Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy, La Femme Sauvage

Le Peuple des Rennes – Megan Lindholm

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Dans un univers désolé ou le froid et la nuit règnent en maîtres, une femme hors du commun, Tillu la guérisseuse, se bat pour protéger son fils, l’inquiétant Kerleu. Fuyant le chaman Carp qui désire lui voler son fils pour en faire son apprenti, elle s’installe loin des hommes, à l’écart, bien  décidée à aider son jeune Kerleu à devenir un homme. Jusqu’au jour où elle aperçoit deux chasseurs dans le vallon. La chasse tourne mal, l’un d’eux est blessé. Comprenant vite que sans son aide, il risque de mourir, Tillu n’a d’autres choix que d’aller le sauver et de les héberger pour la nuit. Elle apprend qu’ils appartiennent à une tribu, installée non loin de là : le peuple des rennes. Megan Lindholm, avec son immense talent, nous fait vivre, jusqu’au dénouement final, les aventures d’une mère et de son fils dans un univers primitif et hostile dominé par les hommes.

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Si Robin Hobb doit être l’une de mes auteurEs préférées, je n’avais jamais lu ce qu’elle a écrit sous son vrai nom. C’est en farfouillant dans un bac de livres d’occasions que j’ai trouvé le premier tome du Peuple des Rennes et que j’ai pu y remédier. Le livre a été écrit après L’Assassin Royal, livre avec lequel je l’ai découverte, et on y retrouve quelques thématiques similaires, évidentes même, notamment à l’aide du titre du deuxième tome : Le Frère du Loup. On y retrouve aussi certains thèmes récurrents d’un de ses romans les plus décriées : Le Soldat Chamane. Si Le Peuple des Rennes n’est pas son meilleur écrit, il est dans la continuité de ses œuvres à succès.

On y retrouve également la thématique de l’animal totem, avec lequel les personnages ont un lien surnaturel, et qui leur permet de se trouver eux-mêmes, voire de se libérer. En effet, presque chaque personnage à une personnalité que l’on peut rapprocher de celle d’un animal : du loup au glouton, en passant par la chouette.

Nous suivons Tillu, une guérisseuse qui tente tant bien que mal d’éduquer Kerleu, son fils atteint d’autisme, conçu lors d’un viol par des pilleurs d’une tribu ennemie. Kerleu, qui semble très réceptif à l’apprentissage de Carp, chamane d’une tribu à laquelle sa mère s’est jointe ; une tribu nomade aux mœurs misogynes et dont le guide spirituel, tel le gourou d’une secte, parasite leur existence. Afin d’en éloigner son fils influencé, elle fuit et s’isole, jusqu’à sa rencontre avec le peuple des rennes, où un homme en particulier est bienveillant envers elle et son étrange fils, et où les femmes semblent indépendantes et libres. En effet, elles n’ont pas besoin d’hommes pour marchander, elles ont des possessions propres, des troupeaux qui leurs appartiennent, indépendamment de leurs pères et maris. Maris qu’elles ont d’ailleurs le luxe de pouvoir choisir elles-mêmes. Mais, comme dans tous les livres de cette auteure, si c’était si simple, ce serait bien trop simple (et, avouons-le, pas super passionnant si le héros ne rencontrait pas de problèmes). Parce que malgré cette apparence idyllique, le machisme et le patriarcat s’immiscent dans la tribu et certaines femmes vont en souffrir bien plus que d’autres. De l’homme jaloux de ne pas avoir été choisi à la jeune fille mariée de force à un homme qu’elle ne respecte pas, la liberté diminue et la place des femmes recule au sein de ce peuple si pacifique.

Ce roman est classé dans la fantasy, sans doute à cause des pouvoirs des chamans, mais le cadre semble très proche des tribus nomades du Nord (Canada ou Sames de Scandinavie, je n’arrive pas à me décider, ou peut être Mongols de Sibérie. A cause des prénoms des membres du peuple des rennes, aux sonorités scandinaves ou finlandaises, et des descriptions physiques. Mais dans tous les cas, il y fait froid, et il y a des rennes, donc, on peut exclure l’hémisphère sud.)

La problématique liée à la place des femmes soulevée dans ce livre est toujours d’actualité, 9 ans après sa publication, ce qui en fait une œuvre universelle, et fascinante d’un point de vue féministe.

S’il fallait le comparer aux livres de Robin Hobb, il serait un poil en dessous de ses meilleurs sagas. Mais comme il est paru sous le nom de Megan Lindholm et que je n’ai jamais rien lu d’elle sous ce nom de plume là, la comparaison n’est pas vraiment valable. Dans tous les cas, il vaut la peine d’être lu, mais il ne faut pas s’attendre à une lecture aussi envoûtante que celles du Cycle des Anciens. (Bon, après, faut dire que L’Assassin Royal a été une claque monumentale pour moi, donc je place la barre très haut.)

