Allemagne, Entre-deux, Etats-Unis, Science Fiction

Wilde Reise durch die Nacht – Walter Moers

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Walter Moers
Editions : Goldmann
ISBN : 978-3442452910
224 pages

Non traduit en français (pour le moment)
Wild Ride through the Night

 

Der junge Gustave möchte unbedingt ein großer Zeichner werden. Aber zuvor muss er in einer einzigen Nacht von der Erde zum Mond und einmal quer durchs Universum reisen, denn er hat eine Wette mit dem Tod abgeschlossen, bei der es um nichts Geringeres als sein Leben und seine Seele geht. Moers illustrierte Gustaves fantastische Reise anhand von 21 beeindruckenden Bildern aus dem Werk von Gustave Doré, dem erfolgreichsten Zeichner des 19. Jahrhunderts.

Aaaah, Walter Moers ! C’est seulement la combientième fois que j’en parle ? Bien trop souvent, non ? Je vous rassure, c’est le dernier pour un moment. Au moins jusqu’à la sortie du Château des livres qui rêvent, courant 2015.

Exceptionnellement, il ne nous emmène pas en Zamonie. Cette fois-ci, nous restons bien sagement en Europe. En France. En Alsace. A Strasbourg, plus précisément. On se retrouve dans la peau de quelqu’un que nous connaissons tous, et qui a signé toutes les illustrations de ce livre. Car, comme tous les livres de Walter Moers, Wilde Reise durch die Nacht (qu’on pourrait traduire par Chevauchée Sauvage à travers la Nuit) est illustré. Pas par l’auteur, mais par Gustave Doré (mais si, vous connaissez ! Les fables de la Fontaine et les contes de Perrault ? La déco des trams de la CTS ce printemps ?).

L’auteur a pris le parti de sélectionner 21 gravures de Gustave Doré, piochées dans toute son œuvre, qu’il s’agisse de la Bible, de Don Quichotte, de The Raven, d’Edgar Allan Poe, ou de Paradise Lost de Milton, et d’écrire une histoire qui rendrait ses gravures cohérentes entre elles, tout en rendant hommage à d’autres œuvres de la littérature. Exprimé comme ça, le projet semble ambitieux.

Nous retrouvons donc Gustave, 12 ans, capitaine d’un navire en proie a un tempête. Afin d’échapper à la Mort, il conclut un marché avec elle. Il devra relever six défis avant la fin de la nuit, tel un Hercule prépubère, sans quoi son âme sera confinée dans un minuscule cercueil, puis jeté dans le feu du Soleil, parce que sans Soleil, pas de vie, sans vie, pas d’âmes, sans âmes, pas de Soleil, tel est le cycle de la… oups. Ces six tâches lui sont données par la Mort et sa sœur, Dementia, qu’il retrouvera tout au long de son périple.

Bien entendu, la Mort lui envoie des serviteurs qui devront aider Gustave. Il se retrouve donc, tel Don Quichotte, à parcourir le monde, à tenter de sauver d’innocentes vierges des griffes de dragons sanguinaires, à moins que ce ne soit l’inverse, à traverser une forêt de démons fêtards, à parcourir l’espace avec le plus monstrueux des monstres, pour enfin terminer sur la lune.

Comme d’habitude, les situations sont souvent loufoques, toujours pleines d’imagination, et comme peuvent l’être les aventures du dragon écrivain Hildegunst Taillemythes, un très bel hommage à la littérature et à Gustave Doré qui, semble-t’il, avait sombré dans l’oubli de l’autre coté du Rhin, et à qui Walter Moers voulait rendre ses lettres de noblesse.

Néanmoins, le dénouement est plus que prévisible et certains rebondissements un peu poussifs. On se doute de la fin dès les premières lignes, et les évènements parfois trop forcés pour coller exactement à l’illustration selectionnée.

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C’était une lecture agréable, pas du niveau de la Cité des livres qui Rêvent, mais on mettra ça sur le compte qu’il s’agit de son premier roman, ayant surtout œuvré pour la télé (l’Ours Bleu), et en tant qu’auteur de BD (Le Petit Emmerdeur, Adolf), et aussi qu’il n’a pas illustré lui même et qu’il a du faire avec ce qui était à sa disposition.

Du fragst dich jetzt sicher, was an der Sorge so schrecklich sein soll, stimmt’s? […] Genau das ist eine meiner verheerendsten Eigenschaften: daß man mich für selbstverstandlich hält. Für angebracht! […] Ich fresse Männer, Frauen und Kinder, ohne Ansehen von gesellschaftlichen Rang oder Charakter. Ich bin rücksichtslos, unbarmherzig, kaltblütig und ohne Gnade.*

NdlR : Tu te demandes certainement ce qui rend l’inquiétude si monstrueuse, pas vrai ? […] C’est justement l’une de mes caractéristiques les plus dévastatrices : on me croit évidente. Indiquée ! […] Je ronge les hommes, les femmes et les enfants, sans distinction de rang social ou de caractère. Je suis indélicate, impitoyable, au sang-froid, et sans merci.

Des extraits (en allemand) et des visuels sont disponibles ici : http://www.zamonien.de/roman_wilde-reise.php

 

 

 

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Bibliothèque, Bilans

Lectures non chroniquées #2 Premier semestre 2013

L’an dernier, je me suis amusée à faire un bilan annuel en détail. Ca prend un temps fou. Et c’est trop long à lire. Du coup, je voulais faire un bilan trimestriel. Mais j’avais la flemme. Semestriel alors. Ca coupe la poire en deux, c’est plus court, et tout sera plus frais dans ma tête. (Si frais que là, maintenant, je ne sais plus ce que j’ai lu… Raison de plus pour le faire régulièrement, sinon, je vais finir par relire des trucs parce que j’ai oublié que je les ai déjà lus…) Dans l’ordre anarchique presque chronologique (en gros, si j’ai lu plusieurs tomes d’une série, ils sont ensemble, plutôt que de les avoir séparés par une dizaine de livres) :

City of Dragons, Robin HobbBlood of Dragons, Robin Hobb

City of Dragons/Blood of Dragons, Robin Hobb : on suit les aventures des gardiens de dragons, qui ont enfin atteint Kelsingra. Les héros adolescents pour la plupart subissent les premiers émois typiques de cet âge là, et on n’échappe pas au triangle amoureux qui semble si fréquent dans la littérature adolescente. Les personnages adultes, eux, s’émancipent du poids de la société qu’ils ont quittée et semblent terminer le chemin qui se dresse encore devant leurs cadets. On retrouve certains personnages des séries précédentes : Tintaglia et Icefyre, ce qui fait bien plaisir, et ce sont bien les chapitres qui leurs sont dédiés qui m’ont angoissés et qui sont le plus chargés en suspens. La série est en dessous des précédentes se déroulant dans cet univers régit par l’Art/le Vif, mais le dernier tome répond a bien des questions et met un terme à cette saga avec brio. D’autres questions sont encore à éclaircir, mais comme Robin Hobb me semble pas prête à abandonner ce monde, j’espère que d’autres romans permettront de le rendre encore plus complet.

