Chanson du vendredi #53

C’est l’histoire d’un mec que je voyais passer souvent dans les flux d’écoutes de gens avec qui j’ai des goûts musicaux en commun mais que je n’ai pas daigner écouter à cause de son étiquette « country ». Bouh caca. On va écouter de la country, et puis quoi encore ? Du Schlager aussi ? Et on termine avec Yvette Horner ? Non, mais, j’ai une réputation à tenir, moi !

Et puis j’ai regardé Sons of Anarchy, et j’aimais bien la bande-son, et je me suis fracturé le crâne en m’ouvrant un peu l’esprit. Et j’ai écouté. Et c’était bien. Donc voilà.

La chanson suivante est sur l’album sorti cette année.

Peut-être qu’un jour, je vous parlerai de tous mes préjugés culturels, en attendant, il faudra composer avec mes biais présentés sur un plateau d’argent virtuel.

Le pingouin – Andreï Kourkov

Смерть постороннего

Editions : Points

ISBN : 978-2020477819

Traduit par : Nathalie Amargier

274 pages

À Kiev, Victor Zolotarev et le pingouin Micha tentent péniblement de survivre. Victor, journaliste, est sans emploi et Micha, rescapé du zoo, traîne sa dépression entre la baignoire et le frigidaire de l’appartement. Lorsque le patron d’un grand quotidien offre à Victor d’écrire les nécrologies de personnalités pourtant bien en vie, Victor saute sur l’occasion. Un travail tranquille et lucratif.

Mais un beau jour, les « petites croix » se mettent à mourir, de plus en plus nombreuses et à une vitesse alarmante, plongeant Victor et son pingouin neurasthénique dans la tourmente de ce monde impitoyable et sans règles qu’est devenue l’ex-Union soviétique.

Ce livre est un fail de tentative de réduction de ma PAL. J’allais tranquillement déposer des livres dans la boîte à livres de ma ville. 5 ou 6, je ne sais plus. Deux coffrets de 3 plus quelques one shots. Trois semaines avant le début du confinement. Je dépose donc mes livres. Et je jette un coup d’œil quand même à ce qui traîne, on ne sait jamais. Bon, les traditionnels fascicules de feuilletons en allemand sur des romances de médecin de campagne. Des livres d’auteurs tombés dans l’oubli. Et celui là. Dont je n’avais jamais entendu parler. Mais ça avait l’air drôle, et il se peut que l’enfant m’aie contaminé avec sa phase pingouin. Et je venais de lire Le chat qui mangeait de la laine, je m’attendais à quelque chose du même type en lisant la quatrième de couverture.
 
Alors ouiiiii, et non. Victor vit avec Micha, le pingouin rescapé du zoo, dans un petit deux pièces à Kiev. Sa présence le réconforte et ils se soutiennent mutuellement dans leur solitude. La ressemblance s’arrête ici. Victor accepte une mission pour un journal et se retrouve entrainer dans une affaire politique qui le dépasse.
Pourtant, les enjeux politiques ne sont pas le cœur du récit, Victor ne comprenant pas trop ce qui se passe, ni pourquoi. Il a bien des idées à ce sujet, mais il est plus absorbé par sa solitude et son désespoir pour réellement chercher à comprendre.Le dénouement de l’intrigue lui est révélé, comme au lecteur, lorsqu’il tente de sauver son pingouin.
Cette partie là m’a rappelé un livre que j’ai lu l’année dernière, dans lequel un homme se fait régulièrement interpeller par des gens qui savent qui il est, sans que ce soit réciproque : Figurec de FabCaro.Ici, c’est un peu pareil et il m’a également évoqué d’autres auteurs des pays de l’Est, qui, dans leurs romans, subliment le désespoir avec de l’incongru : Arto Paasilinna (pas vraiment de l’Est, mais j’y viens*) et Andrus Kivirähk, ou même Boulgakov (dont je ne vous ai jamais parlé). Comme si le spectre de l’URSS planait encore sur leur tête et avait teinté leur écriture d’un grain de folie pour supporter une vie au mieux banale, au pire déprimante et accablante (*La Finlande, bien qu’indépendante, devait encore des comptes à l’URSS pendant la guerre froide). 
J’ai pas de chance avec les femmes. Je tombe que sur des extra-terrestres: calmes, discrètes, elles restent un temps avec moi, puis elles disparaissent… J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin, et je me suis tout de suite senti mieux.
 Car du désespoir, parlons-en. Victor a peu d’amis. Et il connait à peine ceux qu’il a. Au début, je pensais que c’était par manque de développement des personnages secondaires, d’où les ex-compagnes calmes et discrètes. Mais non, Victor le sait et le dit.
Les personnages secondaires, s’ils ont quelques caractéristiques et qu’on connait vaguement quelques éléments de leur vie, restent des silhouettes sans substance, par manque d’intérêt de Victor pour leur vie, parce qu’il ne veut pas rester seul, et qu’au final, eux non plus. Il trouve une petite amie, un peu parce qu’elle était là, parce qu’il était là, sans vraiment d’affection ni d’amour, et se crée alors un simulacre de famille, juste pour ne pas rester seuls dans un pays qui vit encore avec le spectre du communisme.
Au final, c’est le pingouin avec qui Victor a le plus d’affinités, ce colocataire silencieux et peu démonstratif qui va lui faire rencontrer d’autres personnages isolés plutôt que solitaires, et avec qui vont se lier d’autres relations, superficielles mais salutaires. 
 