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Morceaux choisis :

N’importe quel membre de notre groupe doit pouvoir se déplacer la nuit sans avoir peur. Le monde appartient à tous, dans la lumière et l’obscurité. Pour quelle raison quelqu’un aurait-il imaginé de dire : « Attention, […], la nuit est mortelle. »?

Une femme qui remet en cause la volonté d’un homme vit seule depuis trop longtemps. Elle en a oublié l’ordre du monde.

N’accomplis jamais pour une femme ce qu’elle peut faire elle-même. Sinon, il n’y aura plus rien qu’elle assume seule.

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Imprésario du troisième type – John Scalzi

Bon, la couverture ressemble un peu à un Chair de Poule..
Bon, la couverture ressemble un peu à un Chair de Poule..

Vous vous êtes déjà demandé comment vous réagiriez si vous croisiez un extraterrestre ? Partiriez-vous en courant ? Même si l’extraterrestre en question est pacifique ? Comment preparer l’humanité à une rencontre du troisième type sans semer la panique ? Avec un imprésario !

La télévision humaine est diffusée dans l’espace, avec du décalage, certes, mais les extraterrestres suivent avidement les aventures de, euh, je sais pas trop, en fait, les séries ne sont pas nommées, et je n’y connais rien en séries des années 50, mais vous voyez le concept. (Sinon, c’est un peu comme dans Futurama, quand Lrrr est fan de la série « Avocate et célibataire »)

Comment ça ! Happy Days est déprogrammé ?!
Comment ça ! Happy Days est déprogrammé ?! Ma sorcière bien-aimée aussi ?!

Du coup, les Yherajks décident de faire ami-ami avec ces êtres merveilleux que sont les terriens. Garer la soucoupe devant la Maison Blanche n’est pas une option, il faut opter pour la solution du Cheval de Troie. (Se garer sur la pelouse de la Maison Blanche, en plus, ça doit donner de grosses contraventions. Et les Troyens, ils étaient pas contents du cheval, je crois).

Seulement voilà, les Yherajks sont des blobs. Des blobs puants en plus. Qui peuvent entrer dans une bonbonne à eau…

Comme ça :

En fait, ce livre, c’est Futurama avant l’heure

Leur agent, Tom, est déjà l’agent d’une starlette bimbo, mais neuneu. Qui veut absolument avoir un rôle dans un film d’auteur, dont son intellect ne saisit pas l’envergure. Tom est également le maître du chien vieillissant de ses voisins qui préfère sa compagnie à celle de ses propriétaires légitimes. Quand à sa grand mère, rescapée des camps nazi, elle ne parle plus depuis un AVC. Et là, vous me demanderez, mais quel est le rapport avec les blobs ? Et je vous dirais que TOUT est en rapport ! On se demande au début ou il veut en venir, avec ses personnages étranges, pourquoi on ne voit pas d’autres extraterrestres que Joshua (oui, le blob principal s’appelle Joshua, est claustrophobe, aime les pizzas, téléphoner, la série C.H.I.P.S, et, heureusement, ne ressemble pas à un insecte.) et pourquoi nous assistons aux castings de Michelle Beck, l’actrice gentille, mais naïve. Pourquoi ce journaliste d’un tabloïd miteux est si présent ? Pourquoi tant de pièces sont disséminées ici et là ? Vont-elles s’assembler de manière cohérente ? Eh bien oui.

Malgré sa couverture qui ne paie pas de mine (je prefère les illustrations de Kidby dans son style Pratchettien), son titre qui fleure bon le nanar livresque, on passe un bon moment, on rit parfois, on sourit souvent, et parfois, aussi, on a les larmes aux yeux. Parce que, bon, toutes les ficelles du nanar filmique sont là (je parle de nanar type L’attaque de la moussaka géante, hein, pas de film nul qui se prend au sérieux), et en livre, ça prend bien. L’auteur raconte, à la fin, l’histoire de son manuscrit, écrit dans les années 90, et légèrement remanié lors de sa publication, et j’aurais presque pensé qu’il a été écrit l’an dernier.

Si vous aimez les nanars, la SF, les blobs, et les livres décallés, allez y sans hésiter !

