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Join the P.a.L #5

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Juin 2016, l’heure de faire le premier bilan des dernières acquisitions de l’année ! Comme la fois précédente, mes achats ont été limités et raisonnables (ils me le paraissaient moins sur le coup, mais bon, hein) Finalement, la technique de noter les références vues en librairie et de les laisser décanter pour retourner les chercher ou les réserver (non, Amazon ne passera toujours pas par moi, du moins pour les livres) si quelques semaines/mois plus tard, ils me font toujours envie, est assez efficace : moins d’achats impulsifs, forcément, et des livres qui restent moins longtemps dans ma PàL (au détriment de ceux qui s’y trouvent depuis 5 ans ahem).

Du coup, ce Join the PàL devrait plutôt s’intituler Join the Billy shelf, mais bon, hein, on va dire que.

Alors, depuis novembre, quoi de neuf ?

Donc, depuis novembre, 11 livres sont venus s’ajouter à ma bibliothèque, j’en avais déjà évoqué 3 : The Sleeper and The Spindle, Dragons at Crumbling Castle et Émilie voit quelqu’un.

Quid des huit autres ?

Dois-je vraiment expliquer pourquoi Par bonheur le lait ? Vraiment ? Neil Gaiman + Boulet ? Non, cela va de soit, il me le fallait. Point.

Idem pour le tome 10 des Notes de Boulet, que j’ai couru acheter le lendemain de la sortie, avant qu’ils n’aient plus de tote à la librairie. Le vendeur m’a d’ailleurs expliqué, très enthousiaste, qu’il essayait de le faire venir en dédicace. Il a réussi, je n’étais pas là. Je me suis rattrapée aux Imaginales. Muhuhuhu.

C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai fait l’acquisition du Club des Punks contre l’apocalypse Zombie. J’hésitais à l’acheter, puis en sortant du café littéraire dédié aux auteurs d’imaginaire, auteurs politiques ?, je me suis précipitée au stand pour le prendre (et le faire signer, muhuhuhu bis).

Sterben kann ich noch morgen, (Ou Je pourrais encore mourir demain) d’Alfred Wallon est un achat tout aussi spontané (mais pas signé, pas muhuhuhu), 1 € dans un bazar lors des courses en Allemagne, un résumé un peu WTF, je n’ai pas pu le laisser là, seul, abandonné. On verra bien ce que ça vaut.

Sorcières ! Le sombre Grimoire du féminin, publié chez les Moutons Électriques, me faisait de l’œil depuis sa sortie. Il m’a finalement fallu le commander auprès de ma librairie pour l’avoir tant j’ai attendu. S’agissant d’une rétrospective sur la figure mythique de la sorcière, il avait tout pour me plaire. J’espère qu’il sera à la hauteur. Si oui, Pirates ! se retrouvera sans doute sur ma liste prochaine.

Le Prince écorché se trouvait dans ma liste depuis quelques années déjà (oui, même avant qu’il ne soit traduit hipster) mais pas assez haut pour que je me décide à l’acheter. L’action spéciale à 3.99 € a fini par me décider, désormais il est mien.

Si je vous dis que ce livre m’a tapé dans l’œil tout d’abord à cause de sa couverture, vous me croyez ? La créature des Groseilles de Novembre m’évoquait les créatures dans les sous-sols de Berlin, et la quatrième de couverture était assez décalée pour me marquer durablement. J’avoue pourtant appréhender un peu la lecture, avoir basé mon achat sur ces quelques éléments ne protège pas de la déception. Au pire, ça complètera la carte des auteurs que j’ai lus.

Comme convenu de Laurel n’est pas vraiment un achat de cette année, j’ai participé à la collecte Ulule à son lancement, ce n’est que récemment qu’il est arrivé dans ma boîte aux lettres. L’attente en valait clairement la peine (bon, sauf pour P.B., mais je n’aime pas vraiment son travail, du coup, j’aurais été très contente même sans cette introduction dont je n’ai pas trop compris l’intérêt), le livre est de très bonne qualité. Vivement la parution complète de la suite !

Vous l’aurez compris, ces dernières acquisitions ont été lourdes en BDs, ce qui n’est pas vraiment dans mes habitudes, mais il faut savoir sortir de sa zone de confort. Mais pas trop non plus, on reste sur des valeurs sûres et des genres qui ont su faire leurs preuves.

Allez, la prochaine fois, il y aura peut-être des romans érotiques et des livres pour enfants – blague à part, la taupe avec la crotte sur la tête, c’était pas mal -.

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Chroniques express – book edition #2

Les bilans, ce n’est pas mon fort. Je commence une série de bilans ponctuels, puis, prise par la flemme, je n’en fait plus jusqu’à ce que la liste devienne longue comme deux bras et trois jambes. Pour tout vous dire, le bilan du deuxième semestre 2013 dors dans mes brouillons depuis février et c’est là qu’il sera sans doute oublié, comme une bonne partie des livres listés dedans (c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai jamais publié… Une bonne partie des livres qu’il contenait ne m’avaient pas assez marqués pour que je juge qu’ils vaillent la peine que je vous en parle). Mais des petites chroniques express de deux trois livres, pas très longues, parce que sinon ils auraient des articles dédiées, de temps en temps, quand j’ai assez de matière, ça, c’est faisable. Et donc, là, maintenant, vous y avez droit.

Beauté Fatale de Mona Chollet

Mona Chollet
Editions : Zones
ISBN : 2-355-22039-5
240 pages

Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la  » tyrannie du look  » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du  » complexe mode-beauté  » travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle. Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d’autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu’il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.

Depuis deux ans que ce livre trainait dans ma PAL, après plusieurs apparitions dans divers TopTenTuesday qui étaient censés me motiver à le lire, la motivation s’est enfin faite sentir.

Beauté Fatale est un essai féministe ancré dans son époque, à travers des analyses de phénomènes des années 2000 voire 2010, c’est à dire les séries, les blogs, etc.