Je m’attendais à un polar avec pingouin, léger et drôle. Je me retrouve avec une histoire assez triste enrobée d’absurde. Un récit d’isolation teinté de poésie étrange et de satire (d’un pays dont j’ignore presque tout), comme je l’ai souvent retrouvée chez les auteurs sus-mentionnés déjà, entre la lecture légère et le cafard interdimensionnel.
L’histoire d’un mec qui vit sa vie comme une marionnette pendant que des gens mentionnés en passant tirent les fils. L’histoire d’un mec déprimé qui vit dans un pays post-URSS où, pour obtenir des soins ou une protection, il faut graisser la patte de la bonne personne et où les gens vont faire une cure de rayons à Tchernobyl quand ce n’est pas la saison pour partir en vacances en Crimée.  

corbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Au final, peu d’action pour beaucoup d’introspection. Pas un coup de cœur, mais une lecture intéressante que j’ai apprécié, lu en deux jours, c’est que j’ai bien eu du mal à le poser. La fin est ouverte, j’ai lu la dernière phrase avec stupeur et frustration. Il semblerait qu’il y ait une suite, que je vais chercher, parce que Micha le pingouin, le personnage le plus étoffé du livre, me manque déjà.

L’amitié ? En fait, il ne l’avais jamais vraiment connue, pas plus que les costumes 3-pièces ni la passion véritable. Sa vie était terne et douloureuse, elle ne lui apportant pas joie. Même Micha était triste, comme si lui aussi n’avait connu que la fadeur d’une existence dénuée de couleurs et d’émotions, d’élans joyeux, d’enthousiasme.Chaque siècle offre environ cinq ans de faste, puis tout s’écroule.

 

L’Agonie de la Lumière – George RR. Martin

L'Agonie de la lumière

Dying of the light

Editions : J’ai lu

ISBN : 978-2290075722

442 pages

Lorsque, un jour, Dirk t’Larien reçoit sur la planète Braque le joyau que jadis il a offert à son amour perdu, des souvenirs douloureux reviennent à la surface, d’anciennes cicatrices se réveillent : pourquoi Gwen ferait-elle appel à lui après tout ce temps ? À l’idée qu’il existe une possibilité de repartir de zéro avec celle qu’il a tant aimée, t’Larien embarque néanmoins sans hésiter dans le premier vaisseau interstellaire en partance pour Worlorn – le monde-festival désormais à l’abandon, un cadre baroque et décadent condamné à l’extinction. Sur cette planète mourante, pour tenter de raviver les sentiments qui l’unissaient à la jeune femme, il lui faudra commencer par l’arracher aux griffes des Kavalars, un peuple violent régi par un code d’honneur d’un autre âge… un code mortel.

 

Oooh, un George RR Martin, alooors, Le Trône de Fer ?! Eh bah nan ! Découvrez avec moi le premier roman de M. Martin, aux antipodes de Westeros, à l’autre bout de la Galaxie.
 
Ici, point de fantasy médiévale avec dragons, géants, loups géants, mais de la science-fiction pure et dure, avec extra-terrestres et saucisses de cuir volantes.
 
Sur une trame d’un amour perdu et peut-être renaissant, nous nous dirigeons vers la planète Worlorn, ou se déroula, il y a fort longtemps, une exposition universelle, qui méritait largement son titre d’universelle : chaque planète, chaque peuple, construisit sa ville avec ses technologies, pour célébrer un festival qui durerait des années. Puis les soleils de Worlorn commencèrent à s’éloigner, l’hiver vient (ahem), et les moeurs se durcissent (ahem).
 
