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Ripper Street – Saison 1

Ripper Street

En avril 1889, six mois après la disparition de Jack l’éventreur, l’est de Londres commence à retrouver un semblant de paix inespérée après le règne de l’impitoyable tueur. Une bouffée d’oxygène pour les hommes de la Division H, le district de police chargé de maintenir l’ordre dans le chaos de Whitechapel. L’équipe est composée de l’inspecteur Edmund Reid, un brillant enquêteur hanté par une tragique erreur du passé, et de ses fidèles camarades, le sergent Bennett Drake et le capitaine Homer Jackson. Ensemble, ils vont tenter de maintenir la justice dans cette époque troublée.

featherEncore une série qui se passe à Londres durant l’époque victorienne, vous me direz ? Il semblerait qu’il s’agisse de ma nouvelle lubie, les lectures et séries en rapport deviennent plus nombreuses de jour en jour.

Ripper Street est une série policière britannique démarrée en 2012, qui compte aujourd’hui trois saisons. Je viens de terminer la première, ainsi, c’est d’elle dont je vais parler. Pour tout vous dire, c’est Game of Thrones qui m’a fait m’intéresser à cette série, Jerôme Flynn étant parfais à mes yeux dans le rôle de Bronn, il se trouve qu’il est l’un des acteurs principaux de Ripper Street.

Une série policière

Il se trouve que je suis plutôt réticente à regarder des séries policières d’habitude. Les thèmes ne me parlent pas, l’univers me parait froid, et tant qu’à faire, je préfère lire les faits divers et chiens écrasés, au moins là, je ne suis pas confrontée aux images. Ripper Street ne diffère pas des autres séries du genre par sa construction : un cas, un épisode, un enquêteur, un bras-droit et un légiste, ainsi qu’un drame personnel pour presque chaque personnage. Ces drames entourés sont entourés de mystères, qui sont levés au cours de la saison sans pour autant y mettre fin définitivement, comme par exemple la disparition de la fille de l’un, où encore la raison d’un autre à avoir fui son pays. Par contre, les victimes ne sont jamais filmées de manière sordide, l’éclairage clairsemé empêchant toute vue détaillée sur l’ampleur des dégâts. Ou, tout du moins, ici, ça ne m’a pas perturbée outre mesure.

Des personnages forts

Les personnages sont, eux aussi, les personnages de base de la série policière : l’enquêteur lourd de souffrances personnelles, la brute au cœur sensible, le névrosé génial, le journaleux avide de scandales. Le Yankee côtoie l’anglais de bonne famille et celui des bas-fonds, ce que rends la série assez difficile à suivre en V.O. sans sous-titres, donc, ne les oubliez pas.

Mais une des forces de la série se trouve auprès des personnages féminins, souvent en retrait, certes, mais qui sont également des personnages pivots de l’action : l’épouse qui s’engage dans la protection des femmes battues, la maquerelle qui sait ce qu’elle veut, la prostituée qui se retrouve souvent dans des situations dangereuses (et qui doit être le personnage le plus caricatural de la série), la responsable d’un orphelinat juif. Alors oui, on retrouve la dichotomie de la mère et de la putain de manière évidente et premier degré, mais aucune ne choisit de rester passive et victime de sa situation, de la société, de la vie en général, et il s’avère que leurs personnalités sont bien plus complexes que cela.

Si, au début, on peut rester de marbre face aux personnages, découvrir leurs failles au fil des épisodes les rends touchants, attachants et terriblement humains.

En plus, à chaque épisode, si on a suivi Game of Thrones, on rencontre une tête connue.

Londres à l’époque victorienne

L’action se déroule dans le quartier de Whitechapel, là où à sévit le meurtrier en série Jack l’éventreur, quelques mois après le dernier de ses crimes. Le quartier se relève doucement, mais chaque mort sordide réveille la peur auprès des habitants. L’ambiance semble réaliste, les rues étroites et sales sont rendues avec précision et la faune locale n’est pas forcément la plus recommandable, entre les prostituées, les voleurs et les bandes organisées.

