Contemporain, Entre-deux, Suisse

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

La Vérité sur l'affaire Harry Quebert

Editions : Editions de Fallois

ISBN : 978-2877068635
700 pages

Ce best seller enfin en poche !

À New York, au printemps 2008, alors que l Amérique bruisse des prémices de l élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d écrire le nouveau roman qu il doit remettre à son éditeur d ici quelques mois. Le délai est près d expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d université, Harry Quebert, l un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l enquête s enfonce et il fait l objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s est-il passé dans le New Hampshire à l été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l américaine, La Vérité sur l Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

J’étais plutôt réticente à lire ce livre, la faute à toutes ces critiques dithyrambiques et a mon côté élitiste sans doute. Puis mon congé maternité a commencé, il fallait bien que je m’occupe, et je me suis dit que cette fois-ci, ce serait quelqu’un d’autre qui piocherait dans la PàL pour moi. Et donc, on m’a sorti ce livre là en me donnant quelques arguments qui me donneraient envie (et ça a marché).

D’après ce que j’ai pu voir, ce livre a reporté des prix, et a essuyé pas mal de critiques également. Ce qui a contribué a me refroidir de prime abord.

Vous savez ce qu’est un éditeur ? C’est un écrivain raté dont le papa avait suffisamment de fric pour qu’il puisse s’approprier le talent des autres.

Il s’agit du premier effort de l’auteur, et il s’attaque déjà au mythe de l’auteur qui souffre de la page blanche et égrène des leçons sur l’écriture au fil des chapitres. Leçons qui sont d’ailleurs mises en œuvre au pied de la lettre dans le chapitre qui suit. Je ne sais qu’en penser, est-ce de la suffisance ? De la confiance en soi ? A-t’il suivi des cours d’écriture créative et nous récite-t’il ses notes ?

L’auteur face à la page blanche, la situation géographique et l’affaire de meurtre évoquent Stephen King (l’argument qui m’a fait lire ce livre), mais côté géographie, pour un auteur européen francophone, il aurait aussi bien pu situer l’action dans la Creuse ou dans les Alpes, ça aurait peut être sonné plus authentique. Ici, parfois, ça sonne un peu carton-pâte.

La relation de Harry et Nola peut évoquer Lolita de Nabokov (on notera, ou bien je me fait des films, les similitudes de sonorités entre Quebert et Humbert, Nola et Lolita…), avec un soupçon de Psychose de Hitchcock en ce qui concerne l’adolescente.

Elle est fertile, docile, elle te fera un enfant tous les neuf mois ! Je lui apprendrais comment élever les enfants, et comme ça, ils seront tout comme je veux ! N’est-ce pas merveilleux ?

Les figures maternelles sont problèmatiques : envahissantes, hystériques et castratrices, il y a très peu de femmes « saines » dans ce roman, ce qui m’a un peu chiffonné. toutes les femmes sont insupportables dans ce livre, c’est incroyable. Le narrateur aussi d’ailleurs, suffisant, menteur, arrogant, c’est un antihéros que rien ne rend attachant. La narration est truffée de fausses pistes, la suspicion du coupable glisse sans arrêt d’un personnage à l’autre, et pourtant, la fin n’est pas une réelle surprise.

Est-ce vraiment une enquête sur un meurtre d’ailleurs ? Ou est-ce le récit d’un imposteur au sujet d’une imposture ?

Vous voyez, je ne sais toujours pas trop quoi en penser, deux mois plus tard. Je l’ai lu très rapidement, ce qui est plutôt bon signe. C’est prenant, ça se lit bien et facilement. Est-ce que j’ai trouvé ça bon ? Divertissant serait plus juste.

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En conclusion ? Un roman divertissant sans plus. Ca se lit, j’ai passé un bon moment, mais est-ce que c’était ma lecture de l’année ? Clairement, non.

Mais au fond, est-ce qu’on devrait en espérer plus d’un roman ? Qu’il nous divertisse ? S’il nous fait réfléchir, c’est un plus, mais si on passe un bon moment, même en ayant posé son cerveau dans un bocal, c’est déjà très bien !