Amérique(s), Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy

Kushiel, tome 1 : La Marque – Jacqueline Carey

Bon, hein, faut pas se leurrer, la couverture fait un peu Harlequin bas de gamme
Bon, hein, faut pas se leurrer, la couverture fait un peu Harlequin bas de gamme

Faut dire que la couverture, comme ça, sans en avoir entendu avant, elle me parlait pas. Mais comme j’ai entendu beaucoup de bien de la série, j’me suis dit que j’allais tenter, au pire, si c’est mauvais ou ne me plait pas, ça me fera un article marrant. Bon, pour l’article marrant, ça le sera pas, parce que le livre est bien. Malgré la couverture avec une femme à poil (ça marche bien, ce genre de couverture, je crois), les rumeurs décrivant le truc comme érotique (ouais, c’est marrant à lire ses trucs là, mais ça me fait autant d’effet que Bob l’eponge. (Non, je ne suis pas épongeophile)) et mes a prioris découlant des premières impressions que j’ai pu avoir, j’ai dégotté le livre, l’ai placé sur ma liseuse (sinon, je vous aurait mis une photo avec Mr Mouton, mascotte officielle de mes lectures, qui a pris goût a poser, coincé dans mes livres), et je l’ai commencé, m’attendant à une lecture légère et facile, pour me remettre de mes émotions qui m’ont fait arreter la lecture des Frères Grossbart. Mais non, visiblement, la série Kushiel n’est pas une lecture facile, les tomes sont épais (il me semble, hein, ma liseuse disait qu’il faisait 1323 pages, Anobii, me dit qu’il en fait 700 et des poussières, bref, c’est pas un Nothomb qui se lit en une heure (d’ailleurs, il m’a fallu 17 heures pour le lire (oui, j’ai chronometré (non, en fait, le Kobo indique le temps de lecture de chaque livre))). L’épaisseur n’est d’ailleurs pas la seule chose qui me fait dire ça, vu que finalement, il s’agit d’intrigues de cour compliquées. (Par moment, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Angélique,  Marquise des Anges… Les livres, hein, pas les films… Comment ça, ma référence est nulle ? ><)

Bref, de quoi ça parle ? Terre D’Ange, un pays semblable à nos pays latins voue un culte à Elua et ses Compagnons, qui, eux, ont accompagné Yeshua jusqu’a sa crucifixion. Naamah et Kushiel sont deux de ses compagnons, Naamah a donné son corps pour Elua, et Kushiel punit au fouet.

Phèdre, l’héroïne, est la fille d’une servante de Naamah (vous vous doutez bien de son service, hein) et est marquée par Kushiel. Son oeil est orné d’une marque rouge sang, qui la désigne comme étant une anguissette, l’élue de Kushiel, condamnée à trouver son plaisir dans la souffrance. Elle est vendue par ses parents à une maison de la Cour de Nuit, le quartier des plaisirs charnels. A dix ans, elle est rachetée par son mentor, Anafiel Delaunay; qui lui enseigne l’espionnage, et compte bien se servir d’elle pour parvenir a remplir ses obscurs desseins.

Phèdre, en tant que première anguissette née depuis trois générations, à nombre de clients qui se satisfont de la souffrance qu’ils infligent. Donc oui, ce livre parle de sexe, mais jamais de manière crue ou vulgaire. Les descriptions des supplices infligés peuvent parfois aller à l’encontre des limites des personnes sensibles, mais ces passages restent rares, et souvent, sont eludés par la narration à la première personne (oui, parce que bon, quand on est inconscient, c’est rare qu’on puisse raconter ce qui se passe). Certains clients sont au centre d’une conspiration pour accèder au trône, et Phèdre devra utiliser ses talents pour déjouer le complot et s’assurer que l’héritier légitime puisse y accéder, tout en maudissant ses préférences et ses faiblesses liées à la marque de Kushiel présente dans son oeil.

Si l’histoire en elle même est fascinante, j’ai relevé un point qui m’a perturbé et qui est présent tout au long du livre. Terre D’Ange n’existe pas, et même s’il s’agit de « fantasy historique », j’ai regretté l’absence de culture originale et créee de toutes pièces. Car si les Skaldiques habitent à l’Est, tout en eux respire le Viking. Depuis le nom de leur peuple, skald signifiant poête ou héros de saga scandinave, leur alphabet, appelé Futhark, composé de runes, tout comme l’alphabet des anciens germaniques, dont chaque rune n’est pas seulement une lettre, mais également un symbole, jusqu’au nom des dieux, dont le dieu « en chef » est appelé Odhinn, selon l’orthographe en norrois, qui reprend les mêmes caractéristiques physiques (l’oeil en moins, les corbeaux, les loups). (Oui, la mythologie scandinave, c’est mon dada).

Futhark
Alphabet runique Futhark

Odhinn

Les autres peuples, Pictii et Cruithnes sont certainement fortement inspirés des Celtes ou d’autres peuples, mais soit leurs descriptions n’était pas assez précises, soit mes connaissances en la matière ne sont pas suffisantes pour relever les points communs. Mais je crois que j’aurait préféré que les choses soient claires et se passent dans un monde qui a existé, plutôt que de prendre des élèments historiques, changer les noms et les transvaser dans un monde imaginaire. Même la cartographie est calquée sur l’Europe.

Terre D'Ange - Cartographie
Terre D'Ange - Cartographie

Mais mon plaisir de lecture n’en a pas été réduit, ça m’a amusé de relever les éléments inspirés de choses réeles et de voir à quoi elles correspondaient.

