Belgique, Caca Bouquin, Contemporain

Barbe Bleue – Amélie Nothomb

ANBB

La colocataire est la femme idéale.

feather

J’avais dit, dans un des premiers articles ici, qu’Amélie Nothomb et moi, c’était fini. Qu’on ne m’y reprendrais plus. J’ai tenu deux ans et demie. Parce que mon livre en cours est trop gros pour être transporté dans mon sac à main. Et que celui là, comme les autres, je savais qu’il serait vite lu. Si vite que je l’ai commencé lors de mon trajet vers le boulot ce matin, et que je l’ai terminé ce soir, 2 gares avant la mienne (et non, je n’ai pas un trajet quotidien qui dure 4 heures.) Donc voilà, il était sur ma liseuse, il était court, et je voulais finalement voir si elle avait retrouvé le verbe qui m’avait tant plu à ses débuts… La réponse est… Non. Et cette fois, je tire un grand trait sur cette auteure. Ce n’est plus possible. Ma liseuse me disait que llivre faisait 83 pages. Ecrit grand, certes, je n’avais pas mis mes lunettes. Pour avoir l’impression de toujours lire la même chose. Une héroïne avec un nom à la con, du champagne à profusion, des bourgeois oisifs et pédants, comme dans Le fait du Prince, que j’avais conspué de son temps. La seule chose qui change, c’est que l’héroïne mange avec appétit et n’est jamais décrite, contrairement à la maigreur dite séduisante des personnages précédents.

Donc, comme la quatrième de couverture est presque aussi longue que le roman, je vais développer. Saturnine (oui, il y’ a une Proserpine aussi. Et une Albumine. Et Thérébenthine. Sans déconner, je blague pas.), en a marre de squatter le clicclac qui sent la clope de sa copine à Marne-la-Vallée, sa copine qui a un boulot chiant à Euro Disney, la pécore (qui ne fait pas la différence entre des homards et des scorpions, pft). Du coup, elle cherche un appart à Paris. Ca tombe bien, un psychopathe qui a fait disparaitre ses huits colocataires précédentes en cherche une nouvelle. Qu’il les a tué est un secret de polichinelle, et personne ne bouge ses fesses, sauf les dames de la haute société qui veulent le voir, ce fameux grand d’Espagne si mystérieux. Parce que oui, le psychopathe est trop noble pour ce monde, donc il vit en ermite depuis 20 ans dans un palace, et tombe amoureux de ses colocataires, qu’il cherche pour ça, d’ailleurs. Saturnine, elle est pas stupide, du coup, elle se méfie. Elle va jusqu’à se lever en pleine nuit, le menacer avec un couteau de cuisine, sans rien lui faire, puis va se recoucher après avoir bu un grand verre de lait dans on énervement. Oui, parce que le champagne, en pleine nuit, ça doit pas aider à digérer. Le lait non plus, d’ailleurs, mais ça doit faire ça qu’à moi. Donc, Eremilio, riche grand d’Espagne qui explose de noblesse, ben, il cherche une femme, mais, une femme qui n’entrera pas dans sa chambre noire, sinon, il lui en cuira. Bon, hein, forcément, elles entrent, et couic. Sauf Saturnine, forcément. Elle se doute qu’il y cachalot sous gravillon (enfin, le cachalot n’a même pas pris la peine de tenter de se cacher sous un gravillon dans le cas présent), et préfère se livrer à de nombreuses joutes verbales avec son colocataire. Joutes très théatrales qui composent pratiquement tout le livre. Et aussi, joutes très artificielles. En même temps, on ne lit pas Nothomb parce que c’est réaliste, mais dans ce livre ci, même le charme de sa plume semble envolé. Ou bien écrasé sous le cachalot, c’est gros, ces bêtes là.

Et je vous ai parlé de la photo moche en couverture ? Non ? Ben, je ne le ferai pas, on m’a toujours dit que c’était mal de tirer sur une ambulance. (Mais quand même, on dirait le maquillage du Joker, avant qu’il ne pète un cable peut être.)

Bon, je ne vais pas tenter de pondre un article plus long que le livre, mais je vous laisse avec quelques morceaux choisis :

Je ne supporte pas l’idée qu’une tache dégradante soit exercée par une femme. Quand j’étais enfant et que je voyais une fille frotter par terre, j’avais honte. […] J’ai toujours pensé que les hommes étaient destinés aux sales besognes. Si je  me montre si exigeant envers les femmes, c’est parce qu’il y a plus à attendre d’elles.