Inside Game of Thrones

Inside HBO’s Game of Thrones : dédié à la série du même nom, il s’agit d’interview d’acteurs, de scénaristes, de créateurs, de techniciens et de l’auteur, qui expliquent comment ils ont pu mettre ce roman en scène, en le rendant le plus réaliste possible. Des chapitres entiers sont dédiés aux costumes des différentes régions, aux décors et aux raisons qui les ont poussés à faire ses choix particuliers. Un beau livre pour les fans de la série.

A Feast of Ice and Fire

A Feast of Ice and Fire, The official companion book : le livre de recettes tiré des livres, cette fois-ci (moi, obsédée ? Si peu…). Je n’ai pas encore tenté d’expérience culinaire avec ce livre, mais je l’ai lu (oui, des fois, je lis des livres de recettes, faut bien se donner faim parfois), et, en plus des explications liées au contexte des roman, d’explications sur les équivalents « réels » médiévaux, les recettes sont également proposées en version modernisée, avec des ingrédients plus simples à se procurer, et des saveurs plus habituelles. Mais il y a des recettes que je ne tenterai pas de recréer, même si les ingrédients étaient simples à trouver. Le serpent roti et les grillons au miel ne sont que des exemples… (Sinon,la plupart des recettes sont disponibles sur le blog des deux auteurEs : Inn at the Crossroads. Elles proposent également d’autres recettes issues de fictions sur le blog Food through the pages, avec des recettes inspirées du Seigneur des Anneaux, et Harry Potter entre autres…)

L'Attrape-coeur, J.D. Sallinger

L’Attrape-Coeurs, J.D Sallinger : il s’agit d’un livre culte qui a pourtant barbé tous les gens que je connais qui l’ont lu. C’est donc avec appréhension que je l’ai sorti de ma PaL. Je l’ai d’ailleurs lâché pour plusieurs mois alors que je n’avais lu que le premier quart… Puis, je l’ai repris, et là, j’ai enfin réussi à m’immerger dans l’histoire. Alors, certes, je n’ai toujours pas vraiment compris le battage autour de ce livre, peut-être parce que le narrateur a 15 ans, et que le récit ressemble énormément à un journal intime, avec ses tics et ses défauts de langage, mais c’est ce qui le rend vraisemblable. Le narrateur, lui, est terriblement chouinard et suffisant, mais au fond, c’est bien comme ça que sont les jeunes de cet âge dans la plupart des cas.

Les Montagnes Hallucinnées, H.P. Lovecraft

Les Montagnes Hallucinées, H.P. Lovecraft : un recueil de nouvelles ou l’auteur continue a exploiter son panthéon personnel de Grands Anciens, à travers une expédition dans l’Antarctique, qui lui permet d’expliquer les origines de ce « mythe » (« mythe » que lui même n’a jamais qualifié de mythe), et dans lesquelles il explore les méandres de la folie, sujet dont il est friand, et qu’il a côtoyé de près.

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Le Coup de Grâce/Le Crépuscule/Les Catacombes de Vienne/La Comtesse des Neiges, La Chronique des Immortels, Wolfgang Hohlbein : si le premier tome était prometteur (vampires, Inquisition, maladies mystérieuses qui rendent immortel), là, ça commence à se gâter. L’intrigue n’avance pratiquement plus, la quête d’Andrej pour obtenir des réponses à ses questions existentielles semble sans fin, il n’arrête pas de faire des mauvais choix et de s’en plaindre (alors que c’est plus souvent son acolyte Abou Doun qui en pâtit que lui), il se fait assommer toutes les 20 pages bon, sauf dans La Comtesse des Neiges… Oui, j’ai compté…), la seule raison qui me poussait à continuer, c’est la dynamique Andrej/Abou Doun, Mais comme j’approche des derniers tomes traduits, et que je n’ai pas envie d’acheter la suite, je m’arrête là.

Pourquoi a-t-il dit de ne pas s’inquiéter inutilement ? Quand il suffit de s’inquiéter utilement ?

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La Horde du Contrevent, Alain Damasio : phénomène inverse à L’Attrape-Coeur, celui là, on me l’a tellement vendu partout, tout le monde me disait à quel point que c’était bien que mes attentes étaient si hautes que le livre ne pouvait pas être à la hauteur. Trop de personnages, dont certains à peine exploités et dont on se débarrasse en un clin d’œil, une quête insensée et une narration complexe ont eu raison de moi. Les symboles au début de chaque chapitre, les chapitres sont plus des exercices de style que de fond. Sans parler du sexisme affiché des personnages masculins (encore heureux que les personnages féminins sont forts et complexes, parce que j’ai eu envie de balancer le bouquin plusieurs fois…) . Il parait qu’on aime ou qu’on déteste, je n’ai rencontré (ou lu) personne qui n’en parlait pas en terme dithyrambiques, et moi, si je n’ai pas détesté, j’en ai trop espéré, et à trop espérer, on est forcément déçu.

Bye Bye Blondie, Virginie Despentes : Gloria rencontre Erix alors qu’elle est interné en hopital psychiatrique. S’en suit une passion adolescente, destructrice, qui changera sa vie à jamais. 20 ans plus tard, ils se retrouvent, et tous les souvenirs remontent. Virginie Despentes reste dans le contexte qui lui est propre, le milieu punk rock, à Nancy, ville où elle a grandit. Les problématiques déjà soulevées dans King-Kong Théorie sont reprises, sous la forme d’une histoire d’amour entre une femme paumée, et son amoureux de quand elle avait 15 ans, devenu une star de la télé.

Naitre femmme, la pire des tares dans presque toutes les sociétés. Seul avantage : enfanter. Alors comme ça, accepter d’être une femme, c’était prendre des coups sans vouloirs les rendre.

Stardust, Neil Gaiman : il s’agit d’un conte pour enfant pour adulte (vous me suivez ? Parce que c’est pas le seul livre du genre dont je vais vous parler.), quelque part entre The Princess Bride, et Jonathan Strange et Mr Norell. Pas le meilleur Gaiman qui soit, mais tout de même plaisant.

