Die 13 1/2 Leben Des Käpt’n Blaubär / Les 13 vies et demie du Capitaine Ours Bleu – Walter Moers

Un Ours Bleu possède vingt-sept vies. J’en dévoilerai treize et demie dans ce livre, et je ne dirai rien de toutes les autres. Un ours doit garder un côté obscur, c’est ce qui le rend attirant et mystérieux. Je me contenterai de mentionner : Des Minipirates. Des Ectospectres. Une Sorcière-Araignée des Bois. Un Grottotroll. L’Asticot des Monts obscurs. Un géant sans tête. Une tête sans géant. Des Yétis somnambules. Des Démons des Pousses-Pousse. Un prince venu d’une autre dimension. Un professeur à sept cerveaux. Un Désert Sucré. Des Barbares mal élevés. Des dangers mortels. Un amour éternel. Des sauvetages à la dernière seconde… Mais n’anticipons pas.

Il est impossible d’énumérer ici toutes les créatures qui peuplaient Atlantis ; parmi bien d’autres groupes et tribus, on trouvait aussi les Bonshommes pas tout à fait finis de Nouvelle-Zélande, les Bonshommes-Bonzaïs du japon, les Veaux Monastiques, les Ghorks, les Côtelettes d’Armor, les Capuchettes, les Meuh-mies des Prairies, les Agents Corrosifs, les Vers de Paradis, les Mi-Momies, les Hommes-Cannelle, les Femmes-Brindilles, les Bécasses des Vents, les Ombres de Pygmées, les Orques des Marais, les Ratatinées des Neiges, et toute une armée de groupuscules et d’individus de toutes sortes difficiles à cataloguer. Même les Bolloggs avaient droit de cité à Atlantis, mais uniquement ceux de moins de quinze mètres, et dotés d’une tête. Ici, un Ours Bleu n’attirait pas spécialement l’attention.

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Je vous en ai déjà parlé, l’ours bleu, c’est le héros de mon enfance. Cet ours, ancien loup de mer maintenant à la retraite, qui raconte des histoires incroyables (inventées ? On ne le saura jamais) à ses petits-enfants (colorés aussi), m’a émerveillé et fait rire depuis que je suis petite. J’ai découvert, bien des années plus tard, que son créateur avait écrit sa biographie (et aussi que c’était lui qui avait crée, dans un autre registre, le Petit Emmerdeur, disponible en BD, mais dont je ne connais que le film…). J’ai tourné autour de cette dite-biographie (est-ce que c’est encore une biographie si c’est un personnage fictif ?) pendant des années ; de peur d’être déçue, parce que tout est toujours mieux dans nos souvenirs ; avant de me lancer.

Ce roman zamonien, est le premier à être paru, mais chronologiquement, il se déroule après La Cité des Livres qui Rêvent, ce qui m’a un peu dérouté au début, car si Hildegunst peut vivre plusieurs siècles, aucune mention de longévité à l’échelle humaine n’est donnée pour les ours colorés. Mais, comme il s’agit du premier tome, il plante le décor, explicite les créatures diverses, la politique, la géographie de ce continent fictif (c’est important, si j’avais su que les Nattifftoffs étaient des élans humanoïdes, ma lecture des autres livres aurait été totalement différente… Enfin, ma représentation des Nattifftoffs l’aurait été, et ça fait déjà beaucoup, passer d’un blob partageant des traits avec les Vogons à un élan, ça fait un choc.) Il s’agit d’une part d’une introduction assez complète à l’univers zamonien, mais aussi d’une initiation, celle d’un ours flottant sur la mer, nu, minuscule, incapable de parler et de se défendre, devenant un capitaine chevronné, conteur devant l’éternel, voyageur sans frontières, et savant ayant a réponse à tout (mais toujours trop tard).

Les 13 vies et demies raconte les 13 premières vies (et demie) de cet ours, à raison d’un chapitre par vie, eux-mêmes découpés en paragraphes explicatifs dotés de titres. Ces mêmes paragraphes sont entrecoupés d’extraits d’une encyclopédie tout aussi fictive que le héros. La narration est donc très linéaire, on assiste au évènements, tout comme le capitaine, qui, au début du moins, se laisse ballotter d’un endroit à l’autre, d’un évènement à l’autre, avant de réellement devenir maître de son destin et de son chemin. Le lecteur se laisse égaler promener d’un endroit du globe à l’autre, en suivant les aventures échevelées de ce héros qui échappe toujours de peu à la mort. Certaines vies sont très courtes, mais, au fil du temps, elles durent de plus en plus longtemps. Malheureusement, il ne s’agit pas toujours des vies les plus passionnantes qui sont le plus développées. Néanmoins, ces vies, aussi différentes les unes des autres soient-elles, parviennent à une unité grâce à des personnages, parfois semblant plus qu’anecdotiques, qui reviennent et prennent une place beaucoup plus importante dans la vie complète de l’ours bleu (qui s’appelle ours bleu), et grâce à des éléments sans lien apparents qui s’emboitent, tels les pièces d’un puzzle éparpillées au quatre vents. Le fil conducteur semble inexistant jusqu’au dernier chapitre, où toutes les pièces se mettent en place et dévoilent un tableau bien plus grand qu’on (ou que l’ours) ne l’avait imaginé. Le roman se termine sur la moitié d’une vie, par souci d’intimité du héros, et juste au bon moment pour mettre fin à beaucoup d’énigmes semées dans les pages.

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En conclusion : un bon moment de lecture, peut être moins bien que La Cité des Livres qui Rêvent, mais un bon complèment d’information sur le continent Zamonien, et surtout, un personnage fidèle à mon souvenir, un univers original et inventif mêlant hasard complet et physique quantique, et des illustrations mignonnes qui complètent parfaitement l’histoire.

Et pour les germanophones (J’aurais bien aimé trouver une vidéo sous-titrée, mais les dieux sont contre moi sur ce coup là) :

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