Femmes qui courent avec les loups – Clarissa Pinkola Estés

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Clarissa Pinkola Estès
Editions : Grasset
ISBN : 9-782246-498513
487 pages

Women who run with wolves
Myths and Stories of the Wild Woman Archetype

Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, comme l’animal sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde.

Pourtant, si éloignées que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin.

De par sa double tradition de psychanalyste et de conteuse, Clarissa Pinkola Estés nous aide à entreprendre la démarche grâce à cet ouvrage unique, parcouru par le souffle d’une immense générosité. A travers les « fouilles psycho-archéologiques » des ruines de l’inconscient féminin qu’elle effectue depuis plus de vingt ans, elle nous montre la route en faisant appel aux mythes universels et aux contes de toutes les cultures, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la Petite Marchande d’allumettes.

La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie.

Il ne tient qu’à nous d’être cette femme là.

Cela faisait des mois que je tournais autour de ce livre, après avoir vu/lu/entendu des femmes dire qu’il avait changé leur vie. Après des mois à tortiller des fesses – est-ce que, si ce livre est réellement bouleversant, je suis prête à en subit les conséquences ? -, j’ai enfin pris mon courage à deux mains, je l’ai emprunté – au cas où, comme les autres livres encensés dont on m’a parlé, il me laisse de marbre -, et je l’ai lu aussi vite que possible. Non pas parce que c’est un livre simple à assimiler, mais parce que j’étais prise dans une sorte de vortex de connaissance et d’affirmations qui résonnaient sans fin dans mon esprit. Je ne saurais dire maintenant si cette lecture va révolutionner ma vie, car il s’agit d’un livre qui se relit plusieurs fois et se vit, mais il m’a d’ors et déjà permis de voir différemment certaines choses.

A travers les contes, Clarissa Pinkola-Estès analyse la psychologie féminine et tente de libérer la femme libre, sauvage et sage qui sommeille en chacune de nous, étouffée par le poids de la société patriarcale et ses injonctions, et met en exergue les raisons qui poussent la plupart des femmes à se plonger dans des comportements niant leurs besoins profonds (sans pour autant nous conseiller des actions irréfléchies telles que tout plaquer pour partir élever des chèvres au Tibet). Elle évoque aussi le cas des femmes ayant retrouvé leur liberté trop vite, et qui se sont brulé les ailes à vouloir voler trop haut trop tôt, tout comme elle évoque le rapport au corps, souvent biaisé par notre environnement. La psychologie féminine est ainsi décortiquée à travers le prisme de l’analyse jungienne, et le l’inconscient collectif, et rendue plus explicite par le biais de fables venues des quatre coins du monde, chacun de ses contes étant ensuite découpé en plusieurs parties analytiques (non, la petite fille aux allumettes n’est pas qu’un conte nous parlant de la pauvreté et de l’indifférence qu’elle rencontre).

Si, bien évidemment, on ne se reconnait pas forcément dans tous les chapitres (et encore heureux), ce livre semble être une lecture cruciale lorsqu’on décide de se trouver et de s’accepter, voire de commencer à démanteler certaines névroses.

Il s’agit d’un livre qui répond à énormément de questionnements, sans pour autant donner des réponses toutes faites, il nous donne des indices, des clés. A nous de trouver la bonne serrure pour les utiliser, et ainsi devenir la personne à laquelle nous aspirons devenir.

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Certes, la quatrième de couverture semble new-age, mais ne la laissez pas vous empêcher de le lire. En tout cas, il fera partie de mes achats lors de ma prochaine sortie en librairie.

[…] on parle d’elles comme si un seul type de tempérament et des appétits modérés étaient acceptables. Trop souvent, on attribue à la femme une moralité en fonction de la manière dont sa taille, son poids, son allure sont ou non en conformité avec un idéal unique ou exclusif. Quand on les relègue à un état d’esprit, à un maniérisme, à un profil conformes à un idéal unique de beauté et de comportement, les femmes ne sont plus libres : elles sont prisonnières par l’âme et par le corps.

Une réflexion sur “Femmes qui courent avec les loups – Clarissa Pinkola Estés

  1. Un beau top. Cela fait longtemps aussi que je me tâte pour lire « femmes qui courent avec les loups », il est dans ma PAL depuis plusieurs année mais je n’ai pas encore osé franchir le pas. Ton avis m’incite à le remettre dans le haut de ma PAL. Bonne et heureuse année.

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