Entre-deux, Grande-Bretagne, Historique

The Red Queen – Philippa Gregory

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The second book in Philippa’s stunning new trilogy, The Cousins War, brings to life the story of Margaret Beaufort, a shadowy and mysterious character in the first book of the series – The White Queen – but who now takes centre stage in the bitter struggle of The War of the Roses. The Red Queen tells the story of the child-bride of Edmund Tudor, who, although widowed in her early teens, uses her determination of character and wily plotting to infiltrate the house of York under the guise of loyal friend and servant, undermine the support for Richard III and ultimately ensure that her only son, Henry Tudor, triumphs as King of England. Through collaboration with the dowager Queen Elizabeth Woodville, Margaret agrees a betrothal between Henry and Elizabeth’s daughter, thereby uniting the families and resolving the Cousins War once and for all by founding of the Tudor dynasty.

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C’est en parcourant les rayonnages de la médiathèque que je suis tombée nez à, euh, couverture, avec ce livre, deuxième tome d’une série de trois romans (dont, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas lu le premier tome), dont est tirée une série télévisée, The White Queen, que j’ai commencée il y a quelques temps. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’Elizabeth Woodville, roturière mariée à l’héritier York, mais de Margaret Beaufort, qui donnera naissance à la dynastie Tudor. Evidement, les faits seront fortement romancés, mais il n’empêche qu’ils sont documentés, sont librement inspirés de faits réels, et que redonner vie à la Guerre des Deux Roses via deux femmes de camps opposés est un parti pris intéressant, qui va au delà de la guerre sur le champ de bataille.

The Red Queen suit Margaret, qui, n’étant qu’une enfant, mariée (ou vendue) au meilleur parti, trouve un échappatoire dans la foi, et se persuade qu’elle a, comme son modèle Jeanne d’Arc, une mission divine, qui se traduit par des genoux à vif d’avoir trop prié. Sa mission ? Devenir Reine d’Angleterre. Ou au moins, la Reine Mère, car, à son grand désespoir, elle n’aura jamais le pouvoir par elle-même.

L’auteur peine a rendre le personnage sympathique, et d’ailleurs, peut être qu’elle ne l’a même pas tenté, tellement Margaret semble odieuse et illuminée. Il s’agit peut-être (certainement ?) d’un parti pris pour la différencier et en faire un personnage antinomique d’Elizabeth, qui, vue par Margaret ainsi que par la population, est un modèle de douceur et d’amour. (Si j’avais étudié Alice au pays des Merveilles, je vous ferai une digression de fou sur la Red Queen et la White Queen de Lewis Caroll, mais je ne connais pas assez cette œuvre et son contexte, donc je vous met ça là, vous en faites ce que vous voulez.) Néanmoins, il est fascinant de voir que pour le personnage (l’auteur ?), le divin permet d’accéder, ou, au moins, de prétendre, aux privilèges d’habitude réservés aux hommes. Qu’il s’agisse de la vision fantasmée de Jeanne d’Arc, jeune fille qui, suivant les ordres de Dieu, parvient à mener toute une armée à la guerre, et à la gagner, ou de Margaret, convaincue que Dieu prévoit et attend d’elle qu’elle mette son fils sur le trône. On pourrait prétendre qu’une mission donnée par le Patriarche ultime permet d’élever ces femmes au dessus du rang qui leur était dévolu à cette époque.

Je l’ai lu en anglais, il se peut donc que la traduction ait effacé quelques points un peu désagréables, mais le temps d’écriture du roman est le présent et le point de vue est interne (sauf un chapitre au passé, où le personnage change), ce qui donne une immédiateté au propos, malgré le fait que ce soit un peu déroutant au premier abord. Néanmoins, la narration à la première personne et le temps du récit, qui devraient tendre à nous rapprocher de Margaret échouent, et je suis restée complètement imperméable au destin de cette femme (d’ailleurs un bref passage sur Wikipédia afin de vérifier et comprendre les tenants et aboutissants complets de cette période m’ont tout spoilé.)