-Les Espagnols ne capables que d’idéaliser tragiquement les femmes. Je n’échappe pas à la règle.

-Ce n’est jamais un cadeau que de placer quelqu’un sur un piédestal.

-Au contraire. C’est lui offrir une possibilité d’excellence.

-Et à la moindre imperfection, on jette la malheureuse à terre.

L’argent est chose misérable et je ne la respecte pas. L’or est sacré.

corbeau

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Films

Le Magasin des Suicides

Le Magasin des Suicides

J’avais lu le livre et l’avais beaucoup aimé, c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai appris qu’un film adapté de l’œuvre était en projet… Il y à deux semaines, j’avais vu la bande-annonce avant le film que nous étions allés voir, j’ai commencé a sautiller d’excitation sur mon siège en gloussant (oui, comme ça, je vois pas où est le souci, j’ai juste embêté mon voisin qui m’a dit que ouiiiiiii, on irait le voir pour que je m’asseye comme il faut) (en règle générale, je trouve très difficile de rester assise comme il faut sur un siège, je toruve que c’est pas confortable, il faut que je sois assise sur une jambe). Donc voilà, samedi, nous sommes allés voir le Magasin des Suicides…

Et j’ai été déçue (enfin, pas que moi, mais il n’y a que moi qui parle là). Certes, visuellement, c’est très joli, le dessin fait penser aux dessins animés modernes en 2D, mais avec une coloration vieillotte. Mais alors l’histoire… Là ou le roman trouvait des moyens décalés de nous faire sourire, ici, c’est un dégoulinement de guimauve. Le fait qu’il s’agit d’une comédie musicale n’aide en rien. Certaines chansons sont écoutables et restent en tête, mais les textes… Les textes sont d’une mièvrerie à toute épreuve.

Le début du film, évoquant l’atmosphère de la famille Adams, est sympathique, mais avec l’arrivée d’Allan, les bons sentiments faciles deviennent légion.

France Inter disait qu’on pouvait emmener son enfant, à partir de 8 ans voir ce film. Je ne suis pas d’accord, le vocabulaire employé est cru (Mishima ne trouve qu’une chose à dire quand Allan souris, et c’est « Merde » plusieurs fois de suite, alors certes, je n’ai pas d’enfants, et merde n’est pas le mot le plus vulgaire qui soit, mais je ne crois pas que les emmener voir un film où c’est dit comme si ne rien n’était soit une bonne idée…) Certaines scènes de nudité ne passent aussi que parce qu’il s’agit d’une animation.

En gros, le film est trop niais pour des adultes (voire même des adolescents), et trop vulgaire pour des enfants, j’ignore quel est le public visé par contre.

(Le mouton, parce que c’est censé être drôle, et seulement un, parce que c’est pas bien)

Et la bande annonce, pour compléter :

Caca Bouquin, Fantastique, France, Historique

La Joconde sanglante – Ariane Mickael-Mitchell

La Joconde Sanglante
Ouais, avec une couverture pareille, j’aurais dû me méfier…

Heum… Alors… Euh… Ben… J’ignore ce qui m’a poussé à choisir ce livre à la bibliothèque… Je crois que j’aurais dû le laisser la où il était… Euhm. Il faut dire que, si la lecture a été rapide, elle a été bruyante. (Oui, je ne peux pas m’empêcher de commenter à voix haute quand je suis affligée… Ne regardez jamais de nanar avec moi si ça vous dérange.)

Donc, ce livre est basé sur une histoire réelle et a pour ambition de faire connaitre la comtesse Bathory. Bon, quand on dit basé sur une histoire réelle, il faut aussi ajouter que l’histoire à été fortement romancée, et sert d’alibi a une histoire de quête d’identité. En effet, l’histoire ne se passe pas en Hongrie au XVIème siècle, mais elle débute à Paris, en 2006. Elisabeth, une jeune greffière née sous X échappe de peu à la mort. Au même moment, sa mère biologique hongroise met fin à ses jours pour échapper à une sombre malédiction. A ce moment là, vous vous douterez qu’il y a un lien entre Elisabeth et Erszebeth (ou Elisabeth) Bathory, le nom m’a pas été choisi au hasard. Quelques semaines plus tard, Elisabeth (la greffière, pas la comtesse), reçoit un courrier d’un notaire, elle hérite d’une ruine et d’un orphelin. Le problème, c’est que notre chère Elisabeth, ben, depuis que ses parents adoptifs hyper croyants l’ont surprise à jouer a touche-pipi avec le voisin quand elle avait 12 ans, elle est bloquée sur les préadolescents.

