Allemagne, Entre-deux, Etats-Unis, Science Fiction

Wilde Reise durch die Nacht – Walter Moers

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Walter Moers
Editions : Goldmann
ISBN : 978-3442452910
224 pages

Non traduit en français (pour le moment)
Wild Ride through the Night

 

Der junge Gustave möchte unbedingt ein großer Zeichner werden. Aber zuvor muss er in einer einzigen Nacht von der Erde zum Mond und einmal quer durchs Universum reisen, denn er hat eine Wette mit dem Tod abgeschlossen, bei der es um nichts Geringeres als sein Leben und seine Seele geht. Moers illustrierte Gustaves fantastische Reise anhand von 21 beeindruckenden Bildern aus dem Werk von Gustave Doré, dem erfolgreichsten Zeichner des 19. Jahrhunderts.

Aaaah, Walter Moers ! C’est seulement la combientième fois que j’en parle ? Bien trop souvent, non ? Je vous rassure, c’est le dernier pour un moment. Au moins jusqu’à la sortie du Château des livres qui rêvent, courant 2015.

Exceptionnellement, il ne nous emmène pas en Zamonie. Cette fois-ci, nous restons bien sagement en Europe. En France. En Alsace. A Strasbourg, plus précisément. On se retrouve dans la peau de quelqu’un que nous connaissons tous, et qui a signé toutes les illustrations de ce livre. Car, comme tous les livres de Walter Moers, Wilde Reise durch die Nacht (qu’on pourrait traduire par Chevauchée Sauvage à travers la Nuit) est illustré. Pas par l’auteur, mais par Gustave Doré (mais si, vous connaissez ! Les fables de la Fontaine et les contes de Perrault ? La déco des trams de la CTS ce printemps ?).

L’auteur a pris le parti de sélectionner 21 gravures de Gustave Doré, piochées dans toute son œuvre, qu’il s’agisse de la Bible, de Don Quichotte, de The Raven, d’Edgar Allan Poe, ou de Paradise Lost de Milton, et d’écrire une histoire qui rendrait ses gravures cohérentes entre elles, tout en rendant hommage à d’autres œuvres de la littérature. Exprimé comme ça, le projet semble ambitieux.

Nous retrouvons donc Gustave, 12 ans, capitaine d’un navire en proie a un tempête. Afin d’échapper à la Mort, il conclut un marché avec elle. Il devra relever six défis avant la fin de la nuit, tel un Hercule prépubère, sans quoi son âme sera confinée dans un minuscule cercueil, puis jeté dans le feu du Soleil, parce que sans Soleil, pas de vie, sans vie, pas d’âmes, sans âmes, pas de Soleil, tel est le cycle de la… oups. Ces six tâches lui sont données par la Mort et sa sœur, Dementia, qu’il retrouvera tout au long de son périple.

Bien entendu, la Mort lui envoie des serviteurs qui devront aider Gustave. Il se retrouve donc, tel Don Quichotte, à parcourir le monde, à tenter de sauver d’innocentes vierges des griffes de dragons sanguinaires, à moins que ce ne soit l’inverse, à traverser une forêt de démons fêtards, à parcourir l’espace avec le plus monstrueux des monstres, pour enfin terminer sur la lune.

Comme d’habitude, les situations sont souvent loufoques, toujours pleines d’imagination, et comme peuvent l’être les aventures du dragon écrivain Hildegunst Taillemythes, un très bel hommage à la littérature et à Gustave Doré qui, semble-t’il, avait sombré dans l’oubli de l’autre coté du Rhin, et à qui Walter Moers voulait rendre ses lettres de noblesse.

Néanmoins, le dénouement est plus que prévisible et certains rebondissements un peu poussifs. On se doute de la fin dès les premières lignes, et les évènements parfois trop forcés pour coller exactement à l’illustration selectionnée.

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C’était une lecture agréable, pas du niveau de la Cité des livres qui Rêvent, mais on mettra ça sur le compte qu’il s’agit de son premier roman, ayant surtout œuvré pour la télé (l’Ours Bleu), et en tant qu’auteur de BD (Le Petit Emmerdeur, Adolf), et aussi qu’il n’a pas illustré lui même et qu’il a du faire avec ce qui était à sa disposition.

Du fragst dich jetzt sicher, was an der Sorge so schrecklich sein soll, stimmt’s? […] Genau das ist eine meiner verheerendsten Eigenschaften: daß man mich für selbstverstandlich hält. Für angebracht! […] Ich fresse Männer, Frauen und Kinder, ohne Ansehen von gesellschaftlichen Rang oder Charakter. Ich bin rücksichtslos, unbarmherzig, kaltblütig und ohne Gnade.*

NdlR : Tu te demandes certainement ce qui rend l’inquiétude si monstrueuse, pas vrai ? […] C’est justement l’une de mes caractéristiques les plus dévastatrices : on me croit évidente. Indiquée ! […] Je ronge les hommes, les femmes et les enfants, sans distinction de rang social ou de caractère. Je suis indélicate, impitoyable, au sang-froid, et sans merci.

Des extraits (en allemand) et des visuels sont disponibles ici : http://www.zamonien.de/roman_wilde-reise.php

 

 

 

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Allemagne, Animalité, Fantasy, Youpi Tralala

Rumo und die Wunder im Dunkeln – Walter Moers

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Walter Moers
Editions : Piper
ISBN : 978-3-492-24177-9
693 pages

 

Selbst die größten Helden haben klein angefangen.

