivées par la suite ne seraient pas arrivées sans ce passage.

Parfois, on entend aussi cette petite phrase lors du cursus scolaire. Untel a perdu tant d’années à faire telles études sans jamais les terminer pour finir devant la friteuse d’un restaurant à grand M. Mais on n’est pas à sa place, certes, parfois, on bifurque et on fait marche arrière, mais dans l’idéal, ça aboutit sur une chose positive, on sait enfin ce qu’on veut.

Je crois qu’on perd seulement du temps à partir du moment où on se dit qu’on perd du temps, au lieu d’y mettre fin et de passer à autre chose.

Et comme je voulais encore vous parler d’un autre truc, que le contexte s’y prête, et que je suis pas sûre d’avoir assez à dire pour en faire un article entier, cette citation sur twitter (j’ai dû remonter loin, mais c’est le soir, et je cherche a procrastiner mes tâches ménagères),

J’ai envie de dire que les mauvaises choses nous apprennent des choses sur les autres, sur nous, et sur nos manières de gérer, on apprend à vaincre ses démons. C’est, si on les gère bien, une fierté personnelle. Les bonnes choses, quand elles nous arrivent, ben, on est content, on profite, et si on n’a pas de bol, une énooooorme tuile nous tombe de nouveau dessus juste après. Donc, il est logique, d’une certaine manière, de ressasser les mauvaises choses, au cas où ça se reproduirait.

Les mots en -isme

J’ai été témoin d’un débat sur Twitter. Si le féminisme n’est pas une opinion, alors, qu’est-ce que c’est ?

Si l’on considère que le féminisme est politique, oui, il s’agit d’une opinion, qui peut se soumettre à débat. Tout comme s’il s’agissait d’un courant de pensée. Si l’on considère néanmoins l’aspect genre, alors, il s’agit de sociologie, ce qui n’exclut pas le débat non plus, sur la question de nature/culture.

Mais si l’ont considère le féminisme comme une opinion, il en va du même, du machisme, du sexisme, du racisme, et d’autres gros mots en -isme. Peut-on débattre du bien-fondé du racisme ? Je ne pense pas. Alors pourquoi débattre de celui du féminisme ? N’est-ce pas la même problématique du fond, mais appliqué à une autre catégorie de personnes ? Celui de la supériorité ou non des uns par rapport aux autres ?

Par ailleurs, on peut noter que la plupart des mots en -isme ont une connotation négative, qui, dès que quelqu’un en est accusé, est vivement réfutée, même si l’accusation est fondée. Le féminisme est le seul terme utilisant ce suffixe qui ne prône pas une supériorité quelconque de qui que ce soit (ou en tout cas, ne le devrait pas). Non, ce terme n’est pas un gros mot, ni une insulte. Et pourtant, il souffre de la connotation de son suffixe.

Dans un mot idéal, ces mots en -isme n’existeraient plus, car la lutte sera terminée, et le respect de l’autre aurait vaincu.

(Et la prochaine fois, je retournerai à mes livres, mes pensées sont moins brouillons dans ces cas là.)

L’idéaliste