Sinon, comme évoqué dans mon premier paragraphe, le parti pris de montrer la Guerre des Deux Roses par le point du vue d’une femme qui a vu le conflit seulement de loin, qui n’est tenue au courant que part des lettres évasives, peut-être intéressant s’il est bien amené, ce qui ‘est pas vraiment le cas ici, tout ce qui concerne le conflit en lui même et non Margaret est traité de manière plus qu’évasive (d’où ma consultation d’une encyclopédie, parce qu’au bout d’un moment, je n’y comprenais plus grand chose). Quand au style de l’auteur, à part le présent déjà mentionné, il souffre de répétition, et manque peut-être de subtilité. Oui, nous avons compris qu’elle adore Jeanne D’Arc, nous avons aussi compris qu’elle en veut à sa mère de l’avoir vendue comme une vache reproductrice, ouiiiiiiiiii, son mari est un lâche, elle nous l’a répété 50 fois dans la page précédente, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, elle est appelée par Dieu, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, Elizabeth, c’est rien qu’une grosse cochonne qui tombe enceinte à chaque fois qu’on lui passe dessus et elle est trop belle et tout le monde l’aime,  c’est bon, stop, n’en parlons plus… Comment ça ? Ah, elle aime Jeanne D’Arc et prier ? Ah, ça m’avait échappé, merci de me le rappeler.

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Bon, voilà, regardez la série, lisez le bouquin si vraiment, vous n’avez peur de rien, ou sinon, consultez une bonne encyclopédie, ça vous évitera le blabla répétitif. Mais il n’empêche que si je met la main sur The White Queen, il aura sa chance, parce que malgré tout, The Red Queen a donné lieu à des ébauches de réfléxions et d’analyses que je ne manquerai pas d’approfondir.

Why should my husband be ennobled when it will be me who has done all the work?

I am treated as a woman grown when it suits you, you can hardly make me a child again.

[God] always tells you to strive for power and wealth. Are you quite sure it is not your own voice that you hear […] ?

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Fantasy, France, Historique, Youpi Tralala

Chien du heaume – Justine Niogret

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Chien du heaume, un surnom gagné au prix du sang et de la sueur par celle qui ne possède plus rien que sa hache, dont elle destine la lame à ceux qui lui ont pris son nom. Mais en attendant de pouvoir leur sortir les viscères, elle loue son bras et sa rage au plus offrant, guerrière parmi les guerriers, tueuse parmi les loups. De bien curieuses rencontres l’attendent au castel de Broe où l’hiver l’a cloitrée : Regehir, le forgeron à la gueule cassée, Iynge à la voix plus douce que les meurs, le chevalier Sanglier et sa cruelle épouse de dix printemps. Au terme de sa quête, Chien trouvera-t’elle la vengeance, la rédemption ou… autre chose ?

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Voici le genre de livre qui, dès le prologue, vous met une claque. Le genre de claque qui vous secoue jusqu’au tripes et vous laisse pantelant, cherchant votre souffle, et vous noie dans son ambiance particulière. (C’est aussi le genre de livre qui ne se laisse pas lire dans un train blindé de scolaires hurlants. Oui, ça sent le vécu.)

Chien du heaume est mercenaire. Son visage est couvert de crasse et couturé de cicatrices. A la recherche de son vrai nom, elle a adopté celui des camarades de bataille d’un jour lui ont donné. Elle évolue dans un monde qui semble peuplé d’enfants cruels, où les paysans maudissent leurs seigneurs qui auraient manqués à leurs devoirs, et où les dames tiennent leurs promesses jusque dans la mort. Sa quête est un récit initiatique, où la recherche du nom est aussi celle de soi-même. Les mythes et légendes évoqués dans ce livre distinguent le roman d’un roman de fantasy « pure », car, à défaut d’être réelles, elles sont populaires dans certaines parties d’Europe, ce qui permet, d’une part de situer le récit dans un monde qui est le notre, mais aussi dans une époque qui fût réelle. Il s’agit là d’un roman historique, médiéval, et non pas d’une saga de fantasy telle que les connaissons.

Chaque chapitre est une petite histoire en soi, ce qui m’a rappelé (attention, la référence de ouf…) Perceval ou le roman du Graal (que j’ai lu il y a 9 ans, mes souvenirs sont peut être un peu embrumés), ou le personnage poursuit sa quête en traversant diverses aventures indépendantes, avant d’arriver à son terme. Le langage « médiévisant » ajoute judicieusement à cette impression.

