La Chanson du Vendredi #33

 

Top Ten Tuesday #15

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 suites de séries que vous attendez impatiemment

Cette fois ci un jeudi, et comme souvent, il n’y en aura pas 10, parce que j’ai terminé beaucoup de séries déjà, que pour certaines entamées, la suite se trouve déjà dans ma PAL, ou encore que je ne suis pas encore assez prêt de la dernière publication en date pour me languir du prochain à sortir, et aussi parce que je lis pas mal de one-shots.

Mais ça n’empêche pas qu’il y ait des séries dont j’ai hâte d’avoir la suite entre mes mains, et la plupart de ces séries là, je les ai déjà mentionnées au moins 5 fois chacune. (Un jour, peut être, je compterais les occurrences les plus fréquentes dans mes Top Ten, parce que j’ai l’impression de tourner en rond).

S’il y en d’autres auxquelles je n’ai pas pensé, c’est qu’au fond, je n’ai pas si hâte que ça, même si ça me fera plaisir de les lire.

Wilde Reise durch die Nacht – Walter Moers

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Walter Moers
Editions : Goldmann
ISBN : 978-3442452910
224 pages

Non traduit en français (pour le moment)
Wild Ride through the Night

 

Der junge Gustave möchte unbedingt ein großer Zeichner werden. Aber zuvor muss er in einer einzigen Nacht von der Erde zum Mond und einmal quer durchs Universum reisen, denn er hat eine Wette mit dem Tod abgeschlossen, bei der es um nichts Geringeres als sein Leben und seine Seele geht. Moers illustrierte Gustaves fantastische Reise anhand von 21 beeindruckenden Bildern aus dem Werk von Gustave Doré, dem erfolgreichsten Zeichner des 19. Jahrhunderts.

Aaaah, Walter Moers ! C’est seulement la combientième fois que j’en parle ? Bien trop souvent, non ? Je vous rassure, c’est le dernier pour un moment. Au moins jusqu’à la sortie du Château des livres qui rêvent, courant 2015.

Exceptionnellement, il ne nous emmène pas en Zamonie. Cette fois-ci, nous restons bien sagement en Europe. En France. En Alsace. A Strasbourg, plus précisément. On se retrouve dans la peau de quelqu’un que nous connaissons tous, et qui a signé toutes les illustrations de ce livre. Car, comme tous les livres de Walter Moers, Wilde Reise durch die Nacht (qu’on pourrait traduire par Chevauchée Sauvage à travers la Nuit) est illustré. Pas par l’auteur, mais par Gustave Doré (mais si, vous connaissez ! Les fables de la Fontaine et les contes de Perrault ? La déco des trams de la CTS ce printemps ?).

L’auteur a pris le parti de sélectionner 21 gravures de Gustave Doré, piochées dans toute son œuvre, qu’il s’agisse de la Bible, de Don Quichotte, de The Raven, d’Edgar Allan Poe, ou de Paradise Lost de Milton, et d’écrire une histoire qui rendrait ses gravures cohérentes entre elles, tout en rendant hommage à d’autres œuvres de la littérature. Exprimé comme ça, le projet semble ambitieux.

Nous retrouvons donc Gustave, 12 ans, capitaine d’un navire en proie a un tempête. Afin d’échapper à la Mort, il conclut un marché avec elle. Il devra relever six défis avant la fin de la nuit, tel un Hercule prépubère, sans quoi son âme sera confinée dans un minuscule cercueil, puis jeté dans le feu du Soleil, parce que sans Soleil, pas de vie, sans vie, pas d’âmes, sans âmes, pas de Soleil, tel est le cycle de la… oups. Ces six tâches lui sont données par la Mort et sa sœur, Dementia, qu’il retrouvera tout au long de son périple.

Bien entendu, la Mort lui envoie des serviteurs qui devront aider Gustave. Il se retrouve donc, tel Don Quichotte, à parcourir le monde, à tenter de sauver d’innocentes vierges des griffes de dragons sanguinaires, à moins que ce ne soit l’inverse, à traverser une forêt de démons fêtards, à parcourir l’espace avec le plus monstrueux des monstres, pour enfin terminer sur la lune.