Pedobear

Sans jamais passer à l’acte, elle est bien placée de part son métier de savoir que c’est mal. Donc voilà, nous avons une héroïne aux préférences sexuelles glauques, au caractère froid et relativement détestable. Et, forcément, sinon, il n’y aurait pas de rapport, elle est une descendante de la comtesse sanglante. Qui, tout comme ses nombreuses victimes, hante le château reçu en héritage, car, si elle n’a pas obtenu la jeunesse éternelle, elle veut devenir connue ! La plus grande serial killeuse de tous les temps ! 600 victimes ! C’est énorme ! Surtout pour une femme ! Car, tout du long, on enfoncera le clou de la femme douce et aimante, incapable de faire du mal à une mouche, et pourtant, ce monstre sanguinaire fût doté d’un double chromosome X. (J’ai voulu compter le nombre de fois ou le mot « féminité » était mentionné, j’en ai eu marre au bout d’un chapitre.)

Bon, donc, Elisabeth va en Hongrie, s’installe au château, rencontre un voisin de son age, en tombe amoureuse, après s’etre rendue compte que l’orphelin pré-adolescent de lui faisait pas frétiller les ovaires. Forcément, il s’agit en fait de son frère biologique. (Désolée pour le spoiler, mais vous ne comptiez pas le lire quand même ?) Son frère, qui d’ailleurs, fait semblant d’être muet, et qui possède le pouvoir de voir ce qui se passe au loin et d’en faire du dessin automatique. (Les notes de bas de pages, bien renseignées pour la majorité, indiquent ici que l’écriture automatique est en fait un moyen de communication avec les esprits…) En plus de ca, Elisabeth, notre chère héroïne, ignore que Dracula est un personnage littérature, certes inspiré d’un fait réel, mais somme toutes, un vampire de littérature, mais elle ignorait également tout de la comtesse, qui a fait l’objet de bien des livres et de films. Le livre ici, nous donne l’impression qu’il s’agit d’un obscur personnage sans importance, et pourtant, je crois que chaque personne s’étant intéressée au vampirisme connait les tenants et aboutissants de cette histoire.

Sinon, si on tente de ne pas tenir compte de l’histoire un peu bateau du personnage principal, le style est assez maladroit, certaines phrases sont bancales, il y a énormément de répétitions (« féminité » pour n’en citer qu’un), MAIS ! Car, finalement, tout n’est pas à jeter, les annexes sont très bien documentées. Sur la comtesse Bathory, sur l’histoire du pays, sur l’histoire de sa lignée dégénérée, sur ses complices. (Et sur un visiteur surnommé Cadavrius Lecorpus, qui m’a donné envie d’écrire un récit grivois dont le personnage principale porterai le nom charmant de Phallus Erectus), ainsi que les moyens utilisés pour supplicier ses victimes.

Si on exclut donc cette dernière partie fort bien documentée (mais vous trouverez ces infos ailleurs aussi), on a ici un nanar livresque, mais involontaire, c’est un peu dommage. Sinon, regardez le film de Julie Delpy sur le sujet, La Comtesse, que ca s’appelle (même si je suis sortie de la salle de cinéma avec la même impression que lorsque j’ai fermé ce livre, c’est à dire un sentiment étrange entre le LOL et le WTF, sentiment partagé par l’amie qui m’a accompagnée au cinéma, d’ailleurs. Sentiment baptisé le « What the fucking LOL? ».)

Billets d'humeur

Big-bang

Hier soir, je suis allée voir un film. Une comédie française, très drôle d’ailleurs, mais qui a su me tirer des larmes et me faire réfléchir. (Adieu Berthe, pour les curieux.) Et je me suis rendue compte qu’il me fallait un choc pour me rendre compte des dysfonctionnements qui se trouvent ailleurs dans ma vie.

Comme une prise de conscience de la relativité des choses, une manière de revoir ses priorités et de se rendre compte de tous les éléments qui ne nous satisfont pas.

