Contemporain, Etats-Unis, Youpi Tralala

Amour monstre – Katherine Dunn

Geek love

Editions : Gallmeister

ISBN : 9782351786383

494 pages

La joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Et les résultats sont impressionnants ! Pour autant, cette famille d’enfants montres est habitée de passions bien humaines… Un roman culte finaliste du National Book Award et best-seller aux Etats-Unis depuis vingt-cinq ans.

Voici un livre dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce que je passe devant lui à la médiathèque, il était mis en avant, et je me disais que 3 livres d’une moyenne de 350 pages en un mois, c’était juste et que je risquais de m’ennuyer ferme (… bien évidemment, j’ai dû prolonger mes emprunts…)

Amour monstre est un livre atypique, non par sa forme, mais par le traitement de son sujet. Sa forme est assez classique, sa narration se situe à deux époques différentes, à travers les yeux du même narrateur : Olympia, naine bossue, chauve et albinos, oui, rien que ça. Ses souvenirs d’enfance au sein de la foire ambulante de ses parents, et son présent, ou l’enfant moyen, sans rien d’extraordinaire, devenu adulte prend soin des membres de sa famille tout en restant dans l’ombre.

Étrange et fascinant seront les mots les plus adaptés à ce livre. Étrange, de part son univers : une foire ambulante de monstres, qui sillonne les États-Unis et fonctionne en vase clos, avec des relations étroites et malsaines, et fascinant, car les personnages, loin de la représentation habituelle des freaks, victimaire et torturée (Joseph Merrick en étant l’exemple le plus connu), sont des marginaux assumés, qui transforment leurs malformations en outil de fascination des masses, fascination qui n’est pas celle à laquelle on pourrait s’attendre : morbide et malsaine. Elle est de celles qui portent aux nues, qui renvoient au divin. Pour le meilleur et pour le pire.

They thought to use and shame me but I win out by nature, because a true freak cannot be made. A true freak must be born.

Amour monstre remet également en perspective la norme : n’est-elle pas, au fond, un reflet de nous même et de nos attentes ? Au fil du récit, notre norme est remise en question.

Entre la famille Adams et Freaks, Amour monstre mérite amplement son statut de roman culte à mes yeux.

Etats-Unis, Fantastique, Fantasy, La Femme Sauvage, Youpi Tralala

L’épouse de bois – Terri Windling

Editions : Les Moutons électriques

ISBN : 9782915793789

320 pages

Traducteur : Stéphan Lambadaris

Maggie Black est écrivain, auteur d’études sur des poètes. Elle apprend qu’un de ses plus anciens correspondants, David Cooper, vient de mourir en lui laissant tous ses biens en héritage. Maggie décide d’aller s’installer dans l’ancienne maison de Cooper, pour enfin s’atteler à la rédaction d’une biographie du grand écrivain. Mais elle n’avait pas prévu que Cooper habitait en plein désert, dans les montagnes de l’Arizona (près de Tucson). Là, la vie n’a pas le même rythme qu’ailleurs. Les choses sont plus pures, les formes plus essentielles, les mystères plus profonds…

Pourquoi Cooper est-il mort noyé dans un lit de rivière asséché ? Pourquoi des coyotes rôdent-ils autour de sa maison ? Qui est l’étrange fille-lapin qui s’abrite sous les grands cactus ? La magie de ces collines désertiques est puissante, Maggie Black devra prendre garde à ne pas y perdre la raison — ou la vie.

Si j’ai emprunté ce livre, c’est à cause de sa couverture qui m’a immédiatement séduite quand je l’ai vue sur je ne sais plus quel site. Il était disponible en médiathèque, j’y suis allée le jour même, sans trop savoir de quoi il retournait. Comme quoi, il est important d’avoir de jolies couvertures (hint hint aux éditeurs français).

Mais est-ce que le contenu est à la hauteur de cette couverture ?