Selon Chollet, ces blogs aux thématiques dites féminines renvoient à un rôle dépassé : celui de la femme au foyer, s’efforçant de transformer sa maison en cocon, tout en restant belle et séduisante. Ce rôle est également celui auquel nous renvoie si souvent la presse féminine, en limitant, par exemple, son analyse de la série Mad Men, par essence critique et féministe, à un défilé de pin-ups.

Elle décortique également la pression de la minceur, de la blancheur, du moule unique de la beauté qui transparait de médias, en citant des extraits de magazines, de biographies et d’interviews d’actrices, mais cite aussi plusieurs fois le livre qui représente une base du féminisme de la deuxième vague : La Femme mystifiée (The Feminine Mystique) de Betty Friedan.

Si ces arguments tiennent la route et que la lecture se fait rapidement – ce qui est loin d’être le cas pour tous les ouvrages sociologiques et/ou féministes -, le point qui me laisse perplexe reste les jugements de valeurs concernant certaines séries et la valeur esthétique d’accessoires de mode, même si j’avoue volontiers partager son avis, ces jugements négatifs peuvent rebuter, et c’est bien dommage, parce que c’est là un ouvrage à lire si on se pose des questions sur les injonctions sociales poussant au jeunisme, à la minceur et à la blancheur.

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La grâce de Kushiel - Imriel tome 3 de Jacqueline Carey

Jacqueline Carey
Editions : Bragelonne
ISBN : 2-352945240
672 pages

L’amour d’Imriel et Sidonie est révélé au grand jour. Mais pour qu’ils puissent enfin s’unir, Imriel doit accomplir un acte de foi. Il faut qu’il retrouve sa mère pour la ramener
en Terre d’Ange où elle sera exécutée. Mais alors que Sidonie et lui se préparent à une nouvelle séparation, une force étrangère étend son ombre menaçante sur le
royaume. Dans un monde où se nouent les plus improbables alliances, Imriel et Sidonie découvriront qu’Elua unit toujours les cœurs pour répondre à ses propres desseins…

Ah, Kushiel, ses ailes de bronze qui résonne aux oreilles de ses élus, Terre d’Ange, son peuple beau qui aime tout le monde ! Autant la série de Phèdre m’avait emballée, autant le début des aventures de son fils adoptif Imriel m’avait satisfaite, autant ici, le soufflé a commencé a retomber. J’ai trouvé ce tome – le dernier en Terre d’Ange – poussif et lent. Il y a au final très peu d’action, et le tout est assez prévisible, ce sont toujours les mêmes personnages qui, au fond, tirent les ficelles, et tout traîne un peu en longueur. Le potentiel de Terre d’Ange semble totalement exploité, et la fin prépare la traversée du détroit vers Alba.

Mais, ne soyons pas trop négatif, le gros point positif de ce livre, c’est Mélisande. son ombre plane toujours sur tous ceux qui l’ont cotoyée, et dans ce dernier tome, nous avons l’occasion de le retrouver une dernier fois, et de percevoir une autre facette de sa personnalité si complexe et travaillée.

Parce que Phèdre et Imriel ne sont que des moyens détournés pour raconter l’histoire de cette traitresse fascinante et ambivalente. La série de Kushiel porte finalement très bien son nom, pour raconter l’histoire de sa descendante la plus ambitieuse et puissante à travers les yeux de son unique Élue.

Mélisande me manquera sur Alba, mais nul doute qu’un autre personnage de son envergure se trouve déjà là bas, prêt à suivre son chemin.

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Entre-deux, Fantastique, Irlande, La Femme Sauvage

Roi du Matin Reine du Jour – Ian Mc Donald

Roi du Matin Reine du Jour de Ian McDonald

Ian Mc Donald
Editions : Denoël
ISBN : 978-220725981-8
504 pages

Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacColl, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d’autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu’il imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d’on ne sait où.

Creusant la même veine, âpre et magique, que La Forêt des Mythagos de Robert Holdstock, Roi du matin, reine du jour nous convie à un incroyable voyage dans l’histoire et la mythologie irlandaises.

Né en Angleterre, mais ayant presque toujours vécu en Irlande, lan McDonald est un des auteurs les plus en vue de ces dix dernières années. Ses deux derniers romans, d’une énorme ambition thématique et stylistique, ont été finalistes du prestigieux prix Hugo.

C’est un peu au hasard en me promenant parmi les rayons de la médiathèque que j’ai pris ce livre. Il était mis en avant sur un rayonnage, la couverture a attiré mon œil, il fallait que je le prenne. Comme ça, sans même avoir lu la quatrième de couverture. Bon, juste avant de le biper, je l’ai quand même lue. Au cas où. Trois générations de femmes, sorcières, folles, bingo, hop, j’emmène.

Le roman est articulé en quatre parties, qui diffèrent énormément de part leur forme. En effet, la première partie, consacrée à Emily Desmond, se déoule peu avant la Première Guerre Mondiale, se présente un peu comme Dracula de Bram Stocker, sous forme d’extraits de journal intime, de lettres, de coupures de presse. C’est justement cette forme là qui m’a toujours empêchée de terminer ma lecture du classique de la littérature vampirique. C’est donc avec appréhension que j’ai lu cette première partie, un peu hallucinée, entre adolescente qui voit des fées et père qui voit des petits hommes verts. La mise en place est lente, mais une fois l’action lancée, les aventures d’Emily se sont déroulées avec rythme et elles m’ont d’ailleurs semblées bien trop courtes.

S’en suit ensuite le récit de la thérapie de Jessica Caldwell, pendant les années 40, grossière, vulgaire et mythomane aux yeux de tous, même si ses histoires rocambolesques finissent toutes par avoir lieu. Les parties qui lui sont consacrées sont rédigées de manière plus conventionnelle, ici, pas de style épistolaire, mais un récit chronologique, carré, droit au but.

Ensuite, nous retrouvons Enye McColl, à la fin des années 80, plongée dans le monde des publicitaires, façon American Psycho, sauf qu’elle dégaine le katana et non la hache, et qu’elle débite plutôt des créatures étranges que des humains.

