Bibliothèque, Bilans

Lectures non chroniquées #2 Premier semestre 2013

L’an dernier, je me suis amusée à faire un bilan annuel en détail. Ca prend un temps fou. Et c’est trop long à lire. Du coup, je voulais faire un bilan trimestriel. Mais j’avais la flemme. Semestriel alors. Ca coupe la poire en deux, c’est plus court, et tout sera plus frais dans ma tête. (Si frais que là, maintenant, je ne sais plus ce que j’ai lu… Raison de plus pour le faire régulièrement, sinon, je vais finir par relire des trucs parce que j’ai oublié que je les ai déjà lus…) Dans l’ordre anarchique presque chronologique (en gros, si j’ai lu plusieurs tomes d’une série, ils sont ensemble, plutôt que de les avoir séparés par une dizaine de livres) :

City of Dragons, Robin HobbBlood of Dragons, Robin Hobb

City of Dragons/Blood of Dragons, Robin Hobb : on suit les aventures des gardiens de dragons, qui ont enfin atteint Kelsingra. Les héros adolescents pour la plupart subissent les premiers émois typiques de cet âge là, et on n’échappe pas au triangle amoureux qui semble si fréquent dans la littérature adolescente. Les personnages adultes, eux, s’émancipent du poids de la société qu’ils ont quittée et semblent terminer le chemin qui se dresse encore devant leurs cadets. On retrouve certains personnages des séries précédentes : Tintaglia et Icefyre, ce qui fait bien plaisir, et ce sont bien les chapitres qui leurs sont dédiés qui m’ont angoissés et qui sont le plus chargés en suspens. La série est en dessous des précédentes se déroulant dans cet univers régit par l’Art/le Vif, mais le dernier tome répond a bien des questions et met un terme à cette saga avec brio. D’autres questions sont encore à éclaircir, mais comme Robin Hobb me semble pas prête à abandonner ce monde, j’espère que d’autres romans permettront de le rendre encore plus complet.

Inside Game of Thrones

Inside HBO’s Game of Thrones : dédié à la série du même nom, il s’agit d’interview d’acteurs, de scénaristes, de créateurs, de techniciens et de l’auteur, qui expliquent comment ils ont pu mettre ce roman en scène, en le rendant le plus réaliste possible. Des chapitres entiers sont dédiés aux costumes des différentes régions, aux décors et aux raisons qui les ont poussés à faire ses choix particuliers. Un beau livre pour les fans de la série.

A Feast of Ice and Fire

A Feast of Ice and Fire, The official companion book : le livre de recettes tiré des livres, cette fois-ci (moi, obsédée ? Si peu…). Je n’ai pas encore tenté d’expérience culinaire avec ce livre, mais je l’ai lu (oui, des fois, je lis des livres de recettes, faut bien se donner faim parfois), et, en plus des explications liées au contexte des roman, d’explications sur les équivalents « réels » médiévaux, les recettes sont également proposées en version modernisée, avec des ingrédients plus simples à se procurer, et des saveurs plus habituelles. Mais il y a des recettes que je ne tenterai pas de recréer, même si les ingrédients étaient simples à trouver. Le serpent roti et les grillons au miel ne sont que des exemples… (Sinon,la plupart des recettes sont disponibles sur le blog des deux auteurEs : Inn at the Crossroads. Elles proposent également d’autres recettes issues de fictions sur le blog Food through the pages, avec des recettes inspirées du Seigneur des Anneaux, et Harry Potter entre autres…)

L'Attrape-coeur, J.D. Sallinger

L’Attrape-Coeurs, J.D Sallinger : il s’agit d’un livre culte qui a pourtant barbé tous les gens que je connais qui l’ont lu. C’est donc avec appréhension que je l’ai sorti de ma PaL. Je l’ai d’ailleurs lâché pour plusieurs mois alors que je n’avais lu que le premier quart… Puis, je l’ai repris, et là, j’ai enfin réussi à m’immerger dans l’histoire. Alors, certes, je n’ai toujours pas vraiment compris le battage autour de ce livre, peut-être parce que le narrateur a 15 ans, et que le récit ressemble énormément à un journal intime, avec ses tics et ses défauts de langage, mais c’est ce qui le rend vraisemblable. Le narrateur, lui, est terriblement chouinard et suffisant, mais au fond, c’est bien comme ça que sont les jeunes de cet âge dans la plupart des cas.