Il me faut avouer que j’ai été conquise, même si le livre ne nous emmène pas dans un paysage feuillu, mais dans un désert aride, près de la frontière mexicaine. Ce roman e été écrit dans les années 90, et sème quelques indices, comme un groupe de musique évoqué particulièrement souvent et qui existe bel et bien (même si le membre omniprésent n’existe pas), les ateliers d’artistes dans des entrepôts avant que ne survienne la mode des lofts industriels, mais en même temps, semble intemporel, tant l’intrigue principale se situe loin de tout géographiquement mais aussi au niveau de son originalité et de sa bizarrerie.

La magie de ce livre se situe non seulement dans son intrigue : le désert est peuplé de créatures étranges et d’animaux qui ne sont pas uniquement ce que l’on peut voir, mais aussi dans la poésie de son écriture et, ici, de sa traduction. Un roman dont les protagonistes sont des poètes serait baclé si son écriture était trop commune, ici, ce n’est pas le cas. On se retrouve plongé dans ce désert, on entend les cris des coyotes et on ressent la folie qui menace les personnages grâce à la puissance d’évocation des mots choisis.

Entre fantastique et fantasy urbaine (ou plutôt désertique ?), L’épouse de bois est un livre qui ne se décrit que difficilement, son auteur est peu prolifique, mais il s’agit là véritablement d’un livre que je ne saurais que trop vous conseiller. C’est une lecture qui continue de me suivre encore quelques semaines après avoir refermé le livre.

Bibliothèque

Opération PAL #4

tsundoku

Que s’est-il passé depuis le 8 juin 2018 ? Quels livres ont rejoint ma bibliothèque ? Lesquels l’ont quitté ?

Voici les acquisitions depuis ce fameux mois de juin :

  • Histoires et légendes de l’Alsace mystérieuse, pour aller avec mon livre sur la Lorraine
  • Choucroute Maudite, de Rita Falk, un polar qui fleure bon la bière et le bretzel, à lire en dirndl
  • Crapule, de Jean-Luc Deglin, qui illustre parfaitement la vie avec un chat
  • Bad Feminist, de Roxane Gay, une lecture qui me faisait envie depuis que j’ai eu l’impression d’avoir jeté mon féminisme aux orties quand j’ai changé la première couche (Spoiler : non, et c’est encore plus fort qu’avant)
  • Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet, parce que voir ci-dessus
  • L’allaitement, de France Guillain, offert par une amie (Merci encore !)
  • Pour une enfance heureuse, du Dr Catherine Gueguen, parce que j’ai encore mes principes, malgré l’enfant
  • Il n’y a pas de parents parfaits, d’Isabelle Filliozat, pour décomplexer
  • Au cœur des émotions de l’enfant, d’Isabelle Filliozat toujours, parce qu’éduquer, ce n’est pas dresser
  • Un bûcher sous la neiger, de Susan Fletcher, que j’ai vu souvent sur Instagram et que je suis influençable
  • Merfer, de China Miéville parce que ça avait l’air bien
  • Meurtres à la pomme d’or de Michèle Barrière parce que c’était offert par le libraire.

Joe Abercrombie :

  • Les Héros – juin 2018
  • Pays Rouge
  • La Moitié d’un roi
  • La Moitié d’un Monde
  • Double Tranchant

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Iain Banks : Entrefer

Michelle Barrière : Meurtres à la pomme d’or

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque

Mona Chollet : Sorcières, la puissance invaincue des femmes

Grégoire Courtois : Suréquipée

Jean-Luc Deglin : Crapule

Dickens : Oliver Twist

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Emilie voit quelqu’un, tome 2

Rita Falk : Choucroute Maudite

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas –> en cours

Isabelle Filliozat :

  • Il n’y a pas de parents parfaits
  • Au cœur des émotions de l’enfant

Flaubert : Madame Bovary

Susan Fletcher : Un bûcher sous la neige

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Roxane Gay : Bad Feminist

Dr Catherine Gueguen : Pour une enfance heureuse

France Guillain : L’allaitement

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Robin Hobb : Assassin’s Fate

Victor Hugo :

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Ursula K. Le Guin : Terremer (février 2019)

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica –> en cours

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur –> en cours

George RR. Martin :

China Miéville : Merfer

Terry Pratchett :

  • La Longue Terre
  • La Longue Guerre
  • La Longue Mars
  • La Longue Utopie

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

JRR Tolkien : Le Hobbit

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon –> trouvé en boîte à livres en grand format et bon état !