Bref, ne vous fiez pas à la couverture et aux à priori sur l’histoire d’une prostituée, et lisez le si vous en avez l’occasion et le temps. Moi, en tout cas, je me suis fournie la suite.

Entre-deux, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne

The Graveyard Book – Neil Gaiman

The Graveyard Book - Neil Gaiman
Il m'a fallu trois semaines pour capter qu'il y'avait un visage dans la pierre tombale, je suis une flèche !

 

L’homme Jack a une mission, éliminer une famille jusqu’au dernier. Mais le dernier en question, bien qu’il sache à peine marcher, n’est pas de cet avis et va chercher refuge dans le cimetierre situé à côté de la maison ou ses parents et sa soeur ont été tués. Là, il est recueilli par les habitants du lieu, des fantômes et autres créatures surnaturelles. La famille qui décide de s’occuper de lui l’appele Nobody, car il ne ressemble à personne. Nobody jouit de pouvoirs qui lui permettent de rester incognito au cimetierre, et c’est un vampire qui est chargé de lui apporter de la nourriture et tout autres choses du monde des vivants dont il pourrait avoir besoin.

Chaque chapitre du livre est une aventure sans rapport avec les précédentes, et se passe deux ans, à peu près, après le chapitre qui l’a précédé. On rencontre les habitants du lieu, et Bod apprend les rudiments de la vie (et de la mort par la même occasion, forcément), grâce à eux. Bien sûr, il rencontre également des vivants, mais leur univers semble bien étrange par rapport au monde des morts. D’ailleurs, l’univers du livre est assez burtonien, où le monde des morts semble bien plus joyeux que celui des vivants. J’ai eu de nombreuses réminicences des Noces Funèbres pendant la lecture. (Bon, et un personnage m’a fait penser à une prof que j’ai eu à la fac, mais seulement au cause du nom à consonnance d’Europe de l’Est (du coup, ce personnage avait un fort accent dans ma tête -__-)).

L’étrange vie de Nobody Owens en français reste un roman jeunesse, ou les gentils sont gentils, et les méchants, ben, forcément, ils sont méchants. Mais sa force réside dans l’imaginaire de l’auteur, et ça reste une histoire touchante, sur la solitude, la différence, Bod étant vivant parmi les morts, et parmi les vivants, il n’est pas vraiment à sa place non plus, l’apprentissage de la vie, et, même si certains éléments semblent déjà vus (les loups garous, les vampires, les fantômes, et le côté vraiment très burtonien), ou si ça peut sembler simpliste, ça reste une lecture agréable, qui soulève des points importants, qui sont souvent oubliés, même des adultes.

Bon, en fait, cet article, c’est surtout pour introduire une citation qui m’a semblé très juste (et aussi la seule que j’ai réussi a surligner lors de ma première prise en main de ma liseuse…) :

Wherever you go, you take yourself with you.

C’est le troisième livre de Gaiman que je lis, le deuxième qui est qualifié de jeunesse, et celui ci me parait bien moins « glauque » que Coraline, que je ne suis pas sûre que j’aurais bien digéré si je l’avais lu en étant petite.

Et, pour finir, pour illustrer mon propos du style Corpse Bride :

 

 

Caca Bouquin, Epoque victorienne, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne, Historique

Victoria, reine et tueuse de démons – A.E. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c »était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

« Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant. »

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.

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A Dance with Dragons – George R.R. Martin

A Dance with Dragons - Georges R.R. Martin
A Song of Ice and Fire 5: A Dance with Dragons - Georges R.R. Martin

J’ai sauté dans un train en marche pour la série du Trône de Fer (fallait courir vite, je vous assure), j’ai commencé le premier tome en juillet,  et j’ai terminé le dernier mi-août. J’ai rattrapé mon retard, j’ai devoré tout les livres, et je vais parler du dernier, même si je devrais commencer par la début, parce que ma mémoire a tout melangé, et qu’il est plus frais.

Et puis surtout, une pensée m’a suivie pendant toute ma lecture, et quand j’ai vu cette phrase sur le forum de Westeros.org, j’ai su que je n’étais pas la seule :

Once he separates his consciousness from Nighteyes, Jon will be too busy plotting his revenge on Prince Regal to worry about the Others.

Voila voila. En tant que grande fan de L’Assassin Royal, que j’ai découvert sur le tard aussi, le lien des Stark avec leurs direwolf m’a fortement interpellé. Mais je ne parle pas de plagiait, hein, étant donné que les premiers tomes des deux séries ont été écrites en même temps et publiés la même année.

Sinon, je voulais vous parler du livre lui même. Le début recoupe les évènements du tome précédent, A Feast for Crows. Je ne comprend pas pourquoi Martin a décidé de séparer ses chapitres (qui étaient dejà écrits) par géographie plutôt que par chronologie, comme les tomes précédents.

