Billets d'humeur

De l’art d’avoir raison (ou de le croire)

Ces derniers temps, j’ai remarqué une tendance bien humaine un peu partout. Qu’il s’agisse du mariage pour tous, de différentes manières de voir sa vie de couple, ou même d’habitudes alimentaires.

Étrangement, malgré l’actualité, c’est surtout au sujet de l’alimentation que j’ai remarqué ce phénomène. (Ou au sujet de l’utilisation ou non du mot « féministe », ou du débat Madame/Mademoiselle, mais c’est moins fréquent.) Donc, l’alimentation, ou, plus précisément, le refus de manger de la viande, voire, refuser toutes formes de protéines animales. Il se trouve que j’ai des végétar/l/iens dans mon entourage. Ces gens là cherchent peut être à ouvrir les yeux des gens sur certains traitements animaux, mais personnellement, ils ne m’ont jamais craché sur mon bout de jambon lorsque j’ai mangé avec eux. Ni même essayé de m’en dégoûter. Il y a quelques années, j’ai testé le végétarisme, et j’ai lâchement abandonné, devant l’impossibilité de réunir tous les ingrédients nécessaires à une seule recette du livre spécialisé que j’avais emprunté. Il m’en faut peu, je sais.

Et quand j’en parle, à des gens pas forcément grands consommateurs de viande, ils sont scandalisés. « Mais l’humain à besoin de protéines animales ! Ça ne peut pas être sain ! Leur vie doit être triste ! Ils doivent être squelettiques ! Mais ils ne mangent que des graines ! Arracher la carotte du sol, c’est tout aussi cruel que de tuer une vache ! Et leurs enfants, ils leurs donnent de la viande ? Il en faut pour bien grandir ! » J’en passe et des meilleures.

Quand on regarde l’actualité récente en France, concernant le mariage pour tous, les arguments ne sont pas plus fondés. « C’est ouvrir le mariage à la zoophilie (ouuuh, la belle future requête google glauque) Ça détruit les valeurs du mariage ! Leurs couples ne sont pas aussi stables qu’un couple hétéro ! Et les enfants, est-ce que quelqu’un pense seulement aux enfants ? »

Et les enfants, hein ?!
Et les enfants, hein ?!

Les avis sont semblables dès que quelque chose sors de l’ordinaire, des habitudes culturelles bien ancrées dans nos contrées. Est-ce parce que, dès que quelqu’un ne partage pas l’avis de la masse, celui-ci est remis en question, et donc, il faut dénigrer les façons de faire différentes ?

Il n’y a pourtant pas qu’une seule manière de vivre qui rende heureux. En quoi les convictions ou préférences de l’un sont plus importantes ou plus justes que celles de l’autre ? La divergence d’avis sur une façon de vivre personnelle ne remet pas en cause la façon de vivre des autres.

Peut-être que seulement, l’humain a une peur panique d’avoir tort et préfèrent ainsi dénigrer les différences afin de se rassurer. L’humain a certainement besoin de repères stables, et toute remise en question de mode de fonctionnement semble chambouler l’univers tout entier. Mais guerroyer pour des sujets aussi personnels, est-ce bien une bonne façon d’utiliser son temps et son énergie ?

(Et là, je voudrais bien continuer, mais sinon, je vais atteindre le point Godwin.)

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Billets d'humeur

La relativité de l’emploi de son temps

La persistance de la mémoire - Dali (extrait)
La persistance de la mémoire – Dali (extrait)

Ces derniers temps, j’ai souvent entendu une petite phrase, je l’ai sans doute dite, sinon pensée très fort aussi.