Le récit d’Enye est aussi chaotique par son contenu que par sa forme, les ellipses sont légions, et il m’a semblé difficile d’établir une chronologie avant d’arriver à la fin, moment ou tous les éléments du puzzle se mettent à leur place pour former une image cohérente.

Un livre qui regorge de femmes fortes et indépendantes (selon leur époque), qui évoque des thèmes forts tels que le viol, l’avortement et la sexualité, un style foisonnant, travaillé et complexe, et pourtant, il m’a manqué le petit truc en plus qui aurait fait de ce livre un coup de cœur.

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Bibliothèque

Top Ten Tuesday #13

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 livres à lire cet automne (Votre PAL pour cet automne)
  • Beauté Fatale, Mona Chollet. C’est seulement la deuxième fois que je le place dans une PaL pour un instant T. Aller, on y croit !
  • Le Prince Bâtard, Robin Hobb.
  • Fool’s Assasin, Robin Hobb.
  • Wilde Reise durch die Nacht, Walter Moers.
  • La Longue Terre. Terry Pratchett, et Stephen Baxter.
  • Servir Froid, Joe Abercrombie.
  • Terminer Anna Karénine (comment ça, ça compte pas ?!)
  • Do Androids Dreams of Electric Sheep?, Philip K. Dick.
  • Et quelques ebooks : Folies, des Artistes Fous, entre autres.
  • Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski.

Edit : titres lus en automne sont barrés au fur et à mesure

Entre-deux, Grande-Bretagne, Historique

The Red Queen – Philippa Gregory

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The second book in Philippa’s stunning new trilogy, The Cousins War, brings to life the story of Margaret Beaufort, a shadowy and mysterious character in the first book of the series – The White Queen – but who now takes centre stage in the bitter struggle of The War of the Roses. The Red Queen tells the story of the child-bride of Edmund Tudor, who, although widowed in her early teens, uses her determination of character and wily plotting to infiltrate the house of York under the guise of loyal friend and servant, undermine the support for Richard III and ultimately ensure that her only son, Henry Tudor, triumphs as King of England. Through collaboration with the dowager Queen Elizabeth Woodville, Margaret agrees a betrothal between Henry and Elizabeth’s daughter, thereby uniting the families and resolving the Cousins War once and for all by founding of the Tudor dynasty.

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C’est en parcourant les rayonnages de la médiathèque que je suis tombée nez à, euh, couverture, avec ce livre, deuxième tome d’une série de trois romans (dont, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas lu le premier tome), dont est tirée une série télévisée, The White Queen, que j’ai commencée il y a quelques temps. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’Elizabeth Woodville, roturière mariée à l’héritier York, mais de Margaret Beaufort, qui donnera naissance à la dynastie Tudor. Evidement, les faits seront fortement romancés, mais il n’empêche qu’ils sont documentés, sont librement inspirés de faits réels, et que redonner vie à la Guerre des Deux Roses via deux femmes de camps opposés est un parti pris intéressant, qui va au delà de la guerre sur le champ de bataille.

The Red Queen suit Margaret, qui, n’étant qu’une enfant, mariée (ou vendue) au meilleur parti, trouve un échappatoire dans la foi, et se persuade qu’elle a, comme son modèle Jeanne d’Arc, une mission divine, qui se traduit par des genoux à vif d’avoir trop prié. Sa mission ? Devenir Reine d’Angleterre. Ou au moins, la Reine Mère, car, à son grand désespoir, elle n’aura jamais le pouvoir par elle-même.

L’auteur peine a rendre le personnage sympathique, et d’ailleurs, peut être qu’elle ne l’a même pas tenté, tellement Margaret semble odieuse et illuminée. Il s’agit peut-être (certainement ?) d’un parti pris pour la différencier et en faire un personnage antinomique d’Elizabeth, qui, vue par Margaret ainsi que par la population, est un modèle de douceur et d’amour. (Si j’avais étudié Alice au pays des Merveilles, je vous ferai une digression de fou sur la Red Queen et la White Queen de Lewis Caroll, mais je ne connais pas assez cette œuvre et son contexte, donc je vous met ça là, vous en faites ce que vous voulez.) Néanmoins, il est fascinant de voir que pour le personnage (l’auteur ?), le divin permet d’accéder, ou, au moins, de prétendre, aux privilèges d’habitude réservés aux hommes. Qu’il s’agisse de la vision fantasmée de Jeanne d’Arc, jeune fille qui, suivant les ordres de Dieu, parvient à mener toute une armée à la guerre, et à la gagner, ou de Margaret, convaincue que Dieu prévoit et attend d’elle qu’elle mette son fils sur le trône. On pourrait prétendre qu’une mission donnée par le Patriarche ultime permet d’élever ces femmes au dessus du rang qui leur était dévolu à cette époque.

Je l’ai lu en anglais, il se peut donc que la traduction ait effacé quelques points un peu désagréables, mais le temps d’écriture du roman est le présent et le point de vue est interne (sauf un chapitre au passé, où le personnage change), ce qui donne une immédiateté au propos, malgré le fait que ce soit un peu déroutant au premier abord. Néanmoins, la narration à la première personne et le temps du récit, qui devraient tendre à nous rapprocher de Margaret échouent, et je suis restée complètement imperméable au destin de cette femme (d’ailleurs un bref passage sur Wikipédia afin de vérifier et comprendre les tenants et aboutissants complets de cette période m’ont tout spoilé.)

