Entre-deux, Fantastique, Fantasy, Grande-Bretagne

Dragons at Crumbling castle – (The fantastically funny) Terry Prachett

dragons

(The fantastically funny) Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 9780857534378
338 pages

Illustrations : Mark Beech

Dragons have invaded Crumbling Castle, and all of King Arthur’s knights are either on holiday or visiting their grannies.

It’s a disaster!

Luckily, there’s a spare suit of armour and a very small boy called Ralph who’s willing to fill it. Together with Fortnight the Friday knight and Fossfiddle the wizard, Ralph sets out to defeat the fearsome fire-breathers.

But there’s a teeny weeny surprise in store . . .

Fourteen fantastically funny stories from master storyteller Sir Terry Pratchett, full of time travel and tortoises, monsters and mayhem!

‘So funny I dropped my spoon laughing!’ – King Arthur

Bon, cette fois, je vous évite mon laïus habituel concernant Terry Pratchett, vous allez croire que je radote. Du coup, on va entrer dans le vif du sujet tout de suite.

Terry Pratchett a toujours assumé avoir du mal à écrire des nouvelles. Vous me direz donc, si lui même disais qu’il n’y arrivait que très difficilement, est-ce que Dragons at Crumbling Castle est réservé aux complétistes et collectionneurs ? J’ai le malheur ahem de faire partie de ces deux catégories , et en plus, je suis de mauvaise foi, je dirais que non.

Mais objectivement et réellement, non, cette anthologie est à réserver aux fans inconditionnels, qui veulent découvrir les premiers écrits de l’auteur et les prémices du Disque-Monde ainsi que la version originale du Peuple du Tapis. On y retrouve également l’influence des Monthy Pythons, et le talent de Pratchett pour manipuler la langue est déjà bien présent, néanmoins certaines nouvelles trouvent le moyen de trainer en longueur et manquent de rythme.

Alors si vous souhaitez découvrir le Pratchett originel, foncez, sinon, lisez plutôt ses romans.

corbeaucorbeaucorbeau

Sinon, il parait que A Blink of the Screen est sorti en français. Va falloir que je complète. On se revoit dans 15 ans, quand ma collection sera terminée.

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Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy, Science Fiction

Liavek – Megan Lindholm, Steven Brust

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Megan Lindholm, Steven Brust
Editions : actuSF
ISBN : 978-2-917689-60-8
282 pages

Traducteur : Jacqueline Callier

 

Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, les habitants reçoivent une dose de « chance » chaque année, le jour de leur anniversaire. La plupart des gens ne peuvent utiliser ce pouvoir, seuls les sorciers ont appris à le manipuler, souvent à leur propre profit. Kaloo, une jeune orpheline, sent qu’elle pourrait apprivoiser et développer sa « chance », mais comment faire alors qu’elle ignore sa date de naissance ? Taraudée par cette question, elle consulte un mage pour tenter de lever le voile sur ses origines. Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux.Certains mystères devraient rester dans l’ombre…
Devenue une légende de la fantasy mondiale grâce à L’Assassin royal, Megan Lindholm, alias Robin Hobb, s’associe pour ce récit inédit en France à Steven Brust et Gregory Frost. Teinté de la profonde humanité et de l’art du rebondissement qui caractérisent les histoires de l’auteur, Liavek offre au lecteur une plongée dans une cité aux couleurs éclatantes sur les traces d’une héroïne aussi effrontée que volontaire.

