La Cité des Livres qui Rêvent – Walter Moers

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Le récit fantastique, onirique et horrifique d’Hildegunst Taillemythes, jeune dragon et poète qui bravera tous les dangers des catacombes de Bouquinbourg, hantées par le Roi des ombres, pour retrouver l’auteur du manuscrit «parfait»…
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Walter Moers est le créateur d’un univers que j’adorais bien avant de lire ses livres. L’univers du capitaine Ours Bleu, qui passait dans l’émission de la Souris Souriante, que je regardais tous les dimanches quand j’étais petite. C’était avant que la version française ne soit diffusée sur Arte. Mais maintenant encore, quand je tombe dessus, je regarde. Parce que l’Ours Bleu, avec ses histoires de marin abracadabrantes, c’est sans doute le déclencheur de ma passion dévorante pour la littérature de l’imaginaire. Du coup, quand j’ai vu que les livres de Walter Moers étaient disponibles juste à côté de mon lieu de travail, j’y suis allée, j’ai regardé, j’ai embarqué.

Hildegunst Taillemythe : poète, auteur

La Cité des Livres qui rêvent ne parle pas de ce fameux ours, mais se passe dans le même monde, la Zamonie, où tout tourne autour des livres. Tout le monde écrit, tout le monde lit. Tout n’est que production écrite. Ce livre est raconté par Hildegunst Taillemythe (von Mythemetz, je l’ai lu en V.O. donc je pourrais pas vous traduire tous les noms, si je tente, il y aura beaucoup de chance que le vrai nom utilisé en V.F. soit différent, vous êtes donc prévenus), un dinosaure (j’ai cru pendant près de la moitié du bouquin que Hildegunst était un dinosaure femelle, à cause de « Hilde », vous voyez, il semblerait que non. Mais en fait, ça ne change strictement rien. Et puis, peut-être que ces dinosaures là sont assexués, hein.) qui vient de la « Lindwurmfeste », la forteresse des lindworms, reptiles souvent rencontrés dans les fables médiévales… Il semblerait que ce soit un nom savant pour désigner les dragons. Cette forteresse est peuplée de… gros reptiles (je vais dire ça, c’est plus simple, et les dinosaures et les dragons, on va se mettre d’accord sur le fait que ce sont des reptiles) (je sens que je vais battre mes records de parenthèses), gros reptiles, donc, qui se passionnent pour la poésie. Ils écrivent tous. Ils sont tous talentueux. Et beaucoup d’entre eux quittent la forteresse pour aller à Bouquinbourg, chercher un éditeur, afin d’être lus dans toute la Zamonie, parce qu’être reconnu chez soi, ça va bien un moment, mais le monde est plus vaste que ça.
Hildegunst, comme tous ses copains reptiles, a un « Dichtpate », un parrain de poésie*, qui va tenter de lui apprendre tout ce qu’il sait au sujet de la littérature. Ce parrain, c’est Danzelot von Silbendrechsler (Danzelot Tourneurdesyllabes*), qui, paradoxalement, n’a jamais écrit qu’un seul livre. Sur le jardinage. Parce qu’il était fasciné par le chou-fleur. Et un poème sur les états d’âme d’une armoire pleine de lunettes sales. Et pourtant, Danzelot est reconnu partout (sauf dans la forteresse), et reçoit régulièrement des demandes de conseils d’auteurs en devenir du continent entier. Une de ces demandes sera lourde de conséquences pour lui et pour Hildegunst, qui quittera le fief des lindworms pour aller à Bouquinbourg. De là, une aventure extraordinaire l’attend, dans les catacombes de la ville, ou des dangers plus grands les uns que les autres l’attendent.
La Zamonie est un continent peuplé de dinosaures (je crois l’avoir brièvement mentionné déjà), de cyclopes, d’asticots-requins* (Haimaden) obèses, de créatures anthropomorphiques, de harpyres* (croisement du vampire et de la harpie), de créatures dont la tâche est d’apprendre l’oeuvre complète d’un auteur par cœur (plus l’auteur est prolifique, plus la créature en question risque de mélanger les personnages, forcément), de chasseurs de livres (c’est comme des chasseurs de têtes, sauf qu’ils cherchent des livres précieux dans les catacombes), de livres à pattes, d’harpires, de géants, et autres créatures incroyables (si vous trouvez un Murch quelque part, envoyez-moi une photo). Les catacombes ressemblent aux étages les plus profonds de la grande bibliothèque de la série « Thursday Next » de Jasper Fforde, et le style d’écriture est semblable à un Terry Pratchett allemand. (Le mot précédent est le 666ème. Oui, ça mérite une parenthèse.)
Des antiquaires loufoques peuplent les rues de la ville, et les catacombes cachent un plus grand secret que Hildegunst ne le pensait. Je me doutais que je passerai un bon moment en lisant ce livre, mais le coup de cœur, lui, je ne l’ai pas vu venir. Lisez-le, lisez-le, lisez-le ! En plus, il est illustré par l’auteur (Walter, pas Hildegunst, hein, un dinosaure, ça a des trop petites pattes pour dessiner, voyons !) et vous noterez l’influence de Gustave Doré pour ce qui est du style « gravure ».
* traduction approximative, comme dit plus haut


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Je vous ai déjà dit que c’était vachement bien ?

Merci à Reika et à S. pour avoir corrigé mes fautes d’orthographe, de conjugaison, de frappe et de mots oubliés !

2 réflexions sur “La Cité des Livres qui Rêvent – Walter Moers

  1. Bonjour. Je l’ai lu en V.O. il y a des années. J’en avais traduit des passages pour mes études. Je trouve la traduction un peu terne, les sonorités ne fonctionnent pas toujours bien, surtout pour les noms propres (et ils sont nombreux !). Du coup, en français, on a un peu de mal à sentir l’atmosphère. En allemand, on est happé, on y plonge tête baissée – voire les pieds en avant – et on avance à grand pas dans le sillage du héros. S’il fallait comparer : il y a quelque chose d’Hugo, mais aussi d’Astier/Kaamelott : c’est dense et lumineux à la fois.

    • Bonjour !
      Le seul livre de Walter Moers que j’ai lu en français, c’est Le Maitre des Chrecques, et la traduction ne me semblait pas très bonne en effet.
      Suite à mon enthousiasme, mon entourage l’a lu aussi, en français pour les non-germanophones, et en tant que germanophile, je leur ai demandé la traduction de certains noms, et tous les jeux de mots et significations cachées avaient disparu, ce qui est bien dommage (mais la tâche du traducteur de cet auteur ne doit pas être aisée). La maitrise rhétorique de l’auteur est vraiment magique et magnifique.
      Merci pour ton passage et ton message !

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