J’avoue, de base, la SF, l’espace, l’anticipation, tout ça tout ça, c’est pas trop mon truc. Trop anxiogène, et la réalité finit toujours par rattraper la fiction, malheureusement. Mais je voulais lire autre chose de Martin, qui souffre, à mon humble avis, de tics de langages qui changent d’un livre à un autre (useless as nipples on a breastplates, hein, quoi ? J’aurais dû compter les occurrences) et qui parasitent un peu la lecture. Ce qui ne remet pas en cause son talent de tisseur d’histoires, attention.
 
Suivons donc Dirk T’Larien à la découverte de Worlorn et à la poursuite de Gwen, son amour perdu qu’il retrouvé mariée à un Kavalar, un peuple barbare en voie de disparition, assujetti à un code d’honneur et des rites et traditions désuets, comme celui d’avoir des frères d’armes avec qui ont partage son épouse (ahem). Mais est-ce c’est bien Gwen qui lui a demandé de venir la rejoindre  sur ce caillou dans le ciel ? Hahaaaa !
 
Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire, le but étant de vous donner envie (ou pas) de le lire, mais vous souhaitez lire un récit épique, avec de grandes batailles ainsi que des complots politiques de grande ampleur, passez-votre chemin. Ici, vous trouverez des duels, des complots pour l’amour (the things I do for love ?), une course poursuite angoissante, sur une planète mourante.
 
Les personnages ont une planète entière a explorer, et l’on passe toute la première partie du livre à l’explorer avec eux, et pourtant, le récit m’a fait l’effet d’un huis-clos claustrophobe, le nombre restreint de personnages et les descriptions de villes entières désertées n’y sont pas innocentes. Ici, vous ne trouverez pas non plus de listes de personnages à rallonge, vous vous en sortirez avec vos deux mains et pourrez garder vos chaussettes.
 
Par contre, vous y découvrirez des peuples absents, mais aux constructions fascinantes (une ville qui fait de la musique grâce au vent soufflant dans ses tours ! ), des antagonistes dignes d’un électorat de Trump, se vautrant dans un racisme primaire pour rendre sa gloire à leur peuple (en 1977, les gars), un benêt romantique qui pense pouvoir reconquérir son amour perdu en lui expliquant à quel point elle est bête d’avoir épousé ce Kavalar avec son peuple à la con et ses traditions d’un autre âge (toujours une bonne idée, ça) (spoiler : non), ainsi que des personnages complexes, fouillés et représentatifs de la nature humaine, qui arrivent à s’embrouiller dans la deuxième partie de manière tellement rapide que j’ai eu du mal à suivre, après une première partie plutôt passive.
 
Vous trouverez aussi dans ce one-shot relativement court les prémisses de ce qu’allait devenir Westeros : des saisons durant plusieurs années, la déraison des gens à l’approche de la fin (#pénuriedePQ), un peuple partageant beaucoup de traits avec des Dothrakis, les chevaux en moins, une question d’amour mal placé qui débute les hostilités et un personnage féminin (un seul, oui, mais il doit y avoir trois pelés deux tondus sur cette planète) fort, avec une mise en perspective de sa place et de sa condition selon le peuple qui l’observe.
 

corbeaucorbeaucorbeaucorbeau

 

Malgré quelques maladresses stylistiques -je n’oserais pas accuser la traduction parce que nipples on a breastplate à chaque chapitre-, une saucisse de cuir, vraiment ?, L’Agonie de la Lumière, premier roman de GRRM, publié en 1977 pose les bases de sa prose, et nous fait démonstration des talents de conteur que l’auteur possède visiblement depuis ses débuts. Certains romans de SF datant de cette époque là, voire avant semblent désormais datés, vieillots, ici, ce n’est pas (encore) le cas.

Toute l’essence et les thématiques de l’œuvre la plus marquante de GRRM se trouvent déjà ici, ce qui peut éventuellement donner lieu à des comparaisons entre les deux univers, celui de la fameuse saga au mur étant bien plus complet et abouti, expérience et longueur obligent. J’ai essayé de ne pas penser à ses romans phares, mais je dois bien avouer que c’était compliqué.