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

Histoires et légendes de l’Alsace mystérieuse

Depuis le dernier article, la pile à bien baissé, ou plutôt, a-t’elle stagné ? Beaucoup de livres l’ont rejoint pour en sortir aussitôt, sûrement parce qu’il s’agit pour beaucoup, de livres pratiques.

12 livres ont rejoint ma PàL (sans compter les nombreux emprunts qui ont été lus de suite également), et 16 l’ont quittée, dont 9 qui venaient à peine de la rejoindre. Achter moins mais mieux est définitivement une bonne technique pour éviter qu’elle ne prenne trop de place.

 

Bibliothèque, Essais, France, La Femme Sauvage, Youpi Tralala

Une histoire de l’allaitement – Didier Lett et Marie-France Morel

Editions : Editions de la Martinière

ISBN : 978-2732433820

160 pages

Une femme allaite son enfant… ce geste si simple, si universel, a suscité d’innombrables représentations picturales. Du culte d’Isis aux allégories nourricières, des Vierges à l’enfant aux mères montrées dans leur vie quotidienne, cette scène chargée d’émotion traverse toute l’histoire de l’art. Mais l’allaitement eut aussi une histoire contrastée, révélatrice de l’évolution de la place des bébés dans notre société. En retraçant la vie des mères et des nourrices d’autrefois, et en éclairant la signification des images sacrées, profanes et populaires de l’allaitement, cet essai magnifiquement illustré apporte une contribution particulièrement originale à l’histoire de la maternité.

Musée de Melun: La Charité romaine / Jules Lefebvre (1836-1911)

A une époque où les mères sont culpabilisées, et ce peu importe leur choix, Une Histoire de l’Allaitement retrace et analyse le regard porté sur ce geste ancestral, depuis les déesses nourricières à la propagande du biberon, en passant par les Vierges à l’enfant – ou Maria Lactans – et les représentations de la Charité Romaine. Une Histoire de l’allaitement nous parle de comment le corps des femmes a été représenté puis contrôlé, et comment l’opposition de la Nature à la Culture a coupé plusieurs générations de femmes de ce geste naturel si bien qu’aujourd’hui, les mères allaitantes doivent réapprendre, faute de modèle. Il mentionne les mythes sur le lait qui risquerait de devenir mauvais si la femme ne correspond pas à l’image de la femme convenable, et les fantasmes de l’Homme, qui serait jaloux de la fonction reproductrice et nourricière de la Femme porteuse de vie.

Isis allaitant Horus, Basse Époque (715 – 330 avant J.-C.), Antiquités égyptienne / Musées de Strasbourg / M. Bertola

Une Histoire de l’allaitement mentionne également la genèse des biberons, outils censés nous éloigner de l’animalité, la place de l’enfant, qui doit être dressé et régulé et ainsi préparé au monde du travail dès ses premiers jours de vie et nous rappelle que ce geste naturel et anodin est devenu politique, vecteur non seulement de domination masculine, mais aussi de domination de classe via les nourrices : issues de milieux pauvres, elles délaissaient leurs propres enfants pour nourrir la progéniture de citadins plus ou moins aisés. Souvent pour revenir au pays après le décès de leurs propres enfants, morts de malnutrition. Et si c’était les enfants citadins qui venaient à la campagne, la nourrice était scrutée par le curé du village qui se portait garant de sa vertu. Mais non de son hygiène.
Entre mythes sur le corps de la femme et réalités de l’hygiène des siècles passés, ce livre est édifiant sur la place de la femme et de l’enfant au sein de la société.

