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Kushiel, tome 1 : La Marque – Jacqueline Carey

Bon, hein, faut pas se leurrer, la couverture fait un peu Harlequin bas de gamme

Bon, hein, faut pas se leurrer, la couverture fait un peu Harlequin bas de gamme

Faut dire que la couverture, comme ça, sans en avoir entendu avant, elle me parlait pas. Mais comme j’ai entendu beaucoup de bien de la série, j’me suis dit que j’allais tenter, au pire, si c’est mauvais ou ne me plait pas, ça me fera un article marrant. Bon, pour l’article marrant, ça le sera pas, parce que le livre est bien. Malgré la couverture avec une femme à poil (ça marche bien, ce genre de couverture, je crois), les rumeurs décrivant le truc comme érotique (ouais, c’est marrant à lire ses trucs là, mais ça me fait autant d’effet que Bob l’eponge. (Non, je ne suis pas épongeophile)) et mes a prioris découlant des premières impressions que j’ai pu avoir, j’ai dégotté le livre, l’ai placé sur ma liseuse (sinon, je vous aurait mis une photo avec Mr Mouton, mascotte officielle de mes lectures, qui a pris goût a poser, coincé dans mes livres), et je l’ai commencé, m’attendant à une lecture légère et facile, pour me remettre de mes émotions qui m’ont fait arreter la lecture des Frères Grossbart. Mais non, visiblement, la série Kushiel n’est pas une lecture facile, les tomes sont épais (il me semble, hein, ma liseuse disait qu’il faisait 1323 pages, Anobii, me dit qu’il en fait 700 et des poussières, bref, c’est pas un Nothomb qui se lit en une heure (d’ailleurs, il m’a fallu 17 heures pour le lire (oui, j’ai chronometré (non, en fait, le Kobo indique le temps de lecture de chaque livre))). L’épaisseur n’est d’ailleurs pas la seule chose qui me fait dire ça, vu que finalement, il s’agit d’intrigues de cour compliquées. (Par moment, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Angélique,  Marquise des Anges… Les livres, hein, pas les films… Comment ça, ma référence est nulle ? ><)

Bref, de quoi ça parle ? Terre D’Ange, un pays semblable à nos pays latins voue un culte à Elua et ses Compagnons, qui, eux, ont accompagné Yeshua jusqu’a sa crucifixion. Naamah et Kushiel sont deux de ses compagnons, Naamah a donné son corps pour Elua, et Kushiel punit au fouet.

Phèdre, l’héroïne, est la fille d’une servante de Naamah (vous vous doutez bien de son service, hein) et est marquée par Kushiel. Son oeil est orné d’une marque rouge sang, qui la désigne comme étant une anguissette, l’élue de Kushiel, condamnée à trouver son plaisir dans la souffrance. Elle est vendue par ses parents à une maison de la Cour de Nuit, le quartier des plaisirs charnels. A dix ans, elle est rachetée par son mentor, Anafiel Delaunay; qui lui enseigne l’espionnage, et compte bien se servir d’elle pour parvenir a remplir ses obscurs desseins.

Phèdre, en tant que première anguissette née depuis trois générations, à nombre de clients qui se satisfont de la souffrance qu’ils infligent. Donc oui, ce livre parle de sexe, mais jamais de manière crue ou vulgaire. Les descriptions des supplices infligés peuvent parfois aller à l’encontre des limites des personnes sensibles, mais ces passages restent rares, et souvent, sont eludés par la narration à la première personne (oui, parce que bon, quand on est inconscient, c’est rare qu’on puisse raconter ce qui se passe). Certains clients sont au centre d’une conspiration pour accèder au trône, et Phèdre devra utiliser ses talents pour déjouer le complot et s’assurer que l’héritier légitime puisse y accéder, tout en maudissant ses préférences et ses faiblesses liées à la marque de Kushiel présente dans son oeil.

Si l’histoire en elle même est fascinante, j’ai relevé un point qui m’a perturbé et qui est présent tout au long du livre. Terre D’Ange n’existe pas, et même s’il s’agit de “fantasy historique”, j’ai regretté l’absence de culture originale et créee de toutes pièces. Car si les Skaldiques habitent à l’Est, tout en eux respire le Viking. Depuis le nom de leur peuple, skald signifiant poête ou héros de saga scandinave, leur alphabet, appelé Futhark, composé de runes, tout comme l’alphabet des anciens germaniques, dont chaque rune n’est pas seulement une lettre, mais également un symbole, jusqu’au nom des dieux, dont le dieu “en chef” est appelé Odhinn, selon l’orthographe en norrois, qui reprend les mêmes caractéristiques physiques (l’oeil en moins, les corbeaux, les loups). (Oui, la mythologie scandinave, c’est mon dada).

Futhark

Alphabet runique Futhark

Odhinn

Les autres peuples, Pictii et Cruithnes sont certainement fortement inspirés des Celtes ou d’autres peuples, mais soit leurs descriptions n’était pas assez précises, soit mes connaissances en la matière ne sont pas suffisantes pour relever les points communs. Mais je crois que j’aurait préféré que les choses soient claires et se passent dans un monde qui a existé, plutôt que de prendre des élèments historiques, changer les noms et les transvaser dans un monde imaginaire. Même la cartographie est calquée sur l’Europe.

Terre D'Ange - Cartographie

Terre D'Ange - Cartographie

Mais mon plaisir de lecture n’en a pas été réduit, ça m’a amusé de relever les éléments inspirés de choses réeles et de voir à quoi elles correspondaient.

Bref, ne vous fiez pas à la couverture et aux à priori sur l’histoire d’une prostituée, et lisez le si vous en avez l’occasion et le temps. Moi, en tout cas, je me suis fournie la suite.

Glennkill / Qui a tué Glenn – Leonie Swann

Approuvé par M. Mouton

Glennkill, ein Schafskrimi - Leonie Swann - Sheep of Approval

Vous vous êtes déjà demandé à quoi pensait un mouton ? Parce que, hein, on se dit, un mouton, c’est con, ça mange, ça bêle, ça dort, ça mute en mouton-garou quand on fait des expériences dessus, ça suit le chef de troupeau, mais tout ça, c’est ce que ça fait, un mouton, mais à quoi ça PENSE, un mouton ?Et surtout, la question cruciale, un mouton peut-il résoudre une affaire de meurtre ?

Bon, honnêtement, un mouton tout seul, je sais pas, même si c’est le mouton de plus intelligent de tout Glennkill, mais un troupeau, éventuellement, ça peut.

