Entre-deux, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne

Elle, suite et fin.

Voici la suite et la fin de l’article précédent, qui était quand même bien long.

Après une bonne moitié de récit d’aventure à travers l’est de l’Afrique, on l’on découvre d’ailleurs des boas constrictor (l’auteur devait avoir des soucis de géographie), et de rencontres avec des peuples barbares, on fait enfin la connaissance la créature éponyme : Elle. On aura mis du temps !

L'Afrique à l'époque victorienne
L'Afrique en 1898

Elle, Ayesha, Hiya, ou Celle-qui-doit-être-obéie, forcément, est très belle. Tellement belle qu’elle doit cacher sa beauté derrière un voile pour ne pas que les hommes tombent éperdument amoureux d’elle et ne puissent plus aimer d’autres femmes. Les défenseurs du voile intégral seront contents. Elle est sage, elle a eu le temps en même temps. (Mais peut-on considérer quelqu’un comme étant sage si elle n’a vu que ses fidèles et ses créations pendant plus de 2000 ans ?) Elle a vécu tout ce temps en recluse dans une caverne tombeau, passant son temps à faire des expériences génétiques, Elle a créée une race de géants qui n’étaient pas apte à vivre dans cet environnement hostile et qui s’est éteint, ensuite, elle a cherché a créer des servants sourds-muets. Les premiers étaient moches, donc pas dignes de vivre, jusqu’à ce qu’elle trouve l’équation qui lui permette de créer des servants sourds, muets, dociles, et surtout, ce qui semble être la qualité la plus importante à ses yeux, beaux. Elle est censée être l’archétype de la femme, selon son auteur mysogyne. Cruelle, belle, jalouse et manipulatrice. Ayesha a vécu plus de 2000 ans pour attendre le retour de son amour, Kallikratès, qu’elle a tué parce qu’il préférait rester fidèle à son épouse, et attend son retour, sa réincarnation.

Forcément, ça tombe bien, cette réincarnation, c’est Léo, son descendant. Qu’elle sauve in extremis, et, en reconnaissant les traits de son cher Kalli (c’est plus court, vous m’excuserez, hein), en tombe follement amoureuse, avant même qu’il ne revienne à lui. Ca la met tellement en joie qu’Elle décide d’organiser des festivités, à base de lanternes faites avec des momies récupérées dans les tombeaux qui servent maintenant de chambres d’amis, et de sacrifices de boucs (on sait s’amuser là bas !).

Suite à quoi Holly, Léo et Job tentent de s’échapper (les rabats-joie !) avant qu’Elle ne les rattrape, ondule des hanches et batte des cils et les revoilà à agiter de la queue à ses pieds. Sauf Job, à qui elle fait peur.

Elle le dit Elle-même, quoique qu’Elle fasse, peu importe le crime qu’elle commette, sa beauté lui permettra d’être au dessus des lois, du bien et du mal.

Maintenant qu’elle a retrouvé son Kalli, elle veut lui donner la vie éternelle, afin qu’ils puissent renverser les tyrans du moment et devenir les maîtres du monde (oui oui, vraiment), donc les voilà partis, encore une fois, vers la Flamme de la Vie dans laquelle Elle veut se replonger, afin de rallonger encore sa vie, 2000 ans, décidément, c’est bien trop court.

Bref, un monument de la littérature mais un gros moment de WTF, et une image de la femme assez discutable, même si les hommes ne s’en sortent pas mieux, eux qui accourent dès qu’une bonnasse commence à les chauffer. Et je n’ai quand même pas eu ma dose de guerriers en jupettes.

On notera aussi qu’une adaptation en film de 2001 nous présentait Ayesha sous les traits d’Ophélie Winter.

Cadeau bonux !

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Entre-deux, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne

Elle, recommandé par notre ami Sigmund

Elle : Un récit d'aventures
Elle : Un récit d'aventures, par Henri Rider Haggard

Un grand classique, présent dans la liste des must read, dont je n’avais jamais entendu parler avant que la couverture ne me frappe sur le rayon de la médiathèque. Une femme en habit digne de l’antiquité grecque, après la déception de Mémoires d’une catin, il fallait ma dose de héros en jupes et sandales. Sur la quatrième de couverture, on peut lire que ce cher Sigmund en a recommandé la lecture à ses patients et que Jung (ouais, j’ai du le googler, ma culture en matière de psychiatres a quand même ses limites) compare « sa puissance d’imagination à celle de L’enfer de Dante et de L’Anneau du Nibelung de Wagner (pourquoi c’est au singulier en français, ça, d’ailleurs, en VO, c’est die Niebelungen Sage, eine Niebelung, mehrere Niebelungen o.O).

Ce livre met en abyme le récit lui-même. En effet, le premier narrateur, à la première personne, à rencontré le narrateur suivant, et raconte cette rencontre, et comment il a reçu le manuscrit qui raconte l’histoire d’ »Elle ». Le deuxième narrateur raconte son histoire dans un manuscrit qu’il envoie au premier narrateur (vous suivez ?), ensuite, le premier narrateur n’apparait plus que dans les notes de bas de page, sous le nom de « l’éditeur ».