Un peu difficile à trouver (très cher en occasion), je l’ai trouvé à la médiathèque. C’est un sujet qui me fascine depuis quelques temps – bon, en gros, depuis que je suis mère – et il permet de voir que les mythes que les générations au dessus de nous peuvent nous dire sont culturels, liés à de la désinformation vieille de plusieurs siècles.

Les histoires de lait pas assez riche que peut parfois nous sortir le personnel médical (et pas seulement tata Janine qui a eu des enfants dans les années 50), ont été démentis seulement dans les années 80, et pourtant, je les ai encore entendues en 2018.
A mes yeux, c’est une lecture fascinante pour qui s’intéresse à la question du corps féminin et de sa représentation.
Il ne s’agit en aucun cas d’un manuel d’allaitement, aucun conseil ou jugement vous sera délivré.
Le seul point négatif que j’ai à soulever est que ce livre est malheureusement très centré sur notre monde occidental, voire même très franco-français, alors que sa couverture pouvait faire espérer une plus grande couverture géographique du sujet.

Si jamais le livre est introuvable, je vous renvoie vers les liens suivants :

Et si vous voulez voir l’entendue des ravages de la désinformation et de l’infantilisation de la mère allaitante, je vous renvoie vers la page Facebook : Paye ton allaitement.

Quelques statistiques :

  • Nourrissons allaités à la naissance en 2013 : 66 %
  • Nourrissons allaités à 11 semaines : 40 %
  • Nourrissons allaités à 6 mois : 18 %

Contemporain, Entre-deux, Suisse

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert

Editions : Editions de Fallois

ISBN : 978-2877068635
700 pages

Ce best seller enfin en poche !

À New York, au printemps 2008, alors que l Amérique bruisse des prémices de l élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d écrire le nouveau roman qu il doit remettre à son éditeur d ici quelques mois. Le délai est près d expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d université, Harry Quebert, l un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l enquête s enfonce et il fait l objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s est-il passé dans le New Hampshire à l été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l américaine, La Vérité sur l Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

J’étais plutôt réticente à lire ce livre, la faute à toutes ces critiques dithyrambiques et a mon côté élitiste sans doute. Puis mon congé maternité a commencé, il fallait bien que je m’occupe, et je me suis dit que cette fois-ci, ce serait quelqu’un d’autre qui piocherait dans la PàL pour moi. Et donc, on m’a sorti ce livre là en me donnant quelques arguments qui me donneraient envie (et ça a marché).

D’après ce que j’ai pu voir, ce livre a reporté des prix, et a essuyé pas mal de critiques également. Ce qui a contribué a me refroidir de prime abord.

Vous savez ce qu’est un éditeur ? C’est un écrivain raté dont le papa avait suffisamment de fric pour qu’il puisse s’approprier le talent des autres.

Il s’agit du premier effort de l’auteur, et il s’attaque déjà au mythe de l’auteur qui souffre de la page blanche et égrène des leçons sur l’écriture au fil des chapitres. Leçons qui sont d’ailleurs mises en œuvre au pied de la lettre dans le chapitre qui suit. Je ne sais qu’en penser, est-ce de la suffisance ? De la confiance en soi ? A-t’il suivi des cours d’écriture créative et nous récite-t’il ses notes ?

L’auteur face à la page blanche, la situation géographique et l’affaire de meurtre évoquent Stephen King (l’argument qui m’a fait lire ce livre), mais côté géographie, pour un auteur européen francophone, il aurait aussi bien pu situer l’action dans la Creuse ou dans les Alpes, ça aurait peut être sonné plus authentique. Ici, parfois, ça sonne un peu carton-pâte.