La police fait avec les moyens de l’époque, la médecine également. On découvre ainsi les balbutiements de la médecine légale, quand la recherche d’ADN semblait impossible et fantaisiste et qu’on se raccrochait à la moindre brindille, la construction du métro londonien avec le progrès et le confort que cela devait apporter,  la condition de la femme et de l’orphelin dans la rue, exposés à bien des dangers, les méthodes barbares utilisées dans les hôpitaux psychiatriques, et la rapidité de la propagation des épidémies à l’époque dû aux conditions de vie insalubres.

 

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Une très bonne série, avec des personnages qui gagnent en profondeur au fil du temps et très peu de temps morts.

Dodger – Terry Pratchett

Dodger - Terry Pratchett

Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 978-0-385-61927-1
356pages

VF : Roublard

Dodger is a tosher – a sewer scavenger living in the squalor of Dickensian London.

Everyone who is nobody knows him.
Anyone who is anybody doesn’t.
He used to know his future; it involved a lot of brick-lined tunnels and plenty of filth. But when he rescues a young girl from a beating, things start to get really messy.
Now everyone who is anyone wants to get their hands on Dodger.

Retournons à Londres, à l’époque victorienne. Sans même l’avoir prémédité, deux œuvres culturelles m’y ont plongé depuis la rentrée. Et elles ont quelques éléments en commun, à part le lieu et l’époque de l’action.

 

Terry Pratchett fait partie de mon panthéon personnel d’auteurs (avec Robin Hobb, Neil Gaiman et Walter Moers). Et si son univers de prédilection est celui qui m’a redonné goût à la lecture il y a une dizaine (!!!!) d’années (peut-être que je vous en parlerai un jour, de ce livre là), Dodger n’en fait, comme on peut s’en douter, pas partie. Ici, pas de mages, pas de sorcières, ni de guet hétéroclite. Par contre, des personnages réels, ou fortement inspirés de personnages réels, voire, d’autres personnages de la littérature britannique du XIXème siècle.

Dodger, le personnage éponyme, est un jeune homme parcourant les égouts de Londres, à la recherche de pièces ou de bijoux égarés. Malgré sa jeunesse et son physique décrit comme frêle, il jouit pourtant d’une réputation de dur-à-cuire, de protecteur, et semble avoir, en effet, un caractère bagarreur. Caractéristique qu’il utilise pourtant à bon escient, par deux fois, il sauve des innocents des coups de malfaiteurs, et par deux fois, cela change son destin et le fera rencontrer des personnes bien placées, la plus influente étant Charles Dickens, qui a lui même écrit le personnage d’Artful dodger, inspiration du Dodger de Pratchett. Il y rencontre également Sweeney Todd, ce personnage de penny dreadful qui aura traversé le siècle, mais aussi un certain Mayhew, journaliste anglais ayant réalisé une enquête fleuve sur les pauvres de Londres, ainsi que Angela Burdett-Coutts, héritière philanthrope qui a œuvré pour la protection des nombreuses prostituées de la ville.

Le Londres décrit dans Dodger (Roublard pour la VF) est d’ailleurs celui cher à Dickens, loin des maisons bourgeoises et des beaux quartiers, mais celui des bas-fonds, des laissés-pour-compte et des démunis. La description faite ici, qu’il s’agisse des vendeuses de fleurs ou de vieilles dames fouillant les immondices à la recherche d’un trésor (version au plein-air des ravageurs qui hantent les égouts), est juste et touchante, et fait de ce roman une sorte d’hommage et à Dickens, et à ces oubliés de l’histoire.

Le langage utilisé (pour la verson anglaise) se rapproche d’ailleurs du parler victorien, de la langue utilisée dans la littérature de l’époque, mais aussi du parler de la rue : nombreuses sont les expressions cockney utilisées (et explicitées, fort heureusement, ce jargon étant assez nébuleux, même avec un niveau correct en anglais).