Sweet Silver Blues, Glen Cook : un roman policier situé dans sur le Disque-Monde ou quelque chose comme ça. Honnêtement, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, et le tout me passait un peu au dessus de la tête. La faute à la liseuse, à la langue anglaise, au bruit dans le train, ou à la passoire que j’ai à la place du cerveau.

Among you humans, females are not permitted to assume the responsibilities of such a position as a career. Thus, the further implication that she mated to a man in such a position.

Nouvelles du Disque-Monde, Terry Pratchett : comme le dit le titre, un recueil de nouvelles, certaines très courtes, deux ou trois pages, d’autres plus longues, qui couvrent les personnages récurent du Disque-Monde, les sorcières, le guêt, etc. Le niveau entre les nouvelles est inégal, peut-être à cause de leurs longueurs inégales. Mais un bon moyen de se replonger un bref moment dans cet univers complètement barré.

Le Maître des Chrecques, Walter Moers : la suite indirecte de La Cité des Livres qui Rêvent, dans le sens ou ici, il ne s’agit pas de la suite des aventures de Hildegunst, mais d’un roman écrit par Hildegunst et traduit par Walter Moers (accusé par Hildegunst de zapper des paragraphes, et de ne pas être fidèle à son texte, un véritable scandale…), bon, un peu comme La Cité, mais pas en autobiographie. Le roman suit un mistigriffe, sorte de chat à deux foies qui peut communiquer avec tous les êtres vivants, lié par contrat au Maître des Chrecques de Sledwaya, ville la plus malade de toute la Zamonie, fait auquel le Maître, alchimiste de son état, n’est pas étranger. Celui-ci a besoin de graisse de mistigriffe pour achever le Perpetuum Mobile, et afin d’avoir de la graisse, quand on a qu’un mistigriffe décharné à disposition (le dernier de son expèce, de plus !), eh bien, il faut le nourrir. Ce qui n’empêche pas le chat à deux foies de tenter de s’échapper, avec des complices particuliers. Ce livre est un cran moins bien que La Cité, et je l’ai trouvé en jeunesse dans la médiathèque que je fréquente, alors qu’il est vendu, en Allemagne, du moins, comme un conte pour enfants pour adulte, mais la jeunesse compte bien plus d’âges que seulement les lecteurs de Oui-oui, fait que je dois sans cesse me rappeler, parce qu’il y a des injures et gros mots dans ce livre, certes, c’est inévitable d’entendre « Merde » dans la bouche de son enfant, mais c’est mieux si on n’a pas l’explication que « c’était écrit dans le livre que tu m’as pris, alors j’ai le droit de le dire ! ». Mais peut-être que je suis vieux-jeu.

Das Labyrinth der Träumenden Bücher, Walter Moers : La voici, la suite des aventures de Hildegunst ! Après s’être reposé sur ses lauriers après le succès de La Cité… et s’être fortement empaté, notre dinosaure reçoit un courrier. Comme son parrain Danzelot avant lui, un simple courrier suffit pour changer sa vie. Il retourne à Bouquinbourg pour la première fois en 200 ans (ça vit longtemps, ces bêtes là), et… Il visite la ville avec Inazea la Chrecque. Il va au thêatre et nous fait part de ses découvertes. Tout le livre raconte son retour à Bouquinbourg, mais il ne se passe pas grand chose. L’histoire ne démarre que dans le dernier chapitre, pour nous laisser sur un cliffhanger horrible, qui nous fait espérer une publication de la suite rapide. (Après vérification, elle paraitra en VO en octobre 2014…)

Demain les Chiens, Clifford D. Simak : que ce passerait-il si les Hommes laissaient la place aux chiens ? Que feraient-il du monde ? Ce recueil de nouvelles d’anticipation dresse un portrait défaitiste de l’Homme, incapable de se passer définitivement de violence. Chaque nouvelle s’accompagne d’une brève explication, du point de vue des Chiens. Pas la lecture la plus réjouissante de l’année, mais néanmoins, un livre édifiant, et qui a étonnamment bien vieilli (même si sa vision des années 90 est plus que fantaisiste.)

The Yellow Wallpaper, Charlotte Perkins Gilman : un recueil de nouvelles, encore (je n’en ai jamais lu autant en si peu de temps), d’une auteure majeure de la littérature américaine du XIXème siècle, féministe, ses écrits servent à transmettre ses convictions. La nouvelle éponyme décrit la folie grandissante d’une femme condamnée à l’oisiveté pour prétendument guérir sa dépression post-natale. Enfermée dans une pièce au papier peint jaune, interdite d’écriture, elle voit une femme prisonnière de ce papier. Femme qui n’est autre chose que la représentation de sa propre folie, enfermé dans une cage dorée (jaune, dorée, vous voyez, haha ?). Les autres nouvelles de ce roman œuvrent également à emanciper les femmes, a les épanouir dans ce qu’elles aiment faire, sans les rendre dépendantes de leurs maris/fils/gendres, à démontrer que les principales préoccupations futiles des femmes de l’époque ne sont que celles qui leurs sont autorisées, et ne sont pas celles auxquelles elles aspirent (également démontré dans une moindre mesure et dans un autre genre, dans Sans Parler du Chien, de Connie Willis). A lire pour tout ceux/lles qui sont sensibles à la cause féminine.

Entre-deux, Epoque victorienne, Etats-Unis, Science Fiction

New Victoria – Lia Habel

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L’amour est immortel. L’amour ignore les frontières, dit-on. Et celle entre la vie et la mort ?

Bienvenue à New Victoria, le dernier refuge d’une humanité éreintée par les guerres.
Les jeunes filles de bonne famille y ont un destin tout tracé: épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal.

Nora n’a jamais aimé se plier aux règles, surtout depuis la mort de son père, l’éminent docteur Dearly. Mais rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l’a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d’une faction rebelle. Avec l’aide d’un séduisant soldat, elle devra pourtant surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants… comme les morts !