La relation de Harry et Nola peut évoquer Lolita de Nabokov (on notera, ou bien je me fait des films, les similitudes de sonorités entre Quebert et Humbert, Nola et Lolita…), avec un soupçon de Psychose de Hitchcock en ce qui concerne l’adolescente.

Elle est fertile, docile, elle te fera un enfant tous les neuf mois ! Je lui apprendrais comment élever les enfants, et comme ça, ils seront tout comme je veux ! N’est-ce pas merveilleux ?

Les figures maternelles sont problèmatiques : envahissantes, hystériques et castratrices, il y a très peu de femmes « saines » dans ce roman, ce qui m’a un peu chiffonné. toutes les femmes sont insupportables dans ce livre, c’est incroyable. Le narrateur aussi d’ailleurs, suffisant, menteur, arrogant, c’est un antihéros que rien ne rend attachant. La narration est truffée de fausses pistes, la suspicion du coupable glisse sans arrêt d’un personnage à l’autre, et pourtant, la fin n’est pas une réelle surprise.

Est-ce vraiment une enquête sur un meurtre d’ailleurs ? Ou est-ce le récit d’un imposteur au sujet d’une imposture ?

Vous voyez, je ne sais toujours pas trop quoi en penser, deux mois plus tard. Je l’ai lu très rapidement, ce qui est plutôt bon signe. C’est prenant, ça se lit bien et facilement. Est-ce que j’ai trouvé ça bon ? Divertissant serait plus juste.

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En conclusion ? Un roman divertissant sans plus. Ca se lit, j’ai passé un bon moment, mais est-ce que c’était ma lecture de l’année ? Clairement, non.

Mais au fond, est-ce qu’on devrait en espérer plus d’un roman ? Qu’il nous divertisse ? S’il nous fait réfléchir, c’est un plus, mais si on passe un bon moment, même en ayant posé son cerveau dans un bocal, c’est déjà très bien !

Entre-deux, France, Science Fiction

Suréquipée – Grégoire Courtois

Editions : Folio SF

ISBN : 9782072711206
176 pages

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Écoutons-la nous raconter son histoire.

Avec Suréquipée, son premier roman de science-fiction, Grégoire Courtois, à la suite de J. G. Ballard ou de Stephen King, s’empare avec brio du mythe moderne par excellence : la relation de l’homme à sa voiture.

En voilà un livre qu’il est chelou. Le rapport du conducteur à sa voiture a déjà été exploité dans la littérature, Christine de Stephen King étant très certainement l’œuvre la plus connue sur ce thème.

Alors, est-ce qu’on peut encore y apporter quelque chose de neuf ?

Suréquipée, loin de King, se passe au XXIème siècle, l’industrie automobile vient de se lancer dans la voiture organique. Réactive, dotée de caractéristiques animales et d’une certaine forme de conscience primitive, bien loin de la voiture hantée et maléfique et Stephen King.

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Ici, l’auteur se concentre bien plus sur le lien du conducteur à sa voiture plutôt que sur le fantasme d’une technologie qui prendrait le dessus sur l’humain. Ce lien ici, est exacerbé jusqu’au plus glauque par ailleurs.

Le livre est assez court, et se présente sous forme d’enregistrements de la mémoire de la voiture, sur plusieurs années, entre sa conception et la disparation de son propriétaire, afin de découvrir toutes les caractéristiques organiques et animales dont l’a doté son créateur ainsi que les liens unissant le disparu à sa famille et à son véhicule. Il s’agit d’une lecture assez rapide et agréable, je n’aurais qu’à soulever un souci de clarté sur la fin, sans doute causé, en partie,  par cette forme d’enregistrements internes à la Blackjag, sans jamais avoir un point de vue externe.

 

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En soi, Suréquipée est une lecture agréable, même si la conclusion m’a fortement perturbée, je suis une chochotte. Et si quelqu’un passant par là peut m’expliquer la fin du dernier enregistrement, ça sera bien gentil.