Néanmoins, si la longueur du Trône de Fer ou la fantasy vous rebutent, mais que la SF vous parle, donnez une chance à L’Agonie de la Lumière, vous découvrirez un univers complexe et fouillé, très abouti pour un premier roman -il  a même un glossaire à la fin-, certes au rythme inégal, tout s’enchaîne très vite à la fin, mais pas déplaisant.

Sur ce, je vais voir si je peux trouver d’autres one-shots en ces temps de confinement.

Chanson du vendredi #52

C’est une histoire de rendez-vous manqués.

Lors de la sortie du premier album, en 2005, je l’ai écouté, alléchée par le line-up (des membres d’Enslaved, Gorgoroth), mais ce n’était pas le type de son que je recherhais à l’époque. J’ai rangé le groupe au fond de ma mémoire jusqu’à la sortie de Youngblood en 2013, qui m’a mis une bonne claque.

J’ai voulu les voir en concert, la première fois, ils sont passés à une cinquantaine de km, en pleine semaine, c’était incompatible avec mon emploi du temps. Ils ne tournent pas des masses, il faut dire. Puis, ils devaient passer à Strasbourg. J’avais mon billet. Il y a eu l’attentat la veille du concert. Il fut annulé, de manière bien compréhensible.

Ils sont passés en Allemagne, à une cinquantaine de km de mon fief natal. Un samedi. J’avais des obligations ailleurs.

J’espère bien que comme promis lors de l’annulation, ils reviendront, et que cette fois-ci, je serais dans la fosse. Et c’est pourquoi je choisi un extrait de leur dernière sortie, un live de cette fameuse tournée où je me suis fait rembourser un billet pour la première fois de ma carrière de spectatrice de concerts. Alors que je n’aime pas plus que ça écouter des lives, trop de bruits parasites. Mais ici, ça s’y prête bien à mon sens.

101 livres à lire

ancient antique architectural design architecture

Photo de Skitterphoto sur Pexels.com

En avril 2011, j’ai publié un article intitulé 1001 livres à lire, en 9 ans, j’ai perdu un 0.

Cet article est devenu une page, mise à jour régulièrement quand j’y pense une fois par an à peu près.

Mais récemment, le Monde a eu la brillante idée de demander à ses lecteurs quels sont les livres qu’il faut avoir lu.

Bon, d’une part, les injonctions « il faut avoir lu machin sinon, t’as rien compris à la vie », ça me les brise menu menu, et les défis pour rentabiliser la lecture, la rendre « productive », comme un CV de lecteur, ça me semble capitaliste comme manière de voir un divertissement, et ça me les brise encore plus, mais j’aime les listes. Et on est confinés, et moi au chômage technique, alors on peut dire qu’entre une couche et une séance de dinette ou de pâte à modeler, je n’ai que ça à faire. Alors voyons où j’en suis de cette liste :