Bref, Glennkill, ou Qui a tué Glenn dans sa version traduite, est un roman allemand, premier livre de Leonie Swann. Le tout se passe à Glennkill (et le berger du troupeau s’appelle Glenn, c’est pratique ^^), petit village irlandais tranquille. Tranquille… Jusqu’au jour où le troupeau de Glenn, se réveille et découvre Glenn mort, avec une bêche depassant du torse. La bêche qu’il utilisait toujours pour bêcher son verger. Comment-est elle arrivée là ? Le vaillant troupeau de moutons, guidé par le mouton le plus intelligent de Glennkill, Miss Maple, décide de trouver le coupable, ainsi que les raisons du meurtre. Avec l’aide du mouton ayant la meilleure mémoire de Glennkill, Mopple the Whale, un mouton au passé trouble, Othello, le mouton le plus laineux du troupeau, Cloud, un mouton persuadé que l’âme se mesure à l’odorat, Maude, et du mouton alpha, Sir Ritchifield, et son frère prodigue,  Melmoth, Miss Maple mène l’enquête, et permet de découvrir un point de vue très mêêêêêh sur la vie, la mort, et les humains, qui décidement, sont vraiment bizarres.

J’aurai plein de choses à dire, mais comme je veux absolument que tout le monde le lise, pour le salut de l’humanité, et de la Terre et de l’Univers, je ne vais pas spoiler, mais voilà, lisez le ! C’est drôle, décallé, moutonnesque, et très humain.

Et en plus ! Il y a un feuilletoscope avec un mouton qui saute en bas des pages !

Le mouton saute-pages

Comment ça, ma photo est floue ?!

Et, pour ceux qui veulent voir la couverture française :

Addendum : je tiens à remercier Moustache (oui, bon, hein, je garde ton anonymat, hein) pour ses corrections sur mes articles. ^^

The Graveyard Book – Neil Gaiman

The Graveyard Book - Neil Gaiman

Il m'a fallu trois semaines pour capter qu'il y'avait un visage dans la pierre tombale, je suis une flèche !

 

L’homme Jack a une mission, éliminer une famille jusqu’au dernier. Mais le dernier en question, bien qu’il sache à peine marcher, n’est pas de cet avis et va chercher refuge dans le cimetierre situé à côté de la maison ou ses parents et sa soeur ont été tués. Là, il est recueilli par les habitants du lieu, des fantômes et autres créatures surnaturelles. La famille qui décide de s’occuper de lui l’appele Nobody, car il ne ressemble à personne. Nobody jouit de pouvoirs qui lui permettent de rester incognito au cimetierre, et c’est un vampire qui est chargé de lui apporter de la nourriture et tout autres choses du monde des vivants dont il pourrait avoir besoin.

Chaque chapitre du livre est une aventure sans rapport avec les précédentes, et se passe deux ans, à peu près, après le chapitre qui l’a précédé. On rencontre les habitants du lieu, et Bod apprend les rudiments de la vie (et de la mort par la même occasion, forcément), grâce à eux. Bien sûr, il rencontre également des vivants, mais leur univers semble bien étrange par rapport au monde des morts. D’ailleurs, l’univers du livre est assez burtonien, où le monde des morts semble bien plus joyeux que celui des vivants. J’ai eu de nombreuses réminicences des Noces Funèbres pendant la lecture. (Bon, et un personnage m’a fait penser à une prof que j’ai eu à la fac, mais seulement au cause du nom à consonnance d’Europe de l’Est (du coup, ce personnage avait un fort accent dans ma tête -__-)).

L’étrange vie de Nobody Owens en français reste un roman jeunesse, ou les gentils sont gentils, et les méchants, ben, forcément, ils sont méchants. Mais sa force réside dans l’imaginaire de l’auteur, et ça reste une histoire touchante, sur la solitude, la différence, Bod étant vivant parmi les morts, et parmi les vivants, il n’est pas vraiment à sa place non plus, l’apprentissage de la vie, et, même si certains éléments semblent déjà vus (les loups garous, les vampires, les fantômes, et le côté vraiment très burtonien), ou si ça peut sembler simpliste, ça reste une lecture agréable, qui soulève des points importants, qui sont souvent oubliés, même des adultes.

Bon, en fait, cet article, c’est surtout pour introduire une citation qui m’a semblé très juste (et aussi la seule que j’ai réussi a surligner lors de ma première prise en main de ma liseuse…) :

Wherever you go, you take yourself with you.

C’est le troisième livre de Gaiman que je lis, le deuxième qui est qualifié de jeunesse, et celui ci me parait bien moins “glauque” que Coraline, que je ne suis pas sûre que j’aurais bien digéré si je l’avais lu en étant petite.

Et, pour finir, pour illustrer mon propos du style Corpse Bride :

 

 

Sans les mains \o/ – test du Kobo by Fnac -

Kobo By Fnac

Kobo By Fnac

Après avoir affronté la foule en délire dans une Fnac bondée un mois déjà avant Noel, je suis rentrée avec une liseuse, depuis le temps que je tournais autour. D’ailleurs, le plan marketing de la Fnac a bien marché, puisque je suis revenu avec la carte adhérent également…

En ouvrant la petite boite blanche, je découvre la bête endormie, un livre souriant sur son écran. Elle est déjà chargée, il me suffit donc de l’allumer et de voir ce qu’elle a dans le ventre. J’installe tout d’abord le logiciel Kobo, puis, je branche l’animal. Le logiciel télécharge deux livres gratuit sur la mémoire. Un que j’ai déjà lu (et que j’adore, mais que je possède en papier) et un autre dont je n’avais jamais entendu parler. Bref. J’ai d’autres livres qui attendent leur placement sur l’appareil. J’installe un livre, je débranche, je teste, et je remballe la liseuse. Tout marche, pas de soucis, pas besoin d’aller faire un scandale au service client (bon, pas vraiment, même au service client, je reste courtoise et polie, mais bon, hein, c’est pas marrant de devoir y aller, ni pour eux, ni pour nous). Mon cadeau de Noel est prêt. (Oui, j’ai acheté mon propre cadeau de Noel, mes parents qui me l’offrent habitent a 80 km de la Fnac la plus proche, qui, en même temps, est à 10 minutes de chez moi ou de mon lieu de travail. Et puis les trucs fragiles, comme ça, avec l’envoi par la Poste, ça me rend un peu parano, vous avez deja eu des paquets éventrés et rescotchés ? Et des livres neuf écornés ? Voire même des courriers importants qui n’arrivent jamais ? Bref, des fois, je me méfie de la Poste.)