La narration oscille parfois entre un point de vue interne à Chien, à la 3ème personne, et celui d’un narrateur caché, voyeuriste, qui interpelle le lecteur lorsque le personnage principal est occupé, un peu comme une voix off. Dommage pourtant que ce gimmick n’aie pas été plus exploité, je dois avouer que la petite voix du maître de cérémonie invisible était un parti pris intéressant qui m’a un peu manqué sur la fin.

Je n’ai nulle honte de ce qu’ils appellent les bas instincts. Je mange, je pisse, je dors et je fais al culbute aux femmes, et si un dieu a été assez content de son oeuvre pour l’estimer finie, je ne saurais lui faire l’insulte de haïr mon corps. »

Certaines idées, comme les serpents, aiment à ramper sur le ventre et grouiller dans les coins sombres de la pensée. Il est plus facile de juger comme vous le faites que de combattre ; alors un jour viendra, je le présage, ou une femme ne pourra plus toucher un fer sans passer pour folle, et où elles tireront toute fierté de leur langueur. Il leur faudra un homme pour défendre leur honneur, et la chose sera si bel et bien rivetée à la tête des gens que, comme un clou dans sa planche de bois rincée par les pluies, on ne saura plus l’en faire sortir sans se faire saillir les muscles à en avoir mal.

Un roman médiéval loin des clichés du genre, où les femmes ne sont pas forcément des princesses, où les hommes ne sont pas forcément des brutes, et où un château sombre et froid devient le plus accueillant des refuges. Un premier roman prometteur, le deuxième m’attend déjà.

Et un glossaire final au style complétement différent et décalé, qui, pourtant, clôture bien le livre.

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Grande-Bretagne, Historique, Youpi Tralala

Les Piliers de la Terre – Ken Follett

The Pillars of the Earth
The Pillars of the Earth – Ken Follett

Quatrième de couverture :

Dans l’Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s’assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l’amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d’épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles… et de saintes ruses. La haine règne, mais l’amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

Ce livre était dans ma pile à lire depuis presque deux ans, son épaisseur me faisait un peu peur. En août, j’ai pris mon courage à deux mains et l’ai emporté pour passer une semaine dans la campagne bourguignonne profonde. Finalement, la bibliothèque là bas était bien fournie et je ne l’ai commencé que deux jours avant le retour. Et je l’ai terminé hier matin, en novembre donc. Faut dire que la bête fait plus de 1050 pages. Que je l’ai lu en anglais. Et que la violence de certaines scènes me faisait un peu délaisser ce livre pour des lectures très différentes. Mais même si certaines scènes et personnages m’ont fait fulminer, je n’ai pas pas pu l’abandonner.

Ce livre parle de la construction d’une cathédrale, et suit la vie des gens impliqués, de près ou de loin. Si certains sont odieux et détestables, d’autres, malgré leurs failles, sont terriblement attachants. Et c’est bien ce qui fait la force de ce livre. Les personnages bafoués, torturés, malheureux, qui, pourtant, parviennent à se relever, et à réaliser leurs rêves, qu’il s’agisse de la construction d’une cathédrale, ou bien que la justice soit faite malgré tout. Si j’avais envie d’en parler, c’est à cause des personnages féminins, loin de l’image de femme soumise à son mari à laquelle on peut s’attendre au vu de l’époque ou se déroule le récit.

Mais comme il n’y a pas que des femmes dans cette histoire, et que certains personnages me laissent sceptiques, je vais en parler aussi. Je vais même commencer par eux, eh ouais, j’ai peur de rien.

Les personnages masculins sont très présents, forcément, ils bâtissent des cathédrales, sont à la tête du clergé, et règnent sur leurs terres. Si certains ont un caractère admirable, sans être totalement purs et innocents, il s’agit de personnages fouillés et complexes. D’autres par contre… Si on voit qu’ils sont en proie à un dilemme intérieur, on sait pourtant bien à l’avance comment ils vont réagir. William Hamleigh, une brute éconduite par une charmante noble, assoiffé de vengeance, ne trouve de satisfaction que dans la violence (et là, je pense à TOUT les aspects de la vie d’un homme), il est pas content parce qu’un du patelin voisin à fait quelque chose ? Ben, on crame le village. Il veut punir un serf qui n’aurait pas payé une taxe quelconque ? Ben, on viole sa femme ou sa fille devant ses yeux ! Et on fait passer toute la garnison dessus dans la foulée, pour prouver à tout le monde qu’on a quelque chose dans le slip. Mais bon, comme il a peur de bruler en enfer, il va se confesser après, alors ça va, hein, c’est pas grave…

William believed that a man was helpless until people were afraid of him

Alfred, fils de maçon, brute et bête, aime aussi taper dans le tas, surtout quand le tas est plus jeune et plus intelligent. Bon, lui, il ne brûle pas de village, il n’a pas ce pouvoir, mais il ne vaut guère mieux.