Comme d’habitude, les situations sont souvent loufoques, toujours pleines d’imagination, et comme peuvent l’être les aventures du dragon écrivain Hildegunst Taillemythes, un très bel hommage à la littérature et à Gustave Doré qui, semble-t’il, avait sombré dans l’oubli de l’autre coté du Rhin, et à qui Walter Moers voulait rendre ses lettres de noblesse.

Néanmoins, le dénouement est plus que prévisible et certains rebondissements un peu poussifs. On se doute de la fin dès les premières lignes, et les évènements parfois trop forcés pour coller exactement à l’illustration selectionnée.

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C’était une lecture agréable, pas du niveau de la Cité des livres qui Rêvent, mais on mettra ça sur le compte qu’il s’agit de son premier roman, ayant surtout œuvré pour la télé (l’Ours Bleu), et en tant qu’auteur de BD (Le Petit Emmerdeur, Adolf), et aussi qu’il n’a pas illustré lui même et qu’il a du faire avec ce qui était à sa disposition.

Du fragst dich jetzt sicher, was an der Sorge so schrecklich sein soll, stimmt’s? [...] Genau das ist eine meiner verheerendsten Eigenschaften: daß man mich für selbstverstandlich hält. Für angebracht! [...] Ich fresse Männer, Frauen und Kinder, ohne Ansehen von gesellschaftlichen Rang oder Charakter. Ich bin rücksichtslos, unbarmherzig, kaltblütig und ohne Gnade.*

NdlR : Tu te demandes certainement ce qui rend l’inquiétude si monstrueuse, pas vrai ? [...] C’est justement l’une de mes caractéristiques les plus dévastatrices : on me croit évidente. Indiquée ! [...] Je ronge les hommes, les femmes et les enfants, sans distinction de rang social ou de caractère. Je suis indélicate, impitoyable, au sang-froid, et sans merci.

Des extraits (en allemand) et des visuels sont disponibles ici : http://www.zamonien.de/roman_wilde-reise.php

 

 

 

La Chanson du Vendredi #32

 

Fool’s Assassin – Robin Hobb

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Robin Hobb
Editions : Harper Voyager
ISBN : 9780553392425
630 pages

Tom Badgerlock has been living peaceably in the manor house at Withywoods with his beloved wife Molly these many years, the estate a reward to his family for loyal service to the crown.

But behind the facade of respectable middle-age lies a turbulent and violent past. For Tom Badgerlock is actually FitzChivalry Farseer, bastard scion of the Farseer line, convicted user of Beast-magic, and assassin. A man who has risked much for his king and lost more…

On a shelf in his den sits a triptych carved in memory stone of a man, a wolf and a fool. Once, these three were inseparable friends: Fitz, Nighteyes and the Fool. But one is long dead, and one long-missing.

Then one Winterfest night a messenger arrives to seek out Fitz, but mysteriously disappears, leaving nothing but a blood-trail. What was the message? Who was the sender? And what has happened to the messenger?

Suddenly Fitz’s violent old life erupts into the peace of his new world, and nothing and no one is safe.

J’ai découvert L’Assassin Royal très tard, bien plus tard que la plupart des gens, et sans doute que j’avais bien dépassé l’âge de la cible. Mais pourtant, ce cycle, (avec Les Aventuriers de la Mer inclus dans le lot), est sans doute celui qui m’a donné une des plus grosse claque littéraire de ma vie. Oui, rien que ça. C’était la première fois que je pleurais toute les larmes de mon corps lors de la mort d’un personnage, que j’avais des sueurs froides pendant ma lecture, que j’ai vécu ma lecture de manière aussi physique, et aussi qu’une fois le cycle terminé, toutes les lectures qui ont pu suivre dans la foulée m’ont parues aussi fades (et pourtant, des bouses écrites, j’en ai l’habitude.)