Surtout dans un contexte bien particulier, celui des relations amoureuses. Ces amis qui discutaient à la table à coté de moi au resto (non, je n’écoute pas aux portes, mais le déjeuner entre collègues s’éternisait et être en bout de table n’aide pas à y participer), dont l’un d’eux ne voulait pas « perdre » 5 ans de plus avec sa copine avec qui il était juste bien sans plus mais avec laquelle il ne se voyait pas fonder une famille, ces deux autres jeunes gens dans le tram qui discutaient de la même chose, d’avoir perdu 3 ans avec quelqu’un, sans rien avoir construit, cette amie qui a perdu 3 ans avec quelqu’un qui est revenu sur une décision prise quand il s’est mis avec elle, cette collègue, victime d’un manipulateur alcoolique et violent qui a mis 6 ans avant de partir, et moi, qui a mis 3 ans avant d’ouvrir les yeux sur la personne avec qui j’étais et encore quelques mois avant d’en finir totalement.

Ma mère me l’a répété après la rupture : « Mais tu n’aurais pas pu t’en rendre compte avant, que c’était un gros connard ? »… Non, je n’aurais pas pu, parce que sinon, je l’aurais fait, et je serai partie plus tôt.

Si maintenant, j’ai envie de foutre des baffes à celle qui était aveuglée par de belles paroles il y a maintenant 4 ans, à cette époque là, justement, je ne voyais pas, j’idéalisais, j’étais naïve, et bien peu expérimentée dans le domaine des relations homme-femme.

Si je pouvais retourner en arrière, je ne crois pas que je ne retomberai pas dans le panneau, mais, en connaissance de cause, je sauterai du train avant qu’il ne déraille jusqu’au dernier wagon.

Je ne sais pas si j’ai réellement perdu mon temps, et, si j’avais pu contrôler les choses, elles se seraient passées différemment, mais le fait est que ça m’a fait grandir, et peut être que sauter cette étape de la relation foireuse ferait de moi quelqu’un d’autre, et peut être que les choses positives qui sont arrivées par la suite ne seraient pas arrivées sans ce passage.

Parfois, on entend aussi cette petite phrase lors du cursus scolaire. Untel a perdu tant d’années à faire telles études sans jamais les terminer pour finir devant la friteuse d’un restaurant à grand M. Mais on n’est pas à sa place, certes, parfois, on bifurque et on fait marche arrière, mais dans l’idéal, ça aboutit sur une chose positive, on sait enfin ce qu’on veut.

Je crois qu’on perd seulement du temps à partir du moment où on se dit qu’on perd du temps, au lieu d’y mettre fin et de passer à autre chose.

Et comme je voulais encore vous parler d’un autre truc, que le contexte s’y prête, et que je suis pas sûre d’avoir assez à dire pour en faire un article entier, cette citation sur twitter (j’ai dû remonter loin, mais c’est le soir, et je cherche a procrastiner mes tâches ménagères),

J’ai envie de dire que les mauvaises choses nous apprennent des choses sur les autres, sur nous, et sur nos manières de gérer, on apprend à vaincre ses démons. C’est, si on les gère bien, une fierté personnelle. Les bonnes choses, quand elles nous arrivent, ben, on est content, on profite, et si on n’a pas de bol, une énooooorme tuile nous tombe de nouveau dessus juste après. Donc, il est logique, d’une certaine manière, de ressasser les mauvaises choses, au cas où ça se reproduirait.

Caca Bouquin, Fantastique, France, Historique

La Joconde sanglante – Ariane Mickael-Mitchell

La Joconde Sanglante
Ouais, avec une couverture pareille, j’aurais dû me méfier…

Heum… Alors… Euh… Ben… J’ignore ce qui m’a poussé à choisir ce livre à la bibliothèque… Je crois que j’aurais dû le laisser la où il était… Euhm. Il faut dire que, si la lecture a été rapide, elle a été bruyante. (Oui, je ne peux pas m’empêcher de commenter à voix haute quand je suis affligée… Ne regardez jamais de nanar avec moi si ça vous dérange.)

