Mort d’un clone – Pierre Bordage

(Désolée aux abonné(e)s qui auraient eu une notification étrange par mail, je teste actuellement une application de bureau pour la rédaction d’articles, et c’était un bug de démarrage.)

mortd'unclone.jpg

D’habitude, je vous fait un petit laïus sur le pourquoi du comment que j’ai eu envie de lire ce livre (oui, c’est français, ma phrase, rho), mais cette fois-ci, ben, euh, je peux pas, parce qu’on me l’a offert spontanément, sans que je me demande rien (et sans occasion particulière non plus, d’ailleurs). Donc voilà, on me l’a offert, parce qu’il s’agit d’un auteur reconnu de SF, et que j’aime bien l’imaginaire. Alors avec une intro pareille, vous allez croire que j’ai pas aimé. Ben, en fait, si, mais c’est bien plus compliqué que ça (même le temps de lecture fût très court, une journée… Bon, une journée passée dans le train à traverser le pays dans le sens de la largeur, mais quand même, c’est pas très long, si on compare mon rythme de lecture de ces derniers temps qui est assez… lent, on va dire).

feather

Un portrait cinglant de nos aliénations ordinaires, par un écrivain qui s’amuse hors des sentiers battus.

Petit employé du siècle dernier, la quarantaine aigrie, mal assorti à une femme épaisse et acariâtre et père lointain d’une progéniture maussade, Martial Bonneteau est un médiocre qui enfouit entre routine et mépris de soi les frustrations d’une vie de clone parmi les clones. Mais un matin, pour un retard au bureau, le chemin tracé de sa vie va diverger et son univers normé se lézarder… Hystérie familiale  adultères ubuesques, coaching psychologique de groupe, les péripéties se succèdent bientôt sur un rythme de vaudeville, pour tourner à la franche farce.

feather

Alors, comme dit plus haut, je l’ai lu en une journée, dans les transports, et ce il y a un peu plus d’un mois maintenant (qui dit transport dit cahotement, donc pour prendre des notes, on a vu mieux comme conditions (depuis que je prend des notes, j’ai l’impression de lire de manière moins passive et de comprendre et d’assimiler mieux les informationso_O prendre les cours en notes n’avait jamais cet effet, étrangement…), et qui dit il y a un mois dit mémoire qui flanche un peu), mais je voulais vous en parler quand même, parce que c’est vachement intéressant.

Je n’ai jamais lu de livre de Pierre Bordage avant, donc, ce qui m’a frappé, c’est le style, du récit entrecoupé de définitions d’objets. Je ne sais pas si c’est typique de son style ou propre à cet ouvrage-ci.

Le réveil : monstrueuse anomalie plastifiée vampirisant sans vergogne le faux stuc de la très navrante table de chevet.

Cette définition très personnelle (mais qui aime entendre son réveil le matin, hein ?) pose le décor, nous somme dans un intérieur sans doute moche, et le propriétaire du réveil, ben, ça le fait profondément braire de l’entendre sonner. Nous faisons ainsi connaissance de Martial Bonneteau, 48 ans, employé, impuissant, marié depuis la moitié de sa vie avec une fille qui a eu le malheur de toucher puis d’épouser, pour l’honneur, voyez ? La fille en question, devenue femme, refuse qu’il la touche depuis. D’après la description qui en est faite, il faut en avoir envie aussi. Mais un jour, Martial en a marre, de sa femme, de son boulot, de ses voisins à la con, de ses fils (qui apparaissent brièvement le temps du petit-déjeuner), et change de vie, son entourage, sauf sa fille, pense qu’il sombre dans la folie. Sa fille, qui, d’ailleurs, souffre de la même folie que lui, c’est à dire qu’elle n’a pas envie de se soumettre aux diktats de la société.

Ce livre, critique sociale, hymne à la connaissance de soi, par des voies parfois mystificatrices (méditer à poil en pleine forêt devant une cabane délabrée ?  ),

de la non-normalisation, dresse un portrait au vitriol de notre société et fait réfléchir. Est-ce folie de vouloir se connaitre soi-même et de vouloir vivre en accord avec soi-même, plutôt que de se soumettre sans réfléchir aux normes imposées (même si c’est sans doute plus simple) ?

Bon, j’espère ne pas vous avoir fait peur avec cet article, lisez-le quand même, c’est bien !

corbeaumoutoncorbeaumoutoncorbeau

Moutons et corbeaux, parce que c’est drôle, mais pas que.

 

Une réflexion sur “Mort d’un clone – Pierre Bordage

  1. Bon allez, un jour je vais faire un effort pour lire un truc de lui. Il doit pas être connu pour rien, et si t’es pas en train de hurler de douleur, je devrais pouvoir y trouver un intérêt moi aussi🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s