La post-face explique que ce roman n’a aucunement l’ambition d’être un roman historique, mais plutôt un hommage, et que, si certains personnages sont bien réels, Terry Pratchett s’est néanmoins pris la liberté de changer quelques éléments chronologiques pour le bien du récit.

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Il ne s’agit peut être pas du meilleur de Pratchett, l’humour qui lui est si typique m’a un peu manqué, mais Dodger reste quand même un très bon livre. Il est peut être souhaitable d’avoir lu Dickens pour apprécier Dodger encore plus.

J’ai noté quelques lectures complémentaires en faisant mes recherches, si vous aussi souhaitez découvrir la face cachée du Londres victorien :

Dirty Old London et le site de son auteur Lee Jackson. Et si vous souhaitez lire des Penny Dreadful d’époque, certains sont disponibles ici, légalement, et gratuitement (à ce que j’ai compris).

 

 

 

Penny Dreadful – Saison 1

Penny Dreadful Affiche Sembene

Eva Green ? Pft, les autres personnages aussi ont le droit de cité

Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

featherLes Penny Dreadful, au 19ème siècle, étaient des fascicules reproduisant des feuilletons macabres sur plusieurs semaines, imprimé sur un papier de mauvaise qualité, destinés à un public masculin jeune issu d’un milieu populaire, ce qui en fait l’ancêtre des pulps qui ont contribués à rendre des auteurs désormais cultes célèbres. Des Penny Dreaful, aucun auteur n’a réussi à faire retenir son nom jusqu’a notre époque. Mais certains personnages sont entrés dans l’imaginaire collectif, comme Sweeney Todd.

La série de Showtime, elle, ne se base pas vraiment sur ces récits populaires, mais plutôt sur les classiques de la littérature gothique et fantastique de l’époque. On peut y retrouver le mythe du loup-garou et du vampire, et on y rencontre même de manière récurrente des personnages de cette littérature. Frankenstein et sa créature, Dorian Gray, Mina Harker, le professeur Van Helsing… Vu comme ça, on pourrait penser soit à une fan-fiction à gros budget, soit à une nouvelle version de la Ligue des Gentleman Extraordinaires. Pour ce dernier élément, je ne me prononcerai pas, je me suis endormie devant ce film. Pour l’hypothèse de la fan-fiction, le Dorian Gray séducteur et chaud-lapin affublé d’une coiffure de playmobil me laisse perplexe.

Mais revenons à ces personnages, Vanessa Ives (Eva Green) est une création originale pour la série, et les liens qu’elle a tissés dans son enfance avec Mina Harker (encore Murray à l’époque) sont donc une nouveauté, tout comme le passé de Mina, fiancée, puis doublement trompée, fille d’un explorateur colonialiste, interprété par Timothy Dalton. Son père, Malcolm Murray, cherche à tout prix à la délivrer de l’emprise sous laquelle elle se trouve, avec l’aide de Vanessa, d’Ethan Chandler, Yankee de son état, poursuivi par son passé outre-Atlantique, Victor Frankenstein, médecin légiste aux expériences douteuses qui ne cesse de citer Mary Shelley (admirez la mise en abyme !), et Sembene, majordome du Sieur Murray, au passé soi-disant inexistant, ramené d’une expédition en Afrique.

Vanessa Yves, autour de qui tournent beaucoup, si ce n’est la majorité des épisodes, est une jeune femme dotée d’un étrange pouvoir, qui est montré à la fois comme un don divin et une punition à laquelle elle ne peut échapper. Ce personnage ayant grandi avec une éducation catholique assez stricte, on pourra dire que cela va de soi, la souffrance terrestre représentant une vertu qui pourrait la placer au rang de martyre. Elle est pourtant, avec l’autre personnage féminin de la série, interprété par Billie Piper, bien différente de la femme soumise de l’époque.

Malcolm Murray, lui, représente le colonialisme impérialiste de l’époque, avec tout ce qui en découle, racisme, violence, mort, etc, ce qui lui a demandé des sacrifices qu’il ne s’avoue pas regretter.

