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Histoire de Lisey – Stephen King

Stephen King
Editions : Albin Michel
ISBN : 9782226179692
576 pages

Traducteur : Nadine Gassie
Lisey’s Story

Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. À sa mort, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers laissés par Scott, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu’il fréquentait…Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l’amour. Un chef-d’oeuvre.

Je vous avais déjà raconté, il y a longtemps, que Stephen King et moi, c’était compliqué. Enfin, plutôt, entre les traductions de Stephen King et moi, parfois, ça ne passait pas. Heureusement, dans les romans récents, disons, depuis l’avènement d’Internet et ainsi, la facilitation de la communication, ça allait mieux (la prochaine fois que je vois « il pleut des chats et des chiens » dans un texte en français, j’organise un autodafé et je met le responsable au milieu). Histoire de Lisey, un roman récent, de 2006, n’a pas soulevé ces problèmes (même que c’est la première fois que je voit un « Mot du traducteur » à la fin du roman). Si j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, c’est à cause du récit cette fois-ci. On pénètre dans l’intimité d’un couple, avec son langage spécifique, ses allusions et ses références culturelles sans filet et au début, ces expressions fantaisistes et la transposition des accents parlés m’ont perturbé. J’avais même envie d’abandonner ce livre. J’avais l’impression d’être un voyeur parmi eux, cela m’a rendu mal à l’aise, et je n’avais qu’une envie : les laisser seuls avec leurs expressions et leur amour.

J’ai persisté, et finalement, j’ai eu du mal à en sortir. Cette histoire d’amour à la Stephen King, bien loin des fleurs et des petits oiseaux, est malgré tout magnifique.

Histoire de Lisey

On découvre peu à peu leur histoire grâce à Lisey qui parcourt avec sa sœur, les photos de son mari décédé deux ans auparavant, ce qui réveille des souvenirs enfouis en elle : des souvenirs de Scott, de son histoire à lui, puis, à travers lui, de son histoire à elle.

Les histoires personnelles et complexes de Lisey et Scott en tant que personnes à parts entières se déroulent lentement, au fil des révélations sur leur histoire commune. Les problèmes psychiatriques de Scott trouvent un écho avec ceux de la sœur de Lisey, et c’est Lisey qui les porte tous deux à bout de bras. Car si en lisant le roman, j’ai eu l’impression que le personnage principal était Scott vu à travers le prisme de son épouse, avec le recul – cette lecture date de deux mois désormais, oui, je suis complètement à la masse – il porte très bien son nom, car le personnage fort, celui qui porte le récit, celui sans qui le roman n’aurait été qu’une nouvelle, c’est bien Lisey, ce personnage qui semble si discret, effacé, et surtout éploré et au bout du gouffre. Lisey qui parvient à puiser des ressources inimaginables dans ses souvenirs afin de sauver sa peau et celle de sa sœur.

Histoire d’amour

L’autre aspect prépondérant de ce livre est qu’il s’agit d’une histoire d’amour. Chez Stephen King. Oui. Et malgré toute l’horreur qui peut être instillée au fil des pages, cette histoire d’amour est magnifique. L’amour que Lisey porte à Scott est ce qui va le sauver plusieurs fois, physiquement et psychologiquement, tout comme l’amour que Scott porte à Lisey est entier, voire excessif. Mais il a aussi l’amour que Lisey porte à sa sœur Amanda, qui lui permet également de la sauver, à la manière dont elle a porté secours à son mari.

Mais ce roman soulève aussi la question de l' »amour » fanatique : celui d’admirateurs envers leurs artistes favoris, Scott ayant quelques lecteurs fanatiques, tout comme John Lennon ou Björk.

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 Un livre qui n’a pas été facile à appréhender, mais une fois plongée dedans, je n’ai pas pu le poser. Un Stephen King pioché au hasard dans les rayonnages de la médiathèque, mais qui fera désormais partie de mes favoris de l’auteur. Il mérite qu’on lui donne une chance.

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Top Ten Tuesday #18

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Le Top Ten des livres lus en 2014

Les deux premiers sont interchangeable. Le troisième est bien troisième.