Les Montagnes Hallucinnées, H.P. Lovecraft

Les Montagnes Hallucinées, H.P. Lovecraft : un recueil de nouvelles ou l’auteur continue a exploiter son panthéon personnel de Grands Anciens, à travers une expédition dans l’Antarctique, qui lui permet d’expliquer les origines de ce « mythe » (« mythe » que lui même n’a jamais qualifié de mythe), et dans lesquelles il explore les méandres de la folie, sujet dont il est friand, et qu’il a côtoyé de près.

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Le Coup de Grâce/Le Crépuscule/Les Catacombes de Vienne/La Comtesse des Neiges, La Chronique des Immortels, Wolfgang Hohlbein : si le premier tome était prometteur (vampires, Inquisition, maladies mystérieuses qui rendent immortel), là, ça commence à se gâter. L’intrigue n’avance pratiquement plus, la quête d’Andrej pour obtenir des réponses à ses questions existentielles semble sans fin, il n’arrête pas de faire des mauvais choix et de s’en plaindre (alors que c’est plus souvent son acolyte Abou Doun qui en pâtit que lui), il se fait assommer toutes les 20 pages bon, sauf dans La Comtesse des Neiges… Oui, j’ai compté…), la seule raison qui me poussait à continuer, c’est la dynamique Andrej/Abou Doun, Mais comme j’approche des derniers tomes traduits, et que je n’ai pas envie d’acheter la suite, je m’arrête là.

Pourquoi a-t-il dit de ne pas s’inquiéter inutilement ? Quand il suffit de s’inquiéter utilement ?

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La Horde du Contrevent, Alain Damasio : phénomène inverse à L’Attrape-Coeur, celui là, on me l’a tellement vendu partout, tout le monde me disait à quel point que c’était bien que mes attentes étaient si hautes que le livre ne pouvait pas être à la hauteur. Trop de personnages, dont certains à peine exploités et dont on se débarrasse en un clin d’œil, une quête insensée et une narration complexe ont eu raison de moi. Les symboles au début de chaque chapitre, les chapitres sont plus des exercices de style que de fond. Sans parler du sexisme affiché des personnages masculins (encore heureux que les personnages féminins sont forts et complexes, parce que j’ai eu envie de balancer le bouquin plusieurs fois…) . Il parait qu’on aime ou qu’on déteste, je n’ai rencontré (ou lu) personne qui n’en parlait pas en terme dithyrambiques, et moi, si je n’ai pas détesté, j’en ai trop espéré, et à trop espérer, on est forcément déçu.

Bye Bye Blondie, Virginie Despentes : Gloria rencontre Erix alors qu’elle est interné en hopital psychiatrique. S’en suit une passion adolescente, destructrice, qui changera sa vie à jamais. 20 ans plus tard, ils se retrouvent, et tous les souvenirs remontent. Virginie Despentes reste dans le contexte qui lui est propre, le milieu punk rock, à Nancy, ville où elle a grandit. Les problématiques déjà soulevées dans King-Kong Théorie sont reprises, sous la forme d’une histoire d’amour entre une femme paumée, et son amoureux de quand elle avait 15 ans, devenu une star de la télé.

Naitre femmme, la pire des tares dans presque toutes les sociétés. Seul avantage : enfanter. Alors comme ça, accepter d’être une femme, c’était prendre des coups sans vouloirs les rendre.

