Films

Le Magasin des Suicides

Le Magasin des Suicides

J’avais lu le livre et l’avais beaucoup aimé, c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai appris qu’un film adapté de l’œuvre était en projet… Il y à deux semaines, j’avais vu la bande-annonce avant le film que nous étions allés voir, j’ai commencé a sautiller d’excitation sur mon siège en gloussant (oui, comme ça, je vois pas où est le souci, j’ai juste embêté mon voisin qui m’a dit que ouiiiiiii, on irait le voir pour que je m’asseye comme il faut) (en règle générale, je trouve très difficile de rester assise comme il faut sur un siège, je toruve que c’est pas confortable, il faut que je sois assise sur une jambe). Donc voilà, samedi, nous sommes allés voir le Magasin des Suicides…

Et j’ai été déçue (enfin, pas que moi, mais il n’y a que moi qui parle là). Certes, visuellement, c’est très joli, le dessin fait penser aux dessins animés modernes en 2D, mais avec une coloration vieillotte. Mais alors l’histoire… Là ou le roman trouvait des moyens décalés de nous faire sourire, ici, c’est un dégoulinement de guimauve. Le fait qu’il s’agit d’une comédie musicale n’aide en rien. Certaines chansons sont écoutables et restent en tête, mais les textes… Les textes sont d’une mièvrerie à toute épreuve.

Le début du film, évoquant l’atmosphère de la famille Adams, est sympathique, mais avec l’arrivée d’Allan, les bons sentiments faciles deviennent légion.

France Inter disait qu’on pouvait emmener son enfant, à partir de 8 ans voir ce film. Je ne suis pas d’accord, le vocabulaire employé est cru (Mishima ne trouve qu’une chose à dire quand Allan souris, et c’est « Merde » plusieurs fois de suite, alors certes, je n’ai pas d’enfants, et merde n’est pas le mot le plus vulgaire qui soit, mais je ne crois pas que les emmener voir un film où c’est dit comme si ne rien n’était soit une bonne idée…) Certaines scènes de nudité ne passent aussi que parce qu’il s’agit d’une animation.

En gros, le film est trop niais pour des adultes (voire même des adolescents), et trop vulgaire pour des enfants, j’ignore quel est le public visé par contre.

(Le mouton, parce que c’est censé être drôle, et seulement un, parce que c’est pas bien)

Et la bande annonce, pour compléter :

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Essais, France, Youpi Tralala

King Kong Théorie – Virginie Despentes

King Kong Théorie - Virginie Despentes

Quatrième de couverture :

J’ecris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du marché de la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas.

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre avant, il aurait changé la façon de voir les choses de bien des gens. Sceptique, je me suis mise en tête de le lire, pour voir si je partagerai leur avis. Ben, euh, en fait, oui.

Je n’avais jamais rien lu de Virginie Despentes, mais son image sulfureuse et sa réputation trash ne m’était pas inconnue. Ce livre, cet essai autobiographique nous raconte comment, de l’adolescente punkette, elle est devenue cette personnalité sujette à polémique.

Ce livre est divisé en plusieurs chapitres, séparés par des citations d’oeuvres féministes plus ou moins connues, Simone de Beauvoir et Virginia Woolf pour les plus connues (même si on ne s’est jamais penché sur le sujet).

Le style de Virginie Despentes est incisif, tiens-dans-ta-gueule, et touche là ou ça fait mal. Elle se penche sur les mécanismes culturels qui placent les femmes dans un carcan de soumission, et réduisant par la même occasion les hommes à des créatures aux pulsions violentes et brutales.

La politique actuelle (ce livre a été publié en 2006) est remise en question, ainsi que la société consumériste, soupçonnées de nous infantiliser :

Un bon consommateur est un consommateur insécure

Un Etat qui se projette en mère toute-puissante est un Etat fascinant.

