Lolita – Vladimir Nabokov

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Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-liii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palis pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.

Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chausette. elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.

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Lolita, livre sulfureux, scandaleux. Il failli ne jamais paraitre, et je failli ne pas le lire. Parce qu’il était classé parmi la littérature érotique sur Amazon. Parce qu’il est considéré comme une éloge du pédobearisme (admirez la pirouette pour éviter les requêtes glauques). Parce que la chanson d’Alizée. Mais il était dans la liste longue comme mon bras (ou peut être même les deux), et qu’il a été au programme du CAPES une année ou j’ai eu la lubie de vouloir le passer la rentrée d’après, du coup, je voulais me préparer. (La lubie a duré deux semaines, ensuite, je me suis rendue compte qu’il faudrait, en cas incroyable de réussite, que j’affronte une classe d’adolescents en pleine crise… J’en ai eu assez pendant la mienne, ça ira, merci.) Mais du coup, j’avais ce bouquin sur les bras. Je voulais pas m’en débarrasser avant de l’avoir lu, ben, du coup, je l’ai lu. Logique.

On a donc d’un côté, Humbert Humbert (le pauvre, pas étonnant qu’il soit tordu avec un nom pareil), qui ne s’est jamais remis d’une coucherie manquée à l’adolescence et qui, depuis, fantasme sur les jeunes filles en fleur. Du coup, je sais d’où vient la théorie de l’origine du pédobearisme évoquée également dans ce pilier de la littérature qu’est La Joconde Sanglante.

Chaque nymphette qu’il croise, il la possède, grâce à ses fantasmes, et par son seul désir, sans même les toucher. En soi, c’est inoffensif. Flippant et tordu, mais inoffensif, il ne leur parle pas, et ne les touche pas. Il les regarde juste. Comme un pervers. Certes. Mais pas toutes les jeunes filles sont des nymphettes. Seulement certaines. Avec des attributs totalement aléatoires. Je n’ai toujours pas compris ce qui faisait d’une gamine une nymphette.

Humbert a, en tout cas, une vision étrange de la place de la femme. Son épouse sensée cacher et assouvir ses pulsions secrètes ne devrait pas pouvoir prendre en main son propre destin et disposer de son bien-être. Et, d’un autre coté, lorsqu’il se renseigne au sujet d’une école pour Lolita, il est effaré par l’enseignement qui y est dispensé, qui se rapproche de celui de la ménagére soumise et docile parfaite, ou encore lorsque l’amant de sa femme parle à sa place, comme si elle n’était qu’une pupille passant d’un tuteur à un autre.

Le récit est celui du personnage principal, sorte de confession ultime devant un tribunal, celui de ses amours interdites avec une jeune fille de 12 ans, qui, comme beaucoup d’enfants de son age, jouait à séduire, sans se méfier des conséquences, et se retrouve prises dans un engrenage infernal, dont elle ne sortira qu’en usant de stratagèmes pour enfin s’enfuir.

Comme il s’agit des pensées de l’homme que nous suivons, parfois, on se surprend à le prendre en pitié. Mais très honnêtement, le plus souvent, on a simplement envie de facepalmer. C’est là le souci de ce livre, stylistiquement, il est magnifiquement écrit. Mais le contenu est nauséabond. Je suis perplexe et déchirée entre l’écriture, superbe, et le propos.

Par contre, le classement dans « l’érotique » est plus qu’éronné. Même s’il s’était s’agit ici d’une relation entre adultes consentants, ce livre n’aurait rien eu d’érotique. D’une histoire d’amour à sens unique, peut-être. D’une histoire décrivant la relation entre la victime et son bourreau, sans doute, mais aucunement d’une histoire érotique. Et au vu du sujet, je ne peux que saluer le choix d’avoir omis les scènes charnelles entre les protagonistes, qui n’auraient fait que renforcer mon malaise.

Du coup, je ne sais pas comment considérer ce livre, oui, il m’a mis mal à l’aise parfois. Mais le style est magnifique. Mais… Mais… Arg…

corbeaucorbeaucorbeau

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