Stardust, Neil Gaiman : il s’agit d’un conte pour enfant pour adulte (vous me suivez ? Parce que c’est pas le seul livre du genre dont je vais vous parler.), quelque part entre The Princess Bride, et Jonathan Strange et Mr Norell. Pas le meilleur Gaiman qui soit, mais tout de même plaisant.

Sweet Silver Blues, Glen Cook : un roman policier situé dans sur le Disque-Monde ou quelque chose comme ça. Honnêtement, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, et le tout me passait un peu au dessus de la tête. La faute à la liseuse, à la langue anglaise, au bruit dans le train, ou à la passoire que j’ai à la place du cerveau.

Among you humans, females are not permitted to assume the responsibilities of such a position as a career. Thus, the further implication that she mated to a man in such a position.

Nouvelles du Disque-Monde, Terry Pratchett : comme le dit le titre, un recueil de nouvelles, certaines très courtes, deux ou trois pages, d’autres plus longues, qui couvrent les personnages récurent du Disque-Monde, les sorcières, le guêt, etc. Le niveau entre les nouvelles est inégal, peut-être à cause de leurs longueurs inégales. Mais un bon moyen de se replonger un bref moment dans cet univers complètement barré.

Le Maître des Chrecques, Walter Moers : la suite indirecte de La Cité des Livres qui Rêvent, dans le sens ou ici, il ne s’agit pas de la suite des aventures de Hildegunst, mais d’un roman écrit par Hildegunst et traduit par Walter Moers (accusé par Hildegunst de zapper des paragraphes, et de ne pas être fidèle à son texte, un véritable scandale…), bon, un peu comme La Cité, mais pas en autobiographie. Le roman suit un mistigriffe, sorte de chat à deux foies qui peut communiquer avec tous les êtres vivants, lié par contrat au Maître des Chrecques de Sledwaya, ville la plus malade de toute la Zamonie, fait auquel le Maître, alchimiste de son état, n’est pas étranger. Celui-ci a besoin de graisse de mistigriffe pour achever le Perpetuum Mobile, et afin d’avoir de la graisse, quand on a qu’un mistigriffe décharné à disposition (le dernier de son expèce, de plus !), eh bien, il faut le nourrir. Ce qui n’empêche pas le chat à deux foies de tenter de s’échapper, avec des complices particuliers. Ce livre est un cran moins bien que La Cité, et je l’ai trouvé en jeunesse dans la médiathèque que je fréquente, alors qu’il est vendu, en Allemagne, du moins, comme un conte pour enfants pour adulte, mais la jeunesse compte bien plus d’âges que seulement les lecteurs de Oui-oui, fait que je dois sans cesse me rappeler, parce qu’il y a des injures et gros mots dans ce livre, certes, c’est inévitable d’entendre « Merde » dans la bouche de son enfant, mais c’est mieux si on n’a pas l’explication que « c’était écrit dans le livre que tu m’as pris, alors j’ai le droit de le dire ! ». Mais peut-être que je suis vieux-jeu.

Das Labyrinth der Träumenden Bücher, Walter Moers : La voici, la suite des aventures de Hildegunst ! Après s’être reposé sur ses lauriers après le succès de La Cité… et s’être fortement empaté, notre dinosaure reçoit un courrier. Comme son parrain Danzelot avant lui, un simple courrier suffit pour changer sa vie. Il retourne à Bouquinbourg pour la première fois en 200 ans (ça vit longtemps, ces bêtes là), et… Il visite la ville avec Inazea la Chrecque. Il va au thêatre et nous fait part de ses découvertes. Tout le livre raconte son retour à Bouquinbourg, mais il ne se passe pas grand chose. L’histoire ne démarre que dans le dernier chapitre, pour nous laisser sur un cliffhanger horrible, qui nous fait espérer une publication de la suite rapide. (Après vérification, elle paraitra en VO en octobre 2014…)

Demain les Chiens, Clifford D. Simak : que ce passerait-il si les Hommes laissaient la place aux chiens ? Que feraient-il du monde ? Ce recueil de nouvelles d’anticipation dresse un portrait défaitiste de l’Homme, incapable de se passer définitivement de violence. Chaque nouvelle s’accompagne d’une brève explication, du point de vue des Chiens. Pas la lecture la plus réjouissante de l’année, mais néanmoins, un livre édifiant, et qui a étonnamment bien vieilli (même si sa vision des années 90 est plus que fantaisiste.)

