Entre-deux, Fantastique, France

Les Mystères de Saint-Pétersbourg – Christian Vilà

En rouge et noir ♪

Un rituel magique est à l’ origine de la Révolution d’octobre.
Pour Efim Stoïkov, jeune chaman sibérien, tout commence à Barabinsk, son village natal. Une vieille femme à l’agonie lui confie la garde d’une mystérieuse créature qui lui ouvre la voie vers le Pays Violet, le monde des esprits. Ayant survécu aux premières épreuves de l’apprentissage chamanique, il émigre vers Saint-Pétersbourg.
Dans la capitale tsariste, où la police dispose d’allies surnaturels, où complots politiques et combats de sorciers font rage dans les bordels et les palais, Efim achève son initiation et subit le joug des terrifiantes Reines-Sorcières, qui se livrent une guerre secrète dans les coulisses de l’histoire.
Sa route va croiser celle de Raspoutine, qui lui a été désigné pour ennemi. Mais derrière le moine maudit se cache un Ennemi plus redoutable encore : le Prince des Nocents, souverain occulte de la cité. Pour vaincre, Efim devra franchir les Seuils Violets qui palpitent dans l’horizon du monde des esprits, et où affluent les âmes des soldats morts dans les combats de la Première Guerre mondiale. En ces lieux singuliers vont se jouer son destin… et celui du siècle.

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Ce livre est la preuve que parfois, je me laisse emporter par la couverture… Les couleurs m’ont hypnotisé et me sussuraient à l’oreille « Emmène nous, le livre est bien, tu vas voir, aie confiansssssse ! ». La prochaine fois, je mettrais des boules Quiès et des lunettes de soleil. Enfin, j’exagère, c’était pas mauvais, c’était même vachement prometteur, au début. Puis, pfuit. Le pétard mouillé. Le soufflé qui retombe. La déception, en somme. Parce que les mythes slaves, c’est loin d’être surexploité, surtout dans la littérature de nos contrées. Ca aurait pu être si bien… Ô, toi, livre à la couverture si éclatante, pourquoi m’as tu laissé lâchement tomber ?

Pour revenir au roman, Les Mystères de Saint Pétersbourg suit Efim, un jeune sibérien, depuis sa plus tendre enfance, jusqu’à ses vingt ans, avec le recul d’un vieillard (chaud comme une baraque à frites, d’ailleurs.) Efim sortira de sa cambrousse sibérienne pour entrer à Saint-Petersbourg, déjouer les manigances de Raspoutine et de Dames noires et rouges lesbiennes qui se livrent à un jeu de cartes maléfique. Ou quelque chose comme ça. Les premières pages m’ont envoutées, se lisaient d’une traite, jusqu’à ses délires de voyages astraux, qui ne sont d’ailleurs jamais appelés comme ça. Si au début, j’arrivais à suivre, une fois Efim à Saint-Pétersbourg, confronté à des Oreilles et des Sacs de Pierre, l’auteur m’avait perdue. Tant d’idées qui fusaient de partout, et pourtant, tant de clés pour les comprendre qui semblaient être restées coincées quelque part sur le chemin de sortie du cerveau de l’auteur. Je n’ai pas compris les enjeux, sauf qu’Efim est le créateur du point Godwin, et que Raspoutine est son ennemi. Pas pour des raisons politiques (enfin, peut être que si, j’ai pas tout compris), mais pour des raisons sentimentales. Car, pour Efim, qui, lors de son initiation chamanique, à refuser de pratiquer l’ascèse, « tout n’est que sensualité et volupté ». Ce qui résume aussi très bien le livre. Voyage astral, scène de fesses, voyage astral, sexe, sexe lesbien, voyage astral, trip aux champignons, confrontation avec Staline/Raspoutine/un Sac/une Oreille, sexe, voyage astral. Alors c’est très bien de mettre du cul partout, hein, mais un peu moins de cul et d’orgie et un peu plus de détails qui permettent de comprendre l’histoire, l’Okrana, tout ça, ç’aurait été pas de refus, hein.

Je m’attendais plus à un roman du style de Jonathan Strange et Mr Norell, et en fait, non. Ou alors tellement mélangé à une version écrite du Rocky Horror Picture Show (un accueil dans un hôtel particulier fait par une femme en porte-jarretelle) que le tout était réellement étrange.

corbeaucorbeau

Dispensable. Vraiment. Pfuit.

[…] les hommes adultes. Ceux-là n’ont d’autre obsession que fourrer, limer, besogner, décharger, et nous traitent comme autant de crachoirs destinés à être le réceptacle de leurs sécrétions poisseuses.

