Fantastique, Grande-Bretagne, La Femme Sauvage, Science Fiction, Youpi Tralala

The Ocean at the End of the Lane – Neil Gaiman

The Ocean at the End of the Lane - Neil Gaiman

Neil Gaiman
Editions : Harper Fiction
ISBN : 978-0-06-232513-6
181 pages

 

A middle-aged man returns to his childhood home to attend a funeral. Although the house he lived in is long gone, he is drawn to the farm at the end of the road, where, when he was seven, he encountered a most remarkable girl, Lettie Hempstock, and her mother and grandmother. He hasn’t thought of Lettie in decades, and yet, as he sits by the pond (a pond that she’d claimed was an ocean) behind the ramshackle old farmhouse where she once lived, the unremembered past comes flooding back. And it is a past too strange, too frightening, too dangerous to have happened to anyone, let alone a small boy.
A groundbreaking work as delicate as a buttefly’s wing and as menacing as a knife in the dark, The Ocean at the end of the Lane is told with a rare understanding of all that makes us human, and shows the power of stories to reveal and shelter us from the darkness inside and out.

Neil Gaiman est un de ces auteurs qui sait me convaincre à chaque fois. Si The Ocean at the End of the Lane ne me tentait pas des masses lors de sa sortie, parce que pas envie de lire sur ce thème là, parce que ci, parce que ça, c’est pourtant sans hésiter une seule seconde que j’ai fini à la caisse de ma librairie préférée quand je l’ai vu en poche. Il était petit, il était si mignon, il était bleu, et surtout, il y avait écrit Neil Gaiman en grand dessus.

Ce court roman reprend les thèmes récurrents dans l’œuvre de Neil Gaiman : la possibilité d’un envers du décor, d’un monde du dessous complexe et recherché, qui cherche a se mêler au monde ordinaire ; celui du mal présent dans cette autre monde qui se travestit afin de parvenir à ses fins ou à accéder au pouvoir dans le notre, comme dans Coraline avec l’autre mère, ou dans Neverwhere avec Mr Croup et Vandemar ; mais aussi celui de l’enfance, naïve et innocente, qui perçoit des choses qui échappent à nos yeux d’adultes ; il aborde également des thèmes plus difficile comme le deuil, le sacrifice et les problèmes conjugaux, toujours du point de vue candide d’un enfant de 7 ans.

Il réutilise également le folklore et le néopaganisme pour créer son clan Hempstock, rassemblant les archétypes de la triple déesse – la vierge, la mère et l’ancienne (lien an anglais) (archétypes également présents chez son comparse Terry Pratchett, avec Esme Weatherwax, Nanny Ogg et Magrat) – symbolisant les phases de la vie, mais aussi celles de la lune, astre ayant également une place prépondérante dans ce livre.

On pourrait reprocher à The Ocean at the End of the Lane de réutiliser les mêmes thèmes, et à l’auteur de s’auto-pomper. Mais les thèmes, mêmes s’ils peuvent être considérés redondants, sont traités de manière différente à chaque fois, avec toujours autant de délicatesse, d’intelligence et de discernement.

The Ocean at the End of the Lane fait désormais partie de ces livres que j’aimerais pouvoir lire pour la première fois de manière infinie.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Grown-ups don’t look like grown-ups on the inside either. Outside, they’re big and thoughtless and they always know what they’re doing. Inside, they look just like they always have. Like they did when they were your age. The truth is, there aren’t any grown-ups. Not one, in the whole wide world.

Et j’avoue que bêtement, sans ce statut Facebook, cet article n’aurait peut être jamais été rédigé.

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BD - Roman graphique, France, Youpi Tralala

41 €, pour une poignée de psychotropes – Davy Mourier

41 €, pour une poignée de psychotropes
Et je vous ai épargné la photo de l’auteur à poil, pudiquement couvert par sa BD

D’habitude, je ne suis pas très BD. Il faut que le sujet me touche, ou qu’il soit complètement loufoque pour que je m’y intéresse. Là, je « connaissais » son auteur à travers la télé, et à travers son blog, sur lequel il publie ses strips.

La suite est déjà sortie, mais ici, je vais m’intéresser à la première. 41 € pour une poignée de psychotropes, ou comment on en vient à faire une thérapie. Il s’agit d’une BD autobiographique, qui vous offre, en prime, comme écrit sur la première page, une vraie dépression ! (Bon, en vrai, il exagère, ça allait relativement bien quand je l’avais finie.)

La BD s’ouvre sur l’enfance de Davy, une enfance visiblement heureuse, soulignée par la phrase :

Le degré de bonheur de l’enfance détermine le degré d’acharnement de fuite de l’âge adulte.

Enfance néanmoins bouleversée par le décès de sa maîtresse d’école, qui marquera le début de son refus de grandir, de son désir d’aller contre l’ordre des choses, et de refuser ainsi le principe de la mort. Au fur et à mesure de l’avancement du livre, on découvre d’autres évènements marquants, dans lequel nous pouvons tous nous reconnaitre, et qui marquent une vie, jusqu’à ce qu’on décide de chercher de l’aide, et de suivre une psychanalyse.

La suite est constituée de strips de trois cases chacune, toutes résumant une séance chez son psy, toutes basées sur le même principe. Pas de mouvement, le héros (ou l’anti-héros ?) au premier plan, tournant le dos à son thérapeute, assis à son bureau et l’écoutant. Seules les mimiques changent, et suffisent à charger l’histoire d’émotions.

Bien sûr, il s’agit d’une bande déssinée, le tout est traité efficacement avec humour, mais on se rend compte des fragilités de l’auteur.
Mais TOUT n’est pas dessiné, ce n’est pas un album d’Astérix, on y trouve également des collages, des photos, pleins d’éléments qui permettent de voir que ce qui est raconté est vrai, que peut être, l’écrire exorcise. On se sent parfois un peu voyeuriste, mais il s’agit ici d’un album de qualité, touchant et drôle. La présentation, sous forme de carnet à spirale, à couverture inspirée d’une certaine marque de cahiers, est soignée, le contenu est original.

Au fond… Ma vie est belle… Elle est pleine de douleurs qui ne font pas mal !

Morceaux choisis (avec liens vers le blog de l’auteur) :

Obélix ?

Critiques.

Dépression.