Billets d'humeur

Mam’zelle, eh, mam’zelle, c’est quoi ton 06 ?

Ca nous est toutes arrivées au moins une fois, on va quelque part et on se fait héler, arrêter, voire, pour les plus malchanceuses, agresser. Ca arrive en plein jour, quand il y a plein de monde, et si on ignore celui qui nous apostrophe, on se fait insulter. Bon, j’avoue, si je me suis fait insulter, je devais avoir les oreilles bouchées, je suis partie trop vite ou ils ont attendu que je sois loin. Ca m’est arrivé d’avoir peur, j’avoue, de me demander si on se fout de moi, mais jamais je ne me suis sentie vraiment en danger, et je croise les doigts pour que ça reste comme ça.

Ca m’est arrivé qu’un mec me colle pendant un trajet de bus et veuille m’offrir un téléphone pour Noel quand je lui ai dit que je n’en avais pas (je préfère ça à donner un numéro inconnu et ainsi traumatiser quelqu’un qui n’a rien demandé), ça m’est arrivé qu’un photographe amateur avec des tomates sur les yeux veuille me prendre pour modèle (ahem), ça m’est arrivé qu’on veuille simplement me faire la conversation (les bras chargés de courses, c’était pas le moment, mais même sans, j’aurais pas été plus loquace), j’étais en pantalon, en veste de ski, en rangers, en col roulé, en tee-shirt, en jupe, seule ou accompagnée, et rien ne les arrête. D’habitude, ça m’arrive une fois par an, mais là, ça m’est arrivé deux fois, deux jours de suite, dans deux situations différentes. Je ne vais pas faire un pamphlet pour dire de ne pas me parler, que je ne suis pas un morceau de viande, et qu’être sur la voie publique et porteuse de chromosomes double X ne fait pas de moi une personne publique. Pas que ce n’est pas mon avis, car ça l’est, mais plutôt que d’autres le font bien mieux que moi et la blogosphère regorge déjà de ces textes, et que je déverse mon incompréhension ne changerait rien.

Non, par contre, ce que je ne comprends pas, c’est l’incompréhension à laquelle on doit faire face si on n’aime pas se faire interpeller dans la rue. Je me souviens avoir rencontré une jeune femme qui s’énervait à la seule idée qu’on puisse l’interpeller, ça lui arrivait fréquemment, et elle rencontrait l’incompréhension la plus totale qu’elle ne se sente pas flattée. Je la comprenais, et je me heurtais au même mur qu’elle. Une de mes connaissances (mentionnée dans cet article) était comblée quand elle se faisait héler dans la rue sous les sobriquets les plus charmants. La traiter de salope dans la rue, c’était presque comme réciter un poême sous sa fenêtre un soir de pleine lune, lui peloter les fesses en passant a coté d’elle, c’était comme lui offrir un bouquet de 100 roses rouges qui ne faneraient pas. Qu’on se sente flattée quand un inconnu en face de nous dans le train nous dise qu’on a de jolis yeux, pourquoi pas… (Encore que, jamais fait l’expérience, je n’attire que les lourds, voire les pervers, mais toujours polis) Mais apprécier se faire réduire a son cul, de plus par des hommes qui, pour faire ça, ne valent pas qu’on leur réponde, c’est à se demander si ce n’est pas à cause de ses spécimens féminins là que la condition de la femme n’évolue pas, et non pas à cause seulement des hommes qui auraient peur de se faire voler leur pouvoir. C’est une chose de ne pas oser lever la voix contre eux, par peur, c’en est une autre d’encourager les insultes en répondant favorablement. Ce n’est pas parce qu’un gros lourd a daigné remarquer notre passage et le souligner bruyamment qu’il faut lui en être reconnaissantes !

Edit : comme je voulais vous le communiquer, l’enemi du féminisme, ce sont les femmes. Pas toutes, hein, mais beaucoup. C’est pourquoi je vous envoie chez l’Odieux Connard, qui en parle aussi.

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Protégé : Mouvement d’inertie

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Entre-deux, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne

Elle, recommandé par notre ami Sigmund

Elle : Un récit d'aventures
Elle : Un récit d'aventures, par Henri Rider Haggard

Un grand classique, présent dans la liste des must read, dont je n’avais jamais entendu parler avant que la couverture ne me frappe sur le rayon de la médiathèque. Une femme en habit digne de l’antiquité grecque, après la déception de Mémoires d’une catin, il fallait ma dose de héros en jupes et sandales. Sur la quatrième de couverture, on peut lire que ce cher Sigmund en a recommandé la lecture à ses patients et que Jung (ouais, j’ai du le googler, ma culture en matière de psychiatres a quand même ses limites) compare « sa puissance d’imagination à celle de L’enfer de Dante et de L’Anneau du Nibelung de Wagner (pourquoi c’est au singulier en français, ça, d’ailleurs, en VO, c’est die Niebelungen Sage, eine Niebelung, mehrere Niebelungen o.O).

Ce livre met en abyme le récit lui-même. En effet, le premier narrateur, à la première personne, à rencontré le narrateur suivant, et raconte cette rencontre, et comment il a reçu le manuscrit qui raconte l’histoire d’ »Elle ». Le deuxième narrateur raconte son histoire dans un manuscrit qu’il envoie au premier narrateur (vous suivez ?), ensuite, le premier narrateur n’apparait plus que dans les notes de bas de page, sous le nom de « l’éditeur ».