The Yellow Wallpaper, Charlotte Perkins Gilman : un recueil de nouvelles, encore (je n’en ai jamais lu autant en si peu de temps), d’une auteure majeure de la littérature américaine du XIXème siècle, féministe, ses écrits servent à transmettre ses convictions. La nouvelle éponyme décrit la folie grandissante d’une femme condamnée à l’oisiveté pour prétendument guérir sa dépression post-natale. Enfermée dans une pièce au papier peint jaune, interdite d’écriture, elle voit une femme prisonnière de ce papier. Femme qui n’est autre chose que la représentation de sa propre folie, enfermé dans une cage dorée (jaune, dorée, vous voyez, haha ?). Les autres nouvelles de ce roman œuvrent également à emanciper les femmes, a les épanouir dans ce qu’elles aiment faire, sans les rendre dépendantes de leurs maris/fils/gendres, à démontrer que les principales préoccupations futiles des femmes de l’époque ne sont que celles qui leurs sont autorisées, et ne sont pas celles auxquelles elles aspirent (également démontré dans une moindre mesure et dans un autre genre, dans Sans Parler du Chien, de Connie Willis). A lire pour tout ceux/lles qui sont sensibles à la cause féminine.

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Contemporain, Entre-deux, Etats-Unis

Le Roi Pâle – David Foster Wallace

Le Roi Pâle

Apprenti au centre des impôts de l’Illinois, où les nouveaux arrivants doivent recevoir une formation de survie à l’ennui, David Foster Wallace observe les personnages extraordinaires attirés par cet étrange métier. Protagoniste de son dernier roman, il dessine sur un registre épique une parabole de la culture postindustrielle, examine avec inquiétude l’individu pris dans les mailles du système global et propose une nouvelle idée de l’héroïsme.

featherCet auteur m’était complètement inconnu jusqu’à l’automne dernier, où j’ai collecté un certain nombre de journaux gratuits afin d’emballer ma vaisselle avant de déménager. Quel est le rapport, me direz-vous ? Y’en a pas, sauf qu’un numéro du journal Métro parlait de cet auteur en termes dithyrambiques (bon, bon, Métro, c’est pas non plus Le Magazine Littéraire, mais moi, ça me va). Le livre venait de paraitre, et même si le sujet des impôts n’est pas passionnant du tout, j’étais curieuse. Du coup, à Noël, il était sous le sapin, je l’ai commencé en décembre, et l’ai terminé il y a deux semaines. Plus de 600 pages denses et bourrés d’informations concernant les impôts ont eu raison de moi. Parce qu’on y trouve des chapitres entiers sur… la façon dont sont comptabilisés les impôts aux États-Unis. Sans doute passionnant pour un employé des impôts, un économiste, mais pas vraiment pour quelqu’un qui fait des cauchemars à base de maths. L’intérêt du livre ne se situait vraiment pas là dans ce livre. Il se situe dans la fresque des personnages. On suit différents personnages dans les années 70, enfants, sans rapports les uns avec les autres, pour les retrouver plus tard, derrière un bureau, à remplir des formulaires avec un crayon bien taillé.

