Films

Cinéma express

J’ai vu plusieurs films ces dernières semaines (bon, en fait, trois, je ne suis pas une cinéphile assidue.) et s’ils me font parler depuis, ils ne me font pas assez parler pour leur dédier un article chacun. Ouiii, prenez en pitié la personne qui m’a accompagné, qui doit subir ma logorrhée depuis trois semaines : « Mais en fait, ce personnage, il est […] et il a fait ça pourquoiiii ? » alors que nous avons vu le film deux semaines auparavant… Moi, en tout cas, j’ai pitié, et vais donc vous en parler, à vous ! Non ! Ne partez pas ! J’ai pas encore commencé !

Oh Boy
Oh Boy
Un film que j’ai vu pour l’unique raison qu’il était en allemand. Je connaissais l’acteur déjà avant, pour l’avoir vu dans certains teen-movies d’Outre-Rhin, qui passaient à la télé le jeudi soir en été sur une grande chaîne teutonique. (Ouais, en vivant à 20 km de la frontière et en ayant accès uniquement au bouquet satellite allemand, on a pas trop le choix, vous voyez ? C’était ça ou des talk-show saveur choucroute bière. Et quand on a 17 ans, ben, on regarde le teen-movie… (Mais au moins, après, on assure en cours d’allemand !)) Ce film retrace 24 heures de la vie d’un loser berlinois trentenaire. 24 heures où toute sa vie bascule : son père lui coupe les vivres, il doit suivre une thérapie après avoir foiré son entretien avec un psy, sa copine en a marre de lui, et en plus, le sort s’acharne sur lui et l’empêche de mener à bien sa quête pour obtenir un café (comme Ziltoïd the Omniscient)(ou Tallahassee qui cherche le dernier Twinkie dans Zombieland). Mais le vrai héros du film, c’est Berlin. Le film ne semble qu’être un prétexte pour filmer la ville et son atmosphère, qui se prête fort bien au noir et blanc. Un peu à la manière d’un Woody Allen allemand, qui fait des films pour filmer sa vision particulière d’une ville. Et un jour, il faudra que je me penche sur les héros allemands de 30 ans, qui, décidément, semblent tous être des losers.
feather
Pop Redemption
Pop Redemption

Pop Rédemption, je suis allée le voir en revenant du Sonisphère, parce que c’était dans la continuité, et que la bande annonce, ben, elle s’annonçait (mouahaha!) plutôt pas mal. Si le trait est forcé pour le personnage incarné par Julien Doré, les autres sont plus réalistes dans leurs rôles de musiciens de metal trentenaires, pères de famille, qui n’ont plus trop de temps à consacrer à la musique, les responsabilités et la vie quotidienne les ayant rattrapés. Évidemment, la culture metal, présentée au grand public, est toujours fortement parodiée, mais ici, ça reste sympathique, même si pas très crédible. Mais le hippie-black-metal m’a fortement donné envie, et j’attends impatiemment un album entier !

 

 

 

feather

L'Inconnu du Lac
L’Inconnu du Lac

L’affiche de ce film a fait scandale et n’a pas pu être affichée dans plusieurs villes du pays. Mais si je suis allée le voir, c’est simplement que la bande-annonce m’a donnée envie, indépendamment du scandale et des débats. Mais une fois dans la salle, j’avais un peu hâte que le film termine (et pas seulement parce qu’on était pas super bien installés…) Le film est un genre de huis-clos en plein air. Tout se passe autour de ce lac. Si certains personnages se voient dans la « vraie vie », nous ne sommes témoins que de ce qui se passe dans ce microcosme lacustre. L’inconnu mentionné dans le titre, d’ailleurs, refuse tout contact avec son amant hors du lac. Ce lac sert de lieu de rencontre gay et le héros tombe raide dingue amoureux du sosie de Magnum, et se lie d’amitié avec un petit gros pas très certain de sa sexualité. Un meurtre vient troubler tout cela (sans vous spoiler, l’élucidation du meurtre n’est pas le centre de l’histoire, vu que nous assistons à ce meurtre, et connaissons l’identité de l’assassin dès le départ… Même avant qu’il n’aie fait quoi que ce soit…). Le film montre les personnages évoluer, et le suspens réside dans le fait que nous nous demandons enfin quand le témoin ira cracher le morceau au flic (qui ressemble beaucoup au prof de littérature que j’ai eu au lycée…). Et, encore, sans vouloir vous spoiler, c’est ce qui m’a énervée et qui m’a fait trouver le temps long, c’est que vraiment, les personnages ont un comportement aberrant : « Je sais que tu as tué ton amant, mais tu ressembles à Tom Selleck jeune, alors on s’en fout, prend moi sauvagement dans un buisson ». « Je sais pas comment tu t’appelles, je t’ai jamais vu, mais youplà, tripotes moi sans capote, c’est la fête du string ». « Je sais que tu as tué ton amant, alors je vais te dire que je le sais, te provoquer bêtement, puis t’attirer dans le bois pour que tu me coupes le sifflet, je suis un prix Nobel \o/ ». Bon, vous l’aurez compris, les personnage sont parfois un peu cons. Sinon, le film a le mérite de montrer des scènes homosexuelles sans concessions et sans aucune pudeur (on voit tout, absolument tout, donc âmes sensibles s’abstenir.) et assume le parti-pris de n’utiliser aucune musique tout du long, que ce soit pendant le film, ou les crédits, et le huis-clos est une perspective intéressante. (Mais j’aurais trouvé ça plus cool que le meurtrier soit le silûre, Megashark style.)