Sinon, comme évoqué dans mon premier paragraphe, le parti pris de montrer la Guerre des Deux Roses par le point du vue d’une femme qui a vu le conflit seulement de loin, qui n’est tenue au courant que part des lettres évasives, peut-être intéressant s’il est bien amené, ce qui ‘est pas vraiment le cas ici, tout ce qui concerne le conflit en lui même et non Margaret est traité de manière plus qu’évasive (d’où ma consultation d’une encyclopédie, parce qu’au bout d’un moment, je n’y comprenais plus grand chose). Quand au style de l’auteur, à part le présent déjà mentionné, il souffre de répétition, et manque peut-être de subtilité. Oui, nous avons compris qu’elle adore Jeanne D’Arc, nous avons aussi compris qu’elle en veut à sa mère de l’avoir vendue comme une vache reproductrice, ouiiiiiiiiii, son mari est un lâche, elle nous l’a répété 50 fois dans la page précédente, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, elle est appelée par Dieu, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, Elizabeth, c’est rien qu’une grosse cochonne qui tombe enceinte à chaque fois qu’on lui passe dessus et elle est trop belle et tout le monde l’aime,  c’est bon, stop, n’en parlons plus… Comment ça ? Ah, elle aime Jeanne D’Arc et prier ? Ah, ça m’avait échappé, merci de me le rappeler.

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Bon, voilà, regardez la série, lisez le bouquin si vraiment, vous n’avez peur de rien, ou sinon, consultez une bonne encyclopédie, ça vous évitera le blabla répétitif. Mais il n’empêche que si je met la main sur The White Queen, il aura sa chance, parce que malgré tout, The Red Queen a donné lieu à des ébauches de réfléxions et d’analyses que je ne manquerai pas d’approfondir.

Why should my husband be ennobled when it will be me who has done all the work?

I am treated as a woman grown when it suits you, you can hardly make me a child again.

[God] always tells you to strive for power and wealth. Are you quite sure it is not your own voice that you hear […] ?

Bibliothèque, Bilans

Lectures non chroniquées #2 Premier semestre 2013

L’an dernier, je me suis amusée à faire un bilan annuel en détail. Ca prend un temps fou. Et c’est trop long à lire. Du coup, je voulais faire un bilan trimestriel. Mais j’avais la flemme. Semestriel alors. Ca coupe la poire en deux, c’est plus court, et tout sera plus frais dans ma tête. (Si frais que là, maintenant, je ne sais plus ce que j’ai lu… Raison de plus pour le faire régulièrement, sinon, je vais finir par relire des trucs parce que j’ai oublié que je les ai déjà lus…) Dans l’ordre anarchique presque chronologique (en gros, si j’ai lu plusieurs tomes d’une série, ils sont ensemble, plutôt que de les avoir séparés par une dizaine de livres) :

City of Dragons, Robin HobbBlood of Dragons, Robin Hobb

City of Dragons/Blood of Dragons, Robin Hobb : on suit les aventures des gardiens de dragons, qui ont enfin atteint Kelsingra. Les héros adolescents pour la plupart subissent les premiers émois typiques de cet âge là, et on n’échappe pas au triangle amoureux qui semble si fréquent dans la littérature adolescente. Les personnages adultes, eux, s’émancipent du poids de la société qu’ils ont quittée et semblent terminer le chemin qui se dresse encore devant leurs cadets. On retrouve certains personnages des séries précédentes : Tintaglia et Icefyre, ce qui fait bien plaisir, et ce sont bien les chapitres qui leurs sont dédiés qui m’ont angoissés et qui sont le plus chargés en suspens. La série est en dessous des précédentes se déroulant dans cet univers régit par l’Art/le Vif, mais le dernier tome répond a bien des questions et met un terme à cette saga avec brio. D’autres questions sont encore à éclaircir, mais comme Robin Hobb me semble pas prête à abandonner ce monde, j’espère que d’autres romans permettront de le rendre encore plus complet.

Inside Game of Thrones

Inside HBO’s Game of Thrones : dédié à la série du même nom, il s’agit d’interview d’acteurs, de scénaristes, de créateurs, de techniciens et de l’auteur, qui expliquent comment ils ont pu mettre ce roman en scène, en le rendant le plus réaliste possible. Des chapitres entiers sont dédiés aux costumes des différentes régions, aux décors et aux raisons qui les ont poussés à faire ses choix particuliers. Un beau livre pour les fans de la série.

A Feast of Ice and Fire

A Feast of Ice and Fire, The official companion book : le livre de recettes tiré des livres, cette fois-ci (moi, obsédée ? Si peu…). Je n’ai pas encore tenté d’expérience culinaire avec ce livre, mais je l’ai lu (oui, des fois, je lis des livres de recettes, faut bien se donner faim parfois), et, en plus des explications liées au contexte des roman, d’explications sur les équivalents « réels » médiévaux, les recettes sont également proposées en version modernisée, avec des ingrédients plus simples à se procurer, et des saveurs plus habituelles. Mais il y a des recettes que je ne tenterai pas de recréer, même si les ingrédients étaient simples à trouver. Le serpent roti et les grillons au miel ne sont que des exemples… (Sinon,la plupart des recettes sont disponibles sur le blog des deux auteurEs : Inn at the Crossroads. Elles proposent également d’autres recettes issues de fictions sur le blog Food through the pages, avec des recettes inspirées du Seigneur des Anneaux, et Harry Potter entre autres…)

L'Attrape-coeur, J.D. Sallinger

L’Attrape-Coeurs, J.D Sallinger : il s’agit d’un livre culte qui a pourtant barbé tous les gens que je connais qui l’ont lu. C’est donc avec appréhension que je l’ai sorti de ma PaL. Je l’ai d’ailleurs lâché pour plusieurs mois alors que je n’avais lu que le premier quart… Puis, je l’ai repris, et là, j’ai enfin réussi à m’immerger dans l’histoire. Alors, certes, je n’ai toujours pas vraiment compris le battage autour de ce livre, peut-être parce que le narrateur a 15 ans, et que le récit ressemble énormément à un journal intime, avec ses tics et ses défauts de langage, mais c’est ce qui le rend vraisemblable. Le narrateur, lui, est terriblement chouinard et suffisant, mais au fond, c’est bien comme ça que sont les jeunes de cet âge dans la plupart des cas.

Les Montagnes Hallucinnées, H.P. Lovecraft

Les Montagnes Hallucinées, H.P. Lovecraft : un recueil de nouvelles ou l’auteur continue a exploiter son panthéon personnel de Grands Anciens, à travers une expédition dans l’Antarctique, qui lui permet d’expliquer les origines de ce « mythe » (« mythe » que lui même n’a jamais qualifié de mythe), et dans lesquelles il explore les méandres de la folie, sujet dont il est friand, et qu’il a côtoyé de près.