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Entre-deux, France, Science Fiction

Suréquipée – Grégoire Courtois

Editions : Folio SF

ISBN : 9782072711206
176 pages

Lorsque la BlackJag a été mise en vente, il était évident qu’elle allait révolutionner le marché de l’automobile. Constitué uniquement de matériaux organiques, qui en font pour ainsi dire une voiture vivante, ce nouveau modèle a tout pour plaire. Le prototype qui a servi aux séances de démonstration devant la presse est aujourd’hui revenu en atelier : son propriétaire a disparu ; peut-être la BlackJag a-t-elle gardé en mémoire des éléments qui permettront de le retrouver. Écoutons-la nous raconter son histoire.

Avec Suréquipée, son premier roman de science-fiction, Grégoire Courtois, à la suite de J. G. Ballard ou de Stephen King, s’empare avec brio du mythe moderne par excellence : la relation de l’homme à sa voiture.

En voilà un livre qu’il est chelou. Le rapport du conducteur à sa voiture a déjà été exploité dans la littérature, Christine de Stephen King étant très certainement l’œuvre la plus connue sur ce thème.

Alors, est-ce qu’on peut encore y apporter quelque chose de neuf ?

Suréquipée, loin de King, se passe au XXIème siècle, l’industrie automobile vient de se lancer dans la voiture organique. Réactive, dotée de caractéristiques animales et d’une certaine forme de conscience primitive, bien loin de la voiture hantée et maléfique et Stephen King.

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Ici, l’auteur se concentre bien plus sur le lien du conducteur à sa voiture plutôt que sur le fantasme d’une technologie qui prendrait le dessus sur l’humain. Ce lien ici, est exacerbé jusqu’au plus glauque par ailleurs.

Le livre est assez court, et se présente sous forme d’enregistrements de la mémoire de la voiture, sur plusieurs années, entre sa conception et la disparation de son propriétaire, afin de découvrir toutes les caractéristiques organiques et animales dont l’a doté son créateur ainsi que les liens unissant le disparu à sa famille et à son véhicule. Il s’agit d’une lecture assez rapide et agréable, je n’aurais qu’à soulever un souci de clarté sur la fin, sans doute causé, en partie,  par cette forme d’enregistrements internes à la Blackjag, sans jamais avoir un point de vue externe.

 

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En soi, Suréquipée est une lecture agréable, même si la conclusion m’a fortement perturbée, je suis une chochotte. Et si quelqu’un passant par là peut m’expliquer la fin du dernier enregistrement, ça sera bien gentil.

Et, en cette période de bac, je vous offre une réminiscence de vos cours de philo : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

 

Bibliothèque, Bilans

Opération PAL #3

tsundoku

Wouh, plus d’un an depuis la dernière opération PAL. Alors, est-ce qu’elle a baissé ? Augmenté ? Stagné ?

J’ai pas mal emprunté en médiathèque, mais j’ai aussi désherbé récemment, certains livres non lus sont donc partis dans les limbes de la boîte à livres locale.

Mais du coup, quoi de neuf dans ma PAL ?

Joe Abercrombie : Double Tranchant

GRR Martin : Le Dragon de Glace, qui s’y trouve en fait depuis bien plus longtemps, comment a-t’il bien pu passer à la trappe ? o_O

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices : aussitôt entré, aussitôt lu

Andrus Kivirähk : Le Papillon, déjà lu aussi, si vous avez aimé Le Maitre et Marguerite de Boulgakov, n’hésitez pas !

Neil Gaiman : Hansel et Gretel – déjà lu aussi

Grégoire Courtois : Suréquipée, qui a évité le désherbage de justesse

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert (le lirais-je seulement un jour ? Suspense !)

Robin Hobb : Assassin’s Fate (Le lire, ça veut dire le finir…)

Boulet : Notes, tome 11 – déjà lu

Axolot, tome 2 – déjà lu

Emilie voit quelqu’un, tome 2 – déjà lu

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon

Joe Abercrombie :

Pays Rouge

Les Héros

La Moitié d’un roi

La Moitié d’un Monde

                           Double Tranchant

Audrey Alwett : Les Poisons de Katharz

Axolot, tome 2

Christophe Arleston : Le Souper des Maléfices

Marcel Aymé : La Jument Verte –> désherbé

Iain Banks : Entrefer

Karim Berrouka : Le Club des Punks contre l’Apocalypse Zombie

Boulet : Notes, tome 11

Bill Bryson : Une Histoire de tout ou presque –> lecture en cours

Grégoire Courtois : Suréquipée

Dickens : Oliver Twist

Joël Dicker : La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Lord Dunsany : Les Dieux de Pegana

