La Chanson du Vendredi #28

 

Penny Dreadful – Saison 1

Penny Dreadful Affiche Sembene

Eva Green ? Pft, les autres personnages aussi ont le droit de cité

Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

featherLes Penny Dreadful, au 19ème siècle, étaient des fascicules reproduisant des feuilletons macabres sur plusieurs semaines, imprimé sur un papier de mauvaise qualité, destinés à un public masculin jeune issu d’un milieu populaire, ce qui en fait l’ancêtre des pulps qui ont contribués à rendre des auteurs désormais cultes célèbres. Des Penny Dreaful, aucun auteur n’a réussi à faire retenir son nom jusqu’a notre époque. Mais certains personnages sont entrés dans l’imaginaire collectif, comme Sweeney Todd.

La série de Showtime, elle, ne se base pas vraiment sur ces récits populaires, mais plutôt sur les classiques de la littérature gothique et fantastique de l’époque. On peut y retrouver le mythe du loup-garou et du vampire, et on y rencontre même de manière récurrente des personnages de cette littérature. Frankenstein et sa créature, Dorian Gray, Mina Harker, le professeur Van Helsing… Vu comme ça, on pourrait penser soit à une fan-fiction à gros budget, soit à une nouvelle version de la Ligue des Gentleman Extraordinaires. Pour ce dernier élément, je ne me prononcerai pas, je me suis endormie devant ce film. Pour l’hypothèse de la fan-fiction, le Dorian Gray séducteur et chaud-lapin affublé d’une coiffure de playmobil me laisse perplexe.

Mais revenons à ces personnages, Vanessa Ives (Eva Green) est une création originale pour la série, et les liens qu’elle a tissés dans son enfance avec Mina Harker (encore Murray à l’époque) sont donc une nouveauté, tout comme le passé de Mina, fiancée, puis doublement trompée, fille d’un explorateur colonialiste, interprété par Timothy Dalton. Son père, Malcolm Murray, cherche à tout prix à la délivrer de l’emprise sous laquelle elle se trouve, avec l’aide de Vanessa, d’Ethan Chandler, Yankee de son état, poursuivi par son passé outre-Atlantique, Victor Frankenstein, médecin légiste aux expériences douteuses qui ne cesse de citer Mary Shelley (admirez la mise en abyme !), et Sembene, majordome du Sieur Murray, au passé soi-disant inexistant, ramené d’une expédition en Afrique.

Vanessa Yves, autour de qui tournent beaucoup, si ce n’est la majorité des épisodes, est une jeune femme dotée d’un étrange pouvoir, qui est montré à la fois comme un don divin et une punition à laquelle elle ne peut échapper. Ce personnage ayant grandi avec une éducation catholique assez stricte, on pourra dire que cela va de soi, la souffrance terrestre représentant une vertu qui pourrait la placer au rang de martyre. Elle est pourtant, avec l’autre personnage féminin de la série, interprété par Billie Piper, bien différente de la femme soumise de l’époque.

Malcolm Murray, lui, représente le colonialisme impérialiste de l’époque, avec tout ce qui en découle, racisme, violence, mort, etc, ce qui lui a demandé des sacrifices qu’il ne s’avoue pas regretter.

D’autres personnages, qu’il s’agisse de créations originales ou de monuments de la littérature, ont une ampleur moindre – pour le moment – mais leur psychologie n’en est pas moins développée. On notera la complexité de Caliban, qui fait une entrée en scène plus que fracassante, et qui peut inspirer autant la haine et le dégout que la pitié voire un semblant d’affection.

L’image est, quand à elle, soignée, elle retranscrit parfaitement l’image qu’on pouvait se faire d’un Londres victorien sale et violent, mais aussi des loisirs des plus riches, à base de séances de spiritisme, très prisées à l’époque, d’orientalisme colonialiste et de bars à absinthe enfumés. L’atmosphère est souvent lourde, pesante et glauque, les scènes récurrentes de possession assez impressionnantes, l’alchimie entre les personnages suinte de l’écran.

Je regretterai simplement que la saison 1 n’aie comporté que 8 épisodes, que le destin de certains personnages était prévisible depuis le début, et que le dénouement final m’a semblé expéditif. Le cliffhanger de la fin est également un peu facile et réchauffé.

J’espère que la saison 2 laissera un peu plus de place pour la surprise, que les personnages laissés un peu en plan aient enfin l’occasion d’être mis en avant, et que l’intrigue qui sera au centre de la saison sera close de manière moins rapide.