Liavek est à la base un univers patchwork, où chaque auteur participant apporte sa touche et ajoute des éléments jusqu’à créer un monde multi-facettes, aussi foisonnant que les œuvres de tous les auteurs impliqués réunis. Ce projet comptabilise cinq anthologies de nouvelles, en V.O., mais seules les cinq nouvelles du recueil ci-nommé ont été traduites en français. Ce qui commence déjà à poser un problème. On se retrouve projeté dans un univers déjà installé, les actions sont déjà en cours, les personnages déjà présentés. C’est un peu comme revenir au travail en souffrant d’amnésie, c’est un peu difficile de s’y retrouver. On se retrouve face à des ennemis et des complots dont on ignore tout (mais qui ont certainement été évoqués dans d’autres nouvelles), on a des méchants qui sont méchants parce qu’il leur est arrivé un truc triplement méchant 15 nouvelles plus tôt. Alors certes, c’est révélateur d’un univers complet, réfléchi et cohérent, mais pour ce recueil là, on a simplement l’impression de sauter dans un train en route, sans savoir d’où il vient, ni où il va.

 

Si l’on prend les nouvelles pour ce qu’elles sont, en ignorant le fait qu’on est largué au début (oui, je râle, mais en fait, à la deuxième nouvelle, ça va déjà mieux, on a trouvé un contrôleur, on a pu lui demander si on était dans un TER ou un Corail), le fait qu’elles soient écrites par deux auteurs différents fait ressortir l’énorme différence de plume entre les deux. Si je n’ai plus besoin de vous dire à quel point j’aime celle de Megan Lindholm/Robin Hobb, celle de Steven Brust ne n’a pas autant convaincue : une construction plus alambiquée et une structure moins cohérente m’ont perdues en route (déjà que je n’étais pas solidement attachée, hein).  Heureusement que celle de Megan Lindholm, fidèle à elle-même, a su me captiver.

 

Le bon point, c’est que les cinq nouvelles se lisent à la suite, évidemment, et suivent les deux mêmes personnages principaux, dont les histoires se croisent, pour se lier de manière inextricable, pour, au final, donner le rendu d’un roman écrit à quatre mains. Avec tous les inconvénients qu’une écriture à plusieurs mains peut avoir.

corbeaucorbeaucorbeau

Si vous êtes un inconditionnel de l’un de ces auteurs, allez-y, sinon, euh, allez-y pas. Ou alors débrouillez-vous pour lire les autres nouvelles aussi.

 

 

 

France, Science Fiction, Youpi Tralala

Fin(s) du monde – Collectif Les Artistes Fous

Le collectif des Artistes Fous est une association composée d’écrivains, d’artistes visuels et de musiciens un peu siphonnés du bocal (d’où le nom, hein, forcément), qui a publié deux recueils de nouvelles rédigées et illustrées par ses membres, répartis au quatre coins du pays. Le premier recueil, Fin(s) du monde, est disponible gratuitement en ebook sur leur site (garanti sans DRM ! Il y a une nouvelle de plus par rapport au support papier, et le formatage est soigné.)

Les 20 nouvelles sont diversifiées, autant au niveau des thèmes que du style de l’écriture. Bon, thématiquement, vous pourrez me répondre que non, le thème, c’est la fin du monde, et vous auriez raison. Mais la fin du monde est quelque chose de si abstrait qu’au fond, la fin du monde que chacun imagine différente en fait quelque chose d’unique à chaque fois. Du coup, ici, la fin du monde peut concerner la vraie fin du monde, telle qu’elle nous est vendue dans les films catastrophes ou les séries Z, tout comme la fin toute personnelle d’un malade en phase terminale, ou encore celle… d’un jeu vidéo. Les éléments déclencheurs des fins du monde sont éclectiques, entre les extraterrestres, les zombies, les astéroïdes, le changement climatique, un pacte avec le diable, la débâcle écologique, Cthulhu, voire les débordements sectaires. La fin du monde peut être imminente, passée, fantasmée ou à venir dans un futur lointain.

Les styles, eux, sont très différents selon les auteurs, entre le style parlé courant voire vulgaire de Bibliophobia et les rimes plates (du slam ? Je n’y connais rien) de Crises Tentaculaires. Chaque nouvelle est différente des autres (sauf pour le diptyque des très courtes nouvelles Clic et Clic 2, dont le thème et la manière dont il est abordé sont semblables), en ce qui concerne leur façon d’appréhender cette hypothétique fin du monde, certaines ont des personnages travaillés et l’apocalypse n’est qu’une toile de fond (La fin d’un monde, De Terre et de Sang, Émancipation), d’autres se concentrent sur la situation sans espoir (Youpi, on va tous mourir !,  …).