Donc voilà, une semaine d’utilisation de la liseuse, verdict :

Déjà, quand j’ai essayé de mettre de nouveaux fichiers dessus, de la même manière que la première fois, ça ne voulait pas. O_o La liseuse ne les avait pas repérés alors qu’ils étaient bien en .epub. J’ai retenté, en les envoyant sur la mémoire de la liseuse avec le logiciel Calibre, et là, quand j’ai relancé, les livres étaient en double. Donc ceux que j’ai glissé-déposé, puis ceux que Calibre a copié. -__- WTF. Bon, bref, peut être que ça a buggé avec la mise à jour du système d’exploitation. Ca marchait très bien la première fois, sans mise à jour, ça devait être trop d’informations en une fois.

Passons à la lecture. Avec le tactile, veuillez bien a ne pas transpirer des doigts, sinon, ça devient un peu ératique. (C’est peut être comme ça avec tout les objets tactiles, je sais pas, mon téléphone portable a un clavier.) Le chargement des pages est rapide (ou en tout cas, pas plus lent que quand je tourne une page à la main). Le passage à l’écran noir entre les pages perturbe un peu au début, mais on s’y fait vite. La prise de note est facile à utiliser, mais j’ai rencontré quelques problèmes avec le surlignage. J’ignore encore si c’est moi qui suis nulle ou c’est l’appareil qui n’est pas au point. En voulant surligner une phrase dont le premier mot est en fin de ligne, il a commencé à surligner le début de la ligne, ce qu’on peut décaller sans problème, mais en voulant passer à la ligne suivante, il a décidé de surligner tout le haut de la page. donc, en gros, toute la page était surlignée, sauf le passage que je voulais. -___- Bon, on voit encore ce qu’on a voulu mettre en valeur, mais pas de la manière désirée. Ou alors je n’ai pas encore le coup de main, ce qui est très probable aussi. En tout cas, ça marche très bien si le premier mot n’est pas en fin de ligne. Le dictionnaire Merriam-Webster fonctionne très bien aussi, que l’on veuille accéder à la définition, ou à la traduction en français (Je n’ai lu qu’un livre en anglais dessus pour le moment).

L’expérience de lecture est, elle, vraiment agréable, pas de mal de tête, de mal aux yeux, la sensation pour les yeux est vraiment comme celle d’un livre papier. L’absence de rétro-éclairage ne permet pas de lire dans un tunnel en train, mais un vrai livre n’a pas ça non plus. Et le rétro-éclairage fatigue les yeux de toutes façons. L’avantage indéniable, surtout quand on est un lecteur “nerveux” qui ne tient pas en place, on ne perd pas la page quand on change de position. Et le livre tient ouvert tout seul, ce qui est bien pratique quand on lit, par exemple, dans sa salle de sport sur un vélo (ben oui, le vélo d’intérieur, c’est ennuyeux, même le décor ne change pas, faut bien s’occuper l’esprit).

Par ailleurs, si on change le nom du fichier d’affiliation (affiliate.conf) sur la liseuse, on remet la configuration par défaut, c’est à dire que lorsqu’il est éteint, c’est la couverture du livre qui s’affiche, et non pas le logo de la Fnac.

Le Reading Life est un peu gadget, mais marrant pour les amateurs de statistiques, telles que les horaires de lecture les plus fréquent, l’utilisation du dictionnaire, etc. On peut également publier ses bagdes sur Facebook, ça doit marcher, mais je n’ai pas essayé. J’ai désactivé le wifi de toutes manière, comme je n’en ai pas vraiment l’utilité.

Et pour le détail qui ne sert à rien, je l’ai prise en gris argenté, le violet et le bleu faisant un peu trop plastoc à mon goût, et le cadre noir du modèle noir (Cap’tain Obvious) ne semblait un peu dérangeant pour la lecture, un vrai livre papier n’a pas de cadre noir autour du texte non plus, après tout.

Et pour ce premier billet publié en 2012 (il a été écrit encore en 2011 par contre),  je vous souhaite une bonne année, une bonne santé, et que vous réussissiez tout ce que vous entreprenez.

Edit d’entre rédaction et publication : j’ai retenté de surligner à partir du dernier mot d’une ligne, en fait, ça marche, c’est une question de tour de main, visiblement.

Battle Royale – Koushun Takami

Battle royale _ couverture Calmann-Lévy

Battle Royale - Koushun Takami

J’ai vu le film tiré de ce roman en 2008, sans avoir entendu parler du livre. C’est en découvrant qu’il s’agit avant tout d’un roman que j’ai décidé de le lire aussi. (Je l’aurais pas fais si je n’avais pas aimé le film, si on peut dire qu’on a aimé un film pareil o_O). En plus, ma médiathèque l’avais en rayon, ça tombait bien ! (Bizarrement, je ne l’avais pas trouvé dans mes libraires habituelles (mais j’ai pas toujours les yeux en face des trous (je devrais mettre mes lunettes plus souvent))).

Une classe de troisième (on me signale dans l’oreillette qu’en fait, il s’agit d’une classe de Terminale, et que c’est une erreur de traduction…) est choisie au hasard pour participer au Programme, mis en place par la République de Grande Asie, un régime dictatorial, au Japon. Le Programme consite à envoyer cette classe dans un lieu inaccessible (une île, dans ce cas précis, mais par le passé, des prisons désaffectées ont également été utilisées), où les élèves doivent s’entre-tuer. Il ne peut en rester qu’un. (J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce concept quelque part… o_O) Le survivant gagne un autographe du Reichsführer (ben ouais, il gagne le droit de survivre, il veut quoi de plus, hein ? Y’en a qui prendrait la main tendue et le bras avec, hein !). Chaque élève reçoit une arme, sors de l’école sur l’île dans laquelle ils se sont réveillés, à deux minutes d’intervale, et le combat commence.

Les armes sus-nommées sont d’ailleurs parfois très insolites. La mitraillette, le revolver, la faucille, le gilet pare-balles, le boitier de localisation, le couteau de chasse, le fusil, l’arbalète, tout y passe. Même la pauvre et innocente fourchette devient une arme de mort potentielle.

Vous ne regarderez plus jamais vos couverts de la même manière.

