Bibliothèque, Etats-Unis, France, Jeunesse, Youpi Tralala

Pour changer de T’choupi et Trotro

Parents ! Oncles, tantes, grands-parents ! Vous n’en pouvez plus de Trotro, T’Choupi et autres animaux ? La bibliothèque de votre enfant ressemble à l’inventaire d’un zoo qui aurait fait les soldes chez Kiabi ? Laissez-moi vous présenter deux livres qui vont changer votre vie ! Plébiscités par Le petit humain qui vit avec nous depuis presque deux ans maintenant : Mon premier livre d’art : Le Sommeil et Le Voyage de l’Ours Pompon.

IMG_20200330_182522.jpgMon premier livre d’art : Le Sommeil, paru aux éditions Phaidon compile des œuvres d’art, peintures, sculptures et même installations modernes (toutes à partir du XIX ème), sur le thème du sommeil mais pas que. On y découvre des œuvres représentant des enfants qui jouent, des personnes de Keith Harring qui dansent, ou le Cri de Munch comme des conséquences du sommeil ou manque de celui-ci. Une phrase accompagne chaque photographie, à raison d’une œuvre par page, regroupées par thématiques. Malgré tout, le tout forme un ensemble cohérent et plaisant, avec des pages cartonnées épaisses et solides. La fin récapitule toutes les œuvres, avec dates et lieux d’exposition.

IMG_20200330_182620.jpgLe Voyage de l’Ours Pompon, publié chez L’élan vert, nous fait accompagner la sculpture de l’Ours polaire, de François Pompon, visible au musée d’Orsay ainsi qu’au parc Darcy à Dijon (et ailleurs, la liste est disponible sur la page Wikipédia dédiée à l’ours), dans un incroyable voyage, en compagnie de la lune, à la rencontre d’autres animaux immortalisé par François Pompon. Les dessins, uniquement en noir, blanc et bleu foncé, avec parfois une couleur supplémentaire sur chaque page (jaune pour quelques fenêtres éclairées, vert sombre pour des feuilles dans la forêt, etc), sont sobres, épurées et beaux, et le texte nous emporte dans un voyage poétique, dont la musicalité emporte même les plus petits. A noter que la fin du livre raconte l’histoire de la statue et de son créateur. Il existe d’autres histoires de l’Ours Pompon, qui seront moins adaptées à un aussi jeune public que des moins de deux ans, mais celui-ci est l’un de ses favoris.

Féminisme, France, Grande-Bretagne, Historique, La Femme Sauvage, Youpi Tralala

Un bûcher sous la neige – Susan Fletcher

Un bûcher sous la neige

Corrag

Editions : J’ai lu

Traductrice : Suzanne V. Mayoux

ISBN : 978-2290025253

475 pages

Au coeur de l’Ecosse du XVe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d’une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d’Irlande, l’interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s’efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l’esprit de Charles.

 

Est-ce que j’aurais seulement entendu parler (lu écrit ?) de ce livre sans Instagram ? C’est là que je l’ai vu, sur le fil de plusieurs personnes que je suis, chacune ne s’étant pas tarie d’éloges sur ce roman. Et comme je suis terriblement influençable, j’ai couru à la librairie me l’acheter.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, mais les circonstances de lecture n’étaient pas en ma faveur : plus de transport en commun pour aller travailler, ou alors un trajet de moins de 10 minutes, s’occuper d’un enfant en bas âge qui préfère qu’on lui lise les aventures du loup ou un imagier, pour tomber de sommeil au bout de deux pages le soir. Ce confinement dû au Covid-19 m’aura au moins permis de m’y plonger autant qu’il le mérite.

Le récit s’articule autour de deux monologues, celui de Corrag, prisonnière d’un cachot humide, attendant le bûcher, accusée de sorcellerie, qui témoigne de sa vie et des massacres dont elle a été témoin, à un pasteur, qui relate les dire de Corrag et son ressenti par voie épistolaire à son épouse, qui lui répond, mais dont on ne connaitra jamais la teneur des propos.

Corrag débute son histoire par sa naissance en Angleterre, et par expliquer comment le qualificatif de sorcière l’a toujours poursuivi, ce dès le berceau, pour finalement la mener dans une geôle au fin fond des Highlands. Le pasteur qui recueille son témoignage, aveuglé par sa foi et son avis plus que négatif au sujet des femmes indépendantes, revoit peu à peu son jugement, attendri par cette frêle jeune fille et raisonné par les propos de son épouse, qui semble voir au delà du sobriquet malheureux, et ce malgré son éloignement et le prisme déformant et déformé de son mari.