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Le Coup de Grâce/Le Crépuscule/Les Catacombes de Vienne/La Comtesse des Neiges, La Chronique des Immortels, Wolfgang Hohlbein : si le premier tome était prometteur (vampires, Inquisition, maladies mystérieuses qui rendent immortel), là, ça commence à se gâter. L’intrigue n’avance pratiquement plus, la quête d’Andrej pour obtenir des réponses à ses questions existentielles semble sans fin, il n’arrête pas de faire des mauvais choix et de s’en plaindre (alors que c’est plus souvent son acolyte Abou Doun qui en pâtit que lui), il se fait assommer toutes les 20 pages bon, sauf dans La Comtesse des Neiges… Oui, j’ai compté…), la seule raison qui me poussait à continuer, c’est la dynamique Andrej/Abou Doun, Mais comme j’approche des derniers tomes traduits, et que je n’ai pas envie d’acheter la suite, je m’arrête là.

Pourquoi a-t-il dit de ne pas s’inquiéter inutilement ? Quand il suffit de s’inquiéter utilement ?

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La Horde du Contrevent, Alain Damasio : phénomène inverse à L’Attrape-Coeur, celui là, on me l’a tellement vendu partout, tout le monde me disait à quel point que c’était bien que mes attentes étaient si hautes que le livre ne pouvait pas être à la hauteur. Trop de personnages, dont certains à peine exploités et dont on se débarrasse en un clin d’œil, une quête insensée et une narration complexe ont eu raison de moi. Les symboles au début de chaque chapitre, les chapitres sont plus des exercices de style que de fond. Sans parler du sexisme affiché des personnages masculins (encore heureux que les personnages féminins sont forts et complexes, parce que j’ai eu envie de balancer le bouquin plusieurs fois…) . Il parait qu’on aime ou qu’on déteste, je n’ai rencontré (ou lu) personne qui n’en parlait pas en terme dithyrambiques, et moi, si je n’ai pas détesté, j’en ai trop espéré, et à trop espérer, on est forcément déçu.

Bye Bye Blondie, Virginie Despentes : Gloria rencontre Erix alors qu’elle est interné en hopital psychiatrique. S’en suit une passion adolescente, destructrice, qui changera sa vie à jamais. 20 ans plus tard, ils se retrouvent, et tous les souvenirs remontent. Virginie Despentes reste dans le contexte qui lui est propre, le milieu punk rock, à Nancy, ville où elle a grandit. Les problématiques déjà soulevées dans King-Kong Théorie sont reprises, sous la forme d’une histoire d’amour entre une femme paumée, et son amoureux de quand elle avait 15 ans, devenu une star de la télé.

Naitre femmme, la pire des tares dans presque toutes les sociétés. Seul avantage : enfanter. Alors comme ça, accepter d’être une femme, c’était prendre des coups sans vouloirs les rendre.

Stardust, Neil Gaiman : il s’agit d’un conte pour enfant pour adulte (vous me suivez ? Parce que c’est pas le seul livre du genre dont je vais vous parler.), quelque part entre The Princess Bride, et Jonathan Strange et Mr Norell. Pas le meilleur Gaiman qui soit, mais tout de même plaisant.

Sweet Silver Blues, Glen Cook : un roman policier situé dans sur le Disque-Monde ou quelque chose comme ça. Honnêtement, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, et le tout me passait un peu au dessus de la tête. La faute à la liseuse, à la langue anglaise, au bruit dans le train, ou à la passoire que j’ai à la place du cerveau.

Among you humans, females are not permitted to assume the responsibilities of such a position as a career. Thus, the further implication that she mated to a man in such a position.

Nouvelles du Disque-Monde, Terry Pratchett : comme le dit le titre, un recueil de nouvelles, certaines très courtes, deux ou trois pages, d’autres plus longues, qui couvrent les personnages récurent du Disque-Monde, les sorcières, le guêt, etc. Le niveau entre les nouvelles est inégal, peut-être à cause de leurs longueurs inégales. Mais un bon moyen de se replonger un bref moment dans cet univers complètement barré.

Le Maître des Chrecques, Walter Moers : la suite indirecte de La Cité des Livres qui Rêvent, dans le sens ou ici, il ne s’agit pas de la suite des aventures de Hildegunst, mais d’un roman écrit par Hildegunst et traduit par Walter Moers (accusé par Hildegunst de zapper des paragraphes, et de ne pas être fidèle à son texte, un véritable scandale…), bon, un peu comme La Cité, mais pas en autobiographie. Le roman suit un mistigriffe, sorte de chat à deux foies qui peut communiquer avec tous les êtres vivants, lié par contrat au Maître des Chrecques de Sledwaya, ville la plus malade de toute la Zamonie, fait auquel le Maître, alchimiste de son état, n’est pas étranger. Celui-ci a besoin de graisse de mistigriffe pour achever le Perpetuum Mobile, et afin d’avoir de la graisse, quand on a qu’un mistigriffe décharné à disposition (le dernier de son expèce, de plus !), eh bien, il faut le nourrir. Ce qui n’empêche pas le chat à deux foies de tenter de s’échapper, avec des complices particuliers. Ce livre est un cran moins bien que La Cité, et je l’ai trouvé en jeunesse dans la médiathèque que je fréquente, alors qu’il est vendu, en Allemagne, du moins, comme un conte pour enfants pour adulte, mais la jeunesse compte bien plus d’âges que seulement les lecteurs de Oui-oui, fait que je dois sans cesse me rappeler, parce qu’il y a des injures et gros mots dans ce livre, certes, c’est inévitable d’entendre « Merde » dans la bouche de son enfant, mais c’est mieux si on n’a pas l’explication que « c’était écrit dans le livre que tu m’as pris, alors j’ai le droit de le dire ! ». Mais peut-être que je suis vieux-jeu.