On suit presque chaque élève, au moins le temps d’un chapitre, mais on se doute bien que les personnages clés sont Shuya, Noriko et Kawada. Ce sont d’ailleurs les personnages les moins clichés qu’on trouvera.En effet, certains personnages sont si… typiquement manga que c’est difficile d’imaginer des gens semblables en vrai. Par exemple : le mec homosexuel, qui n’est pas seulement gay, mais qui est clairement décrit comme une folle. Il se parle à lui même comme s’il était une femme. Et une femme très superficielle, par ailleurs. Ou bien le fils de famille riche, qui se considère comme au dessus de la moyenne, non par ses capacités, mais simplement du fait de sa naissance. Ou bien la fille complètement allumée (j’ignore toujours si elle se croyait dans un jeu vidéo ou avait une croyance religieuse tordue), qui est persuadée que son dieu extra-terrestre lui a conféré des supers pouvoirs. Ou encore la fille qui, lasse d’avoir été la victime par le passé, décide de devenir le bourreau et manipule ses adversaires (qui, même dans une situation extrême, arrivent encore, pour certains, à penser avec ce qu’ils ont entre les jambes…) grâce à ses atouts physiques. Mais, au vu de l’erreur de traduction (que je viens de découvrir, et que donc, j’ignorais durant ma lecture), certains comportements sont plus facilement compréhensibles pour des élèves majeurs, alors que pour des élèves de 15 ans, le choc culturel me semblait énorme (je vis peut être chez les bisounours, mais dans mon univers, à 15 ans, on ne se prostitue pas, même si on est sur la mauvaise pente).

Néanmoins, les motivations des personnages à participer de façon active au “jeu” sont bien expliquées, et on arrive à comprendre leur comportement (pour la plupart, pour d’autres, j’étais juste contente qu’on en finisse), que ce soit par plaisir, par instinct de survie, par peur… L’ambiance est glauque, et, comme le gouvernement le souhaite, et l’auteur l’a réussi, on ne peut faire confiance à personne, pas même à ses amis. Ce n’est peut être pas une lecture plaisante dans le sens ou l’histoire est agréable, mais en aucun cas, je ne regrette ma lecture.

Certaines scènes sont décrites de manière assez graphique, et ne conviendront pas forcément à un public trop sensible.

Sinon, la bande annonce du film (que je m’en vais regarder dans la soirée) :

Et, pour plus d’informations sur le livre, le film, tout ça, tout ça, j’ai trouvé ce site très complet, en français :

http://echolivres.free.fr/battleroyale/accueil.htm

Victoria, reine et tueuse de démons – E.A. Moorat

Victoria, reine et tueuse de démons

Victoria, reine et tueuse de démons

À une heure avancée de la nuit, alors qu’il contemplait Perkins, son serviteur, en train de manger son chien, Quimby, l’air sombre, se mit à réfléchir aux événements inhabituels survenus dans la soirée.

Ca commence comme ça, et la première phrase est assez représentative du reste. Nous rencontrons Quimby et son serviteur zombifié Perkins (j’ai du relire la première phrase plusieurs fois, elle m’a un peu prise par surprise, faut bien l’avouer), qui se remémorent les évènements de la soirée, qui aurait dû se passer agréablement. Une agression de zombies, de rats, et une photo compromettante plus tard, nous rencontrons aussi l’héroîne du livre, la future reine Victoria, occupée à faire des listes de choses qu’elle aime dans son journal intime. On note donc qu’elle n’aime pas la soupe de tortues ni les perruques (j’ai du chercher sur wikipédia pour comprendre la référence historique…). Le roi se meurt d’un rhume des foins, sa mère somnole dans un coin, et une succube décide de l’attaquer.Le protektorat (non, pas de faute de frappe) protège le royaume des démons, et va intégrer Victoria dans son équipe.

L’histoire est ici revisitée à la sauce gore, les faits historiques sont détournés, des machinations sont inventées par l’auteur. Le rythme est soutenu, et parfois, à l’aide d’ellipses et flashbacks, un peu déroutant. Les démons se limitent à des succubes, des loups-garous et des zombies, et un autre qu’on ne sait pas trop ce que c’est en fin de compte. J’ai mis un moment pour finir ce livre, ça part dans tout les sens, un nouveau personnage à chaque chapitre (bon, c’est pas ça qui m’empêche de me concentrer, hein), mais j’avais l’impression pendant toute ma lecture que c”était sans queue ni tête, peut être que je n’étais pas assez concentrée, mais les zombies, ils sortent d’où ? Que des tas de trucs sont balancés dans l’histoire sans être explicités. C’est une relatation de « faits » sans autre explication. Victoria m’a donné envie de lui foutre des claques, les protekteurs sont des machines à tuer du démon sans psychologie.

Ce livre avait du potentiel, des éléments intérréssants, mais l’auteur n’en a rien fait de bien passionnant. Un peu comme s’il avait fait une liste d’éléments à intégrer et les a mis là ou ça serait éventuellement marrant.

“Je vais écrire un livre, tiens, je m’ennuie en ce moment. Du fantastique, ca me parait bien. Ou bien de l’historique ? J’hésite… Pourquoi ne pas melanger les deux ! C’est l’idée du siècle ! Alors, dedans, je vais mettre :

  • des zombies
  • une créatures à la Frankenstein… Mieux, des zombies façon Frankenstein !
  • des loup-garous, depuis Twilight, ça marche bien, ça
  • des succubes, ça sonne bien, ça, une succube… su–ccu-be… c’est classe
  • Baal, il a un nom cool, lui, on va le mettre aussi, je sais pas ce qu’il fait, mais ça sonne bien.

Arg, Maru, enlève cette souris éventrée de mon clavier, je tente d’écrire un livre !

  • Tiens, des boyaux, ouais, va pour les boyaux, Saw a bien fait un malheur, hein (Merci Maru ! Miaou !)
  • Un fétichiste du pied, ça ajouterait du piquant.”

Enfin voilà, je suis déçue, tant de potentiel gâché. Mais peut être que j’ai placé la barre trop haut. Ca reste une lecture pas trop prise de tête (si on ne se laisse pas embrouiller comme moi par les multiples dates, heures, et lieux) et il y a des moments assez drôles, mais ce n’était pas pour moi.

Et comme un livre similaire est sorti sur Lincoln, la prochain, j’exige que ce soit l’impératrice Sissi qui s’y colle !

Sinon, l’édition est très soignée, et il y a un marque pages détachable du rabat de la couverture (mais ça, c’est l’objet livre, et pas le contenu).

Pour les curieux, on peut lire les deux premiers chapitres sur le site d’Eclipse, en cliquant sur le lien.