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Pour conclure, une série prometteuse, malgré une fin un peu vite expédiée.

Chair et Tendre – Amelith Deslandes

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Amelith Deslandes Editions : La Madolière ISBN : 978-2-917454-04-6 Pour le nombre de pages, je l’ai en ebook, et Google refuse de me cracher la réponse pour le papier.

Amelith Deslandes est un artiste de l’ambiance, il sait comme nul autre engluer son lecteur dans l’univers glauque et déroutant de ses nouvelles fantastiques. D’Anvers à Venise en passant par la Venelle fantôme, découvrez le brûlant de la Maison-Tranchoir ou les labyrinthes qui se cachent dans l’âme humaine.

Lorsqu’on m’a fait parvenir ce livre, on m’avait prévenu. Ce serai une lecture dérangeante (comme toutes celles qu’on m’a envoyées en même temps, et que je n’ai pas encore eu les tripes de lire et de chroniquer… heureusement, Halloween approche). Un peu comme ces avertissements que j’aime à ignorer pour m’en mordre les doigts plus tard.

Parce que comme je l’ai déjà mentionné – ou radoté -, ce qui ne m’aurait pas fait sourciller il y a encore 5 ans peut maintenant me donner des cauchemars. Faut pas vieillir, j’vous le dit.

Enfin, donner des cauchemars, j’exagère. Ça ne m’est arrivé qu’une seule fois, il y a deux ans et demi, et je n’ai pas touché à cet ebook depuis. Il stagne à 15 % depuis. Alors que j’ai tenté de lui redonner une chance. Pour m’arrêter à ce chapitre anxiogène, me souvenant pourquoi j’avais lâchement abandonné.

Ici, j’ai persévéré (bien que le sujet de la première nouvelle aie bien failli avoir raison de moi). En me demandant parfois quel était le fuck de ce truc. J’avoue même ne pas avoir totalement saisi s’il s’agissait de nouvelles ou d’un seul et même roman à la forme décousue.

En effet, au début, le tout apparaît comme des nouvelles, n’ayant pas grand rapport les unes avec les autres, jusqu’à ce que différents éléments ou personnages commencent à les relier entre elles, pour former une mosaïque glauque à base de morceaux de chair en décomposition.

En ce qui concerne les nouvelles prises à part, certaines m’ont un peu prises au dépourvu, étant donné le langage utilisé, parfois assez châtié voire pédant (oui, bon, hein, selon mes critères de poissonnière), pour des décrire des horreurs sans nom. Sauf que. Utiliser un langage du même niveau que ce qui était décrit aurait en fait été le comble du vulgaire, du glauque, et aurait approché le tout d’un slasher avec hillbillys consanguins qui trucident des ados bourrés, alors qu’en fait, cette maitrise de la langue rend le tout plus fascinant, à la manière du Silence des Agneaux. C’est en fait un procédé ingénieux qui magnifie l’indicible.

Les sujets sont variés, allant de l’obsession du paraître à la fatalité génétique. Les influences que j’ai pu ou cru déceler, elles, vont de L’île du docteur Moreau à Hellraiser pour la Maison-tranchoîr.

Au fond, peu importe qu’il s’agisse de nouvelles ayant un rapport lointain entre elles, ou un roman à la forme étrange, l’ensemble forme malgré tout un ensemble assez homogène, de qualité, mais dérangeant. Il m’a bien fallu trois mois pour pondre cet article. Et deux lectures. Et je ne suis toujours pas sûre de l’avoir complètement digéré…

Mentions spéciales aux nouvelles Bonne Nuit Les Nuits Captives, Mutilations mondaines et surtout La Maison-Tranchoir, qui continue de m’obséder.

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Pour les curieux, les éditions La Madolière proposent des extraits à la lecture, que vous pourrez trouver sur le blog du recueil.

La Chanson du Vendredi #27

Vous l’entendez aussi, le potentiel Eurovision ?

Top Ten Tuesday #13

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 livres à lire cet automne (Votre PAL pour cet automne)
  • Beauté Fatale, Mona Chollet. C’est seulement la deuxième fois que je le place dans une PaL pour un instant T. Aller, on y croit !
  • Le Prince Bâtard, Robin Hobb.
  • Fool’s Assasin, Robin Hobb.
  • Wilde Reise durch die Nacht, Walter Moers.
  • La Longue Terre. Terry Pratchett, et Stephen Baxter.
  • Servir Froid, Joe Abercrombie.
  • Terminer Anna Karénine (comment ça, ça compte pas ?!)
  • Do Androids Dreams of Electric Sheep?, Philip K. Dick.
  • Et quelques ebooks : Folies, des Artistes Fous, entre autres.
  • Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski.