Quand j’ai su que Robin Hobb préparait une suite, j’ai trépigné d’impatience, j’ai attendu la sortie, puis, j’ai attendu que la librairie anglaise de Strasbourg réouvre après ses congés, puis, encore, que ma commande arrive. Et enfin, il était là, il m’attendait, et du coup, c’est lui qui a dû m’attendre. Est-ce que j’étais prête à retourner à Castelcerf, à replonger dans toutes ses intrigues, alors que j’avais fait mon deuil de cet univers, que l’histoire était close, que chaque personnage était allé prendre sa retraite ? Ça fait beaucoup de questionnements pour un simple roman qu’on ne me demande que de lire, pas d’écrire, n’est-ce-pas ? Mais derrière tout ça, il avait aussi l’appréhension, la peur d’être déçue. De retrouver cet univers, mais de ne pas y retrouver ce qui m’y avait tant plu.

Puis, il y a une semaine, j’ai décidé d’y aller franchement, histoire de savoir, comme ça, ça serait fait, et comme ça, je saurais tout de suite si ça valait le coup de sautiller en attendant la sortie de la suite en 2015. Alors j’ai ouvert le livre, et j’ai replongé dans les Six Duchés. Et, pour tous ceux qui ont l’intention de lire (ou qui sont en train de lire) L’Assassin Royal (allez-y, allez-y), ça risque de spoiler un peu en attendant. Lire la suite

Top Ten Tuesday #14

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 livres que vous aimeriez relire un jour

  • Jane Eyre, Charlotte Brontë. Je l’ai déjà lu trois fois en français, une en anglais, pourtant, un jour, je le relirai, encore une fois, parce que c’est le premier livre à m’avoir marqué, il y a bientôt 20 ans.
  • Le cycle de L’Assassin Royal, de Robin Hobb. Parce qu’à peine le dernier tome refermé, j’avais envie d’y retourner.
  • La Cité des Livres qui Rêvent, Walter Moers, parce que cet univers est si foisonnant qu’il faut bien plus qu’une seule lecture pour saisir toutes ses particularités.
  • A song of Fire and Ice, GRRM, pour tenter de saisir tout ce qui m’a échappé lors de ma première lecture.
  • The Ocean at the End of the Lane, Neil Gaiman.
  • Les Petits Dieux, de Terry Pratchett, le livre qui m’a redonné goût à la lecture après une longue traversée du désert.
  • The Princess Bride, bien plus subtil qu’il n’y parait au premier abord.
  • Un Roi sans Divertissement, Jean Giono, que j’ai lu pour le bac de littérature, et que je me souviens avoir beaucoup aimé, contrairement aux autres livres du programme cette année là.
  • Et, attention, caution kitsch : les premiers tomes de la série des Angélique (son arrivée en Amérique m’a fait décrocher), parce que c’est ça qui m’a fait découvrir et aimer les romans historiques, que j’ai avalés par dizaines pendant mon adolescence.
  • Antigone, Anouilh, parce que ça fait longtemps, et que je ne m’en souviens plus.

La Chanson du Vendredi #31

 

Dodger – Terry Pratchett

Dodger - Terry Pratchett

Terry Pratchett
Editions : Doubleday
ISBN : 978-0-385-61927-1
356pages

VF : Roublard

 

Dodger is a tosher – a sewer scavenger living in the squalor of Dickensian London.
Everyone who is nobody knows him.
Anyone who is anybody doesn’t.
He used to know his future; it involved a lot of brick-lined tunnels and plenty of filth. But when he rescues a young girl from a beating, things start to get really messy.
Now everyone who is anyone wants to get their hands on Dodger.

Retournons à Londres, à l’époque victorienne. Sans même l’avoir prémédité, deux œuvres culturelles m’y ont plongé depuis la rentrée. Et elles ont quelques éléments en commun, à part le lieu et l’époque de l’action.