Du coup, pendant les premiers chapitres, comme certaines choses ont été relatées par un autre personnage du début du livre précédent (que j’avais lu une semaine avant), je ne suis un peu ennuyée. Mais peut être que si on a attendu 6 ans entre ses deux livres comme les fans de la première heure, ce n’est pas choquant.

Attention, spoilers ! Je vais essayer de ne pas en faire trop pour ceux qui n’ont pas encore lu.

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Par exemple voir Jon annoncer à Vère et Sam qu’ils devront aller a Villevieille avec Mestre Aemon, alors qu’on avait vu la même scène du point de vue de Sam au début de A Feast for Crows. Mais ce début, même s’il peut faire doublon avec des évènements dejà connus nous permet de comprendre la facon dont Jon intègre ses nouvelles fonctions, et assimile un des derniers conseils du mestre avant son départ. On le voit passer du stade d’adolescent à celui d’homme accompli qui doit assumer ses choix, bons ou mauvais.

Certains personnages donnent l’impression de stagner pendant presque tout le livre, pendant la majorité des chapitres qui leurs sont dédiés, on a envie de leur donner des baffes en leur disant de se réveiller, et, de, bordel de merde, faire ce qu’ils ont à faire au lieu de fanstamer sur un corsaire à moustache bleue. Car non, Daenaerys n’a toujours pas débarqué à Westeros, on lui en offre même la possibilité et… Elle refuse… Elle préfère semer le chaos et jouer à la reine dans la baie des esclaves… Tout en se pâmant de désir pour un homme plus que discutable. Si jamais elle finit sur le Trône de Fer, elle va semer un bordel monstre, j’vous le dit !

D’autres personnages continuent dans leurs lancées, on suit l’apprentissage d’Arya, qui reste, malgré les règles auxquelles elle doit se plier, une Stark jusqu’au plus profond de son être. Bran, Hodor, Jojen et Meera continuent à s’aventurer au nord du Mur, à la poursuite de la corneille à trois yeux et des Enfants de la Forêt. Pour eux, l’histoire avance, mais à deux livres de la fin, on ne sait toujours pas ou ca va les mener, et comment ca peut bien s’intégrer dans ce jeu des trônes mortel. On découvre d’autres personnages, qu’on appréciait pas forcément au départ, on découvre leurs motivations, on apprend à les apprécier, ou a les hair.

Au lieu de clore certaines énigmes, d’autres naissent. Certaines prophéties donnent l’impression de se réaliser, mais seulement si on se triture le cerveau bien fort (The bleeding star, salt and smoke… To go West, you must go East… When the seas go dry…) Et comme d’habitude, le roman se termine sur un cliffhanger déprimant, surtout si on se rend compte que le livre suivant est à peine commencé et qu’il faudra encore des années avant d’enfin pouvoir le lire.

Fin des spoilers potentiels

En tout cas, A dance with Dragons est un livre introspectif et lent, sans évènement particulièrement marquant, sauf vers la fin, et qui nous laissent sur notre faim (haha !), loin de ceux de Storm of Swords ou A Game of Thrones, mais qui commence à poser les bases du dénouement final, tout en laissant ce dénouement complètement flou et imprévisible. Les personnages ne nous laissent toujours pas indifférents, et la force d’évocation de l’auteur est toujours là. Ce livre m’a un peu donné l’impression d’être l’oeil du cyclone, avant la tornade finale. Et c’est la dernière fois que je parle d’un livre qui est situé en plein milieu d’une saga. x.x

Sur ce, je m’en retourne me ronger les sangs sur le destin des enfants Stark et tenter de warger avec mon chat.

Et un teaser pour la série qui est très réussi :

Edit du 1.09.11 : en bonus, un débat sur GRRM. Est-il sexiste ou, au contraire, féministe, à voir ici :

Sur Tiger Beatdown, GRRM est un pervers pédophile et sexiste. (Ce serait presque crédible si elle ne donnait pas l’impression d’avoir tout lu en diagonale et d’avoir oublié tout ce qui arrive aux hommes dans les livres…)

Réponses  sur ThinkProgress et Boiled Leather.

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Brave petit soldat

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Cette fois ci, j’ai décidé de vous parler d’un livre (j’en entends râler, là bas au fond, oui, encore un livre, la prochaine fois, ce sera un dessin, promis) que j’ai aimé, qui n’a pas eu que de bonnes critiques, et que j’ai décidé de défendre. Par contre, comme d’habitude, hein, si vous voulez le lire, revenez quand ce sera fait, ça va spoiler sévère entre temps ici.