Ces plantes, Jane, comment dois-je les considérer ? J’ai toujours jugé qu’en user comme remèdes relevait de la sorcellerie. Néanmoins, elle a dit que si Dieu a créer les plantes, leurs vertus sont un présent de Dieu et n’ont donc rien de diabolique.

Un bûcher sous la neige est un roman historique, qui parle d’un sujet à la mode en ce moment, celui des sorcières, et le reprend également sous la même forme, c’est un roman écrit par une femme, qui parle d’une femme libre persécutée par la société, au ton résolument féministe, mais tout en subtilité, avec une grande finesse, qu’il s’agisse des idées sous-jacentes qu’au niveau des émotions transmises par les protagonistes. Pas de grands discours politiques qui ne seraient pas adaptés au contexte, mais un plaidoyer pour la liberté des individus, hommes et femmes, peu importe de la manière dont ils vivent et dont ils aiment.

Au sujet du mot « putain » : « C’est un mot qui sort de la crainte, toujours. Car seules les femmes à forte tête, au cœur sagace osent défier ces lois-là, je pense. Et tous les habitants de Thorneyburnbank craignaient Cora, car ils savaient qu’elle se connaissait et menait la vie qu’ils n’osaient pas mener, et les autres se demandaient peut-être tout au fond, avec le loup qui hurlait en eux, comment se serait de passer une nuit de pleine lune sur la lande, car leur loup à eux, ils le tenaient en cage à moitié mort. Alors Cora était la putain.

Comme mentionné plus haut, j’ai eu du mal à entrer dans le récit, mais une fois à l’intérieur, il m’a prise aux tripes, l’écriture est touchante et vivante, sa traduction l’est tout autant, on sent les toiles d’araignées de Corrag dans ses propres cheveux, on ressent sa liberté dans les highlands et on s’évade avec elle – car jamais ne sont décrit les lieux où elle se trouve lorsqu’elle parle au pasteur, sauf par le pasteur lui-même, dont les lettres sont bien moins évocatrices que le récit de la prisonnière – et on pleure, mon dieu que j’ai pleuré. Plusieurs fois. Comme une loque. Comme ça ne m’était arrivé qu’une seule et unique fois auparavant, en lisant un tome de l’Assassin Royal de Robin Hobb (TMTC). Le personnage de Corrag et sa philosophie de vie a tellement résonné en moi que je suis très heureuse de l’avoir lu, maintenant, et pas au moment où je l’ai acheté, moment où je serais passée peut-être à côté.

Je crois aux serments du cœur. C’est eux qui doivent guider notre vie, car avec un cœur muselé, quelle vie vaut la peine d’être vécue ? Aucune, à mon idée.

Ce n’a pas été une lecture facile, il a touché bien trop profondément certains points sensibles chez moi, mais le récit viscéral et à fleur de peau m’a fait partir loin en ces temps de confinement. Et je ne vous parlerai pas de la fin, sauf pour vous dire qu’elle est magnifique dans sa simplicité.

Et en plus, il semblerait ce que soit tiré d’une histoire vraie.

 

 

L’année et la décennie viennent de commencer, mais je tiens déjà l’un de mes livres favoris, dont la lecture aura été, je pense, aussi marquante que celle de Femmes qui courent avec les loups en son temps. D’ailleurs, la thématique profonde est similaire.

D’ailleurs, rien que d’écrire sur ce livre et d’y repenser, les larmes remontent, et pourtant, j’ai un cœur de pierre.

Les gens disaient  brigand, démon. Personne ne se souviendrait de lui comme d’un être humain faisait partie du monde, avec un cœurq qui battait. Un ami.

Et sinon, ça m’a donné envie de reprendre Outlander (la série), et bien, c’est moins bien quand même.

Bibliothèque, Entre-deux, Essais, Etats-Unis, France, Polar

Chroniques express #4

Le rasoir d’Ockham – Henri Loevenruck

Ce livre a trouvé le chemin de ma PàL en ayant été laissé à qui voudra dans la boîte à livre de ma ville. J’ai lu le premier tome de Gallica du même auteur, et je me suis dit que j’allais tenter celui-là, en plus d’avoir ajouté un autre de ses romans sur ma liste de livres à lire. Il s’agit là d’un thriller ésotérique à la Da Vinci Code, des meurtres en lien avec une organisation secrète ayant lieu au quatre coins de la France. Si l’intrigue en elle-même n’était pas trop mal ficelée, quelque chose m’a profondément gênée. La mention de Gallica plus haut n’est en effet pas anodine, Gallica mentionnant et faisant la part belle à l’organisation des Compagnons du Devoir, ici, ils se trouvent également au centre de l’action. De plus, rien à voir avec ce titre, mais plusieurs de ses personnages principaux portent le même nom, un peu comme si les thématiques et prénoms sortaient d’une base de données limitées et étaient choisies de manière aléatoire. Et à plusieurs reprises, je n’ai pu m’empêcher de plus me soucier du destin du chat d’Ari, laissé tout seul dans un appartement sous scellé que d’Ari ou de sa dulcinée. Bref, de la boîte à livre tu viendras, à la boîte à livre tu retourneras.

