Epoque victorienne, Séries

Ripper Street – Saison 1

Ripper Street

En avril 1889, six mois après la disparition de Jack l’éventreur, l’est de Londres commence à retrouver un semblant de paix inespérée après le règne de l’impitoyable tueur. Une bouffée d’oxygène pour les hommes de la Division H, le district de police chargé de maintenir l’ordre dans le chaos de Whitechapel. L’équipe est composée de l’inspecteur Edmund Reid, un brillant enquêteur hanté par une tragique erreur du passé, et de ses fidèles camarades, le sergent Bennett Drake et le capitaine Homer Jackson. Ensemble, ils vont tenter de maintenir la justice dans cette époque troublée.

featherEncore une série qui se passe à Londres durant l’époque victorienne, vous me direz ? Il semblerait qu’il s’agisse de ma nouvelle lubie, les lectures et séries en rapport deviennent plus nombreuses de jour en jour.

Ripper Street est une série policière britannique démarrée en 2012, qui compte aujourd’hui trois saisons. Je viens de terminer la première, ainsi, c’est d’elle dont je vais parler. Pour tout vous dire, c’est Game of Thrones qui m’a fait m’intéresser à cette série, Jerôme Flynn étant parfais à mes yeux dans le rôle de Bronn, il se trouve qu’il est l’un des acteurs principaux de Ripper Street.

Une série policière

Il se trouve que je suis plutôt réticente à regarder des séries policières d’habitude. Les thèmes ne me parlent pas, l’univers me parait froid, et tant qu’à faire, je préfère lire les faits divers et chiens écrasés, au moins là, je ne suis pas confrontée aux images. Ripper Street ne diffère pas des autres séries du genre par sa construction : un cas, un épisode, un enquêteur, un bras-droit et un légiste, ainsi qu’un drame personnel pour presque chaque personnage. Ces drames entourés sont entourés de mystères, qui sont levés au cours de la saison sans pour autant y mettre fin définitivement, comme par exemple la disparition de la fille de l’un, où encore la raison d’un autre à avoir fui son pays. Par contre, les victimes ne sont jamais filmées de manière sordide, l’éclairage clairsemé empêchant toute vue détaillée sur l’ampleur des dégâts. Ou, tout du moins, ici, ça ne m’a pas perturbée outre mesure.

Des personnages forts

Les personnages sont, eux aussi, les personnages de base de la série policière : l’enquêteur lourd de souffrances personnelles, la brute au cœur sensible, le névrosé génial, le journaleux avide de scandales. Le Yankee côtoie l’anglais de bonne famille et celui des bas-fonds, ce que rends la série assez difficile à suivre en V.O. sans sous-titres, donc, ne les oubliez pas.

Mais une des forces de la série se trouve auprès des personnages féminins, souvent en retrait, certes, mais qui sont également des personnages pivots de l’action : l’épouse qui s’engage dans la protection des femmes battues, la maquerelle qui sait ce qu’elle veut, la prostituée qui se retrouve souvent dans des situations dangereuses (et qui doit être le personnage le plus caricatural de la série), la responsable d’un orphelinat juif. Alors oui, on retrouve la dichotomie de la mère et de la putain de manière évidente et premier degré, mais aucune ne choisit de rester passive et victime de sa situation, de la société, de la vie en général, et il s’avère que leurs personnalités sont bien plus complexes que cela.

Si, au début, on peut rester de marbre face aux personnages, découvrir leurs failles au fil des épisodes les rends touchants, attachants et terriblement humains.

En plus, à chaque épisode, si on a suivi Game of Thrones, on rencontre une tête connue.

Londres à l’époque victorienne

L’action se déroule dans le quartier de Whitechapel, là où à sévit le meurtrier en série Jack l’éventreur, quelques mois après le dernier de ses crimes. Le quartier se relève doucement, mais chaque mort sordide réveille la peur auprès des habitants. L’ambiance semble réaliste, les rues étroites et sales sont rendues avec précision et la faune locale n’est pas forcément la plus recommandable, entre les prostituées, les voleurs et les bandes organisées.

La police fait avec les moyens de l’époque, la médecine également. On découvre ainsi les balbutiements de la médecine légale, quand la recherche d’ADN semblait impossible et fantaisiste et qu’on se raccrochait à la moindre brindille, la construction du métro londonien avec le progrès et le confort que cela devait apporter,  la condition de la femme et de l’orphelin dans la rue, exposés à bien des dangers, les méthodes barbares utilisées dans les hôpitaux psychiatriques, et la rapidité de la propagation des épidémies à l’époque dû aux conditions de vie insalubres.