En ce qui concerne le style, il est fouillis, labyrinthique est le mot utilisé par les amateurs de l’auteur, et est peut être plus complexe à suivre que ses autres œuvres, du fait qu’il s’agit d’un livre inachevé dont les notes éparses ont été assemblées tel un puzzle. Les phrases sont longues et métaphoriques, les chapitres inégaux, non pas dans leur qualité, mais dans leur style. Un chapitre peut faire plus de 100 pages de récit sur un personnage ou sur l’auteur lui même, puis être suivi d’un chapitre télégraphique de 2 pages sur ce qui se passe dans un service des impôts, suivi d’un autre chapitre recensant les pathologies rencontrées par les employées. L’avant-propos est situé, volontairement au chapitre 9, avant-propos entrecoupé de pages entières de notes de bas de pages, chose que je n’avais plus vue depuis Johnathan Strange et Mr Norell. Certains chapitres autobiographiques montrent l’évolution de la personnalité de l’auteur, de déchet nihiliste à inspecteur des impôts investi (oui, c’est possible), et expliquent cette évolution. D’autres racontent d’une manière froide l’enfance de ses collègues, de la victime d’un beau-père abusif au premier de la classe haï de ses camarades. Certains sont des réflexions sur la société de consommation actuelle.

J’ai mis énormément de temps à terminer ce livre sans doute à cause de son atmosphère oppressante, et du rendu précis et photographique de l’ennui de la vie dans les petites villes des États-Unis. J’aurais pu abandonner ce livre aussi, mais après l’avoir laisser reposer pendant plus d’un mois sans l’ouvrir, son appel a été le plus fort et je l’ai terminé, sans regrets. Car malgré l’ennui décrit dans les pages, il a réussi le coup de maître de rendre l’ennui fascinant. Déprimant, mais étrangement fascinant. Même si j’ai survolé les paragraphes d’explications du système des impôts. Parce que l’intérêt du truc n’est vraiment pas là.

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Par contre, ce livre réclame une lecture à la con qui suit, hein.

Morceaux choisis :

[…] endurer longtemps l’ennui dans un espace confiné, voilà ce qu’est le vrai courage. Cette endurance, que vous le vouliez ou non, constitue le distillat de ce qu’est aujourd’hui, dans ce monde que ni vous ni moi n’avons faits, l’héroïsme.

Messieurs, bienvenue dans la réalité – il n’y a pas de public. Personne pour vous applaudir, pour vous admirer. Personne pour vous voir. Comprenez-vous ? Voici la vérité – dans la réalité, l’héroïsme ne reçoit aucune ovation, ne divertit personne. Personne ne se presse pour y assister. Personne ne s’y intéresse.

Cette campagne massive qui place l’individu sur un piédestal va consolider d’énormes marchés de gens foncièrement convaincus d’êtres solitaires, sortis du lot, et on les brossera dans le sens du poil à chaque coin de rue.

Caca Bouquin, Fantastique, France, Historique

La Joconde sanglante – Ariane Mickael-Mitchell

La Joconde Sanglante
Ouais, avec une couverture pareille, j’aurais dû me méfier…

Heum… Alors… Euh… Ben… J’ignore ce qui m’a poussé à choisir ce livre à la bibliothèque… Je crois que j’aurais dû le laisser la où il était… Euhm. Il faut dire que, si la lecture a été rapide, elle a été bruyante. (Oui, je ne peux pas m’empêcher de commenter à voix haute quand je suis affligée… Ne regardez jamais de nanar avec moi si ça vous dérange.)

Donc, ce livre est basé sur une histoire réelle et a pour ambition de faire connaitre la comtesse Bathory. Bon, quand on dit basé sur une histoire réelle, il faut aussi ajouter que l’histoire à été fortement romancée, et sert d’alibi a une histoire de quête d’identité. En effet, l’histoire ne se passe pas en Hongrie au XVIème siècle, mais elle débute à Paris, en 2006. Elisabeth, une jeune greffière née sous X échappe de peu à la mort. Au même moment, sa mère biologique hongroise met fin à ses jours pour échapper à une sombre malédiction. A ce moment là, vous vous douterez qu’il y a un lien entre Elisabeth et Erszebeth (ou Elisabeth) Bathory, le nom m’a pas été choisi au hasard. Quelques semaines plus tard, Elisabeth (la greffière, pas la comtesse), reçoit un courrier d’un notaire, elle hérite d’une ruine et d’un orphelin. Le problème, c’est que notre chère Elisabeth, ben, depuis que ses parents adoptifs hyper croyants l’ont surprise à jouer a touche-pipi avec le voisin quand elle avait 12 ans, elle est bloquée sur les préadolescents.