Buycott : l’argent comme bulletin de vote

Ce sujet me trotte dans la tête depuis un moment, mais je n’ai jamais su comment le tourner. Mais ce problème de forme est désormais résolu. Vous avez dû en entendre parler, de cette application qui permet d’acheter de manière conscience et responsable. Buycott, que ça s’appelle. Parce que boycotter les marques qui ne respectent pas certaines valeurs éthiques à cause du dieu nommé Argent reste le moyen le plus efficace pour tenter de changer, un peu, à notre échelle, le monde dans lequel nous vivons.

Je vous rappelle ici le boycott de Coca Cola qui a eu lieu en Espagne suite à un plan social, mesure qui a su montrer son efficacité : ESPAGNE Le boycott de Coca-Cola a fonctionné

Donc voilà, boycotter les marques pas gentilles, ça semble efficace, sauf que, nous, consommateurs, comment pouvons-nous faire pour voir quel empire agro-alimentaire tente de nous empoisonner ? Quelle grand créateur utilise de la peau de renard arctique pour faire ses manteaux ? Quel grand PDG a apporté son soutien pour que le loi pour un salaire égal homme/femme ne passe pas ? Quel enseigne utilise de la main d’œuvre infantile (toutes ou presque, ne nous leurrons pas) ?

Alors certes, on ne pourra jamais éviter toutes ces marques, on ne pourra jamais être totalement irréprochable. Parce que merde, ce petit haut de chez H&M est trop mignon et pas cher, et que EKYOG, c’est pas dans mon budget et c’est pas mon style non plus et que l’odeur d’encens qui flotte chez Korogo me donne la migraine. Et aussi parce que notre pouvoir d’achat étant ce qu’il est, acheter de la malbouffe est bien plus abordable pour le portefeuille que de faire ses courses au supermarché bio (déjà, il n’y en a pas partout, et surtout, souvent, c’est bien plus cher qu’a Lidl, OUI, manger sain et s’habiller éthiquement, ça reste encore réservé à des privilégiés). Mais honnêtement, ça ne coûte rien d’essayer, de voir si oui, changer quelques unes de nos habitudes de consommation est jouable.

Tout ce blabla décousu, donc, pour vous présenter (si c’est pas déjà fait) Buycott, une application GRATUITE et disponible pour Android et Iphone, qui vous permet de scanner vos produits, et de voir si la marque entre en conflit avec certaines, toutes ou aucune (ça arrive) de vos éthiques personnelles.

Tuto pour les nul/Les (oui, parce que moi, j’ai pas compris tout de suite où rentrer ses critères, du coup, scanner du Nestlé et voir qu’il n’y avait pas de souci, ça m’a semblé bizarre) :

Première étape, on choisit la catégorie de « campagnes » qu’on souhaite rejoindre :

photo 2   Ensuite, on sélectionne sa, ou ses campagnes :

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Après avoir consulté la liste de campagnes sur le sujet, on peut choisir de les rejoindre (ou pas, comme ce sont des utilisateurs qui les entrent, certaines peuvent, justement, être à l’opposé total de vos idéaux à vous) :

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Et enfin, on peut commencer à scanner :

 

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Soit Erstein n’est pas assez connu, soit ils ont tout bon pour ma part, j’hésite

Je l'ai tellement avoidé que je l'ai scanné après avoir mangé la moitié du paquet

J’ai tellement évité ce produit que je l’ai scanné après avoir mangé la moitié du paquet

photo 3(1)

Les campagnes auxquelles j’ai adhéré mais auxquelles Nestlé n’adhère pas

Autres campagnes auxquelles Nestlé n'adhère pas

Autres campagnes auxquelles Nestlé n’adhère pas

Et encore

Et encore.

Alors certes, ça prend du temps, certes, à la fin, on ressort avec juste de la salade et du sucre Erstein, mais au fond, ouvrir les yeux ne peut pas faire de mal.