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Ce livre, à la base, en lisant a quatrième de couverture, franchement, il ne me disait rien. Une histoire d’amour entre une ado et un zombie, super, youhou. En allant à la médiathèque, une amie m’a dit qu’il s’y trouvait, et, bon, ça ne mange pas de pain, et au pire, ça me fera une entrée de plus dans ma catégorie des trucs nuls. Je m’attendais à un roman young-adult Twilight like. Et Twilight, franchement, si on est sensible à la représentation de la femme dans la littérature ou ailleurs, ça nous fend le cœur. (Honnêtement, si quelqu’un entre par effraction dans votre chambre la nuit pour vous regarder dormir et démonte le moteur de votre voiture pour que vous n’alliez pas voir un de vos amis, n’attendez pas qu’il vous abandonne dans la forêt pour vous y laisser mourir, allez voir la police et PORTEZ PLAINTE ! Non, ce n’est pas mignon, oui, c’est flippant ! Mortecouille ! (rien, j’avais juste envie de caser ce mot))

Donc, New Victoria, c’est un pays, dans lequel les survivants d’une apocalypse ont décidé de fuir le futurisme des autres cultures et de replonger dans l’age d’or que représente l’ère victorienne pour eux. Nous avons donc des fiacres, des femmes en robes a tournures, des hommes en redingotes, qui pianotent sur des tablettes numériques nacrées avec des stylets-plume. Et des bougies électroniques pour éclairer leurs maisons. Oui, comme à Noël. Ca se passe a Noël, en plus, ça tombe bien.

L’héroïne, Nora, est orpheline depuis un an, et vit sous la tutelle de sa tante, qui fait un peu office de vile marâtre. Si sa tante n’a pas une grande importance et n’apparaît qu’au début du livre, elle semble pourtant réunir toutes les caractéristiques de la « wicked Stepmother » si chère aux contes de fées. La mère de Nora est décédée lorsqu’elle avait neuf ans (Nora avait neuf ans, pas la mère), d’une maladie foudroyante, et son père l’a éduqué tant bien que mal, en lui léguant sa fascination pour l’histoire de la guerre. Guerre entre les néo-victoriens et les forces armées punks (j’ai cru à une blague quand j’ai lu ça, et ça a bien valu au livre d’être abandonné… Des forces armées punks… Et des centrales nucléaires écologiques aussi, tant qu’on y est ? Encore heureux que ça a été explicité après.). La jeune fille est élève dans une école privée réservée à l’aristocratie, grâce à son père, médecin et héros national, tout comme sa meilleure amie, qui fréquente cette école uniquement grâce à des bourses, n’étant que fille de boulanger, mal vue par ses camarades, et pourtant destinée, de part son éducation, a faire un beau mariage avec quelqu’un de la haute. On assiste donc aux humiliations de Pamela (la meilleure amie en question), et la question du classisme est posée. Quelqu’un né dans un milieu populaire vaut-il moins que quelqu’un né avec une cuillère en argent dans la bouche ? De plus, la place de la femme, en tant que chose fragile qui n’arrive à rien par elle même, qui n’est rien sauf femme/fille de, est remise en question. Une jeune fille de bonne famille n’a-telle pas le devoir de se défendre, même face à un zombie qui tente de la mordre ? Ou devrait-elle tenter de s’enfuir et attendre que quelqu’un d’autre ne lui vienne en aide ? Un homme de préférence, parce que, hein, faut pas déconner ? Eh bien, si personne ne bouge, quelqu’un doit bien prendre les choses en main, et les héroïnes de New Victoria n’hésitent pas, même si pour ça, elles doivent porter des pantalons.

Ce livre a évité bien des écueils dans le traitement de ses deux héroïnes, mais malheureusement, pour sauter avec élan dans d’autres clichés, qui se retrouvent dans énormément de mauvais films d’espionnage.  L’écriture est fluide, et la narration par POV est parfois déroutante et rend le déroulement de l’action un peu lente. L’histoire d’amour est, à mon sens, un peu inutile, et surtout, glauque. Comme les histoires d’amour humain/vampire. Ca reste un cadavre qui marche. Et, euh, juste, beurk ? Le pourquoi du comment de l’invasion de morts-vivants m’est passé complètement au dessus de la tête, mais là, j’ignore si j’ai été déconcentrée dans ma lecture à ce moment, ou si c’était confus, ou si ça m’a semblé totalement crétin, mais si ça ne m’a pas marqué, ce que l’intérêt devait me sembler limité. Il s’agit visiblement d’une trilogie, et même si ce livre n’était pas la daube à laquelle je m’attendais (j’en serais presque déçue, vous savez…), je ne lirais pas la suite, peut-être tout simplement parce que je ne suis pas la cible de ce genre de livres. Mais, si je devais le conseiller à un/e ado en quête d’un livre steampunk, je lui en parlerais (sauf que je n’ai pas d’ado dans mon entourage, et que le seul autre livre steampunk que j’ai lu, ben, j’ai pas eu le courage de le terminer (pour le moment), au contraire de celui-ci.)

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En bref, un bon livre pour les amateur de ce genre là, mais pour les allergiques aux histoires d’amour, passez votre chemin.

Allemagne, Entre-deux, Science Fiction

Des milliards de tapis de cheveux – Andreas Eschbach

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Nœud après nœud, jour après jour, toute une vie durant, ses mains répétaient les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, comme son père et le père de son père l’avaient fait avant lui… N’est-ce pas étrange qu’un monde entier s’adonne ainsi au tissage de tapis en cheveux ? L’objet en est, dit-on, d’orner le Palais des Etoiles, la demeure de l’Empereur. Mais qu’en est-il de l’Empereur lui-même ? N’entend-on pas qu’il aurait abdiqué ? Qu’il serait mort, abattu par des rebelles ? Comment cela serait-il possible ? Le soleil brillerait-il sans lui ? Les étoiles luiraient-elles encore au firmament ? L’Empereur, les rebelles, des milliards de tapis de cheveux ; il est long le chemin qui mène à la vérité, de la cité de Yahannochia au Palais des Etoiles, et jusqu’au Palais des Larmes sur un monde oublié…

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D’habitude, je suis plus fantasy, dragons, châteaux et guerriers impitoyables que science-fiction, galaxies lointaines et vaisseaux spatiaux. Mais la couverture et le titre de ce livre là m’ont intrigué, et je l’ai pris sans même lire la quatrième de couverture. Parce que voilà, des tapis, en cheveux. C’était en plein dans ma thématique tapis du moment. Parce que je venait aussi de trouver Le Peuple du Tapis de Terry Pratchett. Oui, je fonctionne par thématique, inconsciemment. L’été dernier, pratiquement tous les livres que j’ai acquis avaient le mot « chien » dans le titre. Sans faire exprès. Et là, c’était le mot « tapis ». Les paris pour la prochaine fixette sont ouverts.