J’ai souvent entendu des personnes âgées dire qu’il faudrait à nouveau une guerre pour tout recommencer à zéro (oui, bon, c’est extrême, mais vous voyez l’idée).

Quand je parle de choc, je pense à un évènement soudain et ressenti comme négatif, parfois même cumulé (ouais, un malheur arrive rarement seul, d’après ce que j’ai pu voir), qui peut mener à se dire que finalement, le reste qui nous fait souffrir n’en vaut pas la peine et qu’il faut pouvoir se débarrasser de poids qui nous empêchent d’avancer sereinement afin de se recontruire. Peut être parce que les évènements qui ont donné naissance à cette réfléxion sur soi même, eux, ne peuvent pas être effacés, mais pour le reste, on peut limiter la casse, si on peut se sortir d’une mauvaise situation, autant le faire, plutôt que de cumuler les casseroles, avant de craquer. Même en ayant un mental résistant, on ne peut pas tout supporter, et encore moins si tout est cumulé au même moment.

Peut être est-ce aussi une manière de fuir. Ca devient trop, on fuit les problèmes qui peuvent être évités. Mais si ces problèmes, justement, sont évitables, est-ce indispensable de s’y complaire ?

Est-ce que justement, la fuite, parfois, n’est-elle pas indispensable pour recommencer autrement, et mieux, si on a su en percevoir les causes ? Est-ce un mécanique de survie psychologique ?

On a déjà assez de casseroles à trainer, autant éviter d’embarquer les poêles rouillées et superflues.

Et si cet article vous a autant foutu le cafard qu’il l’a fait pour moi en l’écrivant, voici un lien pour vous redonner confiance en l’humanité.

Et aussi un gifàlaconmaistropchoupi :

Billets d'humeur, Machins et choses

Etre chiant/e et les limites du supportable

Bon, je suis en congés cette semaine, congés que je passe chez mes parents (oui, bon, hein, on se souvient de l’article précédent, pas de remarques, merci bien ><), et donc, avec une télé. Qui dit télé, dit poubelle (comment ça, vous voyez pas le rapport ? Rhooo, mettez-y un peu du votre, vindieu !). Donc voilà, pleins de chaînes de télé, et donc, plein d’émissions à la con. Dont une qui montrait une charmante mère célibataire qui visiblement peinait pour trouver l’âme soeur (oui, bon, on y croit ou pas, à cette âme soeur, c’est pour l’image, voyez ?). Et je n’ai pas pu m’empecher de me dire que ce n’était pas étonnant, vu sa capacité à se montrer pénible et chiante devant les caméras (donc, soit, c’est le stress de la télé qui la rend chiante, soit elle est comme ça tout le temps et là, je plaint ceux qui doivent la supporter au quotidien), je n’ai pas pu m’empêcher de penser que cen’est pas étonnant que personne ne reste. Non, c’est pas gentil, j’en suis consciente. Surtout que cette brave dame, je ne la connais pas, elle est peut être la personne la moins pénible du monde en vrai, et que c’était la faute au stress, au montage, blabla. N’empêche que…

Souvent, à la télé, et même ailleurs, les femmes chiantes sont seules, alors que les mecs chiants, fan de tuning et de Johnny (oui, bon, j’avoue, j’ai regardé Confessions intimes… Ca passe encore, ça, d’ailleurs ?), eux, sont toujours accompagnés, d’une femme en souffrance, mais, qui, voyez-vous, l’aime éperdument et préfère faire partie de l’inventaire au lieu de partir vers d’autres horizons certainement plus roses.

Est-ce que les hommes sont lâches et préfèrent se sauver plutot que de rester avec une femme énergique, qui sait ce qu’elle veut, et montre qu’elle n’a pas besoin d’un homme ? Se sentent-ils castrés ? Ou alors les femmes qui restent avec des boulets ont des limites plus souples ? Sont-elles soumises ? Est ce que l’image du couple parfait pronée dans les médias est si enviable que les femmes sont prêtes a endurer plus de choses pour maintenir l’illusion et ne pas finir célibataires voire vieilles filles ? Alors qu’un homme peut se sauver dès que sa compagne montre les premiers symptômes de la chiantise, de peur que leur dulcinée ne se transforme en dragon domestique ? Est ce lié à la libération de la femme ? Mais ça n’explique pas pourquoi tant de femmes restent avec leurs boulets.