1 : Harry Potter, la collection complète, J. K. Rowling
2 : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline
3 : À la recherche du temps perdu, Marcel Proust
4 : Cent ans de solitude, Gabriel García Márquez
5 : Le Seigneur des anneaux, l’intégrale, J. R. R. Tolkien
6 : 1984, George Orwell
7 : L’Étranger, Albert Camus
8 : Belle du seigneur, Albert Cohen
9 : Les Misérables, Victor Hugo
10 : La Promesse de l’aube, Romain Gary
11 : Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
12 : La Horde du Contrevent, Alain Damasio
13 : Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar
14 : Orgueil et préjugés, Jane Austen
15 : L’Insoutenable Légèreté de l’être, Milan Kundera
16 : Le Cycle de Fondation, Isaac Asimov
17 : La Vie devant soi, Romain Gary (Emile Ajar)
18 : Crime et Châtiment, Fiodor Dostoïevski
19 : Madame Bovary, Gustave Flaubert
20 : L’Écume des jours, Boris Vian
21 : Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry
22 : Le Rouge et le Noir, Stendhal
23 : Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov
24 : Les Frères Karamazov, Fiodor Dostoïevski
25 : La Peste, Albert Camus
26 : La Nuit des temps, René Barjavel
27 : La Guerre et la Paix, Léon Tolstoï
28 : Martin Eden, Jack London
29 : Les Raisins de la colère, John Steinbeck
30 : Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos
31 : Bel-Ami, Guy de Maupassant
32 : Cycle de Dune, Frank Herbert
33 : Les Bienveillantes, Jonathan Littell
34 : La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker
35 : Anna Karénine, Léon Tolstoï
36 : Le Nom de la rose, Umberto Eco
37 : Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq
38 : Le Monde selon Garp, John Irving
39 : Germinal, Emile Zola
40 : Le Parfum, Patrick Süskind
41 : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee
42 : L’Attrape-cœurs, J. D. Salinger
43 : Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre
44 : Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas
45 : Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
46 : La Vie mode d’emploi, Georges Perec
47 : Les Piliers de la Terre, Ken Follett
48 : Aurélien, Louis Aragon
49 : Lolita, Vladimir Nabokov
50 : Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë
51 : La Conjuration des imbéciles, John Kennedy Toole
52 : Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley
53 : Jane Eyre, Charlotte Brontë
54 : Au Bonheur des Dames, Emile Zola
55 : Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline
56 : Des souris et des hommes, John Steinbeck
57 : Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
58 : L’Éducation sentimentale, Gustave Flaubert
59 : Les Cantos d’Hypérion, intégrale, Dan Simmons
60 : Vie et destin, Vassili Grossman
61 : Le Joueur d’échecs, Stefan Zweig
62 : La Chartreuse de Parme, Stendhal
63 : Dalva, Jim Harrison
64 : Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie
65 : Petit Pays, Gaël Faye
66 : L’Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar
67 : Gagner la guerre, Jean-Philippe Jaworski Je ne vous en ai jamais parlé, mais c’était tellement bien !
68 : Les Particules élémentaires, Michel Houellebecq
69 : À l’est d’Eden, John Steinbeck
70 : Les Racines du ciel, Romain Gary
71 : L’Idiot, Fiodor Dostoïevski
72 : L’Assommoir, Emile Zola
73 : La Montagne magique, Thomas Mann
74 : La Route, Cormac McCarthy
75 : Bonjour tristesse, Françoise Sagan
76 : Le Père Goriot, Honoré de Balzac
77 : Le Procès, Franz Kafka
78 : Dix petits nègres, Agatha Christie
79 : Vernon Subutex, Virginie Despentes
80 : Le Désert des Tartares, Dino Buzzati
81 : Le Grand Meaulnes, Alain Fournier
82 : La Ferme des animaux, George Orwell
83 : L’Amie prodigieuse, Elena Ferrante
84 : L’Alchimiste, Paulo Coelho
85 : La Chute, Albert Camus
86 : Don Quichotte, Miguel de Cervantes
87 : Beloved, Toni Morrison
88 : La Tache, Philip Roth
89 : Le Soleil des Scorta, Laurent Gaudé
90 : Notre-Dame de Paris, Victor Hugo
91 : Le Vieil Homme et la Mer, Ernest Hemingway
92 : Un barrage contre le Pacifique, Marguerite Duras
93 : 1Q84 : livres 1, 2 & 3, Haruki Murakami
94 : Les Cavaliers, Joseph Kessel
95 : Gatsby le magnifique, F. Scott Fitzgerald
96 : L’Art de perdre, Alice Zeniter
97 : L’Ombre du vent, Carlos Ruiz Zafón
98  : Illusions perdues, Honoré de Balzac
99 :  L’Amant, Marguerite Duras
100 : Le Bruit et la Fureur, William Faulkner
101 : La Condition humaine, André Malraux

Il y a pas mal de doublons, forcément, les grands classiques de la littérature se trouvent sur toutes les listes. Cependant, je n’ai pu cocher certains livres parce que l’intégrale est listée, et parfois, je n’ai lu qu’un tome, comme pour le Cycle de Fondation par exemple, ou Les Misérables. Aussi, pour Anna Karénine, c’est long, très long, et j’en suis au milieu. Et le Seigneur des Anneaux compte bien comme trois livres pour moi plutôt qu’un seul, même mentionnée comme « Intégrale ».

21 livres lus selon cette liste. Certains sont sur ma liste à lire un jour, mais trop de livres, pas assez de temps ni de place. Et certains ne me bottent tout simplement pas, comme par exemple, le premier de la liste. Oui. Lynchez-moi. Mais je lis par plaisir, et pas par obligation, on en a déjà bien assez dans la vie comme ça.