Et, en cette période de bac, je vous offre une réminiscence de vos cours de philo : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

Bibliothèque, Bilans

Opération PAL #3

tsundoku

Wouh, plus d’un an depuis la dernière opération PAL. Alors, est-ce qu’elle a baissé ? Augmenté ? Stagné ?

J’ai pas mal emprunté en médiathèque, mais j’ai aussi désherbé récemment, certains livres non lus sont donc partis dans les limbes de la boîte à livres locale.

Mais du coup, quoi de neuf dans ma PAL ?

Joe Abercrombie : Double Tranchant

GRR Martin : Le Dragon de Glace, qui s’y trouve en fait depuis bien plus longtemps, comment a-t’il bien pu passer à la trappe ? o_O

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices : aussitôt entré, aussitôt lu

Andrus Kivirähk : Le Papillon, déjà lu aussi, si vous avez aimé Le Maitre et Marguerite de Boulgakov, n’hésitez pas !

Neil Gaiman : Hansel et Gretel – déjà lu aussi

Grégoire Courtois : Suréquipée, qui a évité le désherbage de justesse

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert (le lirais-je seulement un jour ? Suspense !)

Robin Hobb : Assassin’s Fate (Le lire, ça veut dire le finir…)

Boulet : Notes, tome 11 – déjà lu

Axolot, tome 2 – déjà lu

Emilie voit quelqu’un, tome 2 – déjà lu

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon

Joe Abercrombie :

Pays Rouge

Les Héros

La Moitié d’un roi

La Moitié d’un Monde

                           Double Tranchant

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Axolot, tome 2

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices

Marcel Aymé : La Jument Verte –> désherbé

Iain Banks : Entrefer

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Boulet : Notes, tome 11

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque –> lecture en cours

Grégoire Courtois : Suréquipée

Dickens : Oliver Twist

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Emilie voit quelqu’un, tome 2

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas –> en cours

Flaubert : Madame Bovary

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Neil Gaiman : Hansel et Gretel

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Robin Hobb : Assassin’s Fate

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Notre Dame de Paris

Andrus Kivirähk : Le Papillon

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Mark Lawrence : L’empire Brisé –> lu et désherbé

Ursula K. Le Guin : Terremer

Megan Lindholm : Le Dernier Magicien 20/04/2017

Jerome K. Jerome : Three Men in A Boat –>désherbé

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica –> en cours

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur –> en cours

George RR. Martin : L’Agonie de la Lumière

                                Le Dragon de glace

Terry Pratchett : La Longue Terre

La Longue Guerre

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

JRR Tolkien : Le Hobbit

Alfred Wallon : Sterben kann ich noch Morgen 4/12/2016 –> déherbé

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon –> trouvé en boîte à livres en grand format et bon état !

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

18 livres ont été ajoutés à la PAL depuis mars 2017, dont 6 pnt été lus dans la foulée.

2 livres ont été désherbés sans avoir été lus.

4 livres sont en cours de lecture.

2 livres ont été ajoutés, mais ils ne feront jamais partie complètement de la PAL, s’agissant de livres régionnalistes dédiés à des lieux dits.

36 livres à lire en tout, sans compter ceux en cours. Ca tombe bien, ma file d’attente m’attend déjà.

Bibliothèque, France, Historique

Marquise des Anges

Une de mes premières héroînes littéraires, c’était Angélique, marquise des Anges, ne pouffez pas. Oubliez ces téléfilms éroto-kitschs qui n’ont fait que la desservir, la Marquise est bien plus qu’une courtisane échevelée.