Sac D’Os – Stephen King

Ils auraient pu pondre une couverture plus jolie quand même, hein

Ils auraient pu pondre une couverture plus jolie quand même, hein

Le dernier Stephen King que j’ai lu, c’était Rose Madder, et j’étais au lycée. J’ai arrêté de les lire parce que la traduction de celui là en particulier était vraiment mauvaise (je voulais devenir traductrice littéraire à l’époque, ça me faisait mal de voir des idiomes  anglophones non pas adaptés, mais traduits mot à mot). Donc voilà, plus de Stephen King en 8 ans, alors que ses livres m’ont accompagné durant toute mon adolescence. Sac d’Os était un des seuls disponible à la médiathèque que je n’avais pas encore lu, et en plus, comme la mini-série est en production, je me suis dit que c’était le moment.

On rencontre donc Mike (encore un !), vivant à Derry, qui vient d’apprendre le décès brutal de son épouse Johanna. Mike est, comme un certain nombre des héros de King, écrivain (Misery, Shinning) et souffre du blocage typique à la profession depuis la perte de Johanna. Il est également sujet à d’affreux cauchemars ayant lieu dans la maison de vacances qu’il possède, près du lac Dark Score (avec un nom pareil, personnellement, ça me donne pas des masses envie d’y passer mes vacances, hein). Le point culminant de ses rêves le pousse à s’installer à Sara Laughs, cette fameuse demeure, thêatre de ses cauchemars, qui tient son nom d’une chanteuse du début du XXème siècle, Sara Tidwell, qui aura une rôle important dans ce livre. Il rencontre Kyra et Mattie Devory, qui ont quelques problèmes familiaux suite au décès du père de Kyra. Mike découvre des éléments qui lui font croire que Johanna lui cachait quelque chose, et ses cauchemars passés prennent une tournure prophétique.


Le Maine selon S. King

Je dois avouer que, même si j’aime beaucoup les livres de Stephen King, peu d’entre eux m’ont fait peur. A vrai dire, je me souviens seulement vaguement d’une nouvelle parue dans Danse macabre : Celui qui garde le ver qui m’a fait de l’effet. A moins que ce ne soit la couverture hideuse. Par contre, il m’a toujours donné envie de continuer à tourner les pages pour savoir ce qui adviendra des personnages.

Le roman est à la première personne, et ça gâche toujours un peu, pour moi en tout cas, dans ses livres ou ceux d’un autre, le suspense. On sait qu’il va survivre de toutes manière (je vous ai déjà dit qu’Hélène de Troie qui raconte sa mort dans Mémoires d’une Catin, c’est ridicule d’un point de vue logique ?). Il arrive à rendre ses personnages proches de nous grâce au langage, mais il reste toujours une distance. Les larmes me montent aux yeux assez facilement quand je lis, mais là, par contre, rien. Que dalle. Nada. Même pas un reniflement triste lorsqu’un personnage meurt. D’ailleurs, ce personnage est mort depuis depuis deux pages que déjà Mike se dit qu’il a écrit des dizaines de morts semblables dans ses livres, et qu’il s’agit d’une mort facile et pratique pour l’auteur. Ce qui n’est pas un mauvais point, j’aime bien ce genre de clins d’oeil et de recul sur les ficelles utilisées.

L’assassinat est ce que la pornographie produit de pire ; l’assassinat est le “laisse-moi faire ce que je veux” porté à son stade ultime.

D’ailleurs, le titre même du livre Sac D’Os, est un clin d’oeil aux personnages de romans qui ne sont que des sac d’os que l’auteur doit remplir.

En bref, des personnages proches du lecteur et intéressants, mais je ne me suis attachée à aucun d’entre eux, Même si une scène particulièrement cruelle m’a fait grincer des dents.

L’élucidation de l’histoire sur fond de mémoire collective mélée à une histoire de fantômes est fascinante, touchante aussi, et me fait regretter d’avoir ignoré M. King pendant de si longues années alors que nous nous entendions si bien auparavant.

Peut-être croyons nous toujours que ce que nous avons perdu était justement ce qu’il y avait de mieux… ou qui aurait été le meilleur.

Magic Cottage – James Herbert

Magic Cottage - James Herbert

Magic Cottage - James Herbert

Ado, j’adorais les livres qui font flipper, j’adorais Stephen King, je regardais des films d’horreur toute seule dans le noir, et ça ne me faisait rien. Au moins jusqu’à ma majorité. Après, j’ai regressé et j’ai commencé à avoir peur du noir (en fait, non, mais c’est pour l’image, voyez ?). Tout ça pour vous raconter que ça fait un bail que je n’ai plus lu de livre classifié en tant que “terreur”. J’ai emprunté Magic Cottage parce que la couverture était jolie (comment ça, j’ai des goûts de chiottes ?!), et que, comme je venais de terminer Le Trône de Fer, je me disais que peu importe ce que je lis, ça ne me fera pas d’effet après cette lecture.

J’ai donc commencé ce bouquin en ne connaissant pas l’auteur, et ayant à peine survolé la quatrième de couverture.

Mike, un musicien vivant à Londres avec sa copine Midge, illustratrice de livres pour enfants, nous raconte, avec son franc-parler, leur recherche d’une maison à la campagne, et va nous raconter ce qui leur est arrivé dans ce cottage qu’ils ont acheté suite à un coup de cœur.

Tout commence quand Midge découvre cette annonce dans le journal. Une annonce toute simple, mais qui semble être magnétique sur elle. Elle n’a repéré que celle-ci, c’est cette maison là qu’elle veut, et aucune autre ! Peu importe si elle tombe en ruine, si les gens sont bizarres, d’ailleurs, ils deviennent aimables une fois qu’ils savent que le couple va s’installer à Gramarye, ce fameux petit cottage de l’annonce. Ils rencontrent leurs voisins, membres d’une secte appelée les Synergistes, ainsi que le pasteur, qui leur dit de se méfier d’eux. Ils se lient d’amitié avec…un écureuil, et, forcément, sinon, y’aurait pas de quoi en faire un livre, avec les Synergistes. Enfin, surtout Midge, parce que Mike est un peu réticent. L’endroit semble réelement magique, un peu comme les cabanes au fond des bois des Disney, avec les petits animaux, les petites fleurs et tout et tout. Je me suis d’ailleurs représentée Midge comme Blanche Neige.