Alexandre Dumas : Les Trois Mousquetaires

Emilie voit quelqu’un, tome 2

Sheridan Le Fanu : Uncle Silas –> en cours

Flaubert : Madame Bovary

Mathieu Gaborit : La Cité Exsangue

Neil Gaiman : Hansel et Gretel

Gisèle Halmi : Ne vous résignez jamais

Robin Hobb : Assassin’s Fate

Victor Hugo : L’Homme qui rit

Notre Dame de Paris

Andrus Kivirähk : Le Papillon

Laurel : Comme Convenu, 1 et 2

Mark Lawrence : L’empire Brisé –> lu et désherbé

Ursula K. Le Guin : Terremer

Megan Lindholm : Le Dernier Magicien 20/04/2017

Jerome K. Jerome : Three Men in A Boat –>désherbé

Lawrence : Women in Love

Henri Loevenbruck : Gallica –> en cours

Machiavel : Le Prince

Thomas Mallory : Le Roman du Roi Arthur –> en cours

George RR. Martin : L’Agonie de la Lumière

                                Le Dragon de glace

Terry Pratchett : La Longue Terre

La Longue Guerre

Carlos Salem : Un Jambon Calibre 45

Jean Teulé : Charly 9

Van Vogt : L’été Indien d’une Paire de Lunettes

JRR Tolkien : Le Hobbit

Alfred Wallon : Sterben kann ich noch Morgen 4/12/2016 –> déherbé

Virginia Woolf : A Room of One’s Own

Marion Zimmer Bradley : Les Brumes d’Avalon –> trouvé en boîte à livres en grand format et bon état !

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin

Lieux magiques et secrets d’Alsace et des Vosges

Les Dieux oubliés des Vosges

18 livres ont été ajoutés à la PAL depuis mars 2017, dont 6 pnt été lus dans la foulée.

2 livres ont été désherbés sans avoir été lus.

4 livres sont en cours de lecture.

2 livres ont été ajoutés, mais ils ne feront jamais partie complètement de la PAL, s’agissant de livres régionnalistes dédiés à des lieux dits.

36 livres à lire en tout, sans compter ceux en cours. Ca tombe bien, ma file d’attente m’attend déjà.

Bibliothèque, France, Historique

Marquise des Anges

Une de mes premières héroînes littéraires, c’était Angélique, marquise des Anges, ne pouffez pas. Oubliez ces téléfilms éroto-kitschs qui n’ont fait que la desservir, la Marquise est bien plus qu’une courtisane échevelée.

C’était l’été 94 ou 95, je ne sais plus trop. Je passais quelques jours chez ma grand-mère, qui avait descendu du grenier de vieux livres qui avaient appartenus à ma mère et à ma tante pour combler mon ennui les jours de pluie. Entre quelques récits sur la vie des Saints, qui m’ont marquées d’une autre manière et Jane Eyre, dont les qualités n’ont pas besoin d’être défendues, il y avait ces vieux J’ai Lu, datant d’avant les ISBN, une peinture ornant la couverture, et une photo du couple ayant écrit cette saga qui ornait l’arrière. J’étais très certainement trop jeune pour lire ça, mais qu’importe ! C’est ainsi qu’a commencé une obsession qui a duré quelques années et m’a accompagné durant tout le collège : patiemment, j’ai fouillé les vides greniers et autres Emmaüs pour completer cette collection, c’est que les auteurs étaient profiliques et les aventures nombreuses. Finalement, ma passion fulgurante s’est étiolée pour ne devenir plus qu’une flammèche qui subsiste dans le fonds de mes amours littéraires une fois l’Atlantique traversé par mon héroïne.

Ceux qui ne la connaissent que par le biais de ces films ou elle apparraissait souvent dénudée et terriblement niaise ont une image bien ternie et faussée de cette icône féministe ignorée.

Si les films ont fait d’Angélique une femme certes libre sexuellement, moeurs des années 60 oblige, la censure de l’époque n’a permis que cette émancipation là, qu’il s’agisse des films ou des livres.

Il s’agit d’un personnage complexe, rebelle, loyal, qui est animé par bien plus de choses que simplement l’amour ou le sexe. Son amour pour les hommes ne fait pas d’elle une victime, elle n’a pas besoin d’eux pour vivre ni pour survivre.