Just Kids – Patti Smith

Je ne connais que peu l’oeuvre de Patti Smith, et la scène artistique New Yorkaise des années 60/70 m’indiffère complètement. Rien ne me destinait à lire ce livre, si ce n’est qu’il était dans la bibliothèque de la maison. Un jour d’ennui, je l’ai pris, décidant d’agrandir ma culture rock. Je l’ai lu, je n’ai toujours pas écouté Patti Smith, et je continue a me contrebalancer allégrement de la Factory, de ses émules, égéries et de son maître à penser. Mais j’ai eu l’impression que Patti Smith aussi s’en contrebalançait et n’a fait qu’observer l’environnement qu’affectionnait son amour de l’époque, pour ensuite prendre son envol et se faire son propre nom. Sa vision romancée d’un Paris plutôt pouilleux ( à tous les sens du terme) m’a un peu agacée, tout autant que son adoration de Rimbaud. Mais Paris provoque des crises d’angoisse chez moi à grand renforts de puanteur et de population trop dense et la poésie m’a toujours laissé de marbre. Malgré ce postulat de base, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, c’était une lecture intéressante d’un chapitre de la vie de la Godmother of punk, bien plus nuancé, subtil et émouvant que je ne l’aurais imaginé, bien loin des clichés du punk que j’avais en tête, et bien loin aussi du sex, drugs, and rock n’ roll auquel je m’attendais.

 

BD - Roman graphique, Entre-deux, Féminisme, France

Tant pis pour l’amour – Sophie Lambda

Tant pis pour l’amour

Editions : Delcourt

ISBN : 978-2-413-01986-2

248 pages

Tant pis pour l’amour nous plonge dans la véritable histoire d’amour de l’autrice. Avec humour, elle nous entraîne dans la spirale infernale d’une relation toxique avec un pervers narcissique et en propose les décryptages.

Quand Sophie rencontre Marcus, elle tombe amoureuse en 48h. Elle qui était si cynique en amour, cette fois, elle y croit. Sauf qu’il se révèle vite étrange. Sophie a alors besoin de comprendre ce qui ne va pas. Confronté à ses mensonges et ses incohérences, il a des réactions violentes, des excuses pour tout et arrive à se sortir de chaque impasse. Mais jusqu’à quand ? Sophie aime un manipulateur narcissique.

 

Le sujet du manipulateur semble à la mode, entre les articles sur la perversion narcissique, et les BDs sur le sujet, entre Fanny Vella (que je n’ai pas lu), et Sophie Lambda, et sans doute d’autres que j’ignore. Le terme pervers narcissique utilisé dans le texte de l’éditeur me semble d’ailleurs un peu mal venu et « putaclic », Sophie Lambda ne qualifie jamais son compagnon par ce mot, et elle explique pourquoi.

J’ai hésité à lire cette BD au début, de peur qu’elle ne réveille certains souvenirs douloureux. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai préféré l’emprunter à la médiathèque plutôt que l’acheter une fois la décision prise. Je ne suis pas persuadée que posséder un livre pareil dans ma bibliothèque de façon permanente soit la plus riche des idées.

Finalement, je l’ai lue, et j’ai bien aimé. Je me suis reconnue parfois, il faut dire que le manipulateur, peut importe son diagnostic précis, fonctionne toujours de la même manière, cette bête là n’étant pas très originale, mais pas tant que ça non plus, mon histoire à moi date, et les cicatrices ne démangent plus autant qu’auparavant.

Tant pis pour l’amour est l’histoire de l’auteur, qui a rencontré un manipulateur, terme générique qu’elle utilise car il englobe beaucoup de pathologies, et ne nécessite pas de diagnostic psy, contrairement au terme de pervers narcissique, de socio- ou psychopathe. Ce choix est d’ailleurs louable, le terme restant universel. Elle raconte sa descente aux enfers, de la rencontre idyllique au retournement de cerveau qui la fait douter de son propre équilibre mental, tout en semant les indices qu’elle a choisi d’ignorer (comme toutes les victimes, au final), pour terminer par son combat pour se reconstruire, en étant entourée, et elle montre aussi un bel exemple de sororité avec une autre victime de son amoureux.