Das Labyrinth der Träumenden Bücher, Walter Moers : La voici, la suite des aventures de Hildegunst ! Après s’être reposé sur ses lauriers après le succès de La Cité… et s’être fortement empaté, notre dinosaure reçoit un courrier. Comme son parrain Danzelot avant lui, un simple courrier suffit pour changer sa vie. Il retourne à Bouquinbourg pour la première fois en 200 ans (ça vit longtemps, ces bêtes là), et… Il visite la ville avec Inazea la Chrecque. Il va au thêatre et nous fait part de ses découvertes. Tout le livre raconte son retour à Bouquinbourg, mais il ne se passe pas grand chose. L’histoire ne démarre que dans le dernier chapitre, pour nous laisser sur un cliffhanger horrible, qui nous fait espérer une publication de la suite rapide. (Après vérification, elle paraitra en VO en octobre 2014…)

Demain les Chiens, Clifford D. Simak : que ce passerait-il si les Hommes laissaient la place aux chiens ? Que feraient-il du monde ? Ce recueil de nouvelles d’anticipation dresse un portrait défaitiste de l’Homme, incapable de se passer définitivement de violence. Chaque nouvelle s’accompagne d’une brève explication, du point de vue des Chiens. Pas la lecture la plus réjouissante de l’année, mais néanmoins, un livre édifiant, et qui a étonnamment bien vieilli (même si sa vision des années 90 est plus que fantaisiste.)

The Yellow Wallpaper, Charlotte Perkins Gilman : un recueil de nouvelles, encore (je n’en ai jamais lu autant en si peu de temps), d’une auteure majeure de la littérature américaine du XIXème siècle, féministe, ses écrits servent à transmettre ses convictions. La nouvelle éponyme décrit la folie grandissante d’une femme condamnée à l’oisiveté pour prétendument guérir sa dépression post-natale. Enfermée dans une pièce au papier peint jaune, interdite d’écriture, elle voit une femme prisonnière de ce papier. Femme qui n’est autre chose que la représentation de sa propre folie, enfermé dans une cage dorée (jaune, dorée, vous voyez, haha ?). Les autres nouvelles de ce roman œuvrent également à emanciper les femmes, a les épanouir dans ce qu’elles aiment faire, sans les rendre dépendantes de leurs maris/fils/gendres, à démontrer que les principales préoccupations futiles des femmes de l’époque ne sont que celles qui leurs sont autorisées, et ne sont pas celles auxquelles elles aspirent (également démontré dans une moindre mesure et dans un autre genre, dans Sans Parler du Chien, de Connie Willis). A lire pour tout ceux/lles qui sont sensibles à la cause féminine.

Entre-deux, Epoque victorienne, Etats-Unis, Science Fiction

New Victoria – Lia Habel

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L’amour est immortel. L’amour ignore les frontières, dit-on. Et celle entre la vie et la mort ?

Bienvenue à New Victoria, le dernier refuge d’une humanité éreintée par les guerres.
Les jeunes filles de bonne famille y ont un destin tout tracé: épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal.

Nora n’a jamais aimé se plier aux règles, surtout depuis la mort de son père, l’éminent docteur Dearly. Mais rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l’a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d’une faction rebelle. Avec l’aide d’un séduisant soldat, elle devra pourtant surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants… comme les morts !

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Ce livre, à la base, en lisant a quatrième de couverture, franchement, il ne me disait rien. Une histoire d’amour entre une ado et un zombie, super, youhou. En allant à la médiathèque, une amie m’a dit qu’il s’y trouvait, et, bon, ça ne mange pas de pain, et au pire, ça me fera une entrée de plus dans ma catégorie des trucs nuls. Je m’attendais à un roman young-adult Twilight like. Et Twilight, franchement, si on est sensible à la représentation de la femme dans la littérature ou ailleurs, ça nous fend le cœur. (Honnêtement, si quelqu’un entre par effraction dans votre chambre la nuit pour vous regarder dormir et démonte le moteur de votre voiture pour que vous n’alliez pas voir un de vos amis, n’attendez pas qu’il vous abandonne dans la forêt pour vous y laisser mourir, allez voir la police et PORTEZ PLAINTE ! Non, ce n’est pas mignon, oui, c’est flippant ! Mortecouille ! (rien, j’avais juste envie de caser ce mot))

Donc, New Victoria, c’est un pays, dans lequel les survivants d’une apocalypse ont décidé de fuir le futurisme des autres cultures et de replonger dans l’age d’or que représente l’ère victorienne pour eux. Nous avons donc des fiacres, des femmes en robes a tournures, des hommes en redingotes, qui pianotent sur des tablettes numériques nacrées avec des stylets-plume. Et des bougies électroniques pour éclairer leurs maisons. Oui, comme à Noël. Ca se passe a Noël, en plus, ça tombe bien.

L’héroïne, Nora, est orpheline depuis un an, et vit sous la tutelle de sa tante, qui fait un peu office de vile marâtre. Si sa tante n’a pas une grande importance et n’apparaît qu’au début du livre, elle semble pourtant réunir toutes les caractéristiques de la « wicked Stepmother » si chère aux contes de fées. La mère de Nora est décédée lorsqu’elle avait neuf ans (Nora avait neuf ans, pas la mère), d’une maladie foudroyante, et son père l’a éduqué tant bien que mal, en lui léguant sa fascination pour l’histoire de la guerre. Guerre entre les néo-victoriens et les forces armées punks (j’ai cru à une blague quand j’ai lu ça, et ça a bien valu au livre d’être abandonné… Des forces armées punks… Et des centrales nucléaires écologiques aussi, tant qu’on y est ? Encore heureux que ça a été explicité après.). La jeune fille est élève dans une école privée réservée à l’aristocratie, grâce à son père, médecin et héros national, tout comme sa meilleure amie, qui fréquente cette école uniquement grâce à des bourses, n’étant que fille de boulanger, mal vue par ses camarades, et pourtant destinée, de part son éducation, a faire un beau mariage avec quelqu’un de la haute. On assiste donc aux humiliations de Pamela (la meilleure amie en question), et la question du classisme est posée. Quelqu’un né dans un milieu populaire vaut-il moins que quelqu’un né avec une cuillère en argent dans la bouche ? De plus, la place de la femme, en tant que chose fragile qui n’arrive à rien par elle même, qui n’est rien sauf femme/fille de, est remise en question. Une jeune fille de bonne famille n’a-telle pas le devoir de se défendre, même face à un zombie qui tente de la mordre ? Ou devrait-elle tenter de s’enfuir et attendre que quelqu’un d’autre ne lui vienne en aide ? Un homme de préférence, parce que, hein, faut pas déconner ? Eh bien, si personne ne bouge, quelqu’un doit bien prendre les choses en main, et les héroïnes de New Victoria n’hésitent pas, même si pour ça, elles doivent porter des pantalons.