D’autres personnages, qu’il s’agisse de créations originales ou de monuments de la littérature, ont une ampleur moindre – pour le moment – mais leur psychologie n’en est pas moins développée. On notera la complexité de Caliban, qui fait une entrée en scène plus que fracassante, et qui peut inspirer autant la haine et le dégout que la pitié voire un semblant d’affection.

L’image est, quand à elle, soignée, elle retranscrit parfaitement l’image qu’on pouvait se faire d’un Londres victorien sale et violent, mais aussi des loisirs des plus riches, à base de séances de spiritisme, très prisées à l’époque, d’orientalisme colonialiste et de bars à absinthe enfumés. L’atmosphère est souvent lourde, pesante et glauque, les scènes récurrentes de possession assez impressionnantes, l’alchimie entre les personnages suinte de l’écran.

Je regretterai simplement que la saison 1 n’aie comporté que 8 épisodes, que le destin de certains personnages était prévisible depuis le début, et que le dénouement final m’a semblé expéditif. Le cliffhanger de la fin est également un peu facile et réchauffé.

J’espère que la saison 2 laissera un peu plus de place pour la surprise, que les personnages laissés un peu en plan aient enfin l’occasion d’être mis en avant, et que l’intrigue qui sera au centre de la saison sera close de manière moins rapide.

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Pour conclure, une série prometteuse, malgré une fin un peu vite expédiée.

New Victoria – Lia Habel

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L’amour est immortel. L’amour ignore les frontières, dit-on. Et celle entre la vie et la mort ?

Bienvenue à New Victoria, le dernier refuge d’une humanité éreintée par les guerres.
Les jeunes filles de bonne famille y ont un destin tout tracé: épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal.

Nora n’a jamais aimé se plier aux règles, surtout depuis la mort de son père, l’éminent docteur Dearly. Mais rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l’a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d’une faction rebelle. Avec l’aide d’un séduisant soldat, elle devra pourtant surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants… comme les morts !

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Ce livre, à la base, en lisant a quatrième de couverture, franchement, il ne me disait rien. Une histoire d’amour entre une ado et un zombie, super, youhou. En allant à la médiathèque, une amie m’a dit qu’il s’y trouvait, et, bon, ça ne mange pas de pain, et au pire, ça me fera une entrée de plus dans ma catégorie des trucs nuls. Je m’attendais à un roman young-adult Twilight like. Et Twilight, franchement, si on est sensible à la représentation de la femme dans la littérature ou ailleurs, ça nous fend le cœur. (Honnêtement, si quelqu’un entre par effraction dans votre chambre la nuit pour vous regarder dormir et démonte le moteur de votre voiture pour que vous n’alliez pas voir un de vos amis, n’attendez pas qu’il vous abandonne dans la forêt pour vous y laisser mourir, allez voir la police et PORTEZ PLAINTE ! Non, ce n’est pas mignon, oui, c’est flippant ! Mortecouille ! (rien, j’avais juste envie de caser ce mot))

Donc, New Victoria, c’est un pays, dans lequel les survivants d’une apocalypse ont décidé de fuir le futurisme des autres cultures et de replonger dans l’age d’or que représente l’ère victorienne pour eux. Nous avons donc des fiacres, des femmes en robes a tournures, des hommes en redingotes, qui pianotent sur des tablettes numériques nacrées avec des stylets-plume. Et des bougies électroniques pour éclairer leurs maisons. Oui, comme à Noël. Ca se passe a Noël, en plus, ça tombe bien.