Le récit est ponctué d’intervention de son ours en peluche, sorte de conscience lucide et de ressort humoristique et se clos par des conseils, profil de cibles du manipulateur afin de se déculpabiliser d’être tombée dans le panneau, adresses et associations, dans le but de venir en aide à d’autre victimes.

Le style du dessin est typique du style « blog BD girly », au trait arrondi et marqué, on aime ou on aime pas, je ne suis pas sûre que ce soit mon trait préféré, mais bon. De plus, j’ai un peu regretté le manque de subtilité des indices qui devraient faire tilt, avec parfois l’ajout de cases qui expliquent que « là, y’avait un truc qu’elle n’a pas compris mais aurait dû » que j’ai trouvée redondantes et inutiles. Mais elles peuvent sans doute avoir leur utilité pour expliquer à ceux qui ignorent le fonctionnement des personnalités toxiques le mécanisme interne à ceux « qui se font avoir ».

 

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J’appréhendais de lire Tant pis pour l’amour, à cause mon histoire personnelle, mais finalement, la lecture est plutôt bien passée. Sophie Lambda a eu le courage de raconter son histoire, et d’expliquer tous les mécanismes de prise au piège qui se mettent en place, pourquoi on « tombe dans le panneau », comment s’en sortir, et comment aider dans le cas d’un proche victime. Plus qu’une BD divertissante, je l’ai vue comme une BD didactique, au sujet important, parce que les violences conjugales ne sont pas toujours physiques, et pourquoi « elle ne l’a pas quitté ? ».

Bibliothèque, Essais, Féminisme, France, La Femme Sauvage, Youpi Tralala

Une histoire de l’allaitement – Didier Lett et Marie-France Morel

Editions : Editions de la Martinière

ISBN : 978-2732433820

160 pages

Une femme allaite son enfant… ce geste si simple, si universel, a suscité d’innombrables représentations picturales. Du culte d’Isis aux allégories nourricières, des Vierges à l’enfant aux mères montrées dans leur vie quotidienne, cette scène chargée d’émotion traverse toute l’histoire de l’art. Mais l’allaitement eut aussi une histoire contrastée, révélatrice de l’évolution de la place des bébés dans notre société. En retraçant la vie des mères et des nourrices d’autrefois, et en éclairant la signification des images sacrées, profanes et populaires de l’allaitement, cet essai magnifiquement illustré apporte une contribution particulièrement originale à l’histoire de la maternité.

Musée de Melun: La Charité romaine / Jules Lefebvre (1836-1911)

A une époque où les mères sont culpabilisées, et ce peu importe leur choix, Une Histoire de l’Allaitement retrace et analyse le regard porté sur ce geste ancestral, depuis les déesses nourricières à la propagande du biberon, en passant par les Vierges à l’enfant – ou Maria Lactans – et les représentations de la Charité Romaine. Une Histoire de l’allaitement nous parle de comment le corps des femmes a été représenté puis contrôlé, et comment l’opposition de la Nature à la Culture a coupé plusieurs générations de femmes de ce geste naturel si bien qu’aujourd’hui, les mères allaitantes doivent réapprendre, faute de modèle. Il mentionne les mythes sur le lait qui risquerait de devenir mauvais si la femme ne correspond pas à l’image de la femme convenable, et les fantasmes de l’Homme, qui serait jaloux de la fonction reproductrice et nourricière de la Femme porteuse de vie.

Isis allaitant Horus, Basse Époque (715 – 330 avant J.-C.), Antiquités égyptienne / Musées de Strasbourg / M. Bertola

Une Histoire de l’allaitement mentionne également la genèse des biberons, outils censés nous éloigner de l’animalité, la place de l’enfant, qui doit être dressé et régulé et ainsi préparé au monde du travail dès ses premiers jours de vie et nous rappelle que ce geste naturel et anodin est devenu politique, vecteur non seulement de domination masculine, mais aussi de domination de classe via les nourrices : issues de milieux pauvres, elles délaissaient leurs propres enfants pour nourrir la progéniture de citadins plus ou moins aisés. Souvent pour revenir au pays après le décès de leurs propres enfants, morts de malnutrition. Et si c’était les enfants citadins qui venaient à la campagne, la nourrice était scrutée par le curé du village qui se portait garant de sa vertu. Mais non de son hygiène.
Entre mythes sur le corps de la femme et réalités de l’hygiène des siècles passés, ce livre est édifiant sur la place de la femme et de l’enfant au sein de la société.