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Sans jamais passer à l’acte, elle est bien placée de part son métier de savoir que c’est mal. Donc voilà, nous avons une héroïne aux préférences sexuelles glauques, au caractère froid et relativement détestable. Et, forcément, sinon, il n’y aurait pas de rapport, elle est une descendante de la comtesse sanglante. Qui, tout comme ses nombreuses victimes, hante le château reçu en héritage, car, si elle n’a pas obtenu la jeunesse éternelle, elle veut devenir connue ! La plus grande serial killeuse de tous les temps ! 600 victimes ! C’est énorme ! Surtout pour une femme ! Car, tout du long, on enfoncera le clou de la femme douce et aimante, incapable de faire du mal à une mouche, et pourtant, ce monstre sanguinaire fût doté d’un double chromosome X. (J’ai voulu compter le nombre de fois ou le mot « féminité » était mentionné, j’en ai eu marre au bout d’un chapitre.)

Bon, donc, Elisabeth va en Hongrie, s’installe au château, rencontre un voisin de son age, en tombe amoureuse, après s’etre rendue compte que l’orphelin pré-adolescent de lui faisait pas frétiller les ovaires. Forcément, il s’agit en fait de son frère biologique. (Désolée pour le spoiler, mais vous ne comptiez pas le lire quand même ?) Son frère, qui d’ailleurs, fait semblant d’être muet, et qui possède le pouvoir de voir ce qui se passe au loin et d’en faire du dessin automatique. (Les notes de bas de pages, bien renseignées pour la majorité, indiquent ici que l’écriture automatique est en fait un moyen de communication avec les esprits…) En plus de ca, Elisabeth, notre chère héroïne, ignore que Dracula est un personnage littérature, certes inspiré d’un fait réel, mais somme toutes, un vampire de littérature, mais elle ignorait également tout de la comtesse, qui a fait l’objet de bien des livres et de films. Le livre ici, nous donne l’impression qu’il s’agit d’un obscur personnage sans importance, et pourtant, je crois que chaque personne s’étant intéressée au vampirisme connait les tenants et aboutissants de cette histoire.

Sinon, si on tente de ne pas tenir compte de l’histoire un peu bateau du personnage principal, le style est assez maladroit, certaines phrases sont bancales, il y a énormément de répétitions (« féminité » pour n’en citer qu’un), MAIS ! Car, finalement, tout n’est pas à jeter, les annexes sont très bien documentées. Sur la comtesse Bathory, sur l’histoire du pays, sur l’histoire de sa lignée dégénérée, sur ses complices. (Et sur un visiteur surnommé Cadavrius Lecorpus, qui m’a donné envie d’écrire un récit grivois dont le personnage principale porterai le nom charmant de Phallus Erectus), ainsi que les moyens utilisés pour supplicier ses victimes.

Si on exclut donc cette dernière partie fort bien documentée (mais vous trouverez ces infos ailleurs aussi), on a ici un nanar livresque, mais involontaire, c’est un peu dommage. Sinon, regardez le film de Julie Delpy sur le sujet, La Comtesse, que ca s’appelle (même si je suis sortie de la salle de cinéma avec la même impression que lorsque j’ai fermé ce livre, c’est à dire un sentiment étrange entre le LOL et le WTF, sentiment partagé par l’amie qui m’a accompagnée au cinéma, d’ailleurs. Sentiment baptisé le « What the fucking LOL? ».)