Et pourquoi, dès qu’une femme montre sa déprobation, il se dit qu’elle n’est pas rationnelle, qu’elle a ses règles, blabla ? Doit-elle tout accepter sous le prétexte fumeux qu’une femme n’est pas capable de raisonner de manière rationelle ?

Popeye et Olive Oil
Même Olive doit se montrer chiante visiblement

D’ailleurs, une autre question se soulève dans ma tête (si vous ne voyez pas le rapport, ne vous inquiétez pas, j’le voit plus non plus, c’était clair dans ma cervelle tout à l’heure pourtant…). Pourquoi, dans tant de petites bd humoristiques (souvent des années 50/60), le couple est représenté par un homme pantouflard et molasson et de sa femme, bigoudis sur la tête, rouleau a patisserie en main, en train de râler, et parfois même, complètement irrationnelle ? L’avenir du couple réside-t-il dans le laisser aller ?

Aller, la prochaine fois, je vous parlerai de nouveau de conneries.

Caca Bouquin, Europe, Historique, Italie

Mémoires d’une catin – Francesca Petrizzo

Mémoire d'une catin
Les femmes dénudées, ça fait vendre !

L’histoire d’Hélène de Troie, racontée par elle-même semblait intéressante, tous les récits mythologiques étant racontés d’un point de vue masculin. Ce livre a l’ambition de vouloir raconter son histoire, à l’aide d’une écriture poétique et soignée, presque précieuse. Ce qui fait que je crois que je n’y ait pas compris grand-chose.

Francesca Petrizzo a 19 ans, où du moins, c’était son age quand elle a écrit ce livre, et malgré les critiques dythyrambiques que j’ai pu lire, ça se ressent. En terminant ce livre, je n’étais pas enervée comme j’e l’ai été après la lecture du fait du prince, mais j’étais dubitative. Ou je n’ai pas compris ou elle voulait en venir, ou alors j’ai sauté des pages sans faire exprès.

Premièrement, il y a énormément d’incohérences :

  • L’enlèvement d’Hélène par Thésée. Elle raconte que ses frères, Castor et Pollux souhaitaient bon voyage à Thésée lors de son départ, sans avoir dit, à un moment où un autre, qu’il l’avait emmenée de force. Je n’ai compris qu’il s’agissait d’un enlèvement que quand il l’a ligotée a un arbre et que ses frères sont venus la chercher (ils avaient bu quoi pour pas capter que leur frangine était sur le cheval de Thésée, hein)
  • Toutes les femmes sauf elle sont rousses, ou ont des cheveux « de flamme », Andromaque, Carilla, Cassandre, Clytemnestre, même son mari, Ménélas est roux (mais ses cheveux à lui sont ternes, forcément, il est décrit comme une mauviette, un éjaculateur précoce et un avorton, il ne peut pas avoir de beaux cheveux). Je croyais que la Grèce était en Méditerranée, pas en Irlande. (C’est comme ça aussi dans les récits originaux ?)