En fait, il ne s’agit pas d’un livre, mais de trois (je précise pour les rebelles qui sont là et qui n’ont pas lus, hein, je sais qu’il y en a, ne vous cachez pas, rhooo), écrit par mon auteur préférée, Robin Hobb (d’ailleurs, je vous ai dit que je l’ai vue en vrai ? Et qu’elle m’a dédicacé un livre, hein, hein, hein ? Non ? Bon, ben, maintenant, c’est dit ! ^^). Il ne s’agit ni de L’Assassin Royal, ni des Aventuriers de la Mer, mais du Soldat Chamane. J’ai décidé de défendre ce pauvre Nevare/Jamère qui s’en est pris plein la gueule pendant trois livres et dont le récit a été fortement critiqué. Comme je les ai lus en anglais, j’utiliserais les noms anglais, pas parce que je suis une puriste, mais parce que je ne connais pas les noms français et que j’avais quand même la flemme de chercher. (En fait, c’est plutôt parce qu’Internet est tombé en rade et que, du coup, je ne peux pas chercher, mais le résultat est le même.)

J’adore cet auteur parce que sa manière d’écrire éveille toutes sortes d’émotions, que ses personnages sont humains, bien loin du héros parfait présent si souvent dans la fantasy, qu’aucun de ses protagoniste n’est parfait, sans défaut de caractère et que les univers qu’elle créée sont très complets, et qu’on a l’impression d’avoir encore plein de choses à découvrir en fermant ses livres. En tout cas, même en lisant le dernier tome de chaque saga, j’ai envie de continuer, je n’ai pas envie de quitter les personnages ni les lieux.

Cette saga ci, a, je pense, beaucoup souffert de la comparaison avec ses œuvres précédentes. Alors qu’elle est à mille lieues du Royaume des Anciens, qu’il n’y a pas d’Art, pas de Vif, pas de dragons, pas de navires doués de volonté propre, ni de Prophète Blanc pour mettre tout le monde dans la bonne voie. Nevare n’est pas Fitz, Lisana n’est pas un prophète, et, contrairement au bâtard royal des Six Duchés, Nevare est seul. Seul alors qu’il est deux. Bien sur, il y a des traits communs, après tout, tout sort de l’imagination de la même personne, mais c’est un tort d’espérer un Assassin Royal bis. Bref, tentons d’oublier les Loinvoyants pour le moment, et partons en Gernia, à la rencontre de la cavalla du roi Troven, de la famille Burvelle et des Specks.

Nevare, est le second fils d’un second fils, donc, le fils soldat d’un fils soldat. En Gernia, la situation sociale est déterminée par l’ordre de naissance. Le fils ainé hérite du titre de noble, le second part à la guerre et recouvre sa famille de gloire, quand au troisième, il entre au monastère pour, sans doute, prier que son frère ne meure pas sur le champ de bataille ou ne desserte pas, afin de garder l’honneur de la famille sauf. Le roi Troven a bousculé l’ordre des choses en décidant que les fils soldats de nobles ayant bien combattu contre les Plainspeople ont droit, eux aussi, au titre de noble. Pas seulement par bonté d’âme, mais pour assurer que les nouveaux nobles le soutiennent, face aux anciens nobles de plus en plus puissants. Il a l’ambition d’assimiler les tribus indigènes et de s’approprier leurs terres, afin d’atteindre la mer par l’Est et de commercer avec les peuples situés de ce coté là de la carte.

Nevare, en tant que fils soldat, doit entre à l’académie de la cavalla après son 18ème anniversaire, afin d’y apprendre tout ce qu’un bon gradé doit savoir. Mais avant, il suit son mentor, un sergeant, fort sympathique au demeurant, qui lui apprend la discipline, et qui lui est autant un père que son vrai père. Son vrai père qui décide un jour de mettre Nevare à l’épreuve en le confiant à un Kidona, un indigène vaincu par ses troupes. Nevare devra devenir un Kidona, dépasser ses limites physiques et mentales et vaincre un esprit de la forêt. Forcément, il échoue et une part de lui se retrouve prise en otage par cet esprit. Bien entendu, il ne s’en rend pas compte. S’il y a une chose qui m’a perturbé, c’est que je ne crois pas qu’il se soit rendu compte de la perte d’une partie de lui même ce jour là.

Vous l’aurez peut être compris, Le Soldat Chamane, contrairement à la fantasy « traditionnelle », ne se passe pas dans un monde médiéval européen, mais dans un monde semblable au Nouveau Monde, à la découverte d’un nouveau continent, et, aussi, au traitement des amérindiens. Les Plainspeople sont placés dans des barraques insalubres, les gerniens leur imposent leurs croyances de force, et les gerniens qui ont eu le mauvais goût de s’accoquiner avec ces sauvages sont considérés comme marginaux. Pourtant, tout au fil de la saga, les hommes de Gernia ont l’air d’avoir une certaine fascination pour ces femmes exotiques et tachetées (les Specks sont appelés les Specks à cause de leurs tâches, zébrures, motifs de peau).