Sac D’Os – Stephen King

Ils auraient pu pondre une couverture plus jolie quand même, hein

Ils auraient pu pondre une couverture plus jolie quand même, hein

Le dernier Stephen King que j’ai lu, c’était Rose Madder, et j’étais au lycée. J’ai arrêté de les lire parce que la traduction de celui là en particulier était vraiment mauvaise (je voulais devenir traductrice littéraire à l’époque, ça me faisait mal de voir des idiomes  anglophones non pas adaptés, mais traduits mot à mot). Donc voilà, plus de Stephen King en 8 ans, alors que ses livres m’ont accompagné durant toute mon adolescence. Sac d’Os était un des seuls disponible à la médiathèque que je n’avais pas encore lu, et en plus, comme la mini-série est en production, je me suis dit que c’était le moment.

On rencontre donc Mike (encore un !), vivant à Derry, qui vient d’apprendre le décès brutal de son épouse Johanna. Mike est, comme un certain nombre des héros de King, écrivain (Misery, Shinning) et souffre du blocage typique à la profession depuis la perte de Johanna. Il est également sujet à d’affreux cauchemars ayant lieu dans la maison de vacances qu’il possède, près du lac Dark Score (avec un nom pareil, personnellement, ça me donne pas des masses envie d’y passer mes vacances, hein). Le point culminant de ses rêves le pousse à s’installer à Sara Laughs, cette fameuse demeure, thêatre de ses cauchemars, qui tient son nom d’une chanteuse du début du XXème siècle, Sara Tidwell, qui aura une rôle important dans ce livre. Il rencontre Kyra et Mattie Devory, qui ont quelques problèmes familiaux suite au décès du père de Kyra. Mike découvre des éléments qui lui font croire que Johanna lui cachait quelque chose, et ses cauchemars passés prennent une tournure prophétique.


Le Maine selon S. King

Je dois avouer que, même si j’aime beaucoup les livres de Stephen King, peu d’entre eux m’ont fait peur. A vrai dire, je me souviens seulement vaguement d’une nouvelle parue dans Danse macabre : Celui qui garde le ver qui m’a fait de l’effet. A moins que ce ne soit la couverture hideuse. Par contre, il m’a toujours donné envie de continuer à tourner les pages pour savoir ce qui adviendra des personnages.

Le roman est à la première personne, et ça gâche toujours un peu, pour moi en tout cas, dans ses livres ou ceux d’un autre, le suspense. On sait qu’il va survivre de toutes manière (je vous ai déjà dit qu’Hélène de Troie qui raconte sa mort dans Mémoires d’une Catin, c’est ridicule d’un point de vue logique ?). Il arrive à rendre ses personnages proches de nous grâce au langage, mais il reste toujours une distance. Les larmes me montent aux yeux assez facilement quand je lis, mais là, par contre, rien. Que dalle. Nada. Même pas un reniflement triste lorsqu’un personnage meurt. D’ailleurs, ce personnage est mort depuis depuis deux pages que déjà Mike se dit qu’il a écrit des dizaines de morts semblables dans ses livres, et qu’il s’agit d’une mort facile et pratique pour l’auteur. Ce qui n’est pas un mauvais point, j’aime bien ce genre de clins d’oeil et de recul sur les ficelles utilisées.

L’assassinat est ce que la pornographie produit de pire ; l’assassinat est le “laisse-moi faire ce que je veux” porté à son stade ultime.

D’ailleurs, le titre même du livre Sac D’Os, est un clin d’oeil aux personnages de romans qui ne sont que des sac d’os que l’auteur doit remplir.

En bref, des personnages proches du lecteur et intéressants, mais je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, Même si une scène particulièrement cruelle m’a fait grincer des dents.

L’élucidation de l’histoire sur fond de mémoire collective mélée à une histoire de fantômes est fascinante, touchante aussi, et me fait regretter d’avoir ignoré M. King pendant de si longues années alors que nous nous entendions si bien auparavant.

Peut-être croyons nous toujours que ce que nous avons perdu était justement ce qu’il y avait de mieux… ou qui aurait été le meilleur.