Ca m’a fait penser à ça : Kaamelott – Les cheveux noirs

  • Son soldat aux yeux verts, elle a fait quoi avec pour se laisser dépérir pendant deux ans après sa mort alors qu’elle ne connaissait même pas son nom ?
  • Quand elle se roule sur la plage avec Diomède, jamais il n’est dit explicitement (ou même implicitement d’ailleurs – à moins que je ne capte rien à rien si ce n’est pas exprimé dans un language violent) qu’ils couchent ensemble, mais à la fin, elle voit le sable mélé d’eau et de sang. Alors là, ou j’ai raté une ligne avec de l’action, ou bien une avec une description des pierres sans doutes très coupantes qui se trouvent sur cette plage, mais il sort d’où, ce sang ? Oo Et donc, elle n’aurait pas couché avec le soldat ? Oo
  • Quand Tyndare décide de la marier à Ménélas, elle dit que Diomède arrive très rapidement, et précise qu’elle l’a prévenu. Comment ? Pigeon voyageur ? Signaux de fumée ?
  • Pourquoi ne développe-t-elle pas son laius « Je suis de pierre », oui, d’accord, elle s’est fait passer à tabac par sa soeur, mais j’aurais voulu avoir plus de détails sur son cheminement psychologique. Et d’ailleurs, pourquoi elle passe son enfance à se contempler dans un mirroir ? Son deuxième nom, c’est Narcisse ?
  • Elle semble à la fois très proche de Léda, sa mère, et en même temps, elle dit que c’était une étrangère pour elle. Ne pas être nourrie au sein n’explique pas le fait qu’elle soit une étrangère, on n’est pas allaité pendant 10 ans.
  • Quand elle accouche d’Hermione, dans les escaliers, délibérément ( !), elle semble vouloir commencer une nouvelle vie, grâce à sa fille, fruit de son amour avec Achille, mais elle la refile bien vite à une nourrice, et on en entend plus parler jusqu’à l’arrivée de Pâris.
  • Pâris repart, elle le suit, mais on n’a pas ses motivations, on n’a même pas vraiment vu qu’elle l’aimait (non, coucher avec ne veut pas dire qu’elle l’aime). Et puis, il avait quel âge à ce moment là ? Plus tard, il est dit qu’il avait enfin atteint sa taille adulte, donc là, ça ne devait pas être plus qu’un adolescent, et Hélène aller sur sa trentaine. Hélène de Troie, la première cougar.
  • Pâris se lasse d’elle, et paf, elle s’éprend d’Hector, son grand frère, on ne sait pas trop comment. C’est bien pratique d’aller camper dans une famille de beaux gosses, visiblement.
  • Ménélas, Achille, Diomède et tous leurs amis viennent la chercher, pourquoi ils se sont tous mis d’accord pour aller la chercher ? On ne sait pas. Enfin, si on fait une rapide recherche sur Wikipédia, on découvre le serment de Tyndare, le père de notre héroïne, qui leur a fait prêter serment de se liguer contre celui qui la ravirait à son époux pour pas qu’ils se foutent sur la gueule à cause d’elle.
  • Pourquoi, quand Hector annonce son mariage arrangé avec Andromaque, elle lui demande si c’est au sujet de Cassandre (ce qui aurait été logique, ‘fin, un peu), et lui dit que non, c’est au sujet de Callira (l’esclave d’Hélène qui est partie de Sparte avec elle), et sans transition, ni évoqué le problème posé par Callira, il annonce son union forcée avec une princesse hittite.
  • Le cheval de Troie. Le fameux cheval. Quand on y arrive enfin, on ne sait pas s’il est dans la ville ou sur la plage. Forcément, à décrire une ville abandonnée, on ne sait pas si on y est ou pas.

Ensuite, le style. Il y a énormément d’adjectifs, beaucoup de comparaisons, c’est très poétique au point que s’en est exagéré. Personne n’a besoin d’un chapitre de moins d’une page sur le vent. C’est un roman, pas un recueil de poèmes. Trop de phrasé forcé qui rendent l’ensemble assez lourd, malgré ses ellipses et ses non dits, qui compliquent beaucoup la compréhension. Surtout, si, comme moi, on préfère une écriture certes belle, mais plus directe et moins alambiquée. Pas besoins d’effets de style exagéré pour exprimer ce qu’on a à dire si son propos tient la route. Et justement, j’ai l’impression que ce style très ampoulé sert à cacher le manque de substance et peut être de réflexion. On sait que le personnage est motivé par sa quête d’amour, mais à aucun moment, il n’y a du recul. Ou alors ça a été ellipsé aussi et je n’ai pas su le lire.

De plus, le livre est écrit à la première personne. Puis, d’un coup, comme ça, sans explication, on passe à la troisième dans un chapitre, pour revenir au « je » au chapitre suivant. Si ce « elle » était le moment de réflexion sur elle-même, ce n’était vraiment pas clair, et peut-être pas le choix le plus judicieux et le plus cohérent.

Ensuite, je ne comprendrais décidément jamais comment un livre raconté à la première personne, même pour un récit fictif, peut aller jusqu’à relater la mort du personnage.

En conclusion, malgré tout, un moment de lecture assez sympathique mais anecdotique, si on ne bute pas sur les détails et si on ne réfléchit pas trop à ce qu’on est en train de lire pendnant qu’on attend son bus ou son train qui est encore en retard. (Sinon, ça m’arrive aussi de lire des livres que j’aime, mais je n’ai pas le besoin d’écrire dessus. C’est toujours plus facile d’argumenter pourquoi on n’a pas aimé quelque chose que de dire pourquoi on a aimé quelque chose, en tout cas pour moi, allez savoir pourquoi.)