Donc voilà, Nevare fête ses 18 ans, changé sans le savoir par sa rencontre avec Dewara, la sorcier Kidona, et part à l’académie, vers son glorieux futur tout tracé. Sauf que l’académie n’est pas la colonie de vacances imaginée, bien sûr, il savait qu’il devrait travailler dur, mais il ne s’attendait pas un rejet catégorique de lui et de ses camarades fils de soldats anoblits par les fils de nobles, Qui les considèrent comme des moins que rien. Alors qu’en y réfléchissant, ceux-ci semblent oublier qu’eux non plus n’auront pas de titres, le titre de noble revient au premier né, alors qu’eux auront le droit de servir de chair à canon pour l’honneur de leur patronyme. Leurs fils seront bizutés comme eux ont bizutés ces nouveaux nobles.

Les peuples nomades de ces livres ont une culture et une mythologie à part, non seulement de celle de Gernia, mais aussi entre eux. Le seul point commun est que le fer, matériau présent dans toutes les créations gerniennes, annule leurs magies et inflige une grande souffrance physique aux mages lorsqu’ils sont seulement en sa présence. Ses mages, pour utiliser cette magie, doivent la stocker en mangeant de la nourriture spécifique. Plus ils sont gros, plus ils sont puissants et reconnus. Ce qui est bien contraire à la vision gernienne de choses, pour qui le surpoids est synonyme de gloutonnerie et de paresse. A leur mort, les mages sont donnés à un arbre qu’ils ont choisis des années auparavant, qui les avale, et leur permet de rester vivant et de pouvoir communiquer leur sagesse avec les mages des générations suivantes. On retrouve cette image de l’arbre plus ancien que les hommes, révélateur des sagesses accumulées pendant des siècles dans nombre de légendes et mythologies, qu’il s’agisse des arbres sacrés des druides celtes ou des arbres sacrés présent dans les légendes amérindiennes.

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Cette adoration des arbres fait l’objet de querelles et des guerres entre les peuples « sauvages » et les gerniens. Mais ce n’est pas la seule source de conflit et d’incompréhension. La magie est rejetée par les gerniens, qui, même s’ils en voient les effets, sont persuadés qu’il s’agit de superstitions et qu’une fois ses peuples intégrés à leur culture, ils abandonneront leurs croyances. Le parallèle avec l’histoire des Etats-Unis n’est pas à faire, je pense que tout le monde l’aura compris. Le peuple des Specks et celui de Gernia ne se comprennent pas, pas même sur les conditions de leur querelles, ce qui est une simple épidémie pour les uns est une forme de guerre bactériologique accordée par la magie pour les autres (la bactérie tueuse venait de faire ses premières pages dans les journaux quand j’ai lu les passages sur l’épidémie de peste ravageant l’académie puis Widevale, la ville d’origine de Nevare). On peut même considérer cet aspect comme l’inverse du fait histoire, étant donné que de nombreux amérindiens sont morts suite à des épidémies de maladies apportées par les européens contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés. Les Specks ont aussi des trains communs avec les Maoris, en effet, leurs marques ne sont pas naturelles comme le porte à penser le début des descriptions qu’en fait Nevare, mais sont une marque d’appartenance à une même famille, qui sont faites dès le plus jeune âge, à l’aide de cristaux et de boue. Et comment ignorer la danse de peur, semblable par le principe aux danses rituelles, présentes en Océanie, en Afrique, en Amérique, et même, croyez le ou nom, en Europe, au début du Christianisme, il y avait des danses rituelles aussi, mais qui m’a surtout fait penser à un rituel vaudou, de part l’expression des protagonistes et de la transe dans laquelle ils semblent être (après, le seul truc vaudou que j’ai vu, ça vient d’un vieux James Bond, hein).

Retournons chez Nevare et les gerniens. Nevare est un héros tragique qui lutte jusqu’au bout contre ce destin qu’il n’a pas voulu, qui le détourne du destin qu’il espérait avoir, et dont il ne maitrise rien. Il est déchiré par Lisana, l’esprit de l’arbre contre lequel il a lutté sous les ordres de Dewara, qui détache un morceau de lui qui restera avec elle et deviendra un mage, contrairement au morceau qui reste ancré dans son corps, qui remplit toutes les espoirs que son père a nourri pour lui et cherche à remplir tout les rêves qui l’ont bercé. Quand enfin, il retrouve ce pan de lui devenu mage, il le rejette, il deviendra une entité à part luttant contre le destin infligé par la magie et par Lisana. Il est condamné à devenir celui qui trahira sa patrie et sa famille, afin de sauver ce peuple dont il ignore tout et qui est menacé par l’avancé vers l’Est commanditée par ce roi auquel il a juré fidelité. Nevare souffre de sa dualité, de ces deux destins qu’il doit remplir, l’un au détriment de l’autre, et est déchiré par la trahison inéluctable de sa patrie et par ce qu’il adviendra des nomades s’il échoue. De plus, une fois les deux entités que sont Nevare et Soldier’s boy réunies dans un même corps, Nevare deviendra un contenant à magie, un homme énorme, rejeté par les siens à cause de son poids, et adoré par les Specks pour les mêmes raisons. Renié par son père, rejeté par sa promise, renvoyé de l’académie, il tentera malgré tout de devenir heureux, par lui même, dans sa dualité, avec sa magie. Mais la magie a des plans, Nevare est son instrument, il n’a pas le droit au bonheur tant que le destin prévu pour lui ne sera pas accompli. Le sort s’acharne contre lui et il manque de mourir trois fois. D’ailleurs, deux fois sur trois, il est réellement mort pour revenir ensuite.