Il y a tapis dans le titre,  et des tapis dans le roman. Forcément. Ce space opéra se déroule sur une planète où la Guilde des tisseurs se meurt, ils sont de moins en moins nombreux, et certains tisseurs restants, qui n’ont pas tous la chance d’être prospères, ont le malheur d’avoir le destin qui s ‘acharne contre eux. Chaque chapitre suis un personnage différent, du tisseur de tapis en cheveux, à la fille de riche marchand, en passant par le maître flutiste et l’archiviste impérial. Empereur millénaire qui exerce un pouvoir absolu et qui fait l’objet d’un culte mystique. Il règne sur plusieurs galaxies, et seuls certains privilégiés ont pu le voir, pourtant, chaque famille, dans chaque village, aussi pauvre soit-il, possède une photo de l’empereur.

Cet empereur vit depuis des millénaires, et semble tout puissant, tel un patriarche divin, que des rebelles ont pourtant réussi à éliminer.  Comment ont-ils pu arriver a tuer cet homme tout-puissant, qui a vécu plus longtemps que tous ces prédécesseurs ? Comment ce fait-il que le Palais des Etoiles est exempt de tout tapis de cheveux ? Qu’advient-il de ces tapis ? Et surtout, pourquoi, malgré l’annonce de la nouvelle de la fin du règne impérial, tant de planètes refusent d’y croire, malgré les preuves et le changement inéluctable de leur commerce ?

Si les planètes désertiques mis à part quelques villages balayés par les sables semblent être monnaie courante dans les oeuvres de SF (Star Wars, Dune, et sans doute d’autres, mais je m’y connais bien assez mal pour en citer d’autres), Des milliards de Tapis de cheveux semble être bien plus que l’histoire de tisseurs de tapis obsolètes. On peut y lire (on peut, c’est pas obligé, hein, on est pas en cours de littérature où on analyse chaque virgule non plus) une analyse de la religion, et l’influence de Nietzsche et de son nihilisme : « Dieu est mort », ou bien, ici, « l’empereur est mort ». Les habitants des planètes productrices de tapis ont entendu la rumeur de la fin de l’empire, mais l’ignorent, et continuent de faire comme avant, sans trop se poser de questions, parce que sinon, leur vie deviendrai vide de sens. Tout comme la religion sert parfois de béquille aux gens, de guide et de morale.

Des milliards de tapis de cheveux est réellement un roman à lire, même si les considérations métaphysiques ne sont pas votre tasse de thé. Ce serait passer à côté d’une lecture enrichissante, et qui se lit vite en plus de ça.

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Epoque victorienne, Etats-Unis, Science Fiction, Youpi Tralala

Sans parler du chien ou comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque – Connie Willis

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Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d’historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour voyager dans le temps. Ned Henry, l’un deux, effectue ainsi d’incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d’informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid aérien nazi. Or c’est à ce même Henry, épuisé par ses voyages et passablement déphasé, que Dunworthy confie la tâche de corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues, qui a sauvé un chat de la noyade en 1888 et l’a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Or l’incongruité de la rencontre de ce matou voyageur avec un chien victorien pourrait bien remettre en cause… la survie de l’humanité !

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Ce roman, publié en 1997, titulaire de plusieurs prix (Locus et Hugo en 1999), m’était totalement inconnu jusqu’à il y a un an et demie, où j’ai vu qu’il avait fait l’objet de plusieurs articles sur la blogosphère (ce que ce mot est moche, quand même…). Malheureusement, je ne sais plus où, et heureusement, je ne savais plus ce qu’ils disaient. Mais le fait est que ce livre à atteri dans ma liste à lire, que je l’ai acheté en 2011, sans doute pendant une opération où on pouvait recevoir un livre de GRRM en cadeau pour l’achat de 2 ou 3 livres du même éditeur (en fait, je me souviens plus si c’était à cette occasion, ou bien sans raisons… mais en même temps, on s’en fout un peu…), du coup, il prenait la poussière dans ma pile à lire, jusqu’à la semaine dernière, où, prise d’une crise devant ma bibliothèque, telle une fashion victime devant son dressing plein à craquer : « Bwaaaah, j’ai rien à liiiiiiiiire ! ». Ce n’était sans compter celui qui profite de mon incapacité a me contrôler dans une librairie pour laisser sa carte de médiathèque prendre la poussière, qui piocha au pif dans la pile conséquente de livres non-lus, pour me tendre Sans parler du chien, et me dire « Tiens, lis ça, tu l’as acheté, c’est que tu voulais le lire » (raisonnement tout à fait logique et censé, nous en conviendrons).

Nous sommes en 2058, les voyages temporels existent, et nous vivons pourtant dans un monde horrible… Un monde sans… chats ! (Imaginez ! Internet ne servirai plus à rien ! Plus de procrastination sans fin sur la toile à regarder des gifs et des vidéos de chatons maladroits ! Horreur et sept enfers !)

Lady Schrapnell, américaine farfelue et autoritaire, décide de reconstruire la cathédrale de Coventry, et pour cela, il lui faut tout les éléments qui étaient dans la dîte cathédrale au moment de son bombardement. Sauf que la potiche de l’évêque est introuvable… (Rigolez, mais quand j’ai commencé la bouquin, moi, la potiche, je pensais que c’était sa bonniche, une version de bonne du curé avec le physique de Victoria Silvstedt… ben oui, la potiche, ben, le vase, qui pourrait aussi bien ressembler à un compotier d’ailleurs, un peu comme le graal, qui pourrait aussi bien être une écuelle en bois qui aurait moisi depuis, qu’une assiette en métal précieux) Et qu’en cherchant cette potiche, une historienne sauve un chat et le ramène au XXIème siècle, et que pour réparer tout ça, il faille envoyer plusieurs historiens (bon, deux), à l’époque victorienne pour réparer les incongruités qui pourraient en résulter. Sauf que l’historien chargé de réparations, à force de faire des bonds d’une époque à l’autre, souffre de déphasage avancé, et qu’il va provoquer encore plus d’incongruités. Et qu’à force de chambouler tout le passé, l’Angleterre risque de passer aux mains de nazis, et le temps risque de s’effondrer.

L’ensemble, dit comme ça, semble bien fouilli, complexe, et j’avouerai de pas avoir bien saisi le pourquoi du comment de la raison de l’explication sur la disparation du gra… de la potiche. On y découvre aussi une forme de critique de l’éducation des femmes de l’époque victorienne, qui se limitait au dessin, aux langues, et aux travaux d’aiguille. On assiste aux disputes entre universitaires d’Oxford à la même époque, et on découvre aussi des personnages féminins anachroniques par leur émancipation, mais pourtant bien victoriens. De plus, les passages se situant à Coventry en 1940 arrivent, paradoxalement, à être drôle, mais aussi émouvants, ce qui n’est pas chose aisée avec un sujet aussi lourd que la deuxième guerre mondiale.

