Machins et choses

De l’élitisme culturel

FBElitisme

Il y a un moment, l’actualité ci-dessus est apparue dans mon fil Facebook. Je connais les deux personnes. Et justement, elles pensent bien faire partie d’une certaine élite. (Oui, bon, un de nos profs nous l’avait dit à l’époque « vous faites partie de l’élite ». Personnellement, je n’ai jamais trop compris pourquoi, et venant d’un prof de Sciences Humaines qui ne sauve aucune vie, filière pas vraiment réputée pour son égotisme, m’a semblé étrange. Un prof de langues étrangères ne changera certainement pas la face du monde, il ne faut pas se leurrer.)

Mais ce n’est pas l’image qui m’inspire cet article, mais le commentaire en dessous. Justin Bieber et M6 comme non preuve d’évolution… On assimile là des milliers de gens à des crétins finis parce qu’ils aiment Justin Bieber ou regardent M6… En résument ces deux choses à l’essence même de l’intellect non-existant de foules entières. En ignorant sans conteste que ces gens lisent peut être Proust, sont médecins et n’ont pas besoin de se sentir valorisés par ce qu’ils regardent ou écoutent chez eux, en privé. (Je ne parle pas de la Bieberfan enragée de 15 ans, là, à 15 ans, on est jeune, on a le droit, tous les adolescents se sentent valorisés par un truc ou un autre, ça passe, c’est normal.)

Non, ce que je trouve contestable, c’est de juger la valeur et l’intelligence des gens à leurs loisirs. On ne peut pas être tout le temps en train de monter des réacteurs nucléaires, on ne peut pas constamment discuter de philosophie, personne ne peut éternellement lire les entretiens de tous les présidents du monde. En quoi est-ce condamnable de vouloir, de ressentir le besoin de se consacrer à un loisir léger et frivole ? Est-ce que regarder la Nouvelle Star ou Tellement Vrai fait de nous des idiots incapables de réfléxion ?

Ce n’est pas parce que Le Lay pense vendre du temps de cerveau disponible que ce même cerveau est incapable de tout discernement. Les gens ne sont pas cons. Et ce n’est pas parce qu’on ne regarde pas de programmes légers ou qu’on écoute pas de musique de jeunes qu’on est sortis de la cuisse de Jupiter.

Bon, sur ce, je vais retourner lire l’encyclopédie Universalis devant le replay de Koh Lanta.

Source : WulffMorgenthaler

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Billets d'humeur, Machins et choses

Les mots en -isme

J’ai été témoin d’un débat sur Twitter. Si le féminisme n’est pas une opinion, alors, qu’est-ce que c’est ?

Si l’on considère que le féminisme est politique, oui, il s’agit d’une opinion, qui peut se soumettre à débat. Tout comme s’il s’agissait d’un courant de pensée. Si l’on considère néanmoins l’aspect genre, alors, il s’agit de sociologie, ce qui n’exclut pas le débat non plus, sur la question de nature/culture.

Mais si l’ont considère le féminisme comme une opinion, il en va du même, du machisme, du sexisme, du racisme, et d’autres gros mots en -isme. Peut-on débattre du bien-fondé du racisme ? Je ne pense pas. Alors pourquoi débattre de celui du féminisme ? N’est-ce pas la même problématique du fond, mais appliqué à une autre catégorie de personnes ? Celui de la supériorité ou non des uns par rapport aux autres ?

Par ailleurs, on peut noter que la plupart des mots en -isme ont une connotation négative, qui, dès que quelqu’un en est accusé, est vivement réfutée, même si l’accusation est fondée. Le féminisme est le seul terme utilisant ce suffixe qui ne prône pas une supériorité quelconque de qui que ce soit (ou en tout cas, ne le devrait pas). Non, ce terme n’est pas un gros mot, ni une insulte. Et pourtant, il souffre de la connotation de son suffixe.

Dans un mot idéal, ces mots en -isme n’existeraient plus, car la lutte sera terminée, et le respect de l’autre aurait vaincu.

(Et la prochaine fois, je retournerai à mes livres, mes pensées sont moins brouillons dans ces cas là.)

L’idéaliste