Ce qui nous amène à un étrange personnage qui apparait peu, mais qui a un rôle décisif. Le dieu corbeau de la mort et l’équilibre. Orandula réclame à Nevare son dû. Une mort, ou une vie, pour compenser l’offrande qui lui avait faite que Nevare lui a reprise sans se douter des conséquences que cela impliquerait. Lorsqu’Orandula passe à l’action, il devient réellement le dieu de l’équilibre et est bien plus qu’un oiseau de malheur qui dépouille les charognes. (Je n’en dis pas plus, au cas où des gens auraient lu jusqu’ici sans avoir lu les livres, hein).

Il y a aussi des parallèles évidents entre le XIX siècle aux Etats-Unis et Gernia. La ville ou Nevare passe sa dernière année avant de rejoindre la forêt se nomme Gettys. Gettysburg est le lieu ou une bataille capitale de la guerre de Sécession s’est déroulée. La sœur de Nevare provoque une ruée vers l’or, qui dirige tous le monde vers… l’Ouest. Quand à la reine férue de spiritisme, eh bien, sachez que les premières séances de spiritisme à base de tables tournantes ont eu lieu en 1848 aux Etats-Unis, avant que la mode ne survienne en Europe, et plus précisément en France en 1853.

hobb

Les critiques concernaient les longueurs du récit, mais chaque élément est nécessaire au développement de l’intrigue, des personnages.

Europe, Grande-Bretagne, Réécritures, Science Fiction, Youpi Tralala

L’affaire Jane Eyre – Jasper Fforde

L'Affaire Jane Eyre
L'Affaire Jane Eyre (j'hésitais entre cette couverture et celle du kit de clonage de dodo)

Dans ma liste de livres publiée plus tôt, il manque des classiques. Et c’est impardonnable. J’espère que vous avez lu Jane Eyre ! Non ? Lisez-le et revenez sur ce billet plus tard ! Si oui, eh bien \o/ !

Ca m’arrive de lire des choses que je n’ai pas envie de critiquer, des choses qui ne sont pas criticables, et, pour une de ses choses, il faut avoir lu Jane Eyre. (Vous noterez que j’écris plus sur des livres que sur le but original de ce blog, hein -__-, mais ça marche mieux, faut croire. Mais je n’ai pas oublié le but premier, hein, je vous assure !)

Bref, je voulais vous parler de L’affaire Jane Eyre, de Jasper Fforde. Ca fait un moment que je voulais le faire, mais je n’arrive pas à encenser. Ca me casse mon rythme de rédaction. Et c’est moins marrant à écrire. Mais ce livre est super marrant à lire, hein !

Un monde parallèle géré par une multinationale et où l’on peut entrer dans les livres, où l’on peut cloner un dodo dans sa cuisine, et où des agents spéciaux voyagent dans le temps ou enquêtent sur des livres, voilà le cadre de ce livre. (Quelqu’un a un synonyme de livre ? Oo)

Dronte de Maurice
Pourquoi me suis-je toujours imaginé les dodos couverts de plumes roses ? O_o

Bref, le personnage principal, Thursday Next, vétéran de la guerre de Crimée (oui, elle a duré longtemps dans leur monde) entre dans le roman déjà cité, et en modifie la fin. (Chez eux, il ne finit pas comme chez nous.) Bien sûr, dans le monde des livres, rien n’est simple, et tout est compliqué par la diversité des personnages. Et son forfait devra être jugé et punit selon la Jurisfiction régnant dans cet univers loufoque.

Comment a-t’elle fait pour changer la fin? Comment était leur fin à eux, d’ailleurs? Et quel est le rapport avec les dodos ? Lisez-le ! Et toute la série, puisque vous y êtes ! Le 4ème tome de la série Thursday Next vous offrira d’ailleurs un magnifique mindfuck digne de ce nom. ^^

Et dire que ce livre a failli ne jamais être publié et que depuis Twilight, on nous sort des romans de vampires insipides à la pelle… Tout fout le camp, j’vous le dit !

(En plus, ya moins à dire quand on veut faire lire les gens sans les spoiler, pft.)