Il s’agit là d’un livre drôle, bourré de références et d’allusions à Trois hommes dans un bateau (que je n’ai pas lu, mais qui semble être intéressant) et à divers livres d’Agatha Christie, qui aiguillent le lecteur dans sa propre découverte du dénouement (même si les ficelles sont évidentes, elles sont assumées). Ce qui rappelle un autre livre de science fiction uchronique avec références littéraires et voyages temporels : L’affaire Jane Eyre.

A lire !


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Amérique(s), Etats-Unis, Science Fiction, Youpi Tralala

Imprésario du troisième type – John Scalzi

Bon, la couverture ressemble un peu à un Chair de Poule..
Bon, la couverture ressemble un peu à un Chair de Poule..

Vous vous êtes déjà demandé comment vous réagiriez si vous croisiez un extraterrestre ? Partiriez-vous en courant ? Même si l’extraterrestre en question est pacifique ? Comment preparer l’humanité à une rencontre du troisième type sans semer la panique ? Avec un imprésario !

La télévision humaine est diffusée dans l’espace, avec du décalage, certes, mais les extraterrestres suivent avidement les aventures de, euh, je sais pas trop, en fait, les séries ne sont pas nommées, et je n’y connais rien en séries des années 50, mais vous voyez le concept. (Sinon, c’est un peu comme dans Futurama, quand Lrrr est fan de la série « Avocate et célibataire »)

Comment ça ! Happy Days est déprogrammé ?!
Comment ça ! Happy Days est déprogrammé ?! Ma sorcière bien-aimée aussi ?!

Du coup, les Yherajks décident de faire ami-ami avec ces êtres merveilleux que sont les terriens. Garer la soucoupe devant la Maison Blanche n’est pas une option, il faut opter pour la solution du Cheval de Troie. (Se garer sur la pelouse de la Maison Blanche, en plus, ça doit donner de grosses contraventions. Et les Troyens, ils étaient pas contents du cheval, je crois).

Seulement voilà, les Yherajks sont des blobs. Des blobs puants en plus. Qui peuvent entrer dans une bonbonne à eau…

Comme ça :

En fait, ce livre, c’est Futurama avant l’heure

Leur agent, Tom, est déjà l’agent d’une starlette bimbo, mais neuneu. Qui veut absolument avoir un rôle dans un film d’auteur, dont son intellect ne saisit pas l’envergure. Tom est également le maître du chien vieillissant de ses voisins qui préfère sa compagnie à celle de ses propriétaires légitimes. Quand à sa grand mère, rescapée des camps nazi, elle ne parle plus depuis un AVC. Et là, vous me demanderez, mais quel est le rapport avec les blobs ? Et je vous dirais que TOUT est en rapport ! On se demande au début ou il veut en venir, avec ses personnages étranges, pourquoi on ne voit pas d’autres extraterrestres que Joshua (oui, le blob principal s’appelle Joshua, est claustrophobe, aime les pizzas, téléphoner, la série C.H.I.P.S, et, heureusement, ne ressemble pas à un insecte.) et pourquoi nous assistons aux castings de Michelle Beck, l’actrice gentille, mais naïve. Pourquoi ce journaliste d’un tabloïd miteux est si présent ? Pourquoi tant de pièces sont disséminées ici et là ? Vont-elles s’assembler de manière cohérente ? Eh bien oui.

Malgré sa couverture qui ne paie pas de mine (je prefère les illustrations de Kidby dans son style Pratchettien), son titre qui fleure bon le nanar livresque, on passe un bon moment, on rit parfois, on sourit souvent, et parfois, aussi, on a les larmes aux yeux. Parce que, bon, toutes les ficelles du nanar filmique sont là (je parle de nanar type L’attaque de la moussaka géante, hein, pas de film nul qui se prend au sérieux), et en livre, ça prend bien. L’auteur raconte, à la fin, l’histoire de son manuscrit, écrit dans les années 90, et légèrement remanié lors de sa publication, et j’aurais presque pensé qu’il a été écrit l’an dernier.

Si vous aimez les nanars, la SF, les blobs, et les livres décallés, allez y sans hésiter !

Asie, Contemporain, Entre-deux, Japon, Science Fiction

Battle Royale – Koushun Takami

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J’ai vu le film tiré de ce roman en 2008, sans avoir entendu parler du livre. C’est en découvrant qu’il s’agit avant tout d’un roman que j’ai décidé de le lire aussi. (Je l’aurais pas fais si je n’avais pas aimé le film, si on peut dire qu’on a aimé un film pareil o_O). En plus, ma médiathèque l’avais en rayon, ça tombait bien ! (Bizarrement, je ne l’avais pas trouvé dans mes libraires habituelles (mais j’ai pas toujours les yeux en face des trous (je devrais mettre mes lunettes plus souvent))).

Une classe de troisième (on me signale dans l’oreillette qu’en fait, il s’agit d’une classe de Terminale, et que c’est une erreur de traduction…) est choisie au hasard pour participer au Programme, mis en place par la République de Grande Asie, un régime dictatorial, au Japon. Le Programme consite à envoyer cette classe dans un lieu inaccessible (une île, dans ce cas précis, mais par le passé, des prisons désaffectées ont également été utilisées), où les élèves doivent s’entre-tuer. Il ne peut en rester qu’un. (J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce concept quelque part… o_O) Le survivant gagne un autographe du Reichsführer (ben ouais, il gagne le droit de survivre, il veut quoi de plus, hein ? Y’en a qui prendrait la main tendue et le bras avec, hein !). Chaque élève reçoit une arme, sors de l’école sur l’île dans laquelle ils se sont réveillés, à deux minutes d’intervale, et le combat commence.

Les armes sus-nommées sont d’ailleurs parfois très insolites. La mitraillette, le revolver, la faucille, le gilet pare-balles, le boitier de localisation, le couteau de chasse, le fusil, l’arbalète, tout y passe. Même la pauvre et innocente fourchette devient une arme de mort potentielle.

Vous ne regarderez plus jamais vos couverts de la même manière.