Donc, ce livre est basé sur une histoire réelle et a pour ambition de faire connaitre la comtesse Bathory. Bon, quand on dit basé sur une histoire réelle, il faut aussi ajouter que l’histoire à été fortement romancée, et sert d’alibi a une histoire de quête d’identité. En effet, l’histoire ne se passe pas en Hongrie au XVIème siècle, mais elle débute à Paris, en 2006. Elisabeth, une jeune greffière née sous X échappe de peu à la mort. Au même moment, sa mère biologique hongroise met fin à ses jours pour échapper à une sombre malédiction. A ce moment là, vous vous douterez qu’il y a un lien entre Elisabeth et Erszebeth (ou Elisabeth) Bathory, le nom m’a pas été choisi au hasard. Quelques semaines plus tard, Elisabeth (la greffière, pas la comtesse), reçoit un courrier d’un notaire, elle hérite d’une ruine et d’un orphelin. Le problème, c’est que notre chère Elisabeth, ben, depuis que ses parents adoptifs hyper croyants l’ont surprise à jouer a touche-pipi avec le voisin quand elle avait 12 ans, elle est bloquée sur les préadolescents.

Pedobear

Sans jamais passer à l’acte, elle est bien placée de part son métier de savoir que c’est mal. Donc voilà, nous avons une héroïne aux préférences sexuelles glauques, au caractère froid et relativement détestable. Et, forcément, sinon, il n’y aurait pas de rapport, elle est une descendante de la comtesse sanglante. Qui, tout comme ses nombreuses victimes, hante le château reçu en héritage, car, si elle n’a pas obtenu la jeunesse éternelle, elle veut devenir connue ! La plus grande serial killeuse de tous les temps ! 600 victimes ! C’est énorme ! Surtout pour une femme ! Car, tout du long, on enfoncera le clou de la femme douce et aimante, incapable de faire du mal à une mouche, et pourtant, ce monstre sanguinaire fût doté d’un double chromosome X. (J’ai voulu compter le nombre de fois ou le mot « féminité » était mentionné, j’en ai eu marre au bout d’un chapitre.)

Bon, donc, Elisabeth va en Hongrie, s’installe au château, rencontre un voisin de son age, en tombe amoureuse, après s’etre rendue compte que l’orphelin pré-adolescent de lui faisait pas frétiller les ovaires. Forcément, il s’agit en fait de son frère biologique. (Désolée pour le spoiler, mais vous ne comptiez pas le lire quand même ?) Son frère, qui d’ailleurs, fait semblant d’être muet, et qui possède le pouvoir de voir ce qui se passe au loin et d’en faire du dessin automatique. (Les notes de bas de pages, bien renseignées pour la majorité, indiquent ici que l’écriture automatique est en fait un moyen de communication avec les esprits…) En plus de ca, Elisabeth, notre chère héroïne, ignore que Dracula est un personnage littérature, certes inspiré d’un fait réel, mais somme toutes, un vampire de littérature, mais elle ignorait également tout de la comtesse, qui a fait l’objet de bien des livres et de films. Le livre ici, nous donne l’impression qu’il s’agit d’un obscur personnage sans importance, et pourtant, je crois que chaque personne s’étant intéressée au vampirisme connait les tenants et aboutissants de cette histoire.

Sinon, si on tente de ne pas tenir compte de l’histoire un peu bateau du personnage principal, le style est assez maladroit, certaines phrases sont bancales, il y a énormément de répétitions (« féminité » pour n’en citer qu’un), MAIS ! Car, finalement, tout n’est pas à jeter, les annexes sont très bien documentées. Sur la comtesse Bathory, sur l’histoire du pays, sur l’histoire de sa lignée dégénérée, sur ses complices. (Et sur un visiteur surnommé Cadavrius Lecorpus, qui m’a donné envie d’écrire un récit grivois dont le personnage principale porterai le nom charmant de Phallus Erectus), ainsi que les moyens utilisés pour supplicier ses victimes.

