BD - Roman graphique, France, Youpi Tralala

41 €, pour une poignée de psychotropes – Davy Mourier

41 €, pour une poignée de psychotropes
Et je vous ai épargné la photo de l’auteur à poil, pudiquement couvert par sa BD

D’habitude, je ne suis pas très BD. Il faut que le sujet me touche, ou qu’il soit complètement loufoque pour que je m’y intéresse. Là, je « connaissais » son auteur à travers la télé, et à travers son blog, sur lequel il publie ses strips.

La suite est déjà sortie, mais ici, je vais m’intéresser à la première. 41 € pour une poignée de psychotropes, ou comment on en vient à faire une thérapie. Il s’agit d’une BD autobiographique, qui vous offre, en prime, comme écrit sur la première page, une vraie dépression ! (Bon, en vrai, il exagère, ça allait relativement bien quand je l’avais finie.)

La BD s’ouvre sur l’enfance de Davy, une enfance visiblement heureuse, soulignée par la phrase :

Le degré de bonheur de l’enfance détermine le degré d’acharnement de fuite de l’âge adulte.

Enfance néanmoins bouleversée par le décès de sa maîtresse d’école, qui marquera le début de son refus de grandir, de son désir d’aller contre l’ordre des choses, et de refuser ainsi le principe de la mort. Au fur et à mesure de l’avancement du livre, on découvre d’autres évènements marquants, dans lequel nous pouvons tous nous reconnaitre, et qui marquent une vie, jusqu’à ce qu’on décide de chercher de l’aide, et de suivre une psychanalyse.

La suite est constituée de strips de trois cases chacune, toutes résumant une séance chez son psy, toutes basées sur le même principe. Pas de mouvement, le héros (ou l’anti-héros ?) au premier plan, tournant le dos à son thérapeute, assis à son bureau et l’écoutant. Seules les mimiques changent, et suffisent à charger l’histoire d’émotions.

Bien sûr, il s’agit d’une bande déssinée, le tout est traité efficacement avec humour, mais on se rend compte des fragilités de l’auteur.
Mais TOUT n’est pas dessiné, ce n’est pas un album d’Astérix, on y trouve également des collages, des photos, pleins d’éléments qui permettent de voir que ce qui est raconté est vrai, que peut être, l’écrire exorcise. On se sent parfois un peu voyeuriste, mais il s’agit ici d’un album de qualité, touchant et drôle. La présentation, sous forme de carnet à spirale, à couverture inspirée d’une certaine marque de cahiers, est soignée, le contenu est original.

Au fond… Ma vie est belle… Elle est pleine de douleurs qui ne font pas mal !

Morceaux choisis (avec liens vers le blog de l’auteur) :

Obélix ?

Critiques.

Dépression.

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Maus – Art Spiegelman

Maus, l’intégrale – Art Spiegelman

J’avais déjà entendu parler de Maus, mais j’ai décidé de lire après avoir visité un fort de la Ligne Maginot situé à deux km du village de mes parents, il y a deux mois. (Oui, des trucs sont à deux kms de moi toute ma vie, et j’y vais seulement pour faire visiter la région à quelqu’un. Pourquoi on ne va que rarement visiter ce qui est à deux pas, hein ? o_O) Enfin, la problèmatique de l’holocauste ne n’avais pas préoccupée depuis mes révisions pour le bac d’histoire il y a longtemps. J’avais envie de lire sur le sujet, sans pour autant avoir la sensation d’opression qui peut être présente dans un roman ou un documentaire. Un BD, pour m’approcher du sujet, ça me convenait bien. En plus, celle ci a reçu le prix Pulitzer. Du coup, lors de mon passage à la médiathèque hier, je l’ai emporté.

Maus relate l’histoire de Vladek, depuis le début de la guerre, à la toute fin, quand il réchappe du camp d’Auschwitz, histoire elle même entrecoupé de scènes entre Art Spiegelman et Vladek, son père, qui lui raconte cette histoire. On y découvre la relation conflictuelle entre le père et le fils, le manque d’Anja, la mère d’Art qui s’est suicidée alors qu’il avait 20 ans, et l’amour indéfectible qui la liait a Vladek, et qui a du être être un moteur leur ayant permis à tout deux de survivre aux camps de la mort. On y découvre, par les yeux de son fils, un homme brisé par les camps, par le suicide de son épouse bien aimée, et malheureux dans son remariage, et sans doute rongé par la culpabilité d’avoir survécu.

Le dessin est en noir et blanc, le trait épais, les personnages représentés sous les traits d’animaux. C’est parfois difficile à déchiffrer, mais rien n’est épargné. Quelques rares photos des protagonistes rendent le tout plus réels et encore plus touchant. Quand au langage, on retrouve la syntaxe polonaise dans les constructions des phrases du père.

Il s’agit là d’une lecturefascinante, qui prend au tripes, qu’il m’a été impossible de reposer. Je ne pourrais pas, au vu du sujet, parler de lecture plaisante, mais d’une  grande oeuvre sur le travail de mémoire sur l’une des pages les plus sombres de notre histoire.

Gribouillages

Semi-fail

Après les carreaux, les enveloppes.

Weeeeeee ! Hmpf ! Hmpfffffffffff ! Boum !
Weeeeeee ! Hmpf ! Hmpfffffffffff ! Boum !

Sinon, non, ça ne m’est pas arrivé en vrai. enfin, plus depuis que je sais en faire.