Caca Bouquin, Europe, Historique, Italie

Mémoires d’une catin – Francesca Petrizzo

Mémoire d'une catin
Les femmes dénudées, ça fait vendre !

L’histoire d’Hélène de Troie, racontée par elle-même semblait intéressante, tous les récits mythologiques étant racontés d’un point de vue masculin. Ce livre a l’ambition de vouloir raconter son histoire, à l’aide d’une écriture poétique et soignée, presque précieuse. Ce qui fait que je crois que je n’y ait pas compris grand-chose.

Francesca Petrizzo a 19 ans, où du moins, c’était son age quand elle a écrit ce livre, et malgré les critiques dythyrambiques que j’ai pu lire, ça se ressent. En terminant ce livre, je n’étais pas enervée comme j’e l’ai été après la lecture du fait du prince, mais j’étais dubitative. Ou je n’ai pas compris ou elle voulait en venir, ou alors j’ai sauté des pages sans faire exprès.

Premièrement, il y a énormément d’incohérences :

  • L’enlèvement d’Hélène par Thésée. Elle raconte que ses frères, Castor et Pollux souhaitaient bon voyage à Thésée lors de son départ, sans avoir dit, à un moment où un autre, qu’il l’avait emmenée de force. Je n’ai compris qu’il s’agissait d’un enlèvement que quand il l’a ligotée a un arbre et que ses frères sont venus la chercher (ils avaient bu quoi pour pas capter que leur frangine était sur le cheval de Thésée, hein)
  • Toutes les femmes sauf elle sont rousses, ou ont des cheveux « de flamme », Andromaque, Carilla, Cassandre, Clytemnestre, même son mari, Ménélas est roux (mais ses cheveux à lui sont ternes, forcément, il est décrit comme une mauviette, un éjaculateur précoce et un avorton, il ne peut pas avoir de beaux cheveux). Je croyais que la Grèce était en Méditerranée, pas en Irlande. (C’est comme ça aussi dans les récits originaux ?)