Les oiseaux et autres nouvelles – Daphné du Maurier

lesoiseauxdaphnedumaurier

The Birds and Other Stories

Editions : Livre de poche

ISBN : 978-2253099963

445 pages

Recueil de nouvelles, Les Oiseaux  met en scène différents milieux sociaux à la croisée des genres fantastique, policier, surnaturel… mais toujours pour mieux surprendre le lecteur en le terrifiant par une étrangeté issue du quotidien. Pour Henry James, et c’est aussi le cas dans ce recueil de la romancière, « les mystères les plus mystérieux [qui] sont à notre porte ». Chaque nouvelle s’ouvre sur un quotidien banal, minutieusement décrit pour s’enrayer aussitôt : dans « Mobile inconnu », Mary Farren se donne subitement la mort. Quel mobile est à l’origine de ce geste de cette femme à qui tout souriait ? Elle a fait un mariage au-dessus de sa condition, elle attend un enfant… Son mari engage un privé pour enquêter sur le passé de sa femme. La construction diabolique de cette nouvelle est digne des romans policiers victoriens !

 

Je n’avais jamais rien lu de Daphné du Maurier, tout en ignorant pas qu’elle a marqué son époque ainsi que la littérature au sens global. Rebecca est certes sur ma liste à lire, mais la seule chose que je connaissais d’elle, au sens large, était l’adaptation des Oiseaux par Hitchcock, film qui m’a profondément marqué lorsque j’étais jeune. C’est pourquoi je voulais lire la nouvelle qui l’avait inspiré, et j’ai lu les autres dans la foulée. A noter d’ailleurs que le titre d’origine mettait en lumière une autre nouvelle : la première du recueil, intitulée Le Pommier, et que la réédition a changé de nom, pour surfer sur la vague hitchcockienne. Et je dois dire que les Oiseaux est peut-être celle qui m’a laissé le plus indifférente.
 
Deux grandes thématiques se démarquent de ces nouvelles : le traumatisme des anglais par les attaques aériennes de la Seconde Guerre Mondiale, illustré par Les Oiseaux et Encore un baiser. Il est par ailleurs notable et dommage que le film aie perdu une part de son impact et la totalité de la symbolique en déplaçant l’action des Cornouailles vers la Californie.
 
Les autres nous parlent de la place des femmes en ce début de XXème siècle, entre charge mentale et indifférence conjugale dans Le Pommier, Une Seconde d’éternité, peut-être un peu prévisible (est-ce parce que d’autres s’en sont inspirés par la suite ? Parce que le ressort de l’intrigue est désormais éculé ?), où la narratrice place tous ses espoirs dans sa parfaite (?) fille de 7 ans, et Mobile inconnu, Intrigue policière sur le suicide d’une jeune femme, fraîchement mariée et enceinte de son époux dont elle est amoureuse (et réciproquement), écrasée par un secret qu’elle avait enfoui et le poids du qu’en dira-t’on ? et nous laisse imaginer la problématique du consentement dans les années 50 ainsi que l’hypocrisie de la religion par rapport aux femmes.
Elle nous a raconté que son père lui avait dit que c’était la plus grande disgrâce qui pouvait arriver à une fille, et elle n’y comprenait rien, disait-elle, parce que son père était pasteur et qu’il faisait toujours des sermons comme quoi ce qui était arrivé à la Vierge Marie était la plus belle chose du monde.
Le Petit Photographe, lui, nous dépeint une femme d’une autre trempe, contrairement aux autres, auxquelles on peut s’identifier, même si, comme les autres héroïnes, elle est victime de son époque et de son milieu. Une marquise magnifique, oisive et narcissique s’ennuie en vacances et décide d’avoir une aventure avec un petit photographe local qui s’avère encombrant. Pour s’en débarrasser, elle use de stratagèmes vicieux, tel le plus beau des pervers narcissiques. Difficile ici de lui trouver des excuses, elle semble avoir choisi elle-même son enfer personnel, contrairement aux autres. Mais heureusement qu’elle est belle, pense-t’elle.
Ces nouvelles nous dépeignent également plusieurs variantes de troubles mentaux, du stress post-traumatique, à la paranoïa en passant par les troubles obsessionnels compulsifs et l’histrionisme.
Le Vieux, lui, nous témoigne d’une famille étrange qui vit de l’autre côté du lac. Les parents s’aiment, et aimeraient bien revenir à leur vie sans enfants. Les placer ailleurs, en ville, semble une bonne solution. Il s’agit là d’une nouvelle à chute très efficace, j’en ai encore mal au coccyx d’ailleurs.

