Entre-deux, France, Historique

Les Borgia – Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
Editions : Pocket
ISBN : 978-226-21708-8
279 pages

Vers 1840, les directeurs de journaux et les éditeurs s’arrachèrent Dumas, qui entreprend Les crimes célèbres, vaste sage historique de la violence, du meurtre et du sang.

La figure de Cesare Borgia, fils du pape Alexandre VI, cardinal à seize ans et condottiere absolu ensuite, domine cette famille illustre qui va se construire un royaume dans l’Italie renaissante. César, qui connait « le bon usage de la cruauté », élimine par le fer ou le poison ses principaux rivaux, et autant de petits despotes qui rançonnent et asservissent leurs sujets. A Rome, il entend redonner une influence, une armée, de l’argent. En homme d’État sans scrupule et habile, il soutient la bourgeoisie contre l’arbitraire d’une odieuse féodalité. A ce titre, César Borgia est bien le modèle qui inspira Le Prince de Machiavel.

L’année dernière, je vous avais parlé de la série Canal Borgia. Partagée entre la fascination et la perplexité la plus complète, j’ai acheté ce livre d’Alexandre Dumas père afin d’assouvir ma curiosité, parce que j’aime beaucoup les romans historiques. Et aussi parce que j’ai gardé un bon souvenir des livres de Dumas que j’ai dévorés adolescente (et que le livre sur Lucrèce Borgia acheté sur une brocante sent tellement fort le vieux bouquin que c’est impossible de le lire ailleurs qu’à l’extérieur, et en février, les terrasses, c’est pas forcément optimal. (Vous avez déjà essayé de tourner des pages avec des moufles ?)).

Ce roman est relativement court, 200 pages, et est écrit d’une traite, sans chapitres, comme une longue litanie. Litanie non seulement par sa forme, mais aussi par son fond. Si vous vous attendez à des détails, à des explications, passez votre chemin, ici, vous aurez la vie de la Trinité Borgia relatée façon jeu d’échec, ou chaque cardinal avance ses pions, ou tout n’est que champs de bataille, meurtres vite expédiés et personnages qui ne font que passer. Tout ? Tout. Sauf ! Les descriptions imagées de la façon d’extraire le fameux poison sont la famille usait tant, et de la façon d’y échapper (laissez-moi vous dire qu’aucune méthode ne serait homologuée par la Peta). Bien entendu, on pourra me répondre que cette histoire est complexe et qu’il fallait bien choisir ce que l’on raconte. Certes. Mais réduire leurs actions à une énumération de crimes ne permet pas d’y voir plus clair, et ne fait que rendre cette famille encore plus obscure et étrange. Peut-être était-ce le but ?

Si vous voulez en savoir plus, lisez les pages wikipédia associées (tout est si imbriqué que ça vous prendra peut-être même plus de temps que de lire ce livre.).

corbeau
Irais-je jusqu’à dire que j’ai été décue ? Oui. Que c’est le pire livre que j’ai lu ? Non. Mais il n’était pas à la hauteur de ce que j’en attendais. Vivement l’été que je puisse lire Lucrèce Borgia (s’il pleut, quelqu’un peut me fournir un masque à gaz ?). Ou que je remette la main sur la pièce de Victor Hugo.
Heureusement que j’ai d’autres livres de Dumas qui m’attendent pour me réconcilier avec lui.
Pour aller plus loin :
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Séries

Borgia, saison 1

La famille sans doute la plus tordue de l’histoire

Borgia, cette série européenne qui raconte de façon romancée l’histoire de la dynastie du même nom, laisse perplexe. J’ai vu le premier épisode de The Borgias, j’aurais bien voulu comparer, mais bon, regarder les deux en parallèle, avec la même histoire de fond, bof. Et comme une copine l’avais empruntée, j’ai jeté mon dévolu sur cette version là, ayant comparé les premiers épisodes des deux.

Celle ci-, semble bien plus lente, le conclave ayant été torché en un seul épisode outre-Atlantique, ici, il durera trois épisodes. Trois looongs épisodes. Un conclave entrecoupé de scènes de sexe et d’exécutions sanglantes. Un conclave avec un cardinal qui peut être acheté avec des bonbons. Et pendant lequel les accords se passent surtout aux latrines (non, là, y’a pas de sexe.) (En fait, plein de choses se passent aux latrines, on aurait dû compter le nombre de fois où elles étaient mises en scène.)

Les personnages sont exaspérants, ce qui doit être voulu, donc, on va dire que c’est réussi. Entre des fils psychotiques et violents, une fille qui oscille entre la lucidité de servir de pion à son illustre père et des moments de nymphomanie incestueuse, c’est à se demander quel mélange foireux de gènes s’est produit pour que toute la fratrie soit aussi tarée.

On assiste, impuissants, au désespoir de la mère, à la folie mystique de Cesare, et parfois aussi à celle de Lucrezia, à la folie violente de Juan, à la naîveté des prétendantes de ce dernier, et aux tentatives d’Allessandro Farnese de faire du mieux qu’il peut, tout en restant proche de sa soeur, maitresse du pape (voeux de chasteté, ah bon ?).

Entre les scènes de conspiration, parfois agrémentées de fornication, on admire également de magnifiques scènes de torture ou d’exécutions, où le budget ketchup à du exploser.

Je reste perplexe sur la nécessité de faire dans les extrêmes, si je ne doute pas trop de la dépiction fidèle des protagonistes (la relation incestueuse entre Lucrezia et Cesare est explicite dès le premier épisode dans The Borgias, alors qu’ici, elle n’est montrée que dans le dernier épisode de la saison 1), je ne sais pas si je regarderai la saison 2, mes nerfs ne tiendront pas le coup. Pas à cause du gore, mais justement, à cause des personnages si tordus. Je tenterai la version US, après avoir lu le livre de Dumas à ce sujet (de la famille, pas de la série, hein.)

En tout cas, à ne pas mettre devant tous les yeux.

Caca Bouquin, Epoque victorienne, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne, Historique

Victoria, reine et tueuse de démons – A.E. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c »était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

« Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant. »

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.