Après, d’autres personnages trouvent une rédemption et regrettent leurs actes, liés, bien souvent, aux actions des deux bonhommes précédemment cités.

Il y a aussi des gens bien, hein, attention, Tom, très amoureux de sa femme, pieux à sa façon, adorant ses enfants plus que tout, cherche à atteindre l’immortalité en construisant une cathédrale. Il est prêt à tout pour cela, quitte a forcer sa famille à voyager en plein hiver, avec rien d’autre que des navets. Phillip, moine ambitieux, mais conscient de ses faiblesses et de ses erreurs, est empreint d’une grande bonté envers les siens, même si ses manières d’obtenir ce qu’il veut sont parfois non orthodoxes.

Jack, qui a grandi seul avec sa mère (je vais en venir à elle) en pleine forêt, est doté d’une grande intelligence, et d’un don pour le métier de son père d’adoption (oui, je périphrase, je veux pas vous spoiler non plus). Son éducation fait de lui quelqu’un d’inadapté à la vie en société aux premiers abords.

Enfin, je vous parlait de femmes, j’y viens ! Les femmes importantes sont aux nombre de trois, Ellen, mère de Jack, Aliena, celle qui a éconduit William, et Regan, la mère de ce dernier.

Ellen, qui apparait dès le premier chapitre en maudissant le public d’une pendaison. Celle de son mari, condamné à tord d’avoir volé un calice dans une église. Suite à la malédiction qu’elle a jeté sur les personnes impliquées dans le meurtre de son mari, elle s’installe en forêt, dans une grotte, seule. elle vit seule, accouche seule (oui, elle était enceinte lors de la pendaison), et élève son fils seule. Elle lui apprend à lire, à compter, elle lui raconte des histoires, elle lui apprend à se repérer dans les bois, et à survivre. Mais vivant seule et évitant la compagnie des moines vivant à proximité (forcément, le prieur du monastère était impliqué dans le procès de Jack père), il y a une chose qu’elle a bien du mal à lui apprendre, et c’est la vie en société. C’est pourquoi elle décide de suivre Tom et sa famille.

Aliena, elle, est une jeune noble en age de se marier. Elle est promise à William, dont j’ai fait l’éloge plus haut, mais refuse, son père lui ayant promis de ne pas la marier contre son gré à quelqu’un qu’elle ne pourrait pas aimer. Seulement, les choses ne sont jamais simples, et elle finit pas devoir subvenir à ses besoins elle même, sans son père pour la protéger, et de plus, elle doit s’occuper de son frère, plus jeune et incapable de se débrouiller seul. Elle continue de refuser tous ses prétendants, et est un modèle, tout comme Ellen, de femme autonome et indépendante dans un univers médiéval hostile et dangeureux.

Aliena felt an affinity for Ellen : they were both oddities, women who did not fit into the mould.

Regan, quand à elle, forcément, avec un rejeton pareil, ses desseins ne peuvent être que néfastes, mais pour atteindre son but, elle est prête à tout, et elle régente la vie de son époux ainsi que celle de son fils. Le vrai chef de famille ici, c’est elle. Chose étonnante vu l’époque.

En bref, des personnages fascinants, hommes et femmes, un fond historique de trahisons, de guerres civiles, et de croisades, et en trame de fond, la construction de ce que les personnages espèrent la plus belle cathédrale d’Angleterre.

(Et si vous avez pas envie de lire le pavé, il y a une série aussi, mais c’est bien connu, les séries, c’est pas pareil. Je ne saurais la juger, je n’ai vu que les deux premiers épisodes pour le moment.)