On suit presque chaque élève, au moins le temps d’un chapitre, mais on se doute bien que les personnages clés sont Shuya, Noriko et Kawada. Ce sont d’ailleurs les personnages les moins clichés qu’on trouvera.En effet, certains personnages sont si… typiquement manga que c’est difficile d’imaginer des gens semblables en vrai. Par exemple : le mec homosexuel, qui n’est pas seulement gay, mais qui est clairement décrit comme une folle. Il se parle à lui même comme s’il était une femme. Et une femme très superficielle, par ailleurs. Ou bien le fils de famille riche, qui se considère comme au dessus de la moyenne, non par ses capacités, mais simplement du fait de sa naissance. Ou bien la fille complètement allumée (j’ignore toujours si elle se croyait dans un jeu vidéo ou avait une croyance religieuse tordue), qui est persuadée que son dieu extra-terrestre lui a conféré des supers pouvoirs. Ou encore la fille qui, lasse d’avoir été la victime par le passé, décide de devenir le bourreau et manipule ses adversaires (qui, même dans une situation extrême, arrivent encore, pour certains, à penser avec ce qu’ils ont entre les jambes…) grâce à ses atouts physiques. Mais, au vu de l’erreur de traduction (que je viens de découvrir, et que donc, j’ignorais durant ma lecture), certains comportements sont plus facilement compréhensibles pour des élèves majeurs, alors que pour des élèves de 15 ans, le choc culturel me semblait énorme (je vis peut être chez les bisounours, mais dans mon univers, à 15 ans, on ne se prostitue pas, même si on est sur la mauvaise pente).

Néanmoins, les motivations des personnages à participer de façon active au « jeu » sont bien expliquées, et on arrive à comprendre leur comportement (pour la plupart, pour d’autres, j’étais juste contente qu’on en finisse), que ce soit par plaisir, par instinct de survie, par peur… L’ambiance est glauque, et, comme le gouvernement le souhaite, et l’auteur l’a réussi, on ne peut faire confiance à personne, pas même à ses amis. Ce n’est peut être pas une lecture plaisante dans le sens ou l’histoire est agréable, mais en aucun cas, je ne regrette ma lecture.

Certaines scènes sont décrites de manière assez graphique, et ne conviendront pas forcément à un public trop sensible.

Sinon, la bande annonce du film (que je m’en vais regarder dans la soirée) :

Et, pour plus d’informations sur le livre, le film, tout ça, tout ça, j’ai trouvé ce site très complet, en français :

http://echolivres.free.fr/battleroyale/accueil.htm

C'est toujours la faute de la femme...
Films

Splice

Attaque du super mutant poulet poisson salamandre libellule raie humain machin bidule
Attaque du super mutant poulet-poisson-salamandre-libellule-raie-humain-machin-bidule

Un truc que j’aime bien, c’est les films d’horreur. Seulement, j’ai beaucoup de phobies. Certaines sont complétement saugrenues, d’autres plus problèmatiques quand il s’agit de films un peu, euh, glauques, diront nous. Parmi ces phobies, complètement inexpliquées, hein, il y a les limaces, les vers de terre, les tongs, le grincement des couverts sur une assiette, les minikeums et les créatures humanoïdes bizarres (non, y’a pas d’intrus dans la liste). D’ailleurs, le premier film que j’ai vu qui m’a fait peur, c’est « La Mouche », quand j’étais petite, je ne l’ai même pas vu en entier tellement le machin mutant qui grimpe au plafond m’a fait flipper ma race. Par contre, d’autres films bien glauques, pfeuh, la petite Lady of the blog en culottes courtes, ben, elle était pas impressionnée. Les oiseaux de Hitchcock ? « Ooooooooooooooh ! Oiseauuuuuux ! » Mes parents n’ont d’ailleurs jamais compris pourquoi je choisissais toujours cette vidéo-là dans le meuble télé. X-files dans la trilogie du samedi ? Heureusement que c’était justement le samedi, je pouvais me coucher un peu plus tard ce jour-là (à part un épisode avec un lombric géant dont je ne me souviens que d’une scène et qui hante encore mes cauchemars 15 ans plus tard). E.T. ? Là, c’était une autre histoire, E.T. m’a toujours mis mal à l’aise. Il devait me sembler trop gluant.

Bref, revenons à nos mutants, parce qu’en fait, je voulais parler de Splice. (Comment ça, il est sorti l’année dernière ? Comment ça, je suis à la bourre ? Je fais ce que je veux d’abord !

Ce film avec la créature humanoïde bizarre (x.x) sur l’affiche, je voulais le voir au cinéma l’année dernière, pour une obscure raison, sachant que les bestioles étranges et potentiellement gluantes, c’est vraiment pas ma tasse de thé (le thé non plus d’ailleurs, j’aime pas ça… ma tasse de café ? O_o). Personne ne s’est dévoué pour m’accompagner, et c’est tant mieux, j’aurais commencé à hurler à peine le film commencé. C’est donc dans le confort de mon salon, en compagnie de ma moman et de mon chat (qui m’ont aussi tenu compagnie pour The Ring, qui, en tant que film d’horreur japonais, est assez anxiogène, pour moi en tout cas) que j’ai lancé le DVD.

Attention spoilers !

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Le film commence dans un laboratoire pharmaceutique, appelé NERD (non, j’invente rien), où un couple créée des êtres à partir d’ADN de différents animaux, afin d’extraire des protéines visant à guérir le cancer. Leurs premières créatures sont un couple de, euh… De quoi, au juste ? Je dois avouer qu’à aucun moment il n’a été mentionné de quels animaux ils avaient extrait les ADN (ADNs ? ADN ?). Bref, un couple de machins roses, ressemblant à des limaces géantes, sans yeux, sans rien, en fait, mais qui s’accouple. Fred et Ginger qu’ils s’appellent, les trucs là. Le lecteur attentif qui aura fait attention au premier paragraphe se doutera qu’à la vue de ces bestioles, j’ai hurlé tel un lapin crétin et me suis cachée derrière mon chat (ben oui, il a des griffes et des dents, il peut me protéger des trucs de la télé, voyons, c’est logique !).

Le charmant petit couple décide ensuite de corser l’expérience en ajoutant de l’ADN humain, rien que pour tester, hein, sans mener l’expérience à terme, juste pour voir si ça pourrait, éventuellement donner quelque chose. Bien entendu, ça marche, mais, comme convenu, ils décident de remiser leur bidule plein de chromosomes au congélateur, ils ont vu que ça pouvait marcher, mais éthiquement, c’est mal vu.  Enfin, surtout que leur employeur trouverait pas ça très lol de découvrir que ses deux scientifiques fous préférés ont utilisé ses fonds pour créer un mutant non autorisé.