L’héroïne, Nora, est orpheline depuis un an, et vit sous la tutelle de sa tante, qui fait un peu office de vile marâtre. Si sa tante n’a pas une grande importance et n’apparaît qu’au début du livre, elle semble pourtant réunir toutes les caractéristiques de la « wicked Stepmother » si chère aux contes de fées. La mère de Nora est décédée lorsqu’elle avait neuf ans (Nora avait neuf ans, pas la mère), d’une maladie foudroyante, et son père l’a éduqué tant bien que mal, en lui léguant sa fascination pour l’histoire de la guerre. Guerre entre les néo-victoriens et les forces armées punks (j’ai cru à une blague quand j’ai lu ça, et ça a bien valu au livre d’être abandonné… Des forces armées punks… Et des centrales nucléaires écologiques aussi, tant qu’on y est ? Encore heureux que ça a été explicité après.). La jeune fille est élève dans une école privée réservée à l’aristocratie, grâce à son père, médecin et héros national, tout comme sa meilleure amie, qui fréquente cette école uniquement grâce à des bourses, n’étant que fille de boulanger, mal vue par ses camarades, et pourtant destinée, de part son éducation, a faire un beau mariage avec quelqu’un de la haute. On assiste donc aux humiliations de Pamela (la meilleure amie en question), et la question du classisme est posée. Quelqu’un né dans un milieu populaire vaut-il moins que quelqu’un né avec une cuillère en argent dans la bouche ? De plus, la place de la femme, en tant que chose fragile qui n’arrive à rien par elle même, qui n’est rien sauf femme/fille de, est remise en question. Une jeune fille de bonne famille n’a-telle pas le devoir de se défendre, même face à un zombie qui tente de la mordre ? Ou devrait-elle tenter de s’enfuir et attendre que quelqu’un d’autre ne lui vienne en aide ? Un homme de préférence, parce que, hein, faut pas déconner ? Eh bien, si personne ne bouge, quelqu’un doit bien prendre les choses en main, et les héroïnes de New Victoria n’hésitent pas, même si pour ça, elles doivent porter des pantalons.

Ce livre a évité bien des écueils dans le traitement de ses deux héroïnes, mais malheureusement, pour sauter avec élan dans d’autres clichés, qui se retrouvent dans énormément de mauvais films d’espionnage.  L’écriture est fluide, et la narration par POV est parfois déroutante et rend le déroulement de l’action un peu lente. L’histoire d’amour est, à mon sens, un peu inutile, et surtout, glauque. Comme les histoires d’amour humain/vampire. Ca reste un cadavre qui marche. Et, euh, juste, beurk ? Le pourquoi du comment de l’invasion de morts-vivants m’est passé complètement au dessus de la tête, mais là, j’ignore si j’ai été déconcentrée dans ma lecture à ce moment, ou si c’était confus, ou si ça m’a semblé totalement crétin, mais si ça ne m’a pas marqué, ce que l’intérêt devait me sembler limité. Il s’agit visiblement d’une trilogie, et même si ce livre n’était pas la daube à laquelle je m’attendais (j’en serais presque déçue, vous savez…), je ne lirais pas la suite, peut-être tout simplement parce que je ne suis pas la cible de ce genre de livres. Mais, si je devais le conseiller à un/e ado en quête d’un livre steampunk, je lui en parlerais (sauf que je n’ai pas d’ado dans mon entourage, et que le seul autre livre steampunk que j’ai lu, ben, j’ai pas eu le courage de le terminer (pour le moment), au contraire de celui-ci.)

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En bref, un bon livre pour les amateur de ce genre là, mais pour les allergiques aux histoires d’amour, passez votre chemin.

Sans parler du chien ou comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque – Connie Willis

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Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d’historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour voyager dans le temps. Ned Henry, l’un deux, effectue ainsi d’incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d’informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid aérien nazi. Or c’est à ce même Henry, épuisé par ses voyages et passablement déphasé, que Dunworthy confie la tâche de corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues, qui a sauvé un chat de la noyade en 1888 et l’a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Or l’incongruité de la rencontre de ce matou voyageur avec un chien victorien pourrait bien remettre en cause… la survie de l’humanité !