Un peu difficile à trouver (très cher en occasion), je l’ai trouvé à la médiathèque. C’est un sujet qui me fascine depuis quelques temps – bon, en gros, depuis que je suis mère – et il permet de voir que les mythes que les générations au dessus de nous peuvent nous dire sont culturels, liés à de la désinformation vieille de plusieurs siècles.

Les histoires de lait pas assez riche que peut parfois nous sortir le personnel médical (et pas seulement tata Janine qui a eu des enfants dans les années 50), ont été démentis seulement dans les années 80, et pourtant, je les ai encore entendues en 2018.
A mes yeux, c’est une lecture fascinante pour qui s’intéresse à la question du corps féminin et de sa représentation.
Il ne s’agit en aucun cas d’un manuel d’allaitement, aucun conseil ou jugement vous sera délivré.
Le seul point négatif que j’ai à soulever est que ce livre est malheureusement très centré sur notre monde occidental, voire même très franco-français, alors que sa couverture pouvait faire espérer une plus grande couverture géographique du sujet.

Si jamais le livre est introuvable, je vous renvoie vers les liens suivants :

Et si vous voulez voir l’entendue des ravages de la désinformation et de l’infantilisation de la mère allaitante, je vous renvoie vers la page Facebook : Paye ton allaitement.

Quelques statistiques :

  • Nourrissons allaités à la naissance en 2013 : 66 %
  • Nourrissons allaités à 11 semaines : 40 %
  • Nourrissons allaités à 6 mois : 18 %

Entre-deux, France, Science Fiction

Suréquipée – Grégoire Courtois

Editions : Folio SF

ISBN : 9782072711206
176 pages

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Écoutons-la nous raconter son histoire.

Avec Suréquipée, son premier roman de science-fiction, Grégoire Courtois, à la suite de J. G. Ballard ou de Stephen King, s’empare avec brio du mythe moderne par excellence : la relation de l’homme à sa voiture.

En voilà un livre qu’il est chelou. Le rapport du conducteur à sa voiture a déjà été exploité dans la littérature, Christine de Stephen King étant très certainement l’œuvre la plus connue sur ce thème.

Alors, est-ce qu’on peut encore y apporter quelque chose de neuf ?

Suréquipée, loin de King, se passe au XXIème siècle, l’industrie automobile vient de se lancer dans la voiture organique. Réactive, dotée de caractéristiques animales et d’une certaine forme de conscience primitive, bien loin de la voiture hantée et maléfique et Stephen King.

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Ici, l’auteur se concentre bien plus sur le lien du conducteur à sa voiture plutôt que sur le fantasme d’une technologie qui prendrait le dessus sur l’humain. Ce lien ici, est exacerbé jusqu’au plus glauque par ailleurs.

Le livre est assez court, et se présente sous forme d’enregistrements de la mémoire de la voiture, sur plusieurs années, entre sa conception et la disparation de son propriétaire, afin de découvrir toutes les caractéristiques organiques et animales dont l’a doté son créateur ainsi que les liens unissant le disparu à sa famille et à son véhicule. Il s’agit d’une lecture assez rapide et agréable, je n’aurais qu’à soulever un souci de clarté sur la fin, sans doute causé, en partie,  par cette forme d’enregistrements internes à la Blackjag, sans jamais avoir un point de vue externe.

 

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En soi, Suréquipée est une lecture agréable, même si la conclusion m’a fortement perturbée, je suis une chochotte. Et si quelqu’un passant par là peut m’expliquer la fin du dernier enregistrement, ça sera bien gentil.

Et, en cette période de bac, je vous offre une réminiscence de vos cours de philo : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

Bibliothèque, Féminisme, France, Historique

Marquise des Anges

Une de mes premières héroînes littéraires, c’était Angélique, marquise des Anges, ne pouffez pas. Oubliez ces téléfilms éroto-kitschs qui n’ont fait que la desservir, la Marquise est bien plus qu’une courtisane échevelée.

C’était l’été 94 ou 95, je ne sais plus trop. Je passais quelques jours chez ma grand-mère, qui avait descendu du grenier de vieux livres qui avaient appartenus à ma mère et à ma tante pour combler mon ennui les jours de pluie. Entre quelques récits sur la vie des Saints, qui m’ont marquées d’une autre manière et Jane Eyre, dont les qualités n’ont pas besoin d’être défendues, il y avait ces vieux J’ai Lu, datant d’avant les ISBN, une peinture ornant la couverture, et une photo du couple ayant écrit cette saga qui ornait l’arrière. J’étais très certainement trop jeune pour lire ça, mais qu’importe ! C’est ainsi qu’a commencé une obsession qui a duré quelques années et m’a accompagné durant tout le collège : patiemment, j’ai fouillé les vides greniers et autres Emmaüs pour completer cette collection, c’est que les auteurs étaient profiliques et les aventures nombreuses. Finalement, ma passion fulgurante s’est étiolée pour ne devenir plus qu’une flammèche qui subsiste dans le fonds de mes amours littéraires une fois l’Atlantique traversé par mon héroïne.