Ce livre a évité bien des écueils dans le traitement de ses deux héroïnes, mais malheureusement, pour sauter avec élan dans d’autres clichés, qui se retrouvent dans énormément de mauvais films d’espionnage.  L’écriture est fluide, et la narration par POV est parfois déroutante et rend le déroulement de l’action un peu lente. L’histoire d’amour est, à mon sens, un peu inutile, et surtout, glauque. Comme les histoires d’amour humain/vampire. Ca reste un cadavre qui marche. Et, euh, juste, beurk ? Le pourquoi du comment de l’invasion de morts-vivants m’est passé complètement au dessus de la tête, mais là, j’ignore si j’ai été déconcentrée dans ma lecture à ce moment, ou si c’était confus, ou si ça m’a semblé totalement crétin, mais si ça ne m’a pas marqué, ce que l’intérêt devait me sembler limité. Il s’agit visiblement d’une trilogie, et même si ce livre n’était pas la daube à laquelle je m’attendais (j’en serais presque déçue, vous savez…), je ne lirais pas la suite, peut-être tout simplement parce que je ne suis pas la cible de ce genre de livres. Mais, si je devais le conseiller à un/e ado en quête d’un livre steampunk, je lui en parlerais (sauf que je n’ai pas d’ado dans mon entourage, et que le seul autre livre steampunk que j’ai lu, ben, j’ai pas eu le courage de le terminer (pour le moment), au contraire de celui-ci.)

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En bref, un bon livre pour les amateur de ce genre là, mais pour les allergiques aux histoires d’amour, passez votre chemin.

Entre-deux, Etats-Unis, Fantasy, La Femme Sauvage

Le Peuple des Rennes – Megan Lindholm

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Dans un univers désolé ou le froid et la nuit règnent en maîtres, une femme hors du commun, Tillu la guérisseuse, se bat pour protéger son fils, l’inquiétant Kerleu. Fuyant le chaman Carp qui désire lui voler son fils pour en faire son apprenti, elle s’installe loin des hommes, à l’écart, bien  décidée à aider son jeune Kerleu à devenir un homme. Jusqu’au jour où elle aperçoit deux chasseurs dans le vallon. La chasse tourne mal, l’un d’eux est blessé. Comprenant vite que sans son aide, il risque de mourir, Tillu n’a d’autres choix que d’aller le sauver et de les héberger pour la nuit. Elle apprend qu’ils appartiennent à une tribu, installée non loin de là : le peuple des rennes. Megan Lindholm, avec son immense talent, nous fait vivre, jusqu’au dénouement final, les aventures d’une mère et de son fils dans un univers primitif et hostile dominé par les hommes.

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Si Robin Hobb doit être l’une de mes auteurEs préférées, je n’avais jamais lu ce qu’elle a écrit sous son vrai nom. C’est en farfouillant dans un bac de livres d’occasions que j’ai trouvé le premier tome du Peuple des Rennes et que j’ai pu y remédier. Le livre a été écrit après L’Assassin Royal, livre avec lequel je l’ai découverte, et on y retrouve quelques thématiques similaires, évidentes même, notamment à l’aide du titre du deuxième tome : Le Frère du Loup. On y retrouve aussi certains thèmes récurrents d’un de ses romans les plus décriées : Le Soldat Chamane. Si Le Peuple des Rennes n’est pas son meilleur écrit, il est dans la continuité de ses œuvres à succès.

On y retrouve également la thématique de l’animal totem, avec lequel les personnages ont un lien surnaturel, et qui leur permet de se trouver eux-mêmes, voire de se libérer. En effet, presque chaque personnage à une personnalité que l’on peut rapprocher de celle d’un animal : du loup au glouton, en passant par la chouette.

Nous suivons Tillu, une guérisseuse qui tente tant bien que mal d’éduquer Kerleu, son fils atteint d’autisme, conçu lors d’un viol par des pilleurs d’une tribu ennemie. Kerleu, qui semble très réceptif à l’apprentissage de Carp, chamane d’une tribu à laquelle sa mère s’est jointe ; une tribu nomade aux mœurs misogynes et dont le guide spirituel, tel le gourou d’une secte, parasite leur existence. Afin d’en éloigner son fils influencé, elle fuit et s’isole, jusqu’à sa rencontre avec le peuple des rennes, où un homme en particulier est bienveillant envers elle et son étrange fils, et où les femmes semblent indépendantes et libres. En effet, elles n’ont pas besoin d’hommes pour marchander, elles ont des possessions propres, des troupeaux qui leurs appartiennent, indépendamment de leurs pères et maris. Maris qu’elles ont d’ailleurs le luxe de pouvoir choisir elles-mêmes. Mais, comme dans tous les livres de cette auteure, si c’était si simple, ce serait bien trop simple (et, avouons-le, pas super passionnant si le héros ne rencontrait pas de problèmes). Parce que malgré cette apparence idyllique, le machisme et le patriarcat s’immiscent dans la tribu et certaines femmes vont en souffrir bien plus que d’autres. De l’homme jaloux de ne pas avoir été choisi à la jeune fille mariée de force à un homme qu’elle ne respecte pas, la liberté diminue et la place des femmes recule au sein de ce peuple si pacifique.