Elément perturbateur

Parce que forcément, on en est même pas à la première demie heure du film, il fallait bien que ce fut de gênes soit incubé. Et, forcément, telle Eve à la pomme, c’est la gonzesse qui se sauve devant la porte du congélateur et file faire incuber sa bestiole. Qui, d’ailleurs, se développe très vite. Au bout d’une journée, paf, l’utérus artificiel explose, et en sort une mignonne créature entre le têtard et le facehugger (qui qui s’est caché sous la table à ce moment là, hein ? -________-) qui attaque Elsa, notre Eve qui doit bien regretter d’avoir cédé à la tentation de faire vivre cette chose. Le couple rentre chez lui et découvre le lendemain, en revenant au laboratoire qu’en fait, le machin dégueulasse qui avait attaqué Elsa n’était pas leur « bébé » finalement, mais son œuf. Leur créature finale, en fait, ressemble à un lapin dépecé (oui, voyez ? comme ceux dans la vitrine du boucher !) sans pattes avant et avec des pattes arrières de poulet (en fait, on dirait Ponyo sur la falaise pendant sa mutation… mais sans cheveux, du coup).

Ponyo21
Mutant poulet-poisson-humain

Ellipses et scènes mémorables

Je vais pas vous spoiler TOUT le film, hein, ça vous prendra moins de temps à le regarder que moi pour l’écrire. En tout cas, certaines scènes sont plus qu’étranges.

Florilège :

  • Clive (le monsieur dans le film), tente de tuer Dren (la créature… ça fait NERD à l’envers, pour ceux qui auraient pas suivi et saisi le rapport) en la noyant pendant une crise de fièvre et justifie sa tentative, et surtout son échec en disant qu’il savait qu’elle avait des branchies et que c’était pour qu’elle les utilise…
  • lors d’une conférence au sujet de Ginger et Fred, les deux machins roses s’entretuent et s’ensuit un raz de marée de sang… Jamais j’aurais pensé que deux bestioles de cette taille contiennent autant de sang… Et visiblement, ne contiennent QUE du sang…
  • Dren ne s’exprime qu’avec des petits chouinements ou couinements… Delphine Chanéac aurait-elle un accent pourri en anglais ?
  • Dren est une peste, elle tue un chat (cette scène-là fut encore pire pour moi que l’accouplement des vers limaces roses… Pauvre chat…) simplement parce qu’Elsa le lui a donné… Et qu’elle semble jalouse de celle qui « a » Clive…
  • d’ailleurs, elle semble être bien en mal d’affection, la pauvre créature, mais alors, pourquoi tuer le pauvre chat ? (non, je m’en remet pas…)
  • Clive tente d’abord de tuer Dren, pense qu’elle est une abomination, mais ça ne le perturbe pas plus que ça de s’accoupler gaiement avec elle dans une grange… (d’ailleurs, on dirait qu’il préfère coucher avec un mutant qu’avec sa copine, au vu de son comportement lors des quelques scènes de sexe du film…)
  • en plus, d’après Clive, c’est la faute d’Elsa s’il est allé queuter avec une mutante…
  • pourquoi elle a des sourcils et pas de cheveux ? oO
  • pourquoi une fois qu’elle a « hermaphrodité », elle/il pousse des cris de harpie alors qu’avant, elle couine à peine ? Une harpie, c’est pas très viril. Oo

Je m’arrête là sinon, je vais tout vous raconter. Je ne voudrais pas gâcher le plaisir de ceux qui veulent le voir et qui auront lu malgré mon avertissement. Mais en gros, WTF ? Elle sort quand la suite ? Me dites pas qu’avec une fin pareille, il n’y aura pas de suite ? Et pourquoi c’est la femme la fautive ? Et pourquoi doit-elle expier la faute de cette manière ? Manière que je trouve d’ailleurs particulièrement monstrueuse, mais ça, c’est peut être juste moi…

C'est toujours la faute de la femme...
C’est toujours la faute de la femme…
Europe, Grande-Bretagne, Réécritures, Science Fiction, Youpi Tralala

L’affaire Jane Eyre – Jasper Fforde

L'Affaire Jane Eyre
L'Affaire Jane Eyre (j'hésitais entre cette couverture et celle du kit de clonage de dodo)

Dans ma liste de livres publiée plus tôt, il manque des classiques. Et c’est impardonnable. J’espère que vous avez lu Jane Eyre ! Non ? Lisez-le et revenez sur ce billet plus tard ! Si oui, eh bien \o/ !

Ca m’arrive de lire des choses que je n’ai pas envie de critiquer, des choses qui ne sont pas criticables, et, pour une de ses choses, il faut avoir lu Jane Eyre. (Vous noterez que j’écris plus sur des livres que sur le but original de ce blog, hein -__-, mais ça marche mieux, faut croire. Mais je n’ai pas oublié le but premier, hein, je vous assure !)

Bref, je voulais vous parler de L’affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde. Ca fait un moment que je voulais le faire, mais je n’arrive pas à encenser. Ca me casse mon rythme de rédaction. Et c’est moins marrant à écrire. Mais ce livre est super marrant à lire, hein !

Un monde parallèle géré par une multinationale et où l’on peut entrer dans les livres, où l’on peut cloner un dodo dans sa cuisine, et où des agents spéciaux voyagent dans le temps ou enquêtent sur des livres, voilà le cadre de ce livre. (Quelqu’un a un synonyme de livre ? Oo)

Dronte de Maurice
Pourquoi me suis-je toujours imaginé les dodos couverts de plumes roses ? O_o

Bref, le personnage principal, Thursday Next, vétéran de la guerre de Crimée (oui, elle a duré longtemps dans leur monde) entre dans le roman déjà cité, et en modifie la fin. (Chez eux, il ne finit pas comme chez nous.) Bien sûr, dans le monde des livres, rien n’est simple, et tout est compliqué par la diversité des personnages. Et son forfait devra être jugé et punit selon la Jurisfiction régnant dans cet univers loufoque.

Comment a-t’elle fait pour changer la fin? Comment était leur fin à eux, d’ailleurs? Et quel est le rapport avec les dodos ? Lisez-le ! Et toute la série, puisque vous y êtes ! Le 4ème tome de la série Thursday Next vous offrira d’ailleurs un magnifique mindfuck digne de ce nom. ^^

Et dire que ce livre a failli ne jamais être publié et que depuis Twilight, on nous sort des romans de vampires insipides à la pelle… Tout fout le camp, j’vous le dit !

(En plus, ya moins à dire quand on veut faire lire les gens sans les spoiler, pft.)