Caca Bouquin, Fantastique, France, Historique

La Joconde sanglante – Ariane Mickael-Mitchell

La Joconde Sanglante
Ouais, avec une couverture pareille, j’aurais dû me méfier…

Heum… Alors… Euh… Ben… J’ignore ce qui m’a poussé à choisir ce livre à la bibliothèque… Je crois que j’aurais dû le laisser la où il était… Euhm. Il faut dire que, si la lecture a été rapide, elle a été bruyante. (Oui, je ne peux pas m’empêcher de commenter à voix haute quand je suis affligée… Ne regardez jamais de nanar avec moi si ça vous dérange.)

Donc, ce livre est basé sur une histoire réelle et a pour ambition de faire connaitre la comtesse Bathory. Bon, quand on dit basé sur une histoire réelle, il faut aussi ajouter que l’histoire à été fortement romancée, et sert d’alibi a une histoire de quête d’identité. En effet, l’histoire ne se passe pas en Hongrie au XVIème siècle, mais elle débute à Paris, en 2006. Elisabeth, une jeune greffière née sous X échappe de peu à la mort. Au même moment, sa mère biologique hongroise met fin à ses jours pour échapper à une sombre malédiction. A ce moment là, vous vous douterez qu’il y a un lien entre Elisabeth et Erszebeth (ou Elisabeth) Bathory, le nom m’a pas été choisi au hasard. Quelques semaines plus tard, Elisabeth (la greffière, pas la comtesse), reçoit un courrier d’un notaire, elle hérite d’une ruine et d’un orphelin. Le problème, c’est que notre chère Elisabeth, ben, depuis que ses parents adoptifs hyper croyants l’ont surprise à jouer a touche-pipi avec le voisin quand elle avait 12 ans, elle est bloquée sur les préadolescents.

Pedobear

Sans jamais passer à l’acte, elle est bien placée de part son métier de savoir que c’est mal. Donc voilà, nous avons une héroïne aux préférences sexuelles glauques, au caractère froid et relativement détestable. Et, forcément, sinon, il n’y aurait pas de rapport, elle est une descendante de la comtesse sanglante. Qui, tout comme ses nombreuses victimes, hante le château reçu en héritage, car, si elle n’a pas obtenu la jeunesse éternelle, elle veut devenir connue ! La plus grande serial killeuse de tous les temps ! 600 victimes ! C’est énorme ! Surtout pour une femme ! Car, tout du long, on enfoncera le clou de la femme douce et aimante, incapable de faire du mal à une mouche, et pourtant, ce monstre sanguinaire fût doté d’un double chromosome X. (J’ai voulu compter le nombre de fois ou le mot « féminité » était mentionné, j’en ai eu marre au bout d’un chapitre.)

Bon, donc, Elisabeth va en Hongrie, s’installe au château, rencontre un voisin de son age, en tombe amoureuse, après s’etre rendue compte que l’orphelin pré-adolescent de lui faisait pas frétiller les ovaires. Forcément, il s’agit en fait de son frère biologique. (Désolée pour le spoiler, mais vous ne comptiez pas le lire quand même ?) Son frère, qui d’ailleurs, fait semblant d’être muet, et qui possède le pouvoir de voir ce qui se passe au loin et d’en faire du dessin automatique. (Les notes de bas de pages, bien renseignées pour la majorité, indiquent ici que l’écriture automatique est en fait un moyen de communication avec les esprits…) En plus de ca, Elisabeth, notre chère héroïne, ignore que Dracula est un personnage littérature, certes inspiré d’un fait réel, mais somme toutes, un vampire de littérature, mais elle ignorait également tout de la comtesse, qui a fait l’objet de bien des livres et de films. Le livre ici, nous donne l’impression qu’il s’agit d’un obscur personnage sans importance, et pourtant, je crois que chaque personne s’étant intéressée au vampirisme connait les tenants et aboutissants de cette histoire.

Sinon, si on tente de ne pas tenir compte de l’histoire un peu bateau du personnage principal, le style est assez maladroit, certaines phrases sont bancales, il y a énormément de répétitions (« féminité » pour n’en citer qu’un), MAIS ! Car, finalement, tout n’est pas à jeter, les annexes sont très bien documentées. Sur la comtesse Bathory, sur l’histoire du pays, sur l’histoire de sa lignée dégénérée, sur ses complices. (Et sur un visiteur surnommé Cadavrius Lecorpus, qui m’a donné envie d’écrire un récit grivois dont le personnage principale porterai le nom charmant de Phallus Erectus), ainsi que les moyens utilisés pour supplicier ses victimes.