Les Oiseaux et autres nouvelles explorent la diversité des sentiments humains en 7 nouvelles efficaces, tous les personnages ne sont pas aimables, et même les personnages détestables (Madame la Marquise, c’est vous que je regarde !) ne le sont pas complètement, ils sont humains, mus par le désespoir et une plume résolument moderne. Les thématiques sont toujours d’actualité, d’ailleurs maintenant que la charge mentale fait partie des combats féministes, il est fascinant de voir que le sujet avait déjà été abordé (et complètement ignoré, la faute à la subtilité du propos ? Au narrateur masculin ?) au début des années 50, au moment ou la ménagère était mise en avant dans toutes les publicités, gardienne du Saint Foyer. Le suspens est parfaitement maitrisé (sauf peut-être pour la Seconde d’éternité, mais cette nouvelle a dû avoir énormément d’impact lors de sa parution, alors que maintenant, la conclusion fait un peu pétard mouillé), qu’il s’agisse du registre fantastique ou non.

Chanson du Vendredi #51

 

Dans une frénésie de tri par le vide, j’ai sorti des albums dont je souhaitais me séparer. Puis, nous avons décidé d’écouter CHAQUE disque de la maison (sauf les samplers qui accompagnent les magazines) avant de prendre une quelconque décision. The Unforgiving de Within Temptation était sur ma pile de CD à refourguer au disquaire d’occasion depuis un moment, mais la flemme et la procrastination m’ont empêcher de l’y emmener, ainsi que tous les autres (spoiler, un CD live du même groupe est désormais en vente sur Priceminister, et un autre d’un autre groupe que je n’avais pas considéré sous cet angle y est aussi -pas cher pas cher !-).

Puis est arrivé son tour de passer sur la platine. Libéré de tout angle de comparaison avec les autres opus du groupe et ainsi de tout préjugé et de toute attente, j’ai enfin pu apprécier cet album à sa juste valeur, il est toujours totalement différent de ce qu’était Within jusqu’alors. Différent, mais pas moins bien. D’autres ambiances, d’autres ressentis, avec certes une deuxième moitié un peu mollassonne à mon goût, mais je trouve que la première moitié suffit à me convaincre de le garder.

 

Pour changer de T’choupi et Trotro

Parents ! Oncles, tantes, grands-parents ! Vous n’en pouvez plus de Trotro, T’Choupi et autres animaux ? La bibliothèque de votre enfant ressemble à l’inventaire d’un zoo qui aurait fait les soldes chez Kiabi ? Laissez-moi vous présenter deux livres qui vont changer votre vie ! Plébiscités par Le petit humain qui vit avec nous depuis presque deux ans maintenant : Mon premier livre d’art : Le Sommeil et Le Voyage de l’Ours Pompon.

IMG_20200330_182522.jpgMon premier livre d’art : Le Sommeil, paru aux éditions Phaidon compile des œuvres d’art, peintures, sculptures et même installations modernes (toutes à partir du XIX ème), sur le thème du sommeil mais pas que. On y découvre des œuvres représentant des enfants qui jouent, des personnes de Keith Harring qui dansent, ou le Cri de Munch comme des conséquences du sommeil ou manque de celui-ci. Une phrase accompagne chaque photographie, à raison d’une œuvre par page, regroupées par thématiques. Malgré tout, le tout forme un ensemble cohérent et plaisant, avec des pages cartonnées épaisses et solides. La fin récapitule toutes les œuvres, avec dates et lieux d’exposition.

IMG_20200330_182620.jpgLe Voyage de l’Ours Pompon, publié chez L’élan vert, nous fait accompagner la sculpture de l’Ours polaire, de François Pompon, visible au musée d’Orsay ainsi qu’au parc Darcy à Dijon (et ailleurs, la liste est disponible sur la page Wikipédia dédiée à l’ours), dans un incroyable voyage, en compagnie de la lune, à la rencontre d’autres animaux immortalisé par François Pompon. Les dessins, uniquement en noir, blanc et bleu foncé, avec parfois une couleur supplémentaire sur chaque page (jaune pour quelques fenêtres éclairées, vert sombre pour des feuilles dans la forêt, etc), sont sobres, épurées et beaux, et le texte nous emporte dans un voyage poétique, dont la musicalité emporte même les plus petits. A noter que la fin du livre raconte l’histoire de la statue et de son créateur. Il existe d’autres histoires de l’Ours Pompon, qui seront moins adaptées à un aussi jeune public que des moins de deux ans, mais celui-ci est l’un de ses favoris.