Ceux qui ne la connaissent que par le biais de ces films ou elle apparraissait souvent dénudée et terriblement niaise ont une image bien ternie et faussée de cette icône féministe ignorée.

Si les films ont fait d’Angélique une femme certes libre sexuellement, moeurs des années 60 oblige, la censure de l’époque n’a permis que cette émancipation là, qu’il s’agisse des films ou des livres.

Il s’agit d’un personnage complexe, rebelle, loyal, qui est animé par bien plus de choses que simplement l’amour ou le sexe. Son amour pour les hommes ne fait pas d’elle une victime, elle n’a pas besoin d’eux pour vivre ni pour survivre.

Si cette série brille pour moi à cause de son personnage principal fort, elle est aussi admirable de part la justesse de son contexte historique, recherché par Serge Golon, tandis qu’Anne, son épouse, rédigeait l’intrigue. On est bien loin d’une bluette divertissante remplie d’inexactitudes destinée à ce public sous-estimé et stéréotypé qu’est « la ménagère de moins de 50 ans ». Malgré tout, la version originale souffre de la censure de l’époque : j’ai grandi en lisant cette même version originale, et j’ai eu l’occasion de lire un tome réécrit en 2009 par Anne Golon, selon ses souhaits originaux, l’an dernier : des épisodes dramatiques éludés dans la version originale (l’épidémie qui emporte sa petite soeur par exemple) sont désormais décrits dans toute leur horreur et leur violence, pour apporter encore plus de profondeur à ce personnage sous-estimé a mes yeux.

Au final, on retrouve un peu d’Angélique, Marquise des Anges dans la série Kushiel, de Jacqueline Carey : un personnage féminin fort, intelligent, sensible, et la réduire à sa « sensualité » serait une grave erreur.

Réduire Angélique aux téléfilms, c’est réduire Elisabeth d’Autriche à la Sissi de Romy Schneider.

Liens :

https://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20170717.OBS2175/anne-golon-a-jamais-angelique-j-ai-ete-spoliee-terriblement-spoliee.html

http://next.liberation.fr/culture/2017/07/16/anne-golon-femme-de-combat-comme-son-heroine-angelique_1584127

https://annegolon.wordpress.com/

BD - Roman graphique, Entre-deux, France

Emilie voit quelqu’un – Anne Rouquette, Théa Rojzman

Emilie voit quelqu'un

Anne Rouquette, Théa Rojzman
Editions : Fluide Glacial
ISBN : 978-2352075554
104 pages

 

Une BD d’humour sur la psychanalyse !
Émilie a 30 ans – le meilleur âge – mais aussi un copain accro à la télé, des parents gentils (synonyme d’intrusifs) et une soeur parfaite (synonyme d’insupportable). Bref, le quotidien est un peu pesant pour cette instit au look de Mary Poppins ! Décidée à se prendre en main, elle commence une thérapie plutôt déroutante avec une psy aussi aimable qu’un caillou et aux méthodes étonnantes pour cette novice en dogmes freudiens. Et pourtant, avec délicatesse et humour, de lapsus en actes manqués, Emilie retrouve le sourire. Attachante héroïne du quotidien servie par le trait délicat d’Anne Rouquette et la plume subtile de Théa Rojzman, Émilie rend drôle le sérieux sujet de la psychanalyse. Fille de l’écrivain et psychosociologue Charles Rojzman, titulaire d’une maîtrise de philosophie, Théa nous offre une intelligente « Psychanalyse pour les Nul(le)s » !

C’est par hasard que je suis tombée sur cette BD, au en furetant au rayon BD de la Fn*c. Je l’ai feuilleté, et j’aurais bien été partie pour le lire en entier, là, au milieu de l’allée, si l’annonce que le magasin allait fermer n’avait pas retenti.
Du coup, j’ai noté la référence pour plus tard.
C’est finalement sous le sapin que je l’ai retrouvée et que j’ai pu continuer ma lecture.

