Le fait du prince ou la cosmétique de l’ennui

Le fait du prince
J’ai écrit cet article quand l’idée d’un blog ne faisait que m’effleurer quand je m’ennuyais, où quand quelque chose m’énervait au point de vouloir hurler cette injustice au monde.

C’est très rare que je ressente le besoin de m’indigner autant après la lecture d’un livre, mais ce jour là, je n’ai pas pu m’en empêcher. Jamais auparavant, je n’avais eu une telle sensation d’avoir perdu du temps, temps que j’aurait pu consacrer à d’autres livres bien meilleurs.

Fidèle lectrice d’Amélie Nothomb depuis mes années lycées, c’est par habitude que, peu après la rentrée littéraire, mes pas m’ont portée vers le rayon N de ma bibliothèque habituelle. Ses derniers livres ne m’ayant que peu enchantés, je me suis néanmoins saisie de son livre d’alors, Le fait du prince. Je l’ai emprunté par habitude, par curiosité aussi sans doute, portée par une vague lueur d’espoir que celui-ci soit du même acabit que ses premiers livres ou que ses livres autobiographiques.
Il ne faut pas juger un livre par sa couverture, mais on ne peut s’empêcher de se demander quel pourrait être le rapport entre la première de couverture, une photographie très kitsch de l’auteur de ce méfait, entre le culcul le plus total, et la trop dark attitude (ça peut quand même impressionner les kikoogoths, j’avoue), ET en plus, est un Photoshop disaster complet (la couronne et « l’eau »… Fait d’un graphiste qui découvrait l’outil lasso magnétique, sans doute), et ce fameux roman, qui, selon sa quatrième de couverture, devrait parler de riches bourgeois abusant de champagne. Le fait est que ce premier emprunt date de 2009, je n’avais même pas lu la petite phrase au dos du livre, que déjà trois semaines était écoulées, que l’heure de le rendre approchait, et que, décidément, je n’avais pas envie de le lire. Pourtant, dieu sait que j’en aurais eu le temps, mais non, la petite étincelle ne venait pas, les autres livres qui m’avaient accompagnés chez moi le même jour ont été dévorés, mais celui, non, il me m’inspirait pas plus que ça… Je le retournais donc, avec ses compagnons à feuilles, sans l’avoir ouvert…
Des fois, il ne faut pas s’acharner, et effectivement, je n’aurais pas du… Plus d’un an plus tard, je me suis décidée à le réemprunter, et, cette fois ci, prise par une frénétique envie de lire, encore assommée par la claque du livre que je venais de terminer une heure plus tôt, je l’ai ouvert, et, je l’ai lu… Les ouvrages d’Amélie Nothomb se lisent très vite… Peut être trop… Ou la vitesse à laquelle ils se parcourent est-elle le signe de leur vacuité ? Le fait est que, en une après-midi, il fut terminé, et me laissait une sensation étrange… J’avais l’impression d’avoir perdu mon temps, lire une notice m’aurais procuré plus de satisfaction, en plus d’être plus utile, et surtout, je me suis demandée si les bruits que j’avais entendu disant qu’elle écrivait plusieurs livres par an et choisissait le meilleur pour être publié, et que si c’était réellement celui ci le « meilleur », ne serait-il pas mieux pour elle de prendre sa retraite ? Où bien est-ce moi dont les goûts ont évolués ? Lire des livres fouillés et partant dans tout les sens m’ont-ils blasée de livres linéaires et sans recherche sur les personnages ? M’ont-ils rendue plus sensible au fond qu’à la forme ? Car, oui, la forme est là, ça se lit, c’est fluide, ça coule. Mais les mots sont vides, tout comme les personnages semblent l’être. A-t-elle la flemme de créer une histoire pour ses personnages ? Sont ils des génériques sans passé, sans personnalité ? A part celle d’aimer le champagne et d’avoir été junkie (ce qui ne sera pas exploré plus qu’une simple évocation, ça aurait été trop long sans doute) ? A-t-elle du mal à parler du personnage principal quand il ne s’agit pas d’elle ? Par ailleurs, pourquoi toutes ses héroïnes refusent-elles de manger ? Amélie est-elle pro-ana ? En plus de prôner, dans ce livre, un mode de vie oisif et inutile ? »

En tout cas, je jure qu’on ne m’y reprendra plus. Nouveau livre d’elle ou pas, je passerait mon chemin et lirait des auteurs dont les écrits valent le papier sur lequel ils ont été publiés.

4 réflexions sur “Le fait du prince ou la cosmétique de l’ennui

  1. J’était pas enervée en finissant Twilight, morte de rire, oui, mais pas enervée (même si c’est mal écrit, hein, me fait pas dire que Twilight, c’est bien). Et pourtant, ce livre aurait eu du potentiel, le concept de départ semblait assez intérressant, mais ensuite, c’est parti dans une description pure et simple de repas à base de champagne, et.. c’est tout… Tout ca, pour ca… Ou bien je suis passée complètement à côté.

    J’aurais du me méfier après la déception de Journal d’Hirondelle.

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