Fool’s Assassin – Robin Hobb

Fool_s_Assassin

Robin Hobb
Editions : Harper Voyager
ISBN : 9780553392425
630 pages

 Le Fou et l’Assassin

Tom Badgerlock has been living peaceably in the manor house at Withywoods with his beloved wife Molly these many years, the estate a reward to his family for loyal service to the crown.

But behind the facade of respectable middle-age lies a turbulent and violent past. For Tom Badgerlock is actually FitzChivalry Farseer, bastard scion of the Farseer line, convicted user of Beast-magic, and assassin. A man who has risked much for his king and lost more…

On a shelf in his den sits a triptych carved in memory stone of a man, a wolf and a fool. Once, these three were inseparable friends: Fitz, Nighteyes and the Fool. But one is long dead, and one long-missing.

Then one Winterfest night a messenger arrives to seek out Fitz, but mysteriously disappears, leaving nothing but a blood-trail. What was the message? Who was the sender? And what has happened to the messenger?

Suddenly Fitz’s violent old life erupts into the peace of his new world, and nothing and no one is safe.

J’ai découvert L’Assassin Royal très tard, bien plus tard que la plupart des gens, et sans doute que j’avais bien dépassé l’âge de la cible. Mais pourtant, ce cycle, (avec Les Aventuriers de la Mer inclus dans le lot), est sans doute celui qui m’a donné une des plus grosse claque littéraire de ma vie. Oui, rien que ça. C’était la première fois que je pleurais toute les larmes de mon corps lors de la mort d’un personnage, que j’avais des sueurs froides pendant ma lecture, que j’ai vécu ma lecture de manière aussi physique, et aussi qu’une fois le cycle terminé, toutes les lectures qui ont pu suivre dans la foulée m’ont parues aussi fades (et pourtant, des bouses écrites, j’en ai l’habitude.)

Quand j’ai su que Robin Hobb préparait une suite, j’ai trépigné d’impatience, j’ai attendu la sortie, puis, j’ai attendu que la librairie anglaise de Strasbourg réouvre après ses congés, puis, encore, que ma commande arrive. Et enfin, il était là, il m’attendait, et du coup, c’est lui qui a dû m’attendre. Est-ce que j’étais prête à retourner à Castelcerf, à replonger dans toutes ses intrigues, alors que j’avais fait mon deuil de cet univers, que l’histoire était close, que chaque personnage était allé prendre sa retraite ? Ça fait beaucoup de questionnements pour un simple roman qu’on ne me demande que de lire, pas d’écrire, n’est-ce-pas ? Mais derrière tout ça, il avait aussi l’appréhension, la peur d’être déçue. De retrouver cet univers, mais de ne pas y retrouver ce qui m’y avait tant plu.

Puis, il y a une semaine, j’ai décidé d’y aller franchement, histoire de savoir, comme ça, ça serait fait, et aussi, je saurais tout de suite si ça valait le coup de sautiller en attendant la sortie de la suite en 2015. Alors j’ai ouvert le livre, et j’ai replongé dans les Six Duchés. Et, pour tous ceux qui ont l’intention de lire (ou qui sont en train de lire) L’Assassin Royal (allez-y, allez-y !), ça risque de spoiler un peu en attendant. Les faits se déroulent après le cycle des Dragons. Fitz vit désormais à Flétribois avec Molly, sa fille Ortie est au service de la couronne à Castelcerf, Umbre vieillit mais se soigne, Oeil-de-Nuit parvient encore à faire ressentir son absence, et le Fou envoie des messagers à Fitz qui se font massacrer en route.

Si les intrigues autour de la couronne sont encore là, – Umbre s’en occupe, même s’il se trouve plus dans la lumière de la cour qu’auparavant – Fitz s’en tient éloigné, et, fidèle à lui même, il ne sait pas s’il fait bien. On assiste toujours à ses états d’âmes, bien différents des tomes précédents, en effet, il vieillit, Molly également, et si lui peut se soigner grâce à l’Art, elle refuse d’y avoir recours, et leurs préoccupations actuelles tournent autour de la gestion de leur domaine plutôt que de la gestion des traîtres et des complots. Les fils de Burrich partent vivre leur vie, et le domaine semble bien vide. Domaine dont finalement, on ne sortira que très peu, ou alors très brièvement, créant un sentiment d’oppression et d’enfermement après certains évènements très marquants, mais finalement peu spectaculaires – ce qui doit contribuer à les rendre encore plus touchants, car ces évènements là, nous les avons tous vécus, sous cette forme là ou presque -. Enfermement volontaire, certes, mais pas vraiment sain pour autant. Cette sensation est d’ailleurs renforcée par le contrôle de l’Art auquel s’adonne Fitz, et son refus de pratiquer le Vif, ce qui le coupe de beaucoup de sensations, et est presque comparable à ce moment où il confia toutes ses douleurs à un dragon de pierre. Cet enfermement est également présent à travers un deuxième narrateur, nouveauté dans les romans dédiés à Fitz et au Fou. Ce deuxième narrateur semble enfermé dans son corps, spectateur de son environnement, puis pris au piège dans un univers qui lui est hostile au premier abord.

Le rythme de narration est lent, comme souvent dans les premiers tomes de Hobb. Tous les pions se mettent en place très lentement, les personnages ayant eu 15 ans de tranquillité pour faire leur vie, le chaos met du temps à arriver, et les personnages en mettent encore plus à saisir ce qui se passe. Mais une fois l’élément déclencheur arrivé, tout s’enchaine à une vitesse folle, le vase clos est brisé, les personnages sont éparpillés sur la carte, et le roman se termine déjà, sur un suspens bien mené, même si certains éléments de la fin m’ont semblé prévisibles.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeaucorbeau

J’ai ri, j’ai pleuré (à nouveau. Elle reste l’une des seules auteurs à savoir provoquer ça chez moi), et maintenant, je ne sais plus quoi lire. Mon appréhension était injustifiée, j’ai retrouvé cet univers et cette plume avec grand plaisir.

Vous croyez que je peux embêter ma libraire avec une réservation d’un livre qui sortira dans un an ?

2 réflexions sur “Fool’s Assassin – Robin Hobb

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