Elle parle du viol, de sa manière de gérer cette expérience, et de s’en relever, et de sa signification sociologique, de la culpabilisation des victimes et de leur incapacité à se défendre, peut être dûe à l’influence de la morale judéo-chrétienne.Le fantasme du viol, lui, est un dispositif culturel, visant à placer la femme en position de soumission et d’impuissance afin de les écarter du pouvoir.

Elle parle aussi de son expérience de prostituée, bien loin des reportages racoleurs dont nous abreuve la télévision et de ses conséquences sur les gens. Le porno est également évoqué, condamnant les actrices à des voies de garage, cette activité étant visiblement incompatible avec l’intelligence.

King Kong Théorie est un livre court, qui se lit d’une traite, et qui ne laisse pas ses lecteurs indemnes qu’ils se sentent concernés de prime abord ou non.

(Cinq bestioles, c’est qu’il est bien. Non, mais, je précise, je teste encore mon système de notation)

Machins et choses, Tranches de vie

Les Peintres au charbon

Les peintres au charbon - Lee Hall
Les peintres au charbon - Lee Hall

Ca m’arrive de me cultiver. Des fois. Autrement qu’avec des films ou des livres. Bon, j’avoue, c’est rare. Mais ce week end, je suis allée au théatre. Voir Les Peintres au Charbon, de Lee Hall au Taps à Strasbourg, par la Compagnie du Passage de Neuchâtel. Le théatre, je n’y connais rien, la dernière fois que j’y suis allée, c’était en primaire voir le Petit Prince, c’est dire. N’empêche que c’était bien. Bon, mis à part d’être assis à coté de la porte (c’est pratique pour sortir, par contre, on est les premiers dehors) et la chaleur de la salle. Et les coups dans mon siège de la lycéenne en sortie de classe installée derrière moi.

Bon, je voulais vous parler de la pièce, parce que si vous avez l’occasion d’y aller, allez-y (et pas seulement parce qu’il y a un acteur de Kaamelott dans le casting) (oui, voir Lancelot en costume des années 30, ça fait bizarre).

Les protagonistes sont 3 mineurs du Nord de l’Angletterre, un mécanicien dentiste (oui, mécanicien dentiste, je sais pas en quoi ça consiste, par contre… Resserer les rouages de dentiers mécaniques ?) qui s’est fait gazer pendant la première guerre, un chômeur, un prof d’arts plastiques, et une collectionneuse de tableaux excentrique.

A l’aube de la deuxième guerre, une association de mineurs décide de se cultiver et de suivre des cours de sensibilisation à l’art, afin de comprendre ce que l’artiste a voulu dire quand il a peint sa croûte. Pour ça, bien sûr, il eur faut un professeur. Qui tentera de leur expliquer les bases de l’histoire de l’Art, et, devant leur incompréhension et leur volonté de comprendre plutôt que de savoir (je sais pas si je suis claire, là o.O), va décider de les faire peindre.

La mise en scène est minimaliste ; une table, une échelle, 4 chaises, et un paravent qui sert de décor. Entre les actes, le rideaux se ferme et une toile est projetée, parfois accompagnée d’une date, quand il s’agit d’une année marquante historiquement.

Sur fond de comédie sociale dressant les portraits de mineurs et d’ouvriers peu instruits, se pose également la problématique de la légimité de l’Art. Que veut-il dire ? A quoi sert-il ? Est-ce qu’une oeuvre engagée à plus de valeur qu’une oeuvre introspective ?

C’est la première fois que l’oeuvre est représentée en français (d’après mon programme, hein), et donc, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas, allez-y ! Pour ma part, je suis sortie en ayant très envie de reprendre mes pinceaux et de barbouiller un truc.

Pour des photos de la pièce, les dates de la tournée (pour Strasbourg, c’est mort, la dernière représentation était celle à laquelle j’ai assisté samedi), un extrait vidéo et plus d’informations, <voix off téléachat> je vous invite à cliquer sur le site de la Compagnie du Passage.</voix off  téléachat>