Si on exclut donc cette dernière partie fort bien documentée (mais vous trouverez ces infos ailleurs aussi), on a ici un nanar livresque, mais involontaire, c’est un peu dommage. Sinon, regardez le film de Julie Delpy sur le sujet, La Comtesse, que ca s’appelle (même si je suis sortie de la salle de cinéma avec la même impression que lorsque j’ai fermé ce livre, c’est à dire un sentiment étrange entre le LOL et le WTF, sentiment partagé par l’amie qui m’a accompagnée au cinéma, d’ailleurs. Sentiment baptisé le « What the fucking LOL? ».)

Caca Bouquin, Epoque victorienne, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne, Historique

Victoria, reine et tueuse de démons – A.E. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c »était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

« Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant. »

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.

Caca Bouquin, Europe, Historique, Italie

Mémoires d’une catin – Francesca Petrizzo

Mémoire d'une catin
Les femmes dénudées, ça fait vendre !

L’histoire d’Hélène de Troie, racontée par elle-même semblait intéressante, tous les récits mythologiques étant racontés d’un point de vue masculin. Ce livre a l’ambition de vouloir raconter son histoire, à l’aide d’une écriture poétique et soignée, presque précieuse. Ce qui fait que je crois que je n’y ait pas compris grand-chose.

Francesca Petrizzo a 19 ans, où du moins, c’était son age quand elle a écrit ce livre, et malgré les critiques dythyrambiques que j’ai pu lire, ça se ressent. En terminant ce livre, je n’étais pas enervée comme j’e l’ai été après la lecture du fait du prince, mais j’étais dubitative. Ou je n’ai pas compris ou elle voulait en venir, ou alors j’ai sauté des pages sans faire exprès.

Premièrement, il y a énormément d’incohérences :

  • L’enlèvement d’Hélène par Thésée. Elle raconte que ses frères, Castor et Pollux souhaitaient bon voyage à Thésée lors de son départ, sans avoir dit, à un moment où un autre, qu’il l’avait emmenée de force. Je n’ai compris qu’il s’agissait d’un enlèvement que quand il l’a ligotée a un arbre et que ses frères sont venus la chercher (ils avaient bu quoi pour pas capter que leur frangine était sur le cheval de Thésée, hein)
  • Toutes les femmes sauf elle sont rousses, ou ont des cheveux « de flamme », Andromaque, Carilla, Cassandre, Clytemnestre, même son mari, Ménélas est roux (mais ses cheveux à lui sont ternes, forcément, il est décrit comme une mauviette, un éjaculateur précoce et un avorton, il ne peut pas avoir de beaux cheveux). Je croyais que la Grèce était en Méditerranée, pas en Irlande. (C’est comme ça aussi dans les récits originaux ?)

