Sans parler du chien ou comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque – Connie Willis

sansparlerduchien

Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dirige une équipe d’historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour voyager dans le temps. Ned Henry, l’un deux, effectue ainsi d’incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d’informations sur la cathédrale de Coventry, détruite par un raid aérien nazi. Or c’est à ce même Henry, épuisé par ses voyages et passablement déphasé, que Dunworthy confie la tâche de corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues, qui a sauvé un chat de la noyade en 1888 et l’a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Or l’incongruité de la rencontre de ce matou voyageur avec un chien victorien pourrait bien remettre en cause… la survie de l’humanité !

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Ce roman, publié en 1997, titulaire de plusieurs prix (Locus et Hugo en 1999), m’était totalement inconnu jusqu’à il y a un an et demie, où j’ai vu qu’il avait fait l’objet de plusieurs articles sur la blogosphère (ce que ce mot est moche, quand même…). Malheureusement, je ne sais plus où, et heureusement, je ne savais plus ce qu’ils disaient. Mais le fait est que ce livre à atteri dans ma liste à lire, que je l’ai acheté en 2011, sans doute pendant une opération où on pouvait recevoir un livre de GRRM en cadeau pour l’achat de 2 ou 3 livres du même éditeur (en fait, je me souviens plus si c’était à cette occasion, ou bien sans raisons… mais en même temps, on s’en fout un peu…), du coup, il prenait la poussière dans ma pile à lire, jusqu’à la semaine dernière, où, prise d’une crise devant ma bibliothèque, telle une fashion victime devant son dressing plein à craquer : « Bwaaaah, j’ai rien à liiiiiiiiire ! ». Ce n’était sans compter celui qui profite de mon incapacité a me contrôler dans une librairie pour laisser sa carte de médiathèque prendre la poussière, qui piocha au pif dans la pile conséquente de livres non-lus, pour me tendre Sans parler du chien, et me dire « Tiens, lis ça, tu l’as acheté, c’est que tu voulais le lire » (raisonnement tout à fait logique et censé, nous en conviendrons).

Nous sommes en 2058, les voyages temporels existent, et nous vivons pourtant dans un monde horrible… Un monde sans… chats ! (Imaginez ! Internet ne servirai plus à rien ! Plus de procrastination sans fin sur la toile à regarder des gifs et des vidéos de chatons maladroits ! Horreur et sept enfers !)

Lady Schrapnell, américaine farfelue et autoritaire, décide de reconstruire la cathédrale de Coventry, et pour cela, il lui faut tout les éléments qui étaient dans la dîte cathédrale au moment de son bombardement. Sauf que la potiche de l’évêque est introuvable… (Rigolez, mais quand j’ai commencé la bouquin, moi, la potiche, je pensais que c’était sa bonniche, une version de bonne du curé avec le physique de Victoria Silvstedt… ben oui, la potiche, ben, le vase, qui pourrait aussi bien ressembler à un compotier d’ailleurs, un peu comme le graal, qui pourrait aussi bien être une écuelle en bois qui aurait moisi depuis, qu’une assiette en métal précieux) Et qu’en cherchant cette potiche, une historienne sauve un chat et le ramène au XXIème siècle, et que pour réparer tout ça, il faille envoyer plusieurs historiens (bon, deux), à l’époque victorienne pour réparer les incongruités qui pourraient en résulter. Sauf que l’historien chargé de réparations, à force de faire des bonds d’une époque à l’autre, souffre de déphasage avancé, et qu’il va provoquer encore plus d’incongruités. Et qu’à force de chambouler tout le passé, l’Angleterre risque de passer aux mains de nazis, et le temps risque de s’effondrer.

L’ensemble, dit comme ça, semble bien fouilli, complexe, et j’avouerai de pas avoir bien saisi le pourquoi du comment de la raison de l’explication sur la disparation du gra… de la potiche. On y découvre aussi une forme de critique de l’éducation des femmes de l’époque victorienne, qui se limitait au dessin, aux langues, et aux travaux d’aiguille. On assiste aux disputes entre universitaires d’Oxford à la même époque, et on découvre aussi des personnages féminins anachroniques par leur émancipation, mais pourtant bien victoriens. De plus, les passages se situant à Coventry en 1940 arrivent, paradoxalement, à être drôle, mais aussi émouvants, ce qui n’est pas chose aisée avec un sujet aussi lourd que la deuxième guerre mondiale.

Il s’agit là d’un livre drôle, bourré de références et d’allusions à Trois hommes dans un bateau (que je n’ai pas lu, mais qui semble être intéressant) et à divers livres d’Agatha Christie, qui aiguillent le lecteur dans sa propre découverte du dénouement (même si les ficelles sont évidentes, elles sont assumées). Ce qui rappelle un autre livre de science fiction uchronique avec références littéraires et voyages temporels : L’affaire Jane Eyre.

A lire !


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6 réflexions sur “Sans parler du chien ou comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque – Connie Willis

  1. Je l’ai moi aussi sur ma PAL suite au conseil avisé d’une amie bloggeuse ^^ Il a l’air vraiment drôle, j’ai hâte de le lire (mais comme toi, j’attends le bon moment et, en attendant, j’achète d’autres livres aha)

    • Ah ? Je n’ai pas lu d’autre livre de cet auteur, donc je n’ai pas de point de comparaison. Je pensais voir ce qu’elle avait pondu d’autre, et après avoir lu ta chronique, je redoute un peu de lire autre chose. Mais visiblement, il y a une cohérence entre ses livres qui semblent souvent évoquer les Blitz.

  2. Hello! cette fois-ci je laisse un commentaire car je passe souvent sur ton blog et je le trouve très bien fait! je lance moi aussi un blog et j’aimerais qu’il soit aussi bien🙂 a bientôt

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