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Machete Kills

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C’est en parcourant la programmation du festival du film fantastique de Strasbourg que je suis tombée sur ce film. J’avais entendu parler du premier sans l’avoir vu, et l’image utilisée sur le site pour promouvoir ce film m’a interpellé. On m’assura que le premier était si n’importe quoi-esque qu’il n’y aurait pas de problème à voir Machete Kills sans avoir vu Machete. Comme les derniers films que j’étais allée voir au cinéma était des films intimistes, il me fallait une dose d’explosions, de tripes et de sang. L’affiche promet des explosions ? Hop là, on y va ! Sans regarder la bande annonce ! Même pas peur !

Une fois installée dans la salle, un bref regard autour de moi, il n’y a même pas une dizaine de filles. Constat un peu triste, mais bon. Les lumières s’éteignent, le film commence, et l’action en même temps. Machete Kills ne s’embête pas avec des temps morts, dès le départ, Machete affronte des militaires qui vendent des armes à un cartel. Première baston, premiers morts, première explosion, et première rencontre avec le grand méchant. Il n’y a pas vraiment d’histoire à proprement parler, enfin, si, nous suivons Machete qui doit sauver les Etats-Unis, menacés par un missile directement braqué sur Washington. Pour cela, il doit se faire aider par Miss Texas, un grand maitre des cartels souffrant de trouble de la personnalité multiple, et Luz (déjà présente dans Machete). Seulement, la menace ne se limite pas aux Etats-Unis, et en chemin, Machete se fait quelques ennemis, dont la dame au soutien-gorge fatal qui m’a tant frappée.

Alors, on ne va pas se leurrer, le scénario tient sur un post-it. Mais ça fonctionne. Oui, les ficelles sont grosses et manquent de subtilité, mais si on veut du subtil, on va voir autre chose. Tous les codes de la série B sont réunis, de la scène torride au vaisseau spatial en passant par des cow-boys modernes et les clones.

Si l’on tient à intellectualiser la chose, on peut y déceler une critique de la politique d’immigration et du statut des immigrés mexicains, si VRAIMENT on veut en tirer quelque chose d’autre que des explosions et des tripes.

Enfin, Machete Kills recèle d’allusions à d’autres films, qu’il s’agisse de Star Wars, de Planète Terreur, de James Bond ou à d’autres films de l’acolyte de Robert Rodriguez, Quentin Tarantino.

Si vous aimez les séries B, les nanards, les explosions, les références geek et si les coupures d’avertissement ne vous énervent pas (« Mettez vos lunettes 3D ! »), n’hésitez pas. Je crois d’ailleurs que c’est la première fois que des gens du public applaudissent à la fin du film. J’ignore si c’était de soulagement que tout soit fini ou parce qu’ils ont beaucoup beaucoup aimé, par contre.

Vivement Machete Kills again… In Spaaaace !

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Caca Bouquin, Epoque victorienne, Europe, Fantastique, Grande-Bretagne, Historique

Victoria, reine et tueuse de démons – A.E. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c »était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

« Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant. »

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.