The Name of the Wind – Patrick Rothfuss

Le Nom du Vent

Patrick Rothfuss

The Kingkiller Chronicle: Day One
Editions : Orionbooks
ISBN : 978-1-4072-3472-4
661 pages

I have stolen princesses back from sleeping barrow kings. I burned down the twon of Trebon. I have spent the night with Felurian and left with both my sanity and my life. I was expelled from the University at a younger age than most people are allowed in. I tread paths by moonlight that others fear to speak of during day. I have talked to Gods, loved women, and written songs that make the minstrels weep.
My name is Kvothe. You may have heard of me.

C’est une période prolifique en coup de coeurs en ce moment. Il est temps pour moi de lire une bouse infâme pour rééquilibrer l’univers. Mais ce livre là, il n’y contribuera pas.

J’ai lu et entendu énormément de bien de ce livre avant de le commencer. Sauf que mes expériences passées avec les livres encensés de tout bord m’ont refroidie. Est-ce que celui là saura être à la hauteur de mes attentes ?  Ce n’est pas l’introduction qui m’a rassuré. Cette introduction est en fait une lettre adressée à l’auteur par Stephen Deas, un autre auteur de fantasy, qui avouait avoir été jaloux de Rothfuss à cause de l’enthousiasme de son épouse pour ce livre. Pour finalement le lire, et admettre que oui, honnêtement « it is that damn good ». Autant vous dire, la barre était haute, très haute. Peut-être plus que toutes les autres barres que j’ai placées pour d’autres livres.

Pour paraphraser Stephen Deas, oui, c’est vraiment aussi bien qu’on le dit.

Le Nom du Vent prend la forme d’un récit oral, qui fait office de mémoires qui tentent de rétablir la vérité au sujet de ce Kvothe, ce tueur du roi, autour duquel tournent énormément d’histoires et de légendes. Il prend également la forme d’un roman initiatique, qui suit le cheminement de cet enfant doué et vif d’esprit, jusqu’à cet homme mystérieux qu’il est aujourd’hui, en passant par une adolescence bercée par les rêves de vengeance. Les mémoires sont entrecoupées de scènes dans l’auberge ou est hébergé le scribe réceptacle de l’histoire.

Le rythme du récit est rapide, le personnage, tout comme le lecteur, a à peine le temps de souffler qu’une autre aventure/mésaventure débute, que les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas forcément.

Les personnages sont certes les mêmes que dans beaucoup de romans de fantasy : le héros qui a tout à apprendre, le vieux sage, les amis marrant, la jolie et mystérieuse jeune fille et l’antagoniste à qui ont foutrait bien des claques en aller-retour. Le fait que Kvothe apparraise doué en tout pourrait presque le faire passer pour une Mary-Sue, mais cet écueil là est évité parce que contrairement au personnage Mary-Sue-esque, tout le monde n’entre pas en pâmoison au moindre de ses faits et gestes, et qu’il semble bien maladroit dans ses actes, et surtout dans ses contacts avec les autres. Mais la force du Nom du Vent réside surtout dans l’écriture. Je ne saurais jurer qu’il en est de même pour la version française (ce qui serait dommage si ce n’est pas le cas). L’écriture est travaillée, réfléchie, poétique et mélodieuse (si on peut appeler une écriture mélodieuse). La narration est d’abord externe, puis va et vient entre ce point de vue externe et le récit à la première personne de Kvothe, qui, comme mentionné sur la quatrième de couverture, a écrit des chansons à faire pleurer les ménestrels, autant dire que pour cette partie là, Patrick Rothfuss avait intérêt à assurer. Et cette mission est, à mon sens, accomplie.

De plus, lors de mes recherches sur l’auteur, j’ai vu qu’il était actif dans un association féministe, engagement politique qui se ressent dans son écriture, avec des personnages féminins forts et indépendants, même si assez peu présents dans ce premier tome. Le Jour Deuxième saura peut-être les mettre plus en lumière.

J’ai néanmoins pu noter quelques incohérences au niveau du contenu, et quelques coquilles au niveau de mon édition. Malgré ces détails, je reste fidèle à ce que j’ai dit dans mon TTT dernier, le tome suivant rejoindra bientôt ma bibliothèque, et mon appréciation n’a *presque* pas été ternie par ces détails (même si une relecture plus précise serait appréciable, il s’agit d’un livre publié et encensé, pas d’un skyblog).