On suit donc M. Holly, linguiste à l’université de Cambridge, depuis une funeste nuit où l’un de ses amis vient à lui, agonisant, et lui remet une cassette, lui dit qu’il va mourir, et qu’il devra s’occuper de son fils qu’il n’a pas vu depuis la mort de sa femme. Il lui raconte aussi que sa famille remonte à avant Jésus Christ (je veux pas faire ma chieuse, mais celle de tout le monde, hein, même si on ne sait pas remonter jusque là, nos grands parents et les leurs avant eux sont pas tombés du ciel comme ça, il y a 200 ans, hein) et que Kalliskratès était son arrière*68 grand-père, et lors de sa fuite (je sais plus pourquoi, désolée), il a rencontré, avec sa femme enceinte, Elle, qui a fait fuir la madame enceinte jusqu’aux yeux, parce qu’Elle était tombée follement amoureuse de monsieur Kalli. La madame (pas Elle, hein, l’autre) a accouché, et fait suivre cette histoire jusque maintenant. Et le lendemain, le monsieur est mort. Comme il l’avait prédit.

Ce très cher Holly est très moche. Il est décrit comme étant très poilu, avec de longs bras, et un torse de forme bizarre. En plus, il a peur des femmes (oui, quand il était jeune, une donzelle l’a chauffé, puis s’est sauvé avec un mec qui était plus beau, la gueuse ! Toutes pareilles, ses chaudasses ! Même au XIXème !). Donc voilà, il se retrouve avec un gamin sur les bras, à qui il doit apprendre l’arabe, et lui donner cette cassette le jour de ses 25 ans. Ce jeune homme, Léo, qui est très beau, un véritable Apollon, aux cheveux d’or, en plus, il est doué, il reçoit un diplôme (mais de justesse, hein, faut pas déconner), enseigne aussi à Cambridge, et plaît aux femmes.

Que renferme la fameuse cassette ? Un tesson qui résume toute l’histoire, un cartouche, et une lettre du père de Léo, qui dit qu’il s’est suicidé (c’est pour ça qu’il a pu prédire avec précision qu’il allait mourir), et leur disant qu’il devait partir à Zanzibar, trouver le moyen de devenir immortels, et trouver Elle, pour venger leur ancêtre Kalli, plus de 2000 ans plus tard.

C’est parti pour Zanzibar, Holly, Léo et Job, leur fidèle majordome (qui a peur des porteuses du double chromosome X, et aussi des gens qui ne sont pas britanniques, le pauvre, il va en chier xD). Ils essuient une tempête sur un baleinier, d’ou ils réchapperont de justesse, avec un serviteur turc, du nom de Mahomet. Ils débarquent le long d’un fleuve, se font dévorer par des moustiques, et assistent à une bagarre de proportions épiques entre un lion et un crocodile. (Et là, j’aurais bien voulu mettre une vidéo de reportage animalier, mais je n’ai pas eu le courage de regarder une seule de ses vidéos jusqu’à la fin, donc allez voir vous-même si vous voulez voir à quoi ça peut ressembler : http://www.youtube.com/results?search_query=lion+attacks+crocodile&aq=f)

Quand, au bord de l’épuisement, ils se font ramasser par des indigènes qui les transportent vers leur « village » sur des litières, la seule chose que M. Holly remarque, c’est que certains portent des toges jaunâtres, et d’autres, rien, à part des peaux de guépard pour protéger leur nudité (différence qui sera mentionné plusieurs fois, hein, au moins une fois par chapitre, tant qu’ils seront chez ces indigènes, ça a du le marquer…) Ces indigènes, ce sont des Amahaggers, le peuple des pierres, et ils parlent une sorte d’arabe, ils ont eu l’ordre de pas toucher aux hommes blancs, ordre donné par Celle-qui-doit-être-obéie, ils ont des femmes superbes, et tous le même père, Billali, digne vieillard à longue barbe blanche (en gros, c’est Panoramix, version africaine).

Billalix
Billalix

On notera qu’en cherchant cette image avec le mot clé Panoramix, j’ai trouvé des gens nus se roulant sur des toiles géantes.

Ce peuple a des coutumes étranges. Par exemple, Léo et Job se font sauter dessus par des dames, Léo a de la chance, elle est jolie, il lui rend son baiser, et pouf, ils sont mariés, Job, lui, a moins de chance, déjà qu’il a peur des femmes, celle qui a jeté son dévolu sur lui est vieille (oui, il est précisé qu’elle est d’un certain âge, puis, qu’elle a une trentaine d’années…une ancêtre, en gros). Il la refuse, et ils vont dormir. Dans une grotte creusée par une civilisation disparue, les Kôr. Les chambres qui leurs sont attribuées sont d’ailleurs d’anciens tombeaux.

Une autre sympathique coutume est de tuer les femmes avant la ménopause, avant qu’elles deviennent trop chiantes. Oui, c’est exprimé comme ça dans le texte (‘fin, pas comme ça au mot près, hein, mais ça y est).

Une autre chouette tradition, c’est de manger leurs invités. En leur mettant un pot chauffé à blanc sur la tête. Ce sort ne sera réservé qu’au serviteur Mahomet, comme il n’est pas blanc, on peut le toucher, et même le manger ! Enfin, c’est surtout une vengeance de la pauvre vieille qui s’est pris un râteau par Job. (Prenez note, au prochain râteau que vous vous prendrez, mangez un de ses potes !). S’en suit une grosse échauffourée, Billali punit ses enfants en les envoyant chez Elle. Léo est blessé, tombe malade, et là, ils vont tous, enfin, Holly, Job, Léo et Panora-Billali, pardon, chez Elle, Hiya, ou Celle-qui-doit-être-obéie.

Léo survivra-t-il ? Rencontreront-ils Elle ? Connaitront-ils le secret son immortalité ? La suite demain !

MAJ : La suite se trouve ici !