 

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Une très bonne série, avec des personnages qui gagnent en profondeur au fil du temps et très peu de temps morts.

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Epoque victorienne, Séries

Penny Dreadful – Saison 1

Penny Dreadful Affiche Sembene
Eva Green ? Pft, les autres personnages aussi ont le droit de cité

Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

featherLes Penny Dreadful, au 19ème siècle, étaient des fascicules reproduisant des feuilletons macabres sur plusieurs semaines, imprimé sur un papier de mauvaise qualité, destinés à un public masculin jeune issu d’un milieu populaire, ce qui en fait l’ancêtre des pulps qui ont contribués à rendre des auteurs désormais cultes célèbres. Des Penny Dreaful, aucun auteur n’a réussi à faire retenir son nom jusqu’a notre époque. Mais certains personnages sont entrés dans l’imaginaire collectif, comme Sweeney Todd.

La série de Showtime, elle, ne se base pas vraiment sur ces récits populaires, mais plutôt sur les classiques de la littérature gothique et fantastique de l’époque. On peut y retrouver le mythe du loup-garou et du vampire, et on y rencontre même de manière récurrente des personnages de cette littérature. Frankenstein et sa créature, Dorian Gray, Mina Harker, le professeur Van Helsing… Vu comme ça, on pourrait penser soit à une fan-fiction à gros budget, soit à une nouvelle version de la Ligue des Gentleman Extraordinaires. Pour ce dernier élément, je ne me prononcerai pas, je me suis endormie devant ce film. Pour l’hypothèse de la fan-fiction, le Dorian Gray séducteur et chaud-lapin affublé d’une coiffure de playmobil me laisse perplexe.

Mais revenons à ces personnages, Vanessa Ives (Eva Green) est une création originale pour la série, et les liens qu’elle a tissés dans son enfance avec Mina Harker (encore Murray à l’époque) sont donc une nouveauté, tout comme le passé de Mina, fiancée, puis doublement trompée, fille d’un explorateur colonialiste, interprété par Timothy Dalton. Son père, Malcolm Murray, cherche à tout prix à la délivrer de l’emprise sous laquelle elle se trouve, avec l’aide de Vanessa, d’Ethan Chandler, Yankee de son état, poursuivi par son passé outre-Atlantique, Victor Frankenstein, médecin légiste aux expériences douteuses qui ne cesse de citer Mary Shelley (admirez la mise en abyme !), et Sembene, majordome du Sieur Murray, au passé soi-disant inexistant, ramené d’une expédition en Afrique.

Vanessa Yves, autour de qui tournent beaucoup, si ce n’est la majorité des épisodes, est une jeune femme dotée d’un étrange pouvoir, qui est montré à la fois comme un don divin et une punition à laquelle elle ne peut échapper. Ce personnage ayant grandi avec une éducation catholique assez stricte, on pourra dire que cela va de soi, la souffrance terrestre représentant une vertu qui pourrait la placer au rang de martyre. Elle est pourtant, avec l’autre personnage féminin de la série, interprété par Billie Piper, bien différente de la femme soumise de l’époque.

Malcolm Murray, lui, représente le colonialisme impérialiste de l’époque, avec tout ce qui en découle, racisme, violence, mort, etc, ce qui lui a demandé des sacrifices qu’il ne s’avoue pas regretter.

D’autres personnages, qu’il s’agisse de créations originales ou de monuments de la littérature, ont une ampleur moindre – pour le moment – mais leur psychologie n’en est pas moins développée. On notera la complexité de Caliban, qui fait une entrée en scène plus que fracassante, et qui peut inspirer autant la haine et le dégout que la pitié voire un semblant d’affection.

L’image est, quand à elle, soignée, elle retranscrit parfaitement l’image qu’on pouvait se faire d’un Londres victorien sale et violent, mais aussi des loisirs des plus riches, à base de séances de spiritisme, très prisées à l’époque, d’orientalisme colonialiste et de bars à absinthe enfumés. L’atmosphère est souvent lourde, pesante et glauque, les scènes récurrentes de possession assez impressionnantes, l’alchimie entre les personnages suinte de l’écran.

Je regretterai simplement que la saison 1 n’aie comporté que 8 épisodes, que le destin de certains personnages était prévisible depuis le début, et que le dénouement final m’a semblé expéditif. Le cliffhanger de la fin est également un peu facile et réchauffé.

J’espère que la saison 2 laissera un peu plus de place pour la surprise, que les personnages laissés un peu en plan aient enfin l’occasion d’être mis en avant, et que l’intrigue qui sera au centre de la saison sera close de manière moins rapide.

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Pour conclure, une série prometteuse, malgré une fin un peu vite expédiée.