Le risque, avec un recueil de 20 nouvelles d’auteurs différents, c’est d’avoir un résultat inégal, ce qui n’est pas le cas ici : malgré la variété des nouvelles et des styles personnels, l’écriture est maitrisée pour chacune d’entre elles, mais certaines m’ont néanmoins mises mal à l’aise (Le Club de la Fin du Monde, avec son rituel sataniste vu par la personne sacrifiée, et, dans une moindre mesure, Émancipation, avec son personnage agoraphobe et misanthrope ), d’autres m’ont touchées bien plus que je ne l’aurait pensé (De Terre et de Sang ; La Fin d’un Monde ; Souvenirs ; Ma Fin du Monde). Les nouvelles à chute sont particulièrement réussies, aucune ne m’a semblé prévisible, ou alors je suis facilement impressionnée, mais je n’ai jamais rien vu venir (évidemment, je ne vais pas vous dire lesquelles, hein.)

Forcément, si l’association s’appelle les Artistes Fous, ce n’est pas pour donner dans le pathos, mais aussi, entre autres, pour donner un contre-pied à l’ambiance glauque de certaines fantaisies apocalyptiques (Khao-Okh, Noxos), en créant une vision décalée de l’apocalypse (Clic, Clic 2, …, Le Carnaval de Cobalt, Je meurs comme j’ai vécu).

Si le nombre élevé fait que forcément, on accroche moins à certaines nouvelles qu’à d’autres, parce qu’on ne peux jamais contenter tout le monde tout le temps, il est pourtant assez important pour que chacun y trouve son compte. Si je devais en garder trois : La fin d’un monde, Souvenirs, De Terre et de Sang (mais on ne me le demande pas, et c’est tant mieux, parce qu’en fait, il y en a bien plus que trois qui méritent d’être lues. Surtout que l’ebook est disponible gratuitement ET légalement, ce serait dommage de se priver). En tout cas, il s’agit là d’une anthologie qui nous fait découvrir de nouvelles plumes, qui, bien qu’amateurs, n’ont rien à envier aux auteurs médiatisés (mis à part peut être le fait qu’ils soient médiatisés, surtout en cette période de rentrée littéraire…).

Chaque nouvelle est illustrée avec soin, du coup, si vous êtes sur liseuse, n’hésitez surtout pas à feuilleter le fichier sur votre ordinateur/tablette/smartphone/micro-ondes/cafetière, afin d’en profiter en couleurs, c’est dommage de se contenter du gris sur blanc foncé. (Ou vous achetez la version papier, disponible sur le site de l’association.)

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Et si l’apocalypse, c’est pas votre truc et que vous préférez les animaux, leur anthologie Sales Bêtes est disponible sur le même site.

Le progrès a donné à la mort une odeur de désinfectant pour W.C.,  une odeur de cabinet dentaire. Il l’a privée de sa vérité olfactive, il l’a lavée, aseptisée, à défaut de l’avoir domptée.

Ça s’est passé l’été du début de ma vie d’adulte. Au moment où tu dois assumer les conséquences des trucs que tu fais ; même si tu voulais bien faire, même si ça part en couille et même si c’est merdique.

Quand je leur ai raconté, ils ont failli s’étrangler avec leur lait de chèvre, on s’est mis à chanter Plus près de toi mon Dieu et puis Belzébuth m’a bipé.

Il n’y a plus de règle à édicter, commença-t-elle. Plus de morale cohérente, ni même de loi du plus fort. Il n’y a rien à me reprocher. Pas après ce qu’il s’est passé. J’ai fait ce que j’avais à faire. Ce que j’avais envie de faire.