Ce roman est classé dans la fantasy, sans doute à cause des pouvoirs des chamans, mais le cadre semble très proche des tribus nomades du Nord (Canada ou Sames de Scandinavie, je n’arrive pas à me décider, ou peut être Mongols de Sibérie. A cause des prénoms des membres du peuple des rennes, aux sonorités scandinaves ou finlandaises, et des descriptions physiques. Mais dans tous les cas, il y fait froid, et il y a des rennes, donc, on peut exclure l’hémisphère sud.)

La problématique liée à la place des femmes soulevée dans ce livre est toujours d’actualité, 9 ans après sa publication, ce qui en fait une œuvre universelle, et fascinante d’un point de vue féministe.

S’il fallait le comparer aux livres de Robin Hobb, il serait un poil en dessous de ses meilleurs sagas. Mais comme il est paru sous le nom de Megan Lindholm et que je n’ai jamais rien lu d’elle sous ce nom de plume là, la comparaison n’est pas vraiment valable. Dans tous les cas, il vaut la peine d’être lu, mais il ne faut pas s’attendre à une lecture aussi envoûtante que celles du Cycle des Anciens. (Bon, après, faut dire que L’Assassin Royal a été une claque monumentale pour moi, donc je place la barre très haut.)

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Morceaux choisis :

N’importe quel membre de notre groupe doit pouvoir se déplacer la nuit sans avoir peur. Le monde appartient à tous, dans la lumière et l’obscurité. Pour quelle raison quelqu’un aurait-il imaginé de dire : « Attention, […], la nuit est mortelle. »?

Une femme qui remet en cause la volonté d’un homme vit seule depuis trop longtemps. Elle en a oublié l’ordre du monde.

N’accomplis jamais pour une femme ce qu’elle peut faire elle-même. Sinon, il n’y aura plus rien qu’elle assume seule.

Fantasy, France, Historique, Youpi Tralala

Chien du heaume – Justine Niogret

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Chien du heaume, un surnom gagné au prix du sang et de la sueur par celle qui ne possède plus rien que sa hache, dont elle destine la lame à ceux qui lui ont pris son nom. Mais en attendant de pouvoir leur sortir les viscères, elle loue son bras et sa rage au plus offrant, guerrière parmi les guerriers, tueuse parmi les loups. De bien curieuses rencontres l’attendent au castel de Broe où l’hiver l’a cloitrée : Regehir, le forgeron à la gueule cassée, Iynge à la voix plus douce que les meurs, le chevalier Sanglier et sa cruelle épouse de dix printemps. Au terme de sa quête, Chien trouvera-t’elle la vengeance, la rédemption ou… autre chose ?

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Voici le genre de livre qui, dès le prologue, vous met une claque. Le genre de claque qui vous secoue jusqu’au tripes et vous laisse pantelant, cherchant votre souffle, et vous noie dans son ambiance particulière. (C’est aussi le genre de livre qui ne se laisse pas lire dans un train blindé de scolaires hurlants. Oui, ça sent le vécu.)

Chien du heaume est mercenaire. Son visage est couvert de crasse et couturé de cicatrices. A la recherche de son vrai nom, elle a adopté celui des camarades de bataille d’un jour lui ont donné. Elle évolue dans un monde qui semble peuplé d’enfants cruels, où les paysans maudissent leurs seigneurs qui auraient manqués à leurs devoirs, et où les dames tiennent leurs promesses jusque dans la mort. Sa quête est un récit initiatique, où la recherche du nom est aussi celle de soi-même. Les mythes et légendes évoqués dans ce livre distinguent le roman d’un roman de fantasy « pure », car, à défaut d’être réelles, elles sont populaires dans certaines parties d’Europe, ce qui permet, d’une part de situer le récit dans un monde qui est le notre, mais aussi dans une époque qui fût réelle. Il s’agit là d’un roman historique, médiéval, et non pas d’une saga de fantasy telle que les connaissons.

Chaque chapitre est une petite histoire en soi, ce qui m’a rappelé (attention, la référence de ouf…) Perceval ou le roman du Graal (que j’ai lu il y a 9 ans, mes souvenirs sont peut être un peu embrumés), ou le personnage poursuit sa quête en traversant diverses aventures indépendantes, avant d’arriver à son terme. Le langage « médiévisant » ajoute judicieusement à cette impression.

La narration oscille parfois entre un point de vue interne à Chien, à la 3ème personne, et celui d’un narrateur caché, voyeuriste, qui interpelle le lecteur lorsque le personnage principal est occupé, un peu comme une voix off. Dommage pourtant que ce gimmick n’aie pas été plus exploité, je dois avouer que la petite voix du maître de cérémonie invisible était un parti pris intéressant qui m’a un peu manqué sur la fin.

Je n’ai nulle honte de ce qu’ils appellent les bas instincts. Je mange, je pisse, je dors et je fais al culbute aux femmes, et si un dieu a été assez content de son oeuvre pour l’estimer finie, je ne saurais lui faire l’insulte de haïr mon corps. »

Certaines idées, comme les serpents, aiment à ramper sur le ventre et grouiller dans les coins sombres de la pensée. Il est plus facile de juger comme vous le faites que de combattre ; alors un jour viendra, je le présage, ou une femme ne pourra plus toucher un fer sans passer pour folle, et où elles tireront toute fierté de leur langueur. Il leur faudra un homme pour défendre leur honneur, et la chose sera si bel et bien rivetée à la tête des gens que, comme un clou dans sa planche de bois rincée par les pluies, on ne saura plus l’en faire sortir sans se faire saillir les muscles à en avoir mal.

Un roman médiéval loin des clichés du genre, où les femmes ne sont pas forcément des princesses, où les hommes ne sont pas forcément des brutes, et où un château sombre et froid devient le plus accueillant des refuges. Un premier roman prometteur, le deuxième m’attend déjà.

Et un glossaire final au style complétement différent et décalé, qui, pourtant, clôture bien le livre.

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