Sales Bêtes ! – Collectif Les Artistes fous

Collectif
Les Éditions des Artistes Fous
ISBN : 978-2-36826-004-3
250 pages

Sales bêtes !
Animaux étranges et délires zoomorphiques

 

Chimères, animaux-totems, transformations bestiales, animal tapi en soi qui se dévoile, conscience émergeant chez la bête, créatures mythologiques, improbables, quotidiennes… Ou tout simplement regards croisés entre l’homme et l’animal, entre lutte, répulsion, respect et fraternisation, proximité dérangeante et fascination.
Dans cette deuxième anthologie, Les Artistes Fous Associés explorent la thématique animale à travers 20 récits tour à tour horrifiques, poétiques, sarcastiques, émouvants, tragiques, gores, sexuels, dans un format allant de la micro-nouvelle à la novella. Venant des quatre coins de la francophonie, leurs auteurs et illustrateurs sauront réveiller la (sale) bête qui sommeille en vous !

Je vous avais déjà parlé des Artistes fous l’an dernier, ainsi que de mon intention de lire l’anthologie suivante. J’ai mis le temps à y venir, comme pour chacun des recueils de nouvelles en ma possession.

Les nouvelles présentes dans Sales Bêtes vont, comme le précise la quatrième de couverture (peut-on parler de quatrième de couverture pour un ebook ?), dans beaucoup de directions différentes, tous les types d’animaux sont abordés, qu’ils soient mythologiques, microscopiques, domestiques, aquatiques, humanoïdes (n’oublions pas que l’humain reste un animal, peut-être le plus monstrueux et cruel d’entre tous), ou extraterrestre.

Les auteurs présentés dans cette anthologie étaient déjà présent dans Fin(s) du monde, c’est donc sans surprise que j’ai replongé dans leurs univers diversifiés, glauques, et torturés. Sans surprises, parce que la qualité d’écriture et d’édition de la première anthologie ne fait pas défaut ici non plus. (Comme pour la première, je ne saurais que vous recommander, soit de feuilleter l’ebook sur un écran couleur, soit de soutenir l’association en achetant un exemplaire papier.)

Et la qualité d’écriture, parlons-en d’ailleurs ! Ici encore, certaines nouvelles m’ont mises mal à l’aise (τρ, Pffugs, peut être à cause de leurs protagonistes, situés tous deux quelque part entre l’homme et l’animal), tandis que d’autres ont su toucher la corde sensible (Les Maîtres ne vinrent plus, Le Deuxième Évènement). Mais entre le tortillement quand on est mal à l’aise, et les hoquets d’émotions, il y a aussi celles qui font réfléchir, à la science (sans conscience ?), au comportement colonialiste des humains (Tous les Singes ne vont pas au Paradis, Cobaye #27, Notre-Dame des Opossums, La parole du rhinocéros), à la folie (Jonas), ainsi qu’à la relation ambivalente entre l’Homme et la Nature (La Mélodie des Bois). La touche absurde n’est pas en reste non plus, grâce à La Dépression du Chat, et à Parasite (que j’ai dû relire à deux fois tellement la fin m’a surprise).

Un recueil qui chamboulera vos repères, vous sortira de votre zone de confort (mais au fond, c’est pas très drôle d’y rester), et qui, malgré le fait que les nouvelles incluses nous malmènent et nous emmènent dans une autre dimension de l’humanité (ou de l’animalité, selon votre point de vue), se lit facilement, c’est avec étonnement que je suis arrivée au sommaire de fin : "Quoi ? Déjà ?!"
Pour vous procurer un exemplaire papier ou ebook (gratuit, légal, sans DRM !), c’est par ici : le site de l’association.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Morceaux choisis :

Mais après tout, pourquoi gratter la surface des choses si tout va bien ? Pourquoi fouiner pour trouver des explications de ceci ou de cela… Tant que tout allait pour le mieux, l’important était de ne rien bousculer.

Il y a des gens qui appellent au secours l’horreur absolue, qu’elle s’abatte sur eux comme une guillotine.

Il est ainsi des rêves qui méritent d’être nourris, à défaut de s’en nourrir.