Si cette série brille pour moi à cause de son personnage principal fort, elle est aussi admirable de part la justesse de son contexte historique, recherché par Serge Golon, tandis qu’Anne, son épouse, rédigeait l’intrigue. On est bien loin d’une bluette divertissante remplie d’inexactitudes destinée à ce public sous-estimé et stéréotypé qu’est « la ménagère de moins de 50 ans ». Malgré tout, la version originale souffre de la censure de l’époque : j’ai grandi en lisant cette même version originale, et j’ai eu l’occasion de lire un tome réécrit en 2009 par Anne Golon, selon ses souhaits originaux, l’an dernier : des épisodes dramatiques éludés dans la version originale (l’épidémie qui emporte sa petite soeur par exemple) sont désormais décrits dans toute leur horreur et leur violence, pour apporter encore plus de profondeur à ce personnage sous-estimé a mes yeux.

Au final, on retrouve un peu d’Angélique, Marquise des Anges dans la série Kushiel, de Jacqueline Carey : un personnage féminin fort, intelligent, sensible, et la réduire à sa « sensualité » serait une grave erreur.

Réduire Angélique aux téléfilms, c’est réduire Elisabeth d’Autriche à la Sissi de Romy Schneider.

Liens :

https://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20170717.OBS2175/anne-golon-a-jamais-angelique-j-ai-ete-spoliee-terriblement-spoliee.html

http://next.liberation.fr/culture/2017/07/16/anne-golon-femme-de-combat-comme-son-heroine-angelique_1584127

https://annegolon.wordpress.com/

Musique

Chanson du pas vendredi, spécial Walpurgis

Bibliothèque

Alors, quoi de neuf ? #4

Deux articles en deux semaines après des mois de silence ?! Champagne !

Pour reprendre en douceur, voici une petite (très petite) sélection de liens intéressants :

Féminisme

L’injonction à la confiance en soi, pour masquer les injonctions au corps parfait.

De la nécéssité d’élever ses fils afin d’en faire de gentils petits garçons et pas « de vrais p’tits mecs (NDLR) ».  Peut-être qu’un jour, je vous présenterai tout le bien que je pense de cette expression et des perles dénichées lors d’une descente au royaume des mamounes.

Psycho

Le metal utilisé lors de thérapies pour les enfants.

Culture

Papa Emeritus a pris sa retraite, vivement le mois d’aout pour voir Cardinal Coppia en live. En attendant, un clip très 80’s/Thriller :

 

Et on se retrouve la prochaine fois pour reparler de livres et ptet même de crochet (le crochet, mine de rien, ça brasse les foules sur ce blog.)

Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy, La Femme Sauvage

La Dilogie de Moirin

En fait, il s’agit d’une trilogie, mais je n’en ai lu que les deux premiers tomes. Après avoir dévoré les aventures de Phèdre, puis d’Imriel, que j’ai trouvées un cran en dessous, voici celles de Moirin, qui se déroulent un siècle après celles d’Imriel, en Alba. Le peuple des Maghuin Dhonn souffre toujours de sa malédiction, et vit isolé. Pourtant, la magie vit toujours en eux, dans une moindre mesure. Moirin est une enfant sauvage, qui vit avec sa mère dans la forêt, encore plus isolées que le reste de leur peuple. La légende de Phèdre continue à être contée, et l’héroïne de cette nouvelle série ne cesse de se comparer à cette figure devenue mythique. De ce fait, le lecteur ne peut s’empêcher de faire pareil…

Se retrouver en Alba est bien l’élément que j’ai préféré, ressentant plus d’affinités avec la mythologie « à la celte » qu’avec celle de Terre d’Ange, mais est-ce que cela suffit à atteindre la grandeur des aventures de la célèbre courtisane masochiste ?

Je dois avouer qu’au début, ce nouvel univers sauvage, loin de la sophistication d’Angeline m’a fait plaisir et emballée, puis, avec le recul, le soufflé est retombé. Au moment ou la Moirin sauvage et libre met les pieds en Terre d’Ange pour être civilisée. On quitte assez rapidement Alba, Moirin emporte au fond d’elle une boussole morale qu’ont tous les gens de son peuple que la grande Ourse a accueillis en son sein, ce qui limite assez sa marge d’erreur : quand elle doute, sa boussole lui dit quoi faire, pas d’erreur possible ou presque.