On suit donc M. Holly, linguiste à l’université de Cambridge, depuis une funeste nuit où l’un de ses amis vient à lui, agonisant, et lui remet une cassette, lui dit qu’il va mourir, et qu’il devra s’occuper de son fils qu’il n’a pas vu depuis la mort de sa femme. Il lui raconte aussi que sa famille remonte à avant Jésus Christ (je veux pas faire ma chieuse, mais celle de tout le monde, hein, même si on ne sait pas remonter jusque là, nos grands parents et les leurs avant eux sont pas tombés du ciel comme ça, il y a 200 ans, hein) et que Kalliskratès était son arrière*68 grand-père, et lors de sa fuite (je sais plus pourquoi, désolée), il a rencontré, avec sa femme enceinte, Elle, qui a fait fuir la madame enceinte jusqu’aux yeux, parce qu’Elle était tombée follement amoureuse de monsieur Kalli. La madame (pas Elle, hein, l’autre) a accouché, et fait suivre cette histoire jusque maintenant. Et le lendemain, le monsieur est mort. Comme il l’avait prédit.

Ce très cher Holly est très moche. Il est décrit comme étant très poilu, avec de longs bras, et un torse de forme bizarre. En plus, il a peur des femmes (oui, quand il était jeune, une donzelle l’a chauffé, puis s’est sauvé avec un mec qui était plus beau, la gueuse ! Toutes pareilles, ses chaudasses ! Même au XIXème !). Donc voilà, il se retrouve avec un gamin sur les bras, à qui il doit apprendre l’arabe, et lui donner cette cassette le jour de ses 25 ans. Ce jeune homme, Léo, qui est très beau, un véritable Apollon, aux cheveux d’or, en plus, il est doué, il reçoit un diplôme (mais de justesse, hein, faut pas déconner), enseigne aussi à Cambridge, et plaît aux femmes.

Que renferme la fameuse cassette ? Un tesson qui résume toute l’histoire, un cartouche, et une lettre du père de Léo, qui dit qu’il s’est suicidé (c’est pour ça qu’il a pu prédire avec précision qu’il allait mourir), et leur disant qu’il devait partir à Zanzibar, trouver le moyen de devenir immortels, et trouver Elle, pour venger leur ancêtre Kalli, plus de 2000 ans plus tard.

C’est parti pour Zanzibar, Holly, Léo et Job, leur fidèle majordome (qui a peur des porteuses du double chromosome X, et aussi des gens qui ne sont pas britanniques, le pauvre, il va en chier xD). Ils essuient une tempête sur un baleinier, d’ou ils réchapperont de justesse, avec un serviteur turc, du nom de Mahomet. Ils débarquent le long d’un fleuve, se font dévorer par des moustiques, et assistent à une bagarre de proportions épiques entre un lion et un crocodile. (Et là, j’aurais bien voulu mettre une vidéo de reportage animalier, mais je n’ai pas eu le courage de regarder une seule de ses vidéos jusqu’à la fin, donc allez voir vous-même si vous voulez voir à quoi ça peut ressembler : http://www.youtube.com/results?search_query=lion+attacks+crocodile&aq=f)

Quand, au bord de l’épuisement, ils se font ramasser par des indigènes qui les transportent vers leur « village » sur des litières, la seule chose que M. Holly remarque, c’est que certains portent des toges jaunâtres, et d’autres, rien, à part des peaux de guépard pour protéger leur nudité (différence qui sera mentionné plusieurs fois, hein, au moins une fois par chapitre, tant qu’ils seront chez ces indigènes, ça a du le marquer…) Ces indigènes, ce sont des Amahaggers, le peuple des pierres, et ils parlent une sorte d’arabe, ils ont eu l’ordre de pas toucher aux hommes blancs, ordre donné par Celle-qui-doit-être-obéie, ils ont des femmes superbes, et tous le même père, Billali, digne vieillard à longue barbe blanche (en gros, c’est Panoramix, version africaine).

Billalix
Billalix

On notera qu’en cherchant cette image avec le mot clé Panoramix, j’ai trouvé des gens nus se roulant sur des toiles géantes.

Ce peuple a des coutumes étranges. Par exemple, Léo et Job se font sauter dessus par des dames, Léo a de la chance, elle est jolie, il lui rend son baiser, et pouf, ils sont mariés, Job, lui, a moins de chance, déjà qu’il a peur des femmes, celle qui a jeté son dévolu sur lui est vieille (oui, il est précisé qu’elle est d’un certain âge, puis, qu’elle a une trentaine d’années…une ancêtre, en gros). Il la refuse, et ils vont dormir. Dans une grotte creusée par une civilisation disparue, les Kôr. Les chambres qui leurs sont attribuées sont d’ailleurs d’anciens tombeaux.

Une autre sympathique coutume est de tuer les femmes avant la ménopause, avant qu’elles deviennent trop chiantes. Oui, c’est exprimé comme ça dans le texte (‘fin, pas comme ça au mot près, hein, mais ça y est).

Une autre chouette tradition, c’est de manger leurs invités. En leur mettant un pot chauffé à blanc sur la tête. Ce sort ne sera réservé qu’au serviteur Mahomet, comme il n’est pas blanc, on peut le toucher, et même le manger ! Enfin, c’est surtout une vengeance de la pauvre vieille qui s’est pris un râteau par Job. (Prenez note, au prochain râteau que vous vous prendrez, mangez un de ses potes !). S’en suit une grosse échauffourée, Billali punit ses enfants en les envoyant chez Elle. Léo est blessé, tombe malade, et là, ils vont tous, enfin, Holly, Job, Léo et Panora-Billali, pardon, chez Elle, Hiya, ou Celle-qui-doit-être-obéie.

Léo survivra-t-il ? Rencontreront-ils Elle ? Connaitront-ils le secret son immortalité ? La suite demain !

MAJ : La suite se trouve ici !