 

Terry Pratchett fait partie de mon panthéon personnel d’auteurs (avec Robin Hobb, Neil Gaiman et Walter Moers). Et si son univers de prédilection est celui qui m’a redonné goût à la lecture il y a une dizaine (!!!!) d’années (peut-être que je vous en parlerai un jour, de ce livre là), Dodger n’en fait, comme on peut s’en douter, pas partie. Ici, pas de mages, pas de sorcières, ni de guet hétéroclite. Par contre, des personnages réels, ou fortement inspirés de personnages réels, voire, d’autres personnages de la littérature britannique du XIXème siècle.

Dodger, le personnage éponyme, est un jeune homme parcourant les égouts de Londres, à la recherche de pièces ou de bijoux égarés. Malgré sa jeunesse et son physique décrit comme frêle, il jouit pourtant d’une réputation de dur-à-cuire, de protecteur, et semble avoir, en effet, un caractère bagarreur. Caractéristique qu’il utilise pourtant à bon escient, par deux fois, il sauve des innocents des coups de malfaiteurs, et par deux fois, cela change son destin et le fera rencontrer des personnes bien placées, la plus influente étant Charles Dickens, qui a lui même écrit le personnage d’Artful dodger, inspiration du Dodger de Pratchett. Il y rencontre également Sweeney Todd, ce personnage de penny dreadful qui aura traversé le siècle, mais aussi un certain Mayhew, journaliste anglais ayant réalisé une enquête fleuve sur les pauvres de Londres, ainsi que Angela Burdett-Coutts, héritière philanthrope qui a œuvré pour la protection des nombreuses prostituées de la ville.

Le Londres décrit dans Dodger (Roublard pour la VF) est d’ailleurs celui cher à Dickens, loin des maisons bourgeoises et des beaux quartiers, mais celui des bas-fonds, des laissés-pour-compte et des démunis. La description faite ici, qu’il s’agisse des vendeuses de fleurs ou de vieilles dames fouillant les immondices à la recherche d’un trésor (version au plein-air des ravageurs qui hantent les égouts), est juste et touchante, et fait de ce roman une sorte d’hommage et à Dickens, et à ces oubliés de l’histoire.

Le langage utilisé (pour la verson anglaise) se rapproche d’ailleurs du parler victorien, de la langue utilisée dans la littérature de l’époque, mais aussi du parler de la rue : nombreuses sont les expressions cockney utilisées (et explicitées, fort heureusement, ce jargon étant assez nébuleux, même avec un niveau correct en anglais).

La post-face explique que ce roman n’a aucunement l’ambition d’être un roman historique, mais plutôt un hommage, et que, si certains personnages sont bien réels, Terry Pratchett s’est néanmoins pris la liberté de changer quelques éléments chronologiques pour le bien du récit.

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Il ne s’agit peut être pas du meilleur de Pratchett, l’humour qui lui est si typique m’a un peu manqué, mais Dodger reste quand même un très bon livre. Il est peut être souhaitable d’avoir lu Dickens pour apprécier Dodger encore plus.

J’ai noté quelques lectures complémentaires en faisant mes recherches, si vous aussi souhaitez découvrir la face cachée du Londres victorien :

Dirty Old London et le site de son auteur Lee Jackson. Et si vous souhaitez lire des Penny Dreadful d’époque, certains sont disponibles ici, légalement, et gratuitement (à ce que j’ai compris).

 

 

 

La Chanson du Vendredi #30

 

Penny Dreadful – Saison 1

Penny Dreadful Affiche Sembene

Eva Green ? Pft, les autres personnages aussi ont le droit de cité

Dans le Londres de l’époque Victorienne, Vanessa Ives, une jeune femme puissante aux pouvoirs hypnotiques, allie ses forces à celles d’Ethan, un garçon rebelle et violent aux allures de cowboy, et de Sir Malcolm, un vieil homme riche aux ressources inépuisables. Ensemble, ils combattent un ennemi inconnu, presque invisible, qui ne semble pas humain et qui massacre la population…

featherLes Penny Dreadful, au 19ème siècle, étaient des fascicules reproduisant des feuilletons macabres sur plusieurs semaines, imprimé sur un papier de mauvaise qualité, destinés à un public masculin jeune issu d’un milieu populaire, ce qui en fait l’ancêtre des pulps qui ont contribués à rendre des auteurs désormais cultes célèbres. Des Penny Dreaful, aucun auteur n’a réussi à faire retenir son nom jusqu’a notre époque. Mais certains personnages sont entrés dans l’imaginaire collectif, comme Sweeney Todd.