BLanche Neige

Mike nous raconte tout ça avec beaucoup d’humour, et quelques maladresses, en effet, à plusieurs reprises, il parle de quelque chose, s’arrête, puis dit un truc dans ce genre là : “enfin, vous verrez plus tard, hein, je m’égare ». Oui…. Certes… Parce que même si l’histoire est relativement prenante et même assez flippante par moment (ils se font surveiller par une forme sombre qui disparait aussi vite qu’elle est apparue, puis, vers la fin… Cette forme… fait coucou à Mike… Véridique !), ces égarements et demies ellipses donnent l’impression que le suspens se construit de manière forcée et laborieuse. “Hahaaaaa, il va se passer un truc ! Vous le savez ! Mais je le dit quand même pour les bouchés du fond ! Mais je ne vous le dirais pas avant 50 pages ! Nananère ! Vous avez peur, hein ?!”. C’est d’ailleurs un peu dommage, parce que du coup, on est dans l’expectative que quelque chose se passe, et justement, quand quelque chose se passe enfin, on n’est pas vraiment surpris : “Tenez, je vous l’avais dit ! Bouh !”. On a droit à quelques anecdotes de son travail de musicien de studio, de ses tournées, de ses expériences avec la drogue, à des descriptions de l’endroit, qui semble venir d’une autre dimension. D’ailleurs, lui même compare l’effet de Gramarye sur lui à un trip par moments.

Le lien avec les synergistes donne à penser qu’il s’agit en fait d’un thriller avec machinations et manipulations, mais le fantastique reprend le dessus, tout en laissant le mystère planer sur la nature des événements. Et l’auteur réussit quand même à bâcler la fin. On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé ni pourquoi, et ça tombe bien, Mike non plus.

A Dance with Dragons – George R.R. Martin

A Dance with Dragons - Georges R.R. Martin

A Song of Ice and Fire 5: A Dance with Dragons - Georges R.R. Martin

J’ai sauté dans un train en marche pour la série du Trône de Fer (fallait courir vite, je vous assure), j’ai commencé le premier tome en juillet,  et j’ai terminé le dernier mi-août. J’ai rattrapé mon retard, j’ai devoré tout les livres, et je vais parler du dernier, même si je devrais commencer par la début, parce que ma mémoire a tout melangé, et qu’il est plus frais.

Et puis surtout, une pensée m’a suivie pendant toute ma lecture, et quand j’ai vu cette phrase sur le forum de Westeros.org, j’ai su que je n’étais pas la seule :

Once he separates his consciousness from Nighteyes, Jon will be too busy plotting his revenge on Prince Regal to worry about the Others.

Voila voila. En tant que grande fan de L’Assassin Royal, que j’ai découvert sur le tard aussi, le lien des Stark avec leurs direwolf m’a fortement interpellé. Mais je ne parle pas de plagiait, hein, étant donné que les premiers tomes des deux séries ont été écrites en même temps et publiés la même année.

Sinon, je voulais vous parler du livre lui même. Le début recoupe les évènements du tome précédent, A Feast for Crows. Je ne comprend pas pourquoi Martin a décidé de séparer ses chapitres (qui étaient dejà écrits) par géographie plutôt que par chronologie, comme les tomes précédents.

Du coup, pendant les premiers chapitres, comme certaines choses ont été relatées par un autre personnage du début du livre précédent (que j’avais lu une semaine avant), je ne suis un peu ennuyée. Mais peut être que si on a attendu 6 ans entre ses deux livres comme les fans de la première heure, ce n’est pas choquant.

Attention, spoilers ! Je vais essayer de ne pas en faire trop pour ceux qui n’ont pas encore lu.

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Par exemple voir Jon annoncer à Vère et Sam qu’ils devront aller a Villevieille avec Mestre Aemon, alors qu’on avait vu la même scène du point de vue de Sam au début de A Feast for Crows. Mais ce début, même s’il peut faire doublon avec des évènements dejà connus nous permet de comprendre la facon dont Jon intègre ses nouvelles fonctions, et assimile un des derniers conseils du mestre avant son départ. On le voit passer du stade d’adolescent à celui d’homme accompli qui doit assumer ses choix, bons ou mauvais.

Certains personnages donnent l’impression de stagner pendant presque tout le livre, pendant la majorité des chapitres qui leurs sont dédiés, on a envie de leur donner des baffes en leur disant de se réveiller, et, de, bordel de merde, faire ce qu’ils ont à faire au lieu de fanstamer sur un corsaire à moustache bleue. Car non, Daenaerys n’a toujours pas débarqué à Westeros, on lui en offre même la possibilité et… Elle refuse… Elle préfère semer le chaos et jouer à la reine dans la baie des esclaves… Tout en se pâmant de désir pour un homme plus que discutable. Si jamais elle finit sur le Trône de Fer, elle va semer un bordel monstre, j’vous le dit !

D’autres personnages continuent dans leurs lancées, on suit l’apprentissage d’Arya, qui reste, malgré les règles auxquelles elle doit se plier, une Stark jusqu’au plus profond de son être. Bran, Hodor, Jojen et Meera continuent à s’aventurer au nord du Mur, à la poursuite de la corneille à trois yeux et des Enfants de la Forêt. Pour eux, l’histoire avance, mais à deux livres de la fin, on ne sait toujours pas ou ca va les mener, et comment ca peut bien s’intégrer dans ce jeu des trônes mortel. On découvre d’autres personnages, qu’on appréciait pas forcément au départ, on découvre leurs motivations, on apprend à les apprécier, ou a les hair.

Au lieu de clore certaines énigmes, d’autres naissent. Certaines prophéties donnent l’impression de se réaliser, mais seulement si on se triture le cerveau bien fort (The bleeding star, salt and smoke… To go West, you must go East… When the seas go dry…) Et comme d’habitude, le roman se termine sur un cliffhanger déprimant, surtout si on se rend compte que le livre suivant est à peine commencé et qu’il faudra encore des années avant d’enfin pouvoir le lire.

Fin des spoilers potentiels

En tout cas, A dance with Dragons est un livre introspectif et lent, sans évènement particulièrement marquant, sauf vers la fin, et qui nous laissent sur notre faim (haha !), loin de ceux de Storm of Swords ou A Game of Thrones, mais qui commence à poser les bases du dénouement final, tout en laissant ce dénouement complètement flou et imprévisible. Les personnages ne nous laissent toujours pas indifférents, et la force d’évocation de l’auteur est toujours là. Ce livre m’a un peu donné l’impression d’être l’oeil du cyclone, avant la tornade finale. Et c’est la dernière fois que je parle d’un livre qui est situé en plein milieu d’une saga. x.x

Sur ce, je m’en retourne me ronger les sangs sur le destin des enfants Stark et tenter de warger avec mon chat.