 

 

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La Chanson du Vendredi #26

En attendant la sortie de Pure Heavy, patientons avec un extrait de Youngblood :

 

The Ocean at the End of the Lane – Neil Gaiman

The Ocean at the End of the Lane - Neil Gaiman

Neil Gaiman
Editions : Harper Fiction
ISBN : 978-0-06-232513-6
181 pages

 

A middle-aged man returns to his childhood home to attend a funeral. Although the house he lived in is long gone, he is drawn to the farm at the end of the road, where, when he was seven, he encountered a most remarkable girl, Lettie Hempstock, and her mother and grandmother. He hasn’t thought of Lettie in decades, and yet, as he sits by the pond (a pond that she’d claimed was an ocean) behind the ramshackle old farmhouse where she once lived, the unremembered past comes flooding back. And it is a past too strange, too frightening, too dangerous to have happened to anyone, let alone a small boy.
A groundbreaking work as delicate as a buttefly’s wing and as menacing as a knife in the dark, The Ocean at the end of the Lane is told with a rare understanding of all that makes us human, and shows the power of stories to reveal and shelter us from the darkness inside and out.

Neil Gaiman est un de ces auteurs qui sait me convaincre à chaque fois. Si The Ocean at the End of the Lane ne me tentait pas des masses lors de sa sortie, parce que pas envie de lire sur ce thème là, parce que ci, parce que ça, c’est pourtant sans hésiter une seule seconde que j’ai fini à la caisse de ma librairie préférée quand je l’ai vu en poche. Il était petit, il était si mignon, il était bleu, et surtout, il y avait écrit Neil Gaiman en grand dessus.

Ce court roman reprend les thèmes récurrents dans l’œuvre de Neil Gaiman : la possibilité d’un envers du décor, d’un monde du dessous complexe et recherché, qui cherche a se mêler au monde ordinaire ; celui du mal présent dans cette autre monde qui se travestit afin de parvenir à ses fins ou à accéder au pouvoir dans le notre, comme dans Coraline avec l’autre mère, ou dans Neverwhere avec Mr Croup et Vandemar ; mais aussi celui de l’enfance, naïve et innocente, qui perçoit des choses qui échappent à nos yeux d’adultes ; il aborde également des thèmes plus difficile comme le deuil, le sacrifice et les problèmes conjugaux, toujours du point de vue candide d’un enfant de 7 ans.

Il réutilise également le folklore et le néopaganisme pour créer son clan Hempstock, rassemblant les archétypes de la triple déesse – la vierge, la mère et l’ancienne (lien an anglais) (archétypes également présents chez son comparse Terry Pratchett, avec Esme Weatherwax, Nanny Ogg et Magrat) – symbolisant les phases de la vie, mais aussi celles de la lune, astre ayant également une place prépondérante dans ce livre.

On pourrait reprocher à The Ocean at the End of the Lane de réutiliser les mêmes thèmes, et à l’auteur de s’auto-pomper. Mais les thèmes, mêmes s’ils peuvent être considérés redondants, sont traités de manière différente à chaque fois, avec toujours autant de délicatesse, d’intelligence et de discernement.

The Ocean at the End of the Lane fait désormais partie de ces livres que j’aimerais pouvoir lire pour la première fois de manière infinie.

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Grown-ups don’t look like grown-ups on the inside either. Outside, they’re big and thoughtless and they always know what they’re doing. Inside, they look just like they always have. Like they did when they were your age. The truth is, there aren’t any grown-ups. Not one, in the whole wide world.

Et j’avoue que bêtement, sans ce statut Facebook, cet article n’aurait peut être jamais été rédigé.

Top Ten Tuesday #12

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 auteurs dont vous n’avez lu qu’un seul livre mais aimeriez en lire d’autres

 

  • Patrick Rothfuss. A vrai dire, je n’ai même pas encore terminé le premier livre de lui que j’ai lu, mais vu mon enthousiasme actuel pour cette lecture, la suite ne tardera pas à rejoindre mes étagères déjà surchargées.
  • Arthur C. Clarke
  • Roger Zelazny
  • Mikhail Boulgakov
  • Ayerdhal
  • Glen cook
  • Noah Gordon
  • David Foster Wallace
  • Peter S. Beagle (La dernière Licorne était mon rituel de Noêl annuel enfant, il est temps que je lise le livre.)
  • Leonie Swann. Je veux connaitre la suite de Glennkill.

Ceci était à la fois mon Top Ten le plus facile, et le plus compliquée. SI j’avais pu, j’en aurais encore ajouté une dizaine. Alors que d’habitude, trouver 10 points se révèle ardu.