BD - Roman graphique, Entre-deux, Féminisme, France

Tant pis pour l’amour – Sophie Lambda

Tant pis pour l’amour

Editions : Delcourt

ISBN : 978-2-413-01986-2

248 pages

Tant pis pour l’amour nous plonge dans la véritable histoire d’amour de l’autrice. Avec humour, elle nous entraîne dans la spirale infernale d’une relation toxique avec un pervers narcissique et en propose les décryptages.

Quand Sophie rencontre Marcus, elle tombe amoureuse en 48h. Elle qui était si cynique en amour, cette fois, elle y croit. Sauf qu’il se révèle vite étrange. Sophie a alors besoin de comprendre ce qui ne va pas. Confronté à ses mensonges et ses incohérences, il a des réactions violentes, des excuses pour tout et arrive à se sortir de chaque impasse. Mais jusqu’à quand ? Sophie aime un manipulateur narcissique.

 

Le sujet du manipulateur semble à la mode, entre les articles sur la perversion narcissique, et les BDs sur le sujet, entre Fanny Vella (que je n’ai pas lu), et Sophie Lambda, et sans doute d’autres que j’ignore. Le terme pervers narcissique utilisé dans le texte de l’éditeur me semble d’ailleurs un peu mal venu et « putaclic », Sophie Lambda ne qualifie jamais son compagnon par ce mot, et elle explique pourquoi.

J’ai hésité à lire cette BD au début, de peur qu’elle ne réveille certains souvenirs douloureux. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai préféré l’emprunter à la médiathèque plutôt que l’acheter une fois la décision prise. Je ne suis pas persuadée que posséder un livre pareil dans ma bibliothèque de façon permanente soit la plus riche des idées.

Finalement, je l’ai lue, et j’ai bien aimé. Je me suis reconnue parfois, il faut dire que le manipulateur, peut importe son diagnostic précis, fonctionne toujours de la même manière, cette bête là n’étant pas très originale, mais pas tant que ça non plus, mon histoire à moi date, et les cicatrices ne démangent plus autant qu’auparavant.

Tant pis pour l’amour est l’histoire de l’auteur, qui a rencontré un manipulateur, terme générique qu’elle utilise car il englobe beaucoup de pathologies, et ne nécessite pas de diagnostic psy, contrairement au terme de pervers narcissique, de socio- ou psychopathe. Ce choix est d’ailleurs louable, le terme restant universel. Elle raconte sa descente aux enfers, de la rencontre idyllique au retournement de cerveau qui la fait douter de son propre équilibre mental, tout en semant les indices qu’elle a choisi d’ignorer (comme toutes les victimes, au final), pour terminer par son combat pour se reconstruire, en étant entourée, et elle montre aussi un bel exemple de sororité avec une autre victime de son amoureux.

Le récit est ponctué d’intervention de son ours en peluche, sorte de conscience lucide et de ressort humoristique et se clos par des conseils, profil de cibles du manipulateur afin de se déculpabiliser d’être tombée dans le panneau, adresses et associations, dans le but de venir en aide à d’autre victimes.

Le style du dessin est typique du style « blog BD girly », au trait arrondi et marqué, on aime ou on aime pas, je ne suis pas sûre que ce soit mon trait préféré, mais bon. De plus, j’ai un peu regretté le manque de subtilité des indices qui devraient faire tilt, avec parfois l’ajout de cases qui expliquent que « là, y’avait un truc qu’elle n’a pas compris mais aurait dû » que j’ai trouvée redondantes et inutiles. Mais elles peuvent sans doute avoir leur utilité pour expliquer à ceux qui ignorent le fonctionnement des personnalités toxiques le mécanisme interne à ceux « qui se font avoir ».

 

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J’appréhendais de lire Tant pis pour l’amour, à cause mon histoire personnelle, mais finalement, la lecture est plutôt bien passée. Sophie Lambda a eu le courage de raconter son histoire, et d’expliquer tous les mécanismes de prise au piège qui se mettent en place, pourquoi on « tombe dans le panneau », comment s’en sortir, et comment aider dans le cas d’un proche victime. Plus qu’une BD divertissante, je l’ai vue comme une BD didactique, au sujet important, parce que les violences conjugales ne sont pas toujours physiques, et pourquoi « elle ne l’a pas quitté ? ».

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