Et un teaser pour la série qui est très réussi :

Edit du 1.09.11 : en bonus, un débat sur GRRM. Est-il sexiste ou, au contraire, féministe, à voir ici :

Sur Tiger Beatdown, GRRM est un pervers pédophile et sexiste. (Ce serait presque crédible si elle ne donnait pas l’impression d’avoir tout lu en diagonale et d’avoir oublié tout ce qui arrive aux hommes dans les livres…)

Réponses  sur ThinkProgress et Boiled Leather.

Brave petit soldat

Mr Mouton : book guardian

Cette fois ci, j’ai décidé de vous parler d’un livre (j’en entends râler, là bas au fond, oui, encore un livre, la prochaine fois, ce sera un dessin, promis) que j’ai aimé, qui n’a pas eu que de bonnes critiques, et que j’ai décidé de défendre. Par contre, comme d’habitude, hein, si vous voulez le lire, revenez quand ce sera fait, ça va spoiler sévère entre temps ici.

En fait, il ne s’agit pas d’un livre, mais de trois (je précise pour les rebelles qui sont là et qui n’ont pas lus, hein, je sais qu’il y en a, ne vous cachez pas, rhooo), écrit par mon auteur préférée, Robin Hobb (d’ailleurs, je vous ai dit que je l’ai vue en vrai ? Et qu’elle m’a dédicacé un livre, hein, hein, hein ? Non ? Bon, ben, maintenant, c’est dit ! ^^). Il ne s’agit ni de L’Assassin Royal, ni des Aventuriers de la Mer, mais du Soldat Chamane. J’ai décidé de défendre ce pauvre Nevare/Jamère qui s’en est pris plein la gueule pendant trois livres et dont le récit a été fortement critiqué. Comme je les ai lus en anglais, j’utiliserais les noms anglais, pas parce que je suis une puriste, mais parce que je ne connais pas les noms français et que j’avais quand même la flemme de chercher. (En fait, c’est plutôt parce qu’Internet est tombé en rade et que, du coup, je ne peux pas chercher, mais le résultat est le même.)

J’adore cet auteur parce que sa manière d’écrire éveille toutes sortes d’émotions, que ses personnages sont humains, bien loin du héros parfait présent si souvent dans la fantasy, qu’aucun de ses protagoniste n’est parfait, sans défaut de caractère et que les univers qu’elle créée sont très complets, et qu’on a l’impression d’avoir encore plein de choses à découvrir en fermant ses livres. En tout cas, même en lisant le dernier tome de chaque saga, j’ai envie de continuer, je n’ai pas envie de quitter les personnages ni les lieux.

Cette saga ci, a, je pense, beaucoup souffert de la comparaison avec ses œuvres précédentes. Alors qu’elle est à mille lieues du Royaume des Anciens, qu’il n’y a pas d’Art, pas de Vif, pas de dragons, pas de navires doués de volonté propre, ni de Prophète Blanc pour mettre tout le monde dans la bonne voie. Nevare n’est pas Fitz, Lisana n’est pas un prophète, et, contrairement au bâtard royal des Six Duchés, Nevare est seul. Seul alors qu’il est deux. Bien sur, il y a des traits communs, après tout, tout sort de l’imagination de la même personne, mais c’est un tort d’espérer un Assassin Royal bis. Bref, tentons d’oublier les Loinvoyants pour le moment, et partons en Gernia, à la rencontre de la cavalla du roi Troven, de la famille Burvelle et des Specks.

Nevare, est le second fils d’un second fils, donc, le fils soldat d’un fils soldat. En Gernia, la situation sociale est déterminée par l’ordre de naissance. Le fils ainé hérite du titre de noble, le second part à la guerre et recouvre sa famille de gloire, quand au troisième, il entre au monastère pour, sans doute, prier que son frère ne meure pas sur le champ de bataille ou ne desserte pas, afin de garder l’honneur de la famille sauf. Le roi Troven a bousculé l’ordre des choses en décidant que les fils soldats de nobles ayant bien combattu contre les Plainspeople ont droit, eux aussi, au titre de noble. Pas seulement par bonté d’âme, mais pour assurer que les nouveaux nobles le soutiennent, face aux anciens nobles de plus en plus puissants. Il a l’ambition d’assimiler les tribus indigènes et de s’approprier leurs terres, afin d’atteindre la mer par l’Est et de commercer avec les peuples situés de ce coté là de la carte.

Nevare, en tant que fils soldat, doit entre à l’académie de la cavalla après son 18ème anniversaire, afin d’y apprendre tout ce qu’un bon gradé doit savoir. Mais avant, il suit son mentor, un sergeant, fort sympathique au demeurant, qui lui apprend la discipline, et qui lui est autant un père que son vrai père. Son vrai père qui décide un jour de mettre Nevare à l’épreuve en le confiant à un Kidona, un indigène vaincu par ses troupes. Nevare devra devenir un Kidona, dépasser ses limites physiques et mentales et vaincre un esprit de la forêt. Forcément, il échoue et une part de lui se retrouve prise en otage par cet esprit. Bien entendu, il ne s’en rend pas compte. S’il y a une chose qui m’a perturbé, c’est que je ne crois pas qu’il se soit rendu compte de la perte d’une partie de lui même ce jour là.

Vous l’aurez peut être compris, Le Soldat Chamane, contrairement à la fantasy « traditionnelle », ne se passe pas dans un monde médiéval européen, mais dans un monde semblable au Nouveau Monde, à la découverte d’un nouveau continent, et, aussi, au traitement des amérindiens. Les Plainspeople sont placés dans des barraques insalubres, les gerniens leur imposent leurs croyances de force, et les gerniens qui ont eu le mauvais goût de s’accoquiner avec ces sauvages sont considérés comme marginaux. Pourtant, tout au fil de la saga, les hommes de Gernia ont l’air d’avoir une certaine fascination pour ces femmes exotiques et tachetées (les Specks sont appelés les Specks à cause de leurs tâches, zébrures, motifs de peau).

Donc voilà, Nevare fête ses 18 ans, changé sans le savoir par sa rencontre avec Dewara, la sorcier Kidona, et part à l’académie, vers son glorieux futur tout tracé. Sauf que l’académie n’est pas la colonie de vacances imaginée, bien sûr, il savait qu’il devrait travailler dur, mais il ne s’attendait pas un rejet catégorique de lui et de ses camarades fils de soldats anoblits par les fils de nobles, Qui les considèrent comme des moins que rien. Alors qu’en y réfléchissant, ceux-ci semblent oublier qu’eux non plus n’auront pas de titres, le titre de noble revient au premier né, alors qu’eux auront le droit de servir de chair à canon pour l’honneur de leur patronyme. Leurs fils seront bizutés comme eux ont bizutés ces nouveaux nobles.