Publicités
Machins et choses, Tranches de vie

Les Peintres au charbon

Les peintres au charbon - Lee Hall
Les peintres au charbon - Lee Hall

Ca m’arrive de me cultiver. Des fois. Autrement qu’avec des films ou des livres. Bon, j’avoue, c’est rare. Mais ce week end, je suis allée au théatre. Voir Les Peintres au Charbon, de Lee Hall au Taps à Strasbourg, par la Compagnie du Passage de Neuchâtel. Le théatre, je n’y connais rien, la dernière fois que j’y suis allée, c’était en primaire voir le Petit Prince, c’est dire. N’empêche que c’était bien. Bon, mis à part d’être assis à coté de la porte (c’est pratique pour sortir, par contre, on est les premiers dehors) et la chaleur de la salle. Et les coups dans mon siège de la lycéenne en sortie de classe installée derrière moi.

Bon, je voulais vous parler de la pièce, parce que si vous avez l’occasion d’y aller, allez-y (et pas seulement parce qu’il y a un acteur de Kaamelott dans le casting) (oui, voir Lancelot en costume des années 30, ça fait bizarre).

Les protagonistes sont 3 mineurs du Nord de l’Angletterre, un mécanicien dentiste (oui, mécanicien dentiste, je sais pas en quoi ça consiste, par contre… Resserer les rouages de dentiers mécaniques ?) qui s’est fait gazer pendant la première guerre, un chômeur, un prof d’arts plastiques, et une collectionneuse de tableaux excentrique.

A l’aube de la deuxième guerre, une association de mineurs décide de se cultiver et de suivre des cours de sensibilisation à l’art, afin de comprendre ce que l’artiste a voulu dire quand il a peint sa croûte. Pour ça, bien sûr, il eur faut un professeur. Qui tentera de leur expliquer les bases de l’histoire de l’Art, et, devant leur incompréhension et leur volonté de comprendre plutôt que de savoir (je sais pas si je suis claire, là o.O), va décider de les faire peindre.

La mise en scène est minimaliste ; une table, une échelle, 4 chaises, et un paravent qui sert de décor. Entre les actes, le rideaux se ferme et une toile est projetée, parfois accompagnée d’une date, quand il s’agit d’une année marquante historiquement.

Sur fond de comédie sociale dressant les portraits de mineurs et d’ouvriers peu instruits, se pose également la problématique de la légimité de l’Art. Que veut-il dire ? A quoi sert-il ? Est-ce qu’une oeuvre engagée à plus de valeur qu’une oeuvre introspective ?

C’est la première fois que l’oeuvre est représentée en français (d’après mon programme, hein), et donc, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas, allez-y ! Pour ma part, je suis sortie en ayant très envie de reprendre mes pinceaux et de barbouiller un truc.

Pour des photos de la pièce, les dates de la tournée (pour Strasbourg, c’est mort, la dernière représentation était celle à laquelle j’ai assisté samedi), un extrait vidéo et plus d’informations, <voix off téléachat> je vous invite à cliquer sur le site de la Compagnie du Passage.</voix off  téléachat>