C’était l’été 94 ou 95, je ne sais plus trop. Je passais quelques jours chez ma grand-mère, qui avait descendu du grenier de vieux livres qui avaient appartenus à ma mère et à ma tante pour combler mon ennui les jours de pluie. Entre quelques récits sur la vie des Saints, qui m’ont marquées d’une autre manière et Jane Eyre, dont les qualités n’ont pas besoin d’être défendues, il y avait ces vieux J’ai Lu, datant d’avant les ISBN, une peinture ornant la couverture, et une photo du couple ayant écrit cette saga qui ornait l’arrière. J’étais très certainement trop jeune pour lire ça, mais qu’importe ! C’est ainsi qu’a commencé une obsession qui a duré quelques années et m’a accompagné durant tout le collège : patiemment, j’ai fouillé les vides greniers et autres Emmaüs pour completer cette collection, c’est que les auteurs étaient profiliques et les aventures nombreuses. Finalement, ma passion fulgurante s’est étiolée pour ne devenir plus qu’une flammèche qui subsiste dans le fonds de mes amours littéraires une fois l’Atlantique traversé par mon héroïne.

Ceux qui ne la connaissent que par le biais de ces films ou elle apparraissait souvent dénudée et terriblement niaise ont une image bien ternie et faussée de cette icône féministe ignorée.

Si les films ont fait d’Angélique une femme certes libre sexuellement, moeurs des années 60 oblige, la censure de l’époque n’a permis que cette émancipation là, qu’il s’agisse des films ou des livres.

Il s’agit d’un personnage complexe, rebelle, loyal, qui est animé par bien plus de choses que simplement l’amour ou le sexe. Son amour pour les hommes ne fait pas d’elle une victime, elle n’a pas besoin d’eux pour vivre ni pour survivre.

Si cette série brille pour moi à cause de son personnage principal fort, elle est aussi admirable de part la justesse de son contexte historique, recherché par Serge Golon, tandis qu’Anne, son épouse, rédigeait l’intrigue. On est bien loin d’une bluette divertissante remplie d’inexactitudes destinée à ce public sous-estimé et stéréotypé qu’est « la ménagère de moins de 50 ans ». Malgré tout, la version originale souffre de la censure de l’époque : j’ai grandi en lisant cette même version originale, et j’ai eu l’occasion de lire un tome réécrit en 2009 par Anne Golon, selon ses souhaits originaux, l’an dernier : des épisodes dramatiques éludés dans la version originale (l’épidémie qui emporte sa petite soeur par exemple) sont désormais décrits dans toute leur horreur et leur violence, pour apporter encore plus de profondeur à ce personnage sous-estimé a mes yeux.

Au final, on retrouve un peu d’Angélique, Marquise des Anges dans la série Kushiel, de Jacqueline Carey : un personnage féminin fort, intelligent, sensible, et la réduire à sa « sensualité » serait une grave erreur.

Réduire Angélique aux téléfilms, c’est réduire Elisabeth d’Autriche à la Sissi de Romy Schneider.

Liens :

https://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20170717.OBS2175/anne-golon-a-jamais-angelique-j-ai-ete-spoliee-terriblement-spoliee.html

http://next.liberation.fr/culture/2017/07/16/anne-golon-femme-de-combat-comme-son-heroine-angelique_1584127

https://annegolon.wordpress.com/

Musique

Chanson du pas vendredi, spécial Walpurgis

Bibliothèque

Alors, quoi de neuf ? #4

Deux articles en deux semaines après des mois de silence ?! Champagne !

Pour reprendre en douceur, voici une petite (très petite) sélection de liens intéressants :

Féminisme

L’injonction à la confiance en soi, pour masquer les injonctions au corps parfait.

De la nécéssité d’élever ses fils afin d’en faire de gentils petits garçons et pas « de vrais p’tits mecs (NDLR) ».  Peut-être qu’un jour, je vous présenterai tout le bien que je pense de cette expression et des perles dénichées lors d’une descente au royaume des mamounes.

Psycho

Le metal utilisé lors de thérapies pour les enfants.

Culture

Papa Emeritus a pris sa retraite, vivement le mois d’aout pour voir Cardinal Coppia en live. En attendant, un clip très 80’s/Thriller :

 

Et on se retrouve la prochaine fois pour reparler de livres et ptet même de crochet (le crochet, mine de rien, ça brasse les foules sur ce blog.)