Les peuples nomades de ces livres ont une culture et une mythologie à part, non seulement de celle de Gernia, mais aussi entre eux. Le seul point commun est que le fer, matériau présent dans toutes les créations gerniennes, annule leurs magies et inflige une grande souffrance physique aux mages lorsqu’ils sont seulement en sa présence. Ses mages, pour utiliser cette magie, doivent la stocker en mangeant de la nourriture spécifique. Plus ils sont gros, plus ils sont puissants et reconnus. Ce qui est bien contraire à la vision gernienne de choses, pour qui le surpoids est synonyme de gloutonnerie et de paresse. A leur mort, les mages sont donnés à un arbre qu’ils ont choisis des années auparavant, qui les avale, et leur permet de rester vivant et de pouvoir communiquer leur sagesse avec les mages des générations suivantes. On retrouve cette image de l’arbre plus ancien que les hommes, révélateur des sagesses accumulées pendant des siècles dans nombre de légendes et mythologies, qu’il s’agisse des arbres sacrés des druides celtes ou des arbres sacrés présent dans les légendes amérindiennes.

Grand mère Feuillage

Esprit de l'arbre, es-tu là ?

Cette adoration des arbres fait l’objet de querelles et des guerres entre les peuples “sauvages” et les gerniens. Mais ce n’est pas la seule source de conflit et d’incompréhension. La magie est rejetée par les gerniens, qui, même s’ils en voient les effets, sont persuadés qu’il s’agit de superstitions et qu’une fois ses peuples intégrés à leur culture, ils abandonneront leurs croyances. Le parallèle avec l’histoire des Etats-Unis n’est pas à faire, je pense que tout le monde l’aura compris. Le peuple des Specks et celui de Gernia ne se comprennent pas, pas même sur les conditions de leur querelles, ce qui est une simple épidémie pour les uns est une forme de guerre bactériologique accordée par la magie pour les autres (la bactérie tueuse venait de faire ses premières pages dans les journaux quand j’ai lu les passages sur l’épidémie de peste ravageant l’académie puis Widevale, la ville d’origine de Nevare). On peut même considérer cet aspect comme l’inverse du fait histoire, étant donné que de nombreux amérindiens sont morts suite à des épidémies de maladies apportées par les européens contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés. Les Specks ont aussi des trains communs avec les Maoris, en effet, leurs marques ne sont pas naturelles comme le porte à penser le début des descriptions qu’en fait Nevare, mais sont une marque d’appartenance à une même famille, qui sont faites dès le plus jeune âge, à l’aide de cristaux et de boue. Et comment ignorer la danse de peur, semblable par le principe aux danses rituelles, présentes en Océanie, en Afrique, en Amérique, et même, croyez le ou nom, en Europe, au début du Christianisme, il y avait des danses rituelles aussi, mais qui m’a surtout fait penser à un rituel vaudou, de part l’expression des protagonistes et de la transe dans laquelle ils semblent être (après, le seul truc vaudou que j’ai vu, ça vient d’un vieux James Bond, hein).

Retournons chez Nevare et les gerniens. Nevare est un héros tragique qui lutte jusqu’au bout contre ce destin qu’il n’a pas voulu, qui le détourne du destin qu’il espérait avoir, et dont il ne maitrise rien. Il est déchiré par Lisana, l’esprit de l’arbre contre lequel il a lutté sous les ordres de Dewara, qui détache un morceau de lui qui restera avec elle et deviendra un mage, contrairement au morceau qui reste ancré dans son corps, qui remplit toutes les espoirs que son père a nourri pour lui et cherche à remplir tout les rêves qui l’ont bercé. Quand enfin, il retrouve ce pan de lui devenu mage, il le rejette, il deviendra une entité à part luttant contre le destin infligé par la magie et par Lisana. Il est condamné à devenir celui qui trahira sa patrie et sa famille, afin de sauver ce peuple dont il ignore tout et qui est menacé par l’avancé vers l’Est commanditée par ce roi auquel il a juré fidelité. Nevare souffre de sa dualité, de ces deux destins qu’il doit remplir, l’un au détriment de l’autre, et est déchiré par la trahison inéluctable de sa patrie et par ce qu’il adviendra des nomades s’il échoue. De plus, une fois les deux entités que sont Nevare et Soldier’s boy réunies dans un même corps, Nevare deviendra un contenant à magie, un homme énorme, rejeté par les siens à cause de son poids, et adoré par les Specks pour les mêmes raisons. Renié par son père, rejeté par sa promise, renvoyé de l’académie, il tentera malgré tout de devenir heureux, par lui même, dans sa dualité, avec sa magie. Mais la magie a des plans, Nevare est son instrument, il n’a pas le droit au bonheur tant que le destin prévu pour lui ne sera pas accompli. Le sort s’acharne contre lui et il manque de mourir trois fois. D’ailleurs, deux fois sur trois, il est réellement mort pour revenir ensuite.

Ce qui nous amène à un étrange personnage qui apparait peu, mais qui a un rôle décisif. Le dieu corbeau de la mort et l’équilibre. Orandula réclame à Nevare son dû. Une mort, ou une vie, pour compenser l’offrande qui lui avait faite que Nevare lui a reprise sans se douter des conséquences que cela impliquerait. Lorsqu’Orandula passe à l’action, il devient réellement le dieu de l’équilibre et est bien plus qu’un oiseau de malheur qui dépouille les charognes. (Je n’en dis pas plus, au cas où des gens auraient lu jusqu’ici sans avoir lu les livres, hein).

Il y a aussi des parallèles évidents entre le XIX siècle aux Etats-Unis et Gernia. La ville ou Nevare passe sa dernière année avant de rejoindre la forêt se nomme Gettys. Gettysburg est le lieu ou une bataille capitale de la guerre de Sécession s’est déroulée. La sœur de Nevare provoque une ruée vers l’or, qui dirige tous le monde vers… l’Ouest. Quand à la reine férue de spiritisme, eh bien, sachez que les premières séances de spiritisme à base de tables tournantes ont eu lieu en 1848 aux Etats-Unis, avant que la mode ne survienne en Europe, et plus précisément en France en 1853.

Gernia

Gernia - clic pour format original

Les critiques concernaient les longueurs du récit, mais chaque élément est nécessaire au développement de l’intrigue, des personnages.