Ca m’a fait penser à ça : Kaamelott – Les cheveux noirs

  • Son soldat aux yeux verts, elle a fait quoi avec pour se laisser dépérir pendant deux ans après sa mort alors qu’elle ne connaissait même pas son nom ?
  • Quand elle se roule sur la plage avec Diomède, jamais il n’est dit explicitement (ou même implicitement d’ailleurs – à moins que je ne capte rien à rien si ce n’est pas exprimé dans un language violent) qu’ils couchent ensemble, mais à la fin, elle voit le sable mélé d’eau et de sang. Alors là, ou j’ai raté une ligne avec de l’action, ou bien une avec une description des pierres sans doutes très coupantes qui se trouvent sur cette plage, mais il sort d’où, ce sang ? Oo Et donc, elle n’aurait pas couché avec le soldat ? Oo
  • Quand Tyndare décide de la marier à Ménélas, elle dit que Diomède arrive très rapidement, et précise qu’elle l’a prévenu. Comment ? Pigeon voyageur ? Signaux de fumée ?
  • Pourquoi ne développe-t-elle pas son laius « Je suis de pierre », oui, d’accord, elle s’est fait passer à tabac par sa soeur, mais j’aurais voulu avoir plus de détails sur son cheminement psychologique. Et d’ailleurs, pourquoi elle passe son enfance à se contempler dans un mirroir ? Son deuxième nom, c’est Narcisse ?
  • Elle semble à la fois très proche de Léda, sa mère, et en même temps, elle dit que c’était une étrangère pour elle. Ne pas être nourrie au sein n’explique pas le fait qu’elle soit une étrangère, on n’est pas allaité pendant 10 ans.
  • Quand elle accouche d’Hermione, dans les escaliers, délibérément ( !), elle semble vouloir commencer une nouvelle vie, grâce à sa fille, fruit de son amour avec Achille, mais elle la refile bien vite à une nourrice, et on en entend plus parler jusqu’à l’arrivée de Pâris.
  • Pâris repart, elle le suit, mais on n’a pas ses motivations, on n’a même pas vraiment vu qu’elle l’aimait (non, coucher avec ne veut pas dire qu’elle l’aime). Et puis, il avait quel âge à ce moment là ? Plus tard, il est dit qu’il avait enfin atteint sa taille adulte, donc là, ça ne devait pas être plus qu’un adolescent, et Hélène aller sur sa trentaine. Hélène de Troie, la première cougar.
  • Pâris se lasse d’elle, et paf, elle s’éprend d’Hector, son grand frère, on ne sait pas trop comment. C’est bien pratique d’aller camper dans une famille de beaux gosses, visiblement.
  • Ménélas, Achille, Diomède et tous leurs amis viennent la chercher, pourquoi ils se sont tous mis d’accord pour aller la chercher ? On ne sait pas. Enfin, si on fait une rapide recherche sur Wikipédia, on découvre le serment de Tyndare, le père de notre héroïne, qui leur a fait prêter serment de se liguer contre celui qui la ravirait à son époux pour pas qu’ils se foutent sur la gueule à cause d’elle.
  • Pourquoi, quand Hector annonce son mariage arrangé avec Andromaque, elle lui demande si c’est au sujet de Cassandre (ce qui aurait été logique, ‘fin, un peu), et lui dit que non, c’est au sujet de Callira (l’esclave d’Hélène qui est partie de Sparte avec elle), et sans transition, ni évoqué le problème posé par Callira, il annonce son union forcée avec une princesse hittite.
  • Le cheval de Troie. Le fameux cheval. Quand on y arrive enfin, on ne sait pas s’il est dans la ville ou sur la plage. Forcément, à décrire une ville abandonnée, on ne sait pas si on y est ou pas.

Ensuite, le style. Il y a énormément d’adjectifs, beaucoup de comparaisons, c’est très poétique au point que s’en est exagéré. Personne n’a besoin d’un chapitre de moins d’une page sur le vent. C’est un roman, pas un recueil de poèmes. Trop de phrasé forcé qui rendent l’ensemble assez lourd, malgré ses ellipses et ses non dits, qui compliquent beaucoup la compréhension. Surtout, si, comme moi, on préfère une écriture certes belle, mais plus directe et moins alambiquée. Pas besoins d’effets de style exagéré pour exprimer ce qu’on a à dire si son propos tient la route. Et justement, j’ai l’impression que ce style très ampoulé sert à cacher le manque de substance et peut être de réflexion. On sait que le personnage est motivé par sa quête d’amour, mais à aucun moment, il n’y a du recul. Ou alors ça a été ellipsé aussi et je n’ai pas su le lire.

De plus, le livre est écrit à la première personne. Puis, d’un coup, comme ça, sans explication, on passe à la troisième dans un chapitre, pour revenir au « je » au chapitre suivant. Si ce « elle » était le moment de réflexion sur elle-même, ce n’était vraiment pas clair, et peut-être pas le choix le plus judicieux et le plus cohérent.

Ensuite, je ne comprendrais décidément jamais comment un livre raconté à la première personne, même pour un récit fictif, peut aller jusqu’à relater la mort du personnage.

En conclusion, malgré tout, un moment de lecture assez sympathique mais anecdotique, si on ne bute pas sur les détails et si on ne réfléchit pas trop à ce qu’on est en train de lire pendnant qu’on attend son bus ou son train qui est encore en retard. (Sinon, ça m’arrive aussi de lire des livres que j’aime, mais je n’ai pas le besoin d’écrire dessus. C’est toujours plus facile d’argumenter pourquoi on n’a pas aimé quelque chose que de dire pourquoi on a aimé quelque chose, en tout cas pour moi, allez savoir pourquoi.)