Emilie, trente ans, vit depuis deux ans avec un mollusque/gameur/geek. Son collègue est hypocondriaque et doit être un habitué des forums doctissimo. Ses parents sont hyper-présents et maladroits, sa sœur parfaite et ses amies sont soit gotho-artistico-dépressives, soit greluches, et Emilie, au milieu de tout ça, tente de trouver ses repères dans un monde d’adultes. Pour tenter de démêler ses problèmes et névroses, elle va voir une psy.
Son collègue décrit les mécanismes et le vocabulaire de la psychothérapie a l’aide de schémas et des grandes explications de vulgarisation, ce qui permet de mieux appréhender les mots qui font peur, comme la dépression entre autres.
Les éditions Fluide Glacial ne sont, pour ce que j’en sais, pas réputées pour leur délicatesse. Je ne m’attendais pas à retrouver le récit de la psychothérapie d’une trentenaire habillée en Mary Poppins chez eux. Et pourtant, cette BD est assez fine et assez représentative de la génération de (presque) trentenaires dont je fais partie (à moins que ce ne soit uniquement mon entourage ? o_O)/

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En bref, un moment sympathique de lecture, peut-être pas la BD du siècle – n’est pas Maus qui veut (et ce n’est surement pas l’ambition des auteurs) – mais une lecture fort agréable et en plus, on sort de cette lecture en ayant l’impression d’avoir appris des choses (si on a pas fait d’études de psycho et qu’on a vu un psy la dernière fois il y a plus de 15 ans).

Le « à suivre » dans la dernière vignette m’intrigue, je n’ai vu aucune annonce pour une suite pour le moment, mais je suis bien curieuse de connaitre le fin mot de cette thérapie.

 

 

 

Entre-deux, France, Terreur

Chair et Tendre – Amelith Deslandes

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Amelith Deslandes Editions : La Madolière ISBN : 978-2-917454-04-6 Pour le nombre de pages, je l’ai en ebook, et Google refuse de me cracher la réponse pour le papier.

Amelith Deslandes est un artiste de l’ambiance, il sait comme nul autre engluer son lecteur dans l’univers glauque et déroutant de ses nouvelles fantastiques. D’Anvers à Venise en passant par la Venelle fantôme, découvrez le brûlant de la Maison-Tranchoir ou les labyrinthes qui se cachent dans l’âme humaine.

Lorsqu’on m’a fait parvenir ce livre, on m’avait prévenu. Ce serai une lecture dérangeante (comme toutes celles qu’on m’a envoyées en même temps, et que je n’ai pas encore eu les tripes de lire et de chroniquer… heureusement, Halloween approche). Un peu comme ces avertissements que j’aime à ignorer pour m’en mordre les doigts plus tard.

Parce que comme je l’ai déjà mentionné – ou radoté -, ce qui ne m’aurait pas fait sourciller il y a encore 5 ans peut maintenant me donner des cauchemars. Faut pas vieillir, j’vous le dit.

Enfin, donner des cauchemars, j’exagère. Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois, il y a deux ans et demi, et je n’ai pas touché à cet ebook depuis. Il stagne à 15 % depuis. Alors que j’ai tenté de lui redonner une chance. Pour m’arrêter à ce chapitre anxiogène, me souvenant pourquoi j’avais lâchement abandonné.

Ici, j’ai persévéré (bien que le sujet de la première nouvelle aie bien failli avoir raison de moi). En me demandant parfois quel était le fuck de ce truc. J’avoue même ne pas avoir totalement saisi s’il s’agissait de nouvelles ou d’un seul et même roman à la forme décousue.

En effet, au début, le tout apparaît comme des nouvelles, n’ayant pas grand rapport les unes avec les autres, jusqu’à ce que différents éléments ou personnages commencent à les relier entre elles, pour former une mosaïque glauque à base de morceaux de chair en décomposition.

En ce qui concerne les nouvelles prises à part, certaines m’ont un peu prises au dépourvu, étant donné le langage utilisé, parfois assez châtié voire pédant (oui, bon, hein, selon mes critères de poissonnière), pour des décrire des horreurs sans nom. Sauf que. Utiliser un langage du même niveau que ce qui était décrit aurait en fait été le comble du vulgaire, du glauque, et aurait approché le tout d’un slasher avec hillbillys consanguins qui trucident des ados bourrés, alors qu’en fait, cette maitrise de la langue rend le tout plus fascinant, à la manière du Silence des Agneaux. C’est en fait un procédé ingénieux qui magnifie l’indicible.

Les sujets sont variés, allant de l’obsession du paraître à la fatalité génétique. Les influences que j’ai pu ou cru déceler, elles, vont de L’île du docteur Moreau à Hellraiser pour la Maison-tranchoîr.