Un des éléments phares de cet univers est la prépondérance du sexe. Ici, pas de scènes S/M, ouf, tout le monde est consentant, tendre, aimant, le rapport de force dans l’acte charnel est quasi inexistant – dans les relations humaines, c’est autre chose, la manipulation par les sentiments reste assez présente – ce qui peut rendre les scènes de sexe fades, voire gratuites, alors que pour Phèdre, elles faisaient pleinement partie du jeu politique. Je regrette seulement que, comme chez Phèdre, l’héroïne soit bissexuelle plutôt que lesbienne, ce qui aurait pu rendre la devise d’Angeline « Aime comme tu l’entends » plus percutante et pertinente.

Le compagnon de Moirin souffre également de la comparaison avec ses prédécesseurs, là ou Josselin et Imriel étaient tiraillés et torturés, ici, pour le rendre plus mystérieux, l’auteur a choisi de le rendre mutique. En effet, pas besoin de développer un personnage en profondeur s’il ne dit jamais rien. De plus, la question de la véracité de leur attachement se pose tout du long, à cause de leur lien subi et imposé, comme toutes les choses liées à la boussole de Moirin.

Néanmoins, tout n’est pas à jeter, même avec le recul (j’ai lu ces deux livres il y a maintenant plusieurs mois) : on découvre plus en profondeur la carte de l’univers de Jacqueline Carey, on découvre des horizons plus lointains que ceux parcourus par Phèdre, et découvrir ces pays haut en couleurs est fort plaisant.

En conclusion, si les aventures de Phèdre m’ont fascinées, celles d’Imriel diverties, celles de Moirin m’ennuient quand même un peu, jusqu’à ce qu’elle retourne en Alba, si son destin est de revenir sur sa terre d’origine.

 

Bibliothèque

Alors, quoi de neuf ? #3

Pour cette nouvelle fournée de liens et trucs divers, on va faire un groupement thématique, c’est mieux, non ? Et après le flood précédent, pas de photos.

DIY

Des patrons de couture vintage (parce que la fast fashion, c’est vilain)

Une artiste suisse qui crochète (on y revient toujours) et brode autour de feuilles mortes.

Totoro et sakuras (parce que c’est trop mignon)

Féminisme

Virginie Despentes : « C’est exactement ça la féminité : ne soit pas spontanée, penses à l’autre avant de penser à toi, avales et souris. »

Simone Veil, une ministre de la Santé sur le terrain

Les mots sont importants, et la grammaire aussi

Société

On connait les personnes les plus riches de la planète. Rencontrons maintenant les plus pauvres.

Une augmentation plutôt qu’un babyfoot : de la culture d’entreprise en start-up

Culture

Neil Gaiman parle de la difficulté de traduire de la fiction

Connaissez-vous les sheelanagig ? Sculptures grotesques surtout répandues en Irlande ?

En écho à un article que j’ai écrit il y a quelques années, du mépris de la culture de masse

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Sinon, j’ai lu Dracula Cha cha cha, dernier tome de la série Anno Dracula. Meilleur que le deuxième que j’ai trouvé franchement dispensable. Désormais, il faut que je lise les autres livres de l’auteur.

 

 

 

 

Et sinon, avez-vous déjà écouté Apocalypse Orchestra ?

Chambre noire, Tranches de vie

Fernweh #3 Spécial Québec

En septembre dernier, j’ai quitté le continent européen pour la première fois. Armée de mon passeport tout neuf, je suis allée au Québec. Après avoir fait la file pendant 3 heures à la douane de l’aéroport de Montréal, Québec, me voilà.

J’ai tenté de faire un carnet de voyage pour ce séjour de deux semaines, j’ai lamentablement échoué au bout d’une semaine. Mais j’ai tout de même collecté quelques cartes de visite et photos afin d’en garder quelques traces dans lesquelles je viens de me replonger.

 

Les meilleures confitures que j’ai mangé se trouvent au couette et café L’Intendant à Québec, vous dormirez dans des chambres qu’on dirait sorties d’un western en plus :

8 Des-Vaisseaux-Du-Roi
Vieux-Québec (Québec) G1K 6T5

Profitez-en pour caresser des chats au Café Félin voisin Ma Langue aux Chats :

307 Rue Saint-Paul
Québec

Pour bien manger à Québec (peut-être le meilleur repas de tout le séjour) : Le Hobbit, à Québec, toujours :

700 Rue Saint-Jean
Québec (Québec)
Canada G1R 1R1

(Et évitez le Lapin Sauté, recommandé par tous les guides, nous avons trouvé que c’était un piège à touristes. Pas mauvais, mais pas à la hauteur. Et il n’y avait pas de lapin dans la casserole de lapin !)