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Ce roman, publié en 1997, titulaire de plusieurs prix (Locus et Hugo en 1999), m’était totalement inconnu jusqu’à il y a un an et demie, où j’ai vu qu’il avait fait l’objet de plusieurs articles sur la blogosphère (ce que ce mot est moche, quand même…). Malheureusement, je ne sais plus où, et heureusement, je ne savais plus ce qu’ils disaient. Mais le fait est que ce livre à atteri dans ma liste à lire, que je l’ai acheté en 2011, sans doute pendant une opération où on pouvait recevoir un livre de GRRM en cadeau pour l’achat de 2 ou 3 livres du même éditeur (en fait, je me souviens plus si c’était à cette occasion, ou bien sans raisons… mais en même temps, on s’en fout un peu…), du coup, il prenait la poussière dans ma pile à lire, jusqu’à la semaine dernière, où, prise d’une crise devant ma bibliothèque, telle une fashion victime devant son dressing plein à craquer : « Bwaaaah, j’ai rien à liiiiiiiiire ! ». Ce n’était sans compter celui qui profite de mon incapacité a me contrôler dans une librairie pour laisser sa carte de médiathèque prendre la poussière, qui piocha au pif dans la pile conséquente de livres non-lus, pour me tendre Sans parler du chien, et me dire « Tiens, lis ça, tu l’as acheté, c’est que tu voulais le lire » (raisonnement tout à fait logique et censé, nous en conviendrons).

Nous sommes en 2058, les voyages temporels existent, et nous vivons pourtant dans un monde horrible… Un monde sans… chats ! (Imaginez ! Internet ne servirai plus à rien ! Plus de procrastination sans fin sur la toile à regarder des gifs et des vidéos de chatons maladroits ! Horreur et sept enfers !)

Lady Schrapnell, américaine farfelue et autoritaire, décide de reconstruire la cathédrale de Coventry, et pour cela, il lui faut tout les éléments qui étaient dans la dîte cathédrale au moment de son bombardement. Sauf que la potiche de l’évêque est introuvable… (Rigolez, mais quand j’ai commencé la bouquin, moi, la potiche, je pensais que c’était sa bonniche, une version de bonne du curé avec le physique de Victoria Silvstedt… ben oui, la potiche, ben, le vase, qui pourrait aussi bien ressembler à un compotier d’ailleurs, un peu comme le graal, qui pourrait aussi bien être une écuelle en bois qui aurait moisi depuis, qu’une assiette en métal précieux) Et qu’en cherchant cette potiche, une historienne sauve un chat et le ramène au XXIème siècle, et que pour réparer tout ça, il faille envoyer plusieurs historiens (bon, deux), à l’époque victorienne pour réparer les incongruités qui pourraient en résulter. Sauf que l’historien chargé de réparations, à force de faire des bonds d’une époque à l’autre, souffre de déphasage avancé, et qu’il va provoquer encore plus d’incongruités. Et qu’à force de chambouler tout le passé, l’Angleterre risque de passer aux mains de nazis, et le temps risque de s’effondrer.

L’ensemble, dit comme ça, semble bien fouilli, complexe, et j’avouerai de pas avoir bien saisi le pourquoi du comment de la raison de l’explication sur la disparation du gra… de la potiche. On y découvre aussi une forme de critique de l’éducation des femmes de l’époque victorienne, qui se limitait au dessin, aux langues, et aux travaux d’aiguille. On assiste aux disputes entre universitaires d’Oxford à la même époque, et on découvre aussi des personnages féminins anachroniques par leur émancipation, mais pourtant bien victoriens. De plus, les passages se situant à Coventry en 1940 arrivent, paradoxalement, à être drôle, mais aussi émouvants, ce qui n’est pas chose aisée avec un sujet aussi lourd que la deuxième guerre mondiale.

Il s’agit là d’un livre drôle, bourré de références et d’allusions à Trois hommes dans un bateau (que je n’ai pas lu, mais qui semble être intéressant) et à divers livres d’Agatha Christie, qui aiguillent le lecteur dans sa propre découverte du dénouement (même si les ficelles sont évidentes, elles sont assumées). Ce qui rappelle un autre livre de science fiction uchronique avec références littéraires et voyages temporels : L’affaire Jane Eyre.

A lire !


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Victoria, reine et tueuse de démons – A.E. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c »était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

« Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant. »

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.