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Séries

Girls et le body-shaming

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Girls est cette nouvelle série, vendue au public comme étant le Sex and the City nouvelle génération. Si je regardais cette série le vendredi soir sur M6, je n’ai jamais suivi réellement intentionnellement les péripéties des quatre trentenaires New-Yorkaises  dans leur recherche du grand amour (même si, à force de rediffusions et de soirées oisives, j’ai bien du voir tous les épisodes… Et le film, mais ça, c’est une copine qui m’a demandé de l’accompagner pour fêter la fin des partiels. Oui, pour fêter la fin des partiels, nous, on allait au cinéma.) Du coup, quand j’ai entendu parler de Girls, je me suis dit « Mooooorf » (oui, je suis l’éloquence même quand je me parle à moi même.) et j’ai oublié l’existence même de cette série. Puis, en janvier, elle m’est revenue suite à une lecture de je sais plus quoi je sais plus où dans les méandres des zinternets. Avec l’argument imparable, des personnages plus réalistes, des situations moins glamour,  et des héroînes plus jeunes (oui, parce qu’au alentours des 20 ans, lors de la fin de la série Sex and the City, les soucis de trentenaires me semblaient bien lointains, alors que les aventures de jeunes femmes étudiantes ou débutant dans la vie active, au alentours de 25 ans, tout de suite, ça me parle plus (même si j’ai terminé mes études depuis)). Cette période flou entre la fin de l’insouciance étudiante et le début des responsabilités, ou on tente de se trouver et de découvrir le soi qu’on sera une fois réellement adultes est ici bien décrite. Mais je ne voulais pas vous parler de la série, enfin si, mais aussi des réactions face au personnage principal, incarné par Lena Dunham, qui en est également la scénariste.

Le reproche le plus fréquent est lié à Hannah Horvath, jeune écrivaine paumée et boulotte (certains diront au physique ingrat, mais je ne la trouve pas particulièrement laide), qui est souvent -très souvent-à chaque épisode- soit nue, soit en culotte (pas le slip sexy, hein, non, la culotte de grand-mère), parfois sans raison particulière, le fait qu’elle soit chez elle mis à part (et encore, c’est pas toujours chez elle). Alors que, paradoxalement, la meilleure amie de Hannah, Marnie, mince et jolie, est TOUJOURS habillée, et ce, même quand elle couche avec son copain (oui, elle trouve toujours le moyen de laisser, soit son soutien-gorge, soit sa robe, et les seules fois où elle est dévêtue, elle trouve le moyen d’être couverte quand même). D’ailleurs, les deux autres femmes (minces) de la série couchent toujours avec des hommes en étant couvertes. La seule dont on voit les fesses, c’est Hannah, la petite boulotte.

Bon, là, c’est ses seins, mais le résultat est le même

Un jour, le lendemain de la diffusion d’un épisode assez mitigé, je suis allée voir la page Facebook de la série (Règle numéro 1 des zinternets : ne JAMAIS lire les commentaires). Et là, TOUTES les critiques s’attardent sur le fait que Hannah soit en petite culotte et que son personnage (certes assez, euh, énervant et auto-centré) aie réussi à coucher avec un homme au statut social impressionnant et au physique avantageux. Qu’un homme tel que lui ne s’attarderai jamais sur une fille aussi quelconque, aussi grosse, aussi mal fagotée (qu’elle est mal fagotée est un fait, soit). Mis à part le fait que ces critiques sont sexistes (la femme, uniquement désirable si elle correspond aux critères socialement acceptés comme étant beaux et l’homme, ce beauf superficiel qui ne devrait se taper que des top-models), elles étaient pratiquement toutes énoncées par des femmes (peut être-sans doute- que le public de cette série comporte plus de femmes que d’hommes, ceci expliquant en partie cela) (mais sinon, ça renforce ma théorie sur le patriarcat en place parce que les femmes le veulent bien). Les femmes en surpoids, flasques, pas très jolies, devraient-elles se cacher ? N’en déplaise aux Femen (qui laissent les grosses à la maison pendant leurs actions choc), Lena Dunham a énoncé une vérité lors d’une interview avec… Playboy. son corps, tel qu’il est, est bien plus puissant visuellement, que celui d’une donzelle mince et musclée, qui n’existe que rarement dans la vraie vie. Et, soyons honnêtes, si on voyait de superbes femmes faire l’amour à l’écran complètement nues, ce ne serait plus une série « réaliste », ce serait du porno, fait pour le fantasme, pour vendre du rêve, pour le fapfap rapide, et on lui reprocherai la même chose que ce qui est souvent reproché au porno, c’est à dire que ce n’est pas assez réaliste.

Mais pourquoi la vue d’un corps normal, non sublimé par Photoshop, par du maquillage sophistiqué, par des culottes gainantes, ainsi exposé, déclenche-t’il de tels flamewars  ? Parce que la femme normale est complexée, et, par un mécanisme psychologique pervers, elle ne supporte pas de voir que d’autres assument ce qu’elles sont ? (On me dit dans l’oreillette que ce mécanisme est aussi appelée jalousie par les gens normaux, mais comme je ne trouvait plus le terme, et que j’aime bien ma phrase, je vous gave de parenthèses) (les parenthèses, c’est la vie). Parce que la norme photoshopée s’est tellement ancrée dans nos esprits que toute forme de déviance ne mérite que le mépris et la lapidation sur la place publique ?