Si vous en avez l’occasion, n’hésitez surtout pas à faire les excursions en zodiac à Tadoussac pour voir des baleines, belugas et phoques. Otis fait un détour par le fjord en plus en revenant. Et prenez vous en photo avec les magnifiques vêtements de survie qui font feront prendre 30 kg en 2 minutes !

Si déjà vous êtes à Tadoussac, buvez un cocktail bière/sirop d’érable au Père Coquart :

115 Rue Coupe De L’islet
Tadoussac, Québec G0T 2A0

Puis allez manger au Café Bohème :

239 rue des Pionnier,
Tadoussac

Si vous allez visiter les parcs nationaux, ne déconnez pas avec le répulsif à moustiques et mettez en partout ! Parole de personne qui en avait un qui s’est glissé sous le tee-shirt et s’est retrouvée avec une quinzaine de piqûres énormes dans le dos (nos moustiques européens, c’est rien comparé à ça…) et dont le seul remède était une crème à base de bicarbonate dénichée dans une supérette.

Vous pouvez également participer à une observation de l’ours noir dans son milieu naturel en Mauricie.

BD - Roman graphique, Bibliothèque, Entre-deux, Japon, Terreur

Le Cercle du Suicide – Usamaro Furuya

Editions : Casterman

ISBN : 978-2203373327
176 pages

Le 31 mai 2001, en gare de Shinjuku, 54 lycéennes, main dans la main, se jettent sous un train. Seule Saya en réchappe. Un mois plus tard, la jeune fille se plaint à Kyôko, son amie d’enfance, de n’avoir pas péri en compagnie de Mitsuko, une autre de ses amies. Surprise, Kyôko sait néanmoins que Saya appartenait à un mystérieux « club », dirigé par la défunte. A présent, de nouveaux changements s’opèrent sur elle : tandis que des rumeurs se répandent à son sujet sur le Net, Saya s’attire la fréquentation de nombreuses jeunes filles.

Si j’ai pris ce livre, c’est parce que son titre et les quelques lignes au dos m’évoquaient Petits suicides entre amis d’Arto Paasilinna avec un ton un peu plus grave. Un peu ? Le ton est finalement totalement différent. Ici, je n’ai pu déceler aucune trace d’humour, aussi noir soit-il.

Ici, on plonge dans un univers malsain, dans une adolescence malheureuse, bien loin des fantasmes et clichés habituels des lycéennes japonaises présents dans les autres mangas que j’ai pu lire et auxquels je suis habituée. – Alors que leurs bizarreries et le taux de suicide élevé de ce pays ne me sont pas inconnus ; je resterai pour toujours traumatisée par Ring, vu il a presque 15 ans et dont le souvenir est toujours vivace –

Le cercle du suicide commence par un suicide collectif : une cinquantaine de lycéennes se jette sous un train. Une seule jeune fille survit, quasiment miraculée, sans aucune égratignure. En l’observant à travers les yeux de sa meilleure amie d’enfance, de qui elle s’est éloignée, on découvre la spirale sordide qui peut mener à ce geste désespéré. Le vie ne semble épargner aucune des adolescentes de ce manga, alors qu’elles sont à un âge ou tout semble encore possible, et l’on voit bien que, malgré cela, tout semble encore très flou et incertain. Entre légende urbaine et fait divers, le désespoir adolescent, dans ce manga, semble être une sorte de maladie contagieuse, une malédiction qui ne se satisfait que de victimes de plus en plus nombreuses.

Par ailleurs, d’un point de vue occidental, dans un pays où les uniformes scolaires ne font pas partie du paysage, voir ces lycéennes toutes habillées de la même manière en proie à leurs états d’âme dévastateurs gomme tous les marqueurs sociaux et rends le tout plus universel et plus effrayant.

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Je pensais que ce serais une lecture sans plus. Même au moment de refermer le livre, je me suis dit « Boarf, meh ». Et pourtant, avec le recul, c’est une lecture plus marquante que mes espérances ne le laissaient soupçonner.

Source : CoinBD