Belgique, Caca Bouquin, Contemporain, Europe

Le fait du prince ou la cosmétique de l’ennui

Le fait du prince
J’ai écrit cet article quand l’idée d’un blog ne faisait que m’effleurer quand je m’ennuyais, où quand quelque chose m’énervait au point de vouloir hurler cette injustice au monde.

C’est très rare que je ressente le besoin de m’indigner autant après la lecture d’un livre, mais ce jour là, je n’ai pas pu m’en empêcher. Jamais auparavant, je n’avais eu une telle sensation d’avoir perdu du temps, temps que j’aurait pu consacrer à d’autres livres bien meilleurs.

Fidèle lectrice d’Amélie Nothomb depuis mes années lycées, c’est par habitude que, peu après la rentrée littéraire, mes pas m’ont portée vers le rayon N de ma bibliothèque habituelle. Ses derniers livres ne m’ayant que peu enchantés, je me suis néanmoins saisie de son livre d’alors, Le fait du prince. Je l’ai emprunté par habitude, par curiosité aussi sans doute, portée par une vague lueur d’espoir que celui-ci soit du même acabit que ses premiers livres ou que ses livres autobiographiques.
Il ne faut pas juger un livre par sa couverture, mais on ne peut s’empêcher de se demander quel pourrait être le rapport entre la première de couverture, une photographie très kitsch de l’auteur de ce méfait, entre le culcul le plus total, et la trop dark attitude (ça peut quand même impressionner les kikoogoths, j’avoue), ET en plus, est un Photoshop disaster complet (la couronne et « l’eau »… Fait d’un graphiste qui découvrait l’outil lasso magnétique, sans doute), et ce fameux roman, qui, selon sa quatrième de couverture, devrait parler de riches bourgeois abusant de champagne. Le fait est que ce premier emprunt date de 2009, je n’avais même pas lu la petite phrase au dos du livre, que déjà trois semaines était écoulées, que l’heure de le rendre approchait, et que, décidément, je n’avais pas envie de le lire. Pourtant, dieu sait que j’en aurais eu le temps, mais non, la petite étincelle ne venait pas, les autres livres qui m’avaient accompagnés chez moi le même jour ont été dévorés, mais celui, non, il me m’inspirait pas plus que ça… Je le retournais donc, avec ses compagnons à feuilles, sans l’avoir ouvert…
Des fois, il ne faut pas s’acharner, et effectivement, je n’aurais pas du… Plus d’un an plus tard, je me suis décidée à le réemprunter, et, cette fois ci, prise par une frénétique envie de lire, encore assommée par la claque du livre que je venais de terminer une heure plus tôt, je l’ai ouvert, et, je l’ai lu… Les ouvrages d’Amélie Nothomb se lisent très vite… Peut être trop… Ou la vitesse à laquelle ils se parcourent est-elle le signe de leur vacuité ? Le fait est que, en une après-midi, il fut terminé, et me laissait une sensation étrange… J’avais l’impression d’avoir perdu mon temps, lire une notice m’aurais procuré plus de satisfaction, en plus d’être plus utile, et surtout, je me suis demandée si les bruits que j’avais entendu disant qu’elle écrivait plusieurs livres par an et choisissait le meilleur pour être publié, et que si c’était réellement celui ci le « meilleur », ne serait-il pas mieux pour elle de prendre sa retraite ? Où bien est-ce moi dont les goûts ont évolués ? Lire des livres fouillés et partant dans tout les sens m’ont-ils blasée de livres linéaires et sans recherche sur les personnages ? M’ont-ils rendue plus sensible au fond qu’à la forme ? Car, oui, la forme est là, ça se lit, c’est fluide, ça coule. Mais les mots sont vides, tout comme les personnages semblent l’être. A-t-elle la flemme de créer une histoire pour ses personnages ? Sont ils des génériques sans passé, sans personnalité ? A part celle d’aimer le champagne et d’avoir été junkie (ce qui ne sera pas exploré plus qu’une simple évocation, ça aurait été trop long sans doute) ? A-t-elle du mal à parler du personnage principal quand il ne s’agit pas d’elle ? Par ailleurs, pourquoi toutes ses héroïnes refusent-elles de manger ? Amélie est-elle pro-ana ? En plus de prôner, dans ce livre, un mode de vie oisif et inutile ? »

En tout cas, je jure qu’on ne m’y reprendra plus. Nouveau livre d’elle ou pas, je passerait mon chemin et lirait des auteurs dont les écrits valent le papier sur lequel ils ont été publiés.