Ca m’a fait penser à ça : Kaamelott – Les cheveux noirs

  • Son soldat aux yeux verts, elle a fait quoi avec pour se laisser dépérir pendant deux ans après sa mort alors qu’elle ne connaissait même pas son nom ?
  • Quand elle se roule sur la plage avec Diomède, jamais il n’est dit explicitement (ou même implicitement d’ailleurs – à moins que je ne capte rien à rien si ce n’est pas exprimé dans un language violent) qu’ils couchent ensemble, mais à la fin, elle voit le sable mélé d’eau et de sang. Alors là, ou j’ai raté une ligne avec de l’action, ou bien une avec une description des pierres sans doutes très coupantes qui se trouvent sur cette plage, mais il sort d’où, ce sang ? Oo Et donc, elle n’aurait pas couché avec le soldat ? Oo
  • Quand Tyndare décide de la marier à Ménélas, elle dit que Diomède arrive très rapidement, et précise qu’elle l’a prévenu. Comment ? Pigeon voyageur ? Signaux de fumée ?
  • Pourquoi ne développe-t-elle pas son laius « Je suis de pierre », oui, d’accord, elle s’est fait passer à tabac par sa soeur, mais j’aurais voulu avoir plus de détails sur son cheminement psychologique. Et d’ailleurs, pourquoi elle passe son enfance à se contempler dans un mirroir ? Son deuxième nom, c’est Narcisse ?
  • Elle semble à la fois très proche de Léda, sa mère, et en même temps, elle dit que c’était une étrangère pour elle. Ne pas être nourrie au sein n’explique pas le fait qu’elle soit une étrangère, on n’est pas allaité pendant 10 ans.
  • Quand elle accouche d’Hermione, dans les escaliers, délibérément ( !), elle semble vouloir commencer une nouvelle vie, grâce à sa fille, fruit de son amour avec Achille, mais elle la refile bien vite à une nourrice, et on en entend plus parler jusqu’à l’arrivée de Pâris.
  • Pâris repart, elle le suit, mais on n’a pas ses motivations, on n’a même pas vraiment vu qu’elle l’aimait (non, coucher avec ne veut pas dire qu’elle l’aime). Et puis, il avait quel âge à ce moment là ? Plus tard, il est dit qu’il avait enfin atteint sa taille adulte, donc là, ça ne devait pas être plus qu’un adolescent, et Hélène aller sur sa trentaine. Hélène de Troie, la première cougar.
  • Pâris se lasse d’elle, et paf, elle s’éprend d’Hector, son grand frère, on ne sait pas trop comment. C’est bien pratique d’aller camper dans une famille de beaux gosses, visiblement.
  • Ménélas, Achille, Diomède et tous leurs amis viennent la chercher, pourquoi ils se sont tous mis d’accord pour aller la chercher ? On ne sait pas. Enfin, si on fait une rapide recherche sur Wikipédia, on découvre le serment de Tyndare, le père de notre héroïne, qui leur a fait prêter serment de se liguer contre celui qui la ravirait à son époux pour pas qu’ils se foutent sur la gueule à cause d’elle.
  • Pourquoi, quand Hector annonce son mariage arrangé avec Andromaque, elle lui demande si c’est au sujet de Cassandre (ce qui aurait été logique, ‘fin, un peu), et lui dit que non, c’est au sujet de Callira (l’esclave d’Hélène qui est partie de Sparte avec elle), et sans transition, ni évoqué le problème posé par Callira, il annonce son union forcée avec une princesse hittite.
  • Le cheval de Troie. Le fameux cheval. Quand on y arrive enfin, on ne sait pas s’il est dans la ville ou sur la plage. Forcément, à décrire une ville abandonnée, on ne sait pas si on y est ou pas.

Ensuite, le style. Il y a énormément d’adjectifs, beaucoup de comparaisons, c’est très poétique au point que s’en est exagéré. Personne n’a besoin d’un chapitre de moins d’une page sur le vent. C’est un roman, pas un recueil de poèmes. Trop de phrasé forcé qui rendent l’ensemble assez lourd, malgré ses ellipses et ses non dits, qui compliquent beaucoup la compréhension. Surtout, si, comme moi, on préfère une écriture certes belle, mais plus directe et moins alambiquée. Pas besoins d’effets de style exagéré pour exprimer ce qu’on a à dire si son propos tient la route. Et justement, j’ai l’impression que ce style très ampoulé sert à cacher le manque de substance et peut être de réflexion. On sait que le personnage est motivé par sa quête d’amour, mais à aucun moment, il n’y a du recul. Ou alors ça a été ellipsé aussi et je n’ai pas su le lire.

De plus, le livre est écrit à la première personne. Puis, d’un coup, comme ça, sans explication, on passe à la troisième dans un chapitre, pour revenir au « je » au chapitre suivant. Si ce « elle » était le moment de réflexion sur elle-même, ce n’était vraiment pas clair, et peut-être pas le choix le plus judicieux et le plus cohérent.

Ensuite, je ne comprendrais décidément jamais comment un livre raconté à la première personne, même pour un récit fictif, peut aller jusqu’à relater la mort du personnage.

En conclusion, malgré tout, un moment de lecture assez sympathique mais anecdotique, si on ne bute pas sur les détails et si on ne réfléchit pas trop à ce qu’on est en train de lire pendnant qu’on attend son bus ou son train qui est encore en retard. (Sinon, ça m’arrive aussi de lire des livres que j’aime, mais je n’ai pas le besoin d’écrire dessus. C’est toujours plus facile d’argumenter pourquoi on n’a pas aimé quelque chose que de dire pourquoi on a aimé quelque chose, en tout cas pour moi, allez savoir pourquoi.)