La série de Showtime, elle, ne se base pas vraiment sur ces récits populaires, mais plutôt sur les classiques de la littérature gothique et fantastique de l’époque. On peut y retrouver le mythe du loup-garou et du vampire, et on y rencontre même de manière récurrente des personnages de cette littérature. Frankenstein et sa créature, Dorian Gray, Mina Harker, le professeur Van Helsing… Vu comme ça, on pourrait penser soit à une fan-fiction à gros budget, soit à une nouvelle version de la Ligue des Gentleman Extraordinaires. Pour ce dernier élément, je ne me prononcerai pas, je me suis endormie devant ce film. Pour l’hypothèse de la fan-fiction, le Dorian Gray séducteur et chaud-lapin affublé d’une coiffure de playmobil me laisse perplexe.

Mais revenons à ces personnages, Vanessa Ives (Eva Green) est une création originale pour la série, et les liens qu’elle a tissés dans son enfance avec Mina Harker (encore Murray à l’époque) sont donc une nouveauté, tout comme le passé de Mina, fiancée, puis doublement trompée, fille d’un explorateur colonialiste, interprété par Timothy Dalton. Son père, Malcolm Murray, cherche à tout prix à la délivrer de l’emprise sous laquelle elle se trouve, avec l’aide de Vanessa, d’Ethan Chandler, Yankee de son état, poursuivi par son passé outre-Atlantique, Victor Frankenstein, médecin légiste aux expériences douteuses qui ne cesse de citer Mary Shelley (admirez la mise en abyme !), et Sembene, majordome du Sieur Murray, au passé soi-disant inexistant, ramené d’une expédition en Afrique.

Vanessa Yves, autour de qui tournent beaucoup, si ce n’est la majorité des épisodes, est une jeune femme dotée d’un étrange pouvoir, qui est montré à la fois comme un don divin et une punition à laquelle elle ne peut échapper. Ce personnage ayant grandi avec une éducation catholique assez stricte, on pourra dire que cela va de soi, la souffrance terrestre représentant une vertu qui pourrait la placer au rang de martyre. Elle est pourtant, avec l’autre personnage féminin de la série, interprété par Billie Piper, bien différente de la femme soumise de l’époque.

Malcolm Murray, lui, représente le colonialisme impérialiste de l’époque, avec tout ce qui en découle, racisme, violence, mort, etc, ce qui lui a demandé des sacrifices qu’il ne s’avoue pas regretter.

D’autres personnages, qu’il s’agisse de créations originales ou de monuments de la littérature, ont une ampleur moindre – pour le moment – mais leur psychologie n’en est pas moins développée. On notera la complexité de Caliban, qui fait une entrée en scène plus que fracassante, et qui peut inspirer autant la haine et le dégout que la pitié voire un semblant d’affection.

L’image est, quand à elle, soignée, elle retranscrit parfaitement l’image qu’on pouvait se faire d’un Londres victorien sale et violent, mais aussi des loisirs des plus riches, à base de séances de spiritisme, très prisées à l’époque, d’orientalisme colonialiste et de bars à absinthe enfumés. L’atmosphère est souvent lourde, pesante et glauque, les scènes récurrentes de possession assez impressionnantes, l’alchimie entre les personnages suinte de l’écran.

Je regretterai simplement que la saison 1 n’aie comporté que 8 épisodes, que le destin de certains personnages était prévisible depuis le début, et que le dénouement final m’a semblé expéditif. Le cliffhanger de la fin est également un peu facile et réchauffé.

J’espère que la saison 2 laissera un peu plus de place pour la surprise, que les personnages laissés un peu en plan aient enfin l’occasion d’être mis en avant, et que l’intrigue qui sera au centre de la saison sera close de manière moins rapide.

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Pour conclure, une série prometteuse, malgré une fin un peu vite expédiée.