Au fond, peu importe qu’il s’agisse de nouvelles ayant un rapport lointain entre elles, ou un roman à la forme étrange, l’ensemble forme malgré tout un ensemble assez homogène, de qualité, mais dérangeant. Il m’a bien fallu trois mois pour pondre cet article. Et deux lectures. Et je ne suis toujours pas sûre de l’avoir complètement digéré…

Mentions spéciales aux nouvelles Bonne Nuit Les Nuits Captives, Mutilations mondaines et surtout La Maison-Tranchoir, qui continue de m’obséder.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Pour les curieux, les éditions La Madolière proposent des extraits à la lecture, que vous pourrez trouver sur le blog du recueil.

Animalité, Belgique, Fantastique, France, Youpi Tralala

Sales Bêtes ! – Collectif Les Artistes fous

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Collectif
Les Éditions des Artistes Fous
ISBN : 978-2-36826-004-3
250 pages

Sales bêtes !
Animaux étranges et délires zoomorphiques

 

Chimères, animaux-totems, transformations bestiales, animal tapi en soi qui se dévoile, conscience émergeant chez la bête, créatures mythologiques, improbables, quotidiennes… Ou tout simplement regards croisés entre l’homme et l’animal, entre lutte, répulsion, respect et fraternisation, proximité dérangeante et fascination.
Dans cette deuxième anthologie, Les Artistes Fous Associés explorent la thématique animale à travers 20 récits tour à tour horrifiques, poétiques, sarcastiques, émouvants, tragiques, gores, sexuels, dans un format allant de la micro-nouvelle à la novella. Venant des quatre coins de la francophonie, leurs auteurs et illustrateurs sauront réveiller la (sale) bête qui sommeille en vous !

Je vous avais déjà parlé des Artistes fous l’an dernier, ainsi que de mon intention de lire l’anthologie suivante. J’ai mis le temps à y venir, comme pour chacun des recueils de nouvelles en ma possession.

Les nouvelles présentes dans Sales Bêtes vont, comme le précise la quatrième de couverture (peut-on parler de quatrième de couverture pour un ebook ?), dans beaucoup de directions différentes, tous les types d’animaux sont abordés, qu’ils soient mythologiques, microscopiques, domestiques, aquatiques, humanoïdes (n’oublions pas que l’humain reste un animal, peut-être le plus monstrueux et cruel d’entre tous), ou extraterrestre.

Les auteurs présentés dans cette anthologie étaient déjà présent dans Fin(s) du monde, c’est donc sans surprise que j’ai replongé dans leurs univers diversifiés, glauques, et torturés. Sans surprises, parce que la qualité d’écriture et d’édition de la première anthologie ne fait pas défaut ici non plus. (Comme pour la première, je ne saurais que vous recommander, soit de feuilleter l’ebook sur un écran couleur, soit de soutenir l’association en achetant un exemplaire papier.)

Et la qualité d’écriture, parlons-en d’ailleurs ! Ici encore, certaines nouvelles m’ont mises mal à l’aise (τρ, Pffugs, peut être à cause de leurs protagonistes, situés tous deux quelque part entre l’homme et l’animal), tandis que d’autres ont su toucher la corde sensible (Les Maîtres ne vinrent plus, Le Deuxième Évènement). Mais entre le tortillement quand on est mal à l’aise, et les hoquets d’émotions, il y a aussi celles qui font réfléchir, à la science (sans conscience ?), au comportement colonialiste des humains (Tous les Singes ne vont pas au Paradis, Cobaye #27, Notre-Dame des Opossums, La parole du rhinocéros), à la folie (Jonas), ainsi qu’à la relation ambivalente entre l’Homme et la Nature (La Mélodie des Bois). La touche absurde n’est pas en reste non plus, grâce à La Dépression du Chat, et à Parasite (que j’ai dû relire à deux fois tellement la fin m’a surprise).

Un recueil qui chamboulera vos repères, vous sortira de votre zone de confort (mais au fond, c’est pas très drôle d’y rester), et qui, malgré le fait que les nouvelles incluses nous malmènent et nous emmènent dans une autre dimension de l’humanité (ou de l’animalité, selon votre point de vue), se lit facilement, c’est avec étonnement que je suis arrivée au sommaire de fin : « Quoi ? Déjà ?! »
Pour vous procurer un exemplaire papier ou ebook (gratuit, légal, sans DRM !), c’est par ici : le site de l’association.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Morceaux choisis :

Mais après tout, pourquoi gratter la surface des choses si tout va bien ? Pourquoi fouiner pour trouver des explications de ceci ou de cela… Tant que tout allait pour le mieux, l’important était de ne rien bousculer.

Il y a des gens qui appellent au secours l’horreur absolue, qu’elle s’abatte sur eux comme une guillotine.

Il est ainsi des rêves qui méritent d’être nourris, à défaut de s’en nourrir.