Rumo – der Wolpertinger aus Walter Moers’ Bestseller « Die 13 1/2 Leben des Kapt’n Blaubär » – macht sich selbstständig aund geht seinen Weg: Wie er kämpfen und lieben lernt, Feinde besiegt, Freunde gewinnt und das Böse kennenlernt und wie er schließlich auszieht, um das größte Abenteur seines Lebens zu bestehen, davon erzählt das bisland spannendste, ergreifendste und komischte Werk von Walter Moers.

« Es gibt Wunder, die müssen im Dunkeln geschehen. » Professir Doktor Abdul Nachtigaller

 

Vous le savez, Walter Moers fait partie des auteurs que j’adore, et dont je vous ai parlé déjà maintes fois. Si Les 13 vies et demie du capitaine Ours Bleu étaient un poil en dessous de mes attentes, j’ai toutefois passé au crible fin les librairies berlinoises lors de mon séjour là bas, afin de pouvoir compléter ma collection (attendez-vous à entendre parler de lui plusieurs fois encore), et d’enfin pouvoir lire Rumo und die Wunder im Dunkeln, dont le personnage éponyme est présent dans la biographie de l’ours à la couleur azur.

Au début, accompagné d’un membre de la dysnatie Smeik (bien connue des lecteurs de la Cité des Livres qui Rêvent, ou de la vie de l’Ours Bleu) qui, en lui racontant des histoires et en partangeant sa connaissance toute théorique de l’art du combat, lui permet de libérer ses instincts sauvages, de sauver toute une population enfermée sur une île flottante (rien à voir avec le dessert), et ainsi de devenir le premier héros méconnu de son espèce, puis, une fois devenu adulte et ayant rejoint la ville où vivent tous ses congénères et découvert son fil argenté sous les traits d’une femelle Wolpertinger très spéciale, ses pérégrinations le mènent au devant de nombreux dangers, tous pires les uns que les autres. Mais il parvient néanmoins à trouver du soutien dans les endroits les plus inattendus, tout en affrontant son destin seul avec son épée schizophrène (oui, l’épée n’est pas toute seule dans sa lame).

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und die Wunder im Dunkeln (Rumo et les miracles dans l’obscurité, traduction approximative, l’ouvrage n’ayant, pour le moment, pas de version française), est un roman initiatique, parodiant les quêtes initiatiques mythologiques (les Nibelungen, par exemple, ou encore l’Edda) qui suit un chiot Wolpertinger (qui n’a rien à voir ici avec les chimères des Alpes) depuis sa ferme natale au monde souterrain de la Zamonie, à la recherche du fil argenté, quête suivie par toutes les créatures de son espèce. Le lecteur suit l’évolution de ce chiot rose, faible et cornu, qui ne pense qu’à son panier et à manger, jusqu’à devenir un Wolpertinger adulte, au pelage blanc, féroce, et, avouons-le, un peu bête, (ce qui ne le rend pas moins attachant). Cette dernière caractéristique le différencie également des autres héros Moersiens, entre l’Ours Bleu, malin et débrouillard, et Hildegunst Taillemythes, intellectuel héroïque et éloquent, qualité dont manque cruellement Rumo, qui « ne sait pas raconter les histoires », mais qui adore en écouter. Cet aspect « histoire racontée oralement » est d’ailleurs présente dans tout le roman, le narrateur omniscient externe ne se privant pas commenter sarcastiquement les faits, le seul chapitre relevant du domaine de l’écrit dans le style est celui qui retranscrit un journal intime au contenu Lovecraftien.

 

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Rumo est un roman plein de rebondissements, qui ennuient rarement, s’enchainent sans longueurs, et tous les éléments se mettent en place logiquement et de manière toutefois imprévisible, grâce à des changements de perspective rapides. Contrairement au tome précédent (L’Ours Bleu, pour ceux qui ne suivent pas, là bas, au fond), l’écriture est bien moins linéaire, et la narration bien plus maitrisée.

De nouvelles parties du continent Zamonien sont défrichées, de nouvelles espèces sont présentées, l’histoire (à ce moins que ce soit l’Histoire ?) du continent est explicitée, ce qui permet aussi de préparer le terrain pour les tomes suivants, à savoir,  la série de Bouquinbourg (le troisième tome est à paraitre en V.O. en automne.), et, comme toujours, les illustrations permettent de découvrir encore plus profondément la faune particulière de ce monde à part.

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Il est vraiment dommage que ce tome ne soit pas traduit (pour le moment) en français (même si la traduction de cet auteur doit s’avérer ardue), cet univers étant très complet, et chaque livre permettant encore d’approfondir ce monde foisonnant.


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Wenn du wolltest könntest du den ganzen Tag Wasser lassen, wo du gehst und stehst, aber du tust es nicht, was wäre das denn für eine Sauerei? Du staust es auf bis es weh tut, dann lässt du es fließen, und es ist eine Erlösung – stimmst’s? Genau so solltest du kämpfen: wie du pinkelst.

Si tu le voulais, tu pourrais pisser toute la sainte journée, peu importe où tu te trouves, mais tu ne le fais pas, parce que ça serait vraiment crade. Tu te retiens, jusqu’à ce que ça devienne douloureux, puis tu laisses couler, et c’est un vrai soulagement, pas vrai ? C’est exactement comme ça que tu devrais te battre. Comme tu fais pisse.