Si on exclut donc cette dernière partie fort bien documentée (mais vous trouverez ces infos ailleurs aussi), on a ici un nanar livresque, mais involontaire, c’est un peu dommage. Sinon, regardez le film de Julie Delpy sur le sujet, La Comtesse, que ca s’appelle (même si je suis sortie de la salle de cinéma avec la même impression que lorsque j’ai fermé ce livre, c’est à dire un sentiment étrange entre le LOL et le WTF, sentiment partagé par l’amie qui m’a accompagnée au cinéma, d’ailleurs. Sentiment baptisé le « What the fucking LOL? ».)

BD - Roman graphique, France, Youpi Tralala

41 €, pour une poignée de psychotropes – Davy Mourier

41 €, pour une poignée de psychotropes
Et je vous ai épargné la photo de l’auteur à poil, pudiquement couvert par sa BD

D’habitude, je ne suis pas très BD. Il faut que le sujet me touche, ou qu’il soit complètement loufoque pour que je m’y intéresse. Là, je « connaissais » son auteur à travers la télé, et à travers son blog, sur lequel il publie ses strips.

La suite est déjà sortie, mais ici, je vais m’intéresser à la première. 41 € pour une poignée de psychotropes, ou comment on en vient à faire une thérapie. Il s’agit d’une BD autobiographique, qui vous offre, en prime, comme écrit sur la première page, une vraie dépression ! (Bon, en vrai, il exagère, ça allait relativement bien quand je l’avais finie.)

La BD s’ouvre sur l’enfance de Davy, une enfance visiblement heureuse, soulignée par la phrase :

Le degré de bonheur de l’enfance détermine le degré d’acharnement de fuite de l’âge adulte.

Enfance néanmoins bouleversée par le décès de sa maîtresse d’école, qui marquera le début de son refus de grandir, de son désir d’aller contre l’ordre des choses, et de refuser ainsi le principe de la mort. Au fur et à mesure de l’avancement du livre, on découvre d’autres évènements marquants, dans lequel nous pouvons tous nous reconnaitre, et qui marquent une vie, jusqu’à ce qu’on décide de chercher de l’aide, et de suivre une psychanalyse.

La suite est constituée de strips de trois cases chacune, toutes résumant une séance chez son psy, toutes basées sur le même principe. Pas de mouvement, le héros (ou l’anti-héros ?) au premier plan, tournant le dos à son thérapeute, assis à son bureau et l’écoutant. Seules les mimiques changent, et suffisent à charger l’histoire d’émotions.

Bien sûr, il s’agit d’une bande déssinée, le tout est traité efficacement avec humour, mais on se rend compte des fragilités de l’auteur.
Mais TOUT n’est pas dessiné, ce n’est pas un album d’Astérix, on y trouve également des collages, des photos, pleins d’éléments qui permettent de voir que ce qui est raconté est vrai, que peut être, l’écrire exorcise. On se sent parfois un peu voyeuriste, mais il s’agit ici d’un album de qualité, touchant et drôle. La présentation, sous forme de carnet à spirale, à couverture inspirée d’une certaine marque de cahiers, est soignée, le contenu est original.

Au fond… Ma vie est belle… Elle est pleine de douleurs qui ne font pas mal !

Morceaux choisis (avec liens vers le blog de l’auteur) :

Obélix ?

Critiques.

Dépression.

Machins et choses

Google est mon ami… -1-

Et le votre aussi, visiblement.

Ce blog est ouvert depuis plus d’un an maintenant, et si les mises à jour sont irrégulières, les requêtes de moteurs de recherche bizarres tombent régulièrement. Donc voilà le plus mieux du pire, partie 1. Et peut être que je pourrais aider d’autres âmes égarées en recherche de vérité.

Catégorie animalière :

Clic clic pour voir en plus grand !

Bon, en fait, comme je suis relativement occupée ces derniers temps, je lis moins, et j’ai aussi moins à raconter, un autre article du même genre, mais sur un autre thême viendra. (J’ai du lourd en réserve !)