Wrong Cops

WrongCopsFullposterIFC590rls01a (433x640) (321x475)

Los Angeles 2014. Duke, un flic pourri et mélomane, deale de l’herbe et terrorise les passants. Ses collègues au commissariat: un obsédé sexuel, une flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille.

feather

Marilyn Manson en ado complexé, Eric Judor en flic borgne, et Quention Dupieux aux manettes ? C’est (presque) sans me poser de questions que je suis allée voir ce film. Parce que Rubber, voyez-vous, ce film avec un pneu meurtrier, c’était bien. Mais qu’est-ce que donnerait avec des gens ?

Ben, avec des gens, c’est pareil, on sait pas où ils vont, mais c’est le bordel après leur passage, et le scénario tient sur un timbre poste. Parce que contrairement au synopsis ci-dessus, le voisin, il dérègle pas grand-chose. Il agonise tranquillement dans son coffre, ne chouine pas trop, si tant est qu’on lui mette de la musique dans les oreilles. Et les flics, ben, ils vaquent à leurs affaires de flics véreux. Et Manson, ben, il glande assis sur son skate board et écoute de la musique tout aussi mauvaise que le voisin moribond. Alors, où ils vont ? On sait pas, mais à la fin, ils n’y sont toujours pas. Pourquoi ? On sait pas, et eux non plus. Alors certes, parfois, on sourit, mais bon. Quand au rythme, si la musique n’était pas omniprésente, peut être bien que je me serais endormie.

J’aurais tant aimé vous dire d’y aller, ou pas, que ce film est génial, ou même mauvais, mais en fait, je suis sortie de là profondément affligée, en ayant l’impression d’avoir perdu quelques points d’audition, que décidément, je comprend rien à rien, et que la prochaine fois, j’irais voir une comédie à l’eau de rose, et la seule chose que j’ai pu répondre quand on m’a demandé "Alors, t’en a pensé quoi ?", c’était : "Meh. Y’avait Rubber dans leur télé."

En gros, vous voulez voir Marilyn Manson 10 minutes à l’écran, sans maquillage ? Allez-y. Vous voulez voir un film qui ne va nulle part (c’est un concept, pas un jugement de valeur), allez- y aussi. Vous voulez voir une histoire qui avance ? Avec des personnage qu’on a pas envie de baffer ou de noyer dans les toilettes ? N’y allez pas.

Ou alors c’est juste moi qui suit passée a coté du truc. Ce film, c’est peut être le Radiohead du film. o_O

mouton

La chanson du vendredi #20

Vous aussi, vous imaginez des ados courants l’un vers l’autre sur une plage, le mullet au vent et le palmier flottant ?

Note de service

En consultant mes stats, j’ai vu un clic étrange via un lien affilié vers un site vide. Après avoir paniqué que quelqu’un aie piraté le blog pour mettre des liens affiliés (sur lesquels je ne toucherai même rien, scandale !), je me suis souvenue que wordpress mettant aléatoirement des pubs en bas de certains articles. Je ne les vois pas grâce à Adblock, et ne saurais que vous recommander chaudement ce petit add-on pour votre navigateur (qu’il s’agisse de Firefox, Chrome, Safari, Opera, ou même Internet Explorer).

Et si vous voulez vraiment être incognito sur le web, Ghostery, mais là, mes statistiques seront désertes et je me sentirais seule au monde.

Sinon, réseau socialement, vous pouvez maintenant me suivre sur Instagram et Tumblr.

Les Borgia – Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
Editions : Pocket
ISBN : 978-226-21708-8
279 pages

Vers 1840, les directeurs de journaux et les éditeurs s’arrachèrent Dumas, qui entreprend Les crimes célèbres, vaste sage historique de la violence, du meurtre et du sang.

La figure de Cesare Borgia, fils du pape Alexandre VI, cardinal à seize ans et condottiere absolu ensuite, domine cette famille illustre qui va se construire un royaume dans l’Italie renaissante. César, qui connait "le bon usage de la cruauté", élimine par le fer ou le poison ses principaux rivaux, et autant de petits despotes qui rançonnent et asservissent leurs sujets. A Rome, il entend redonner une influence, une armée, de l’argent. En homme d’État sans scrupule et habile, il soutient la bourgeoisie contre l’arbitraire d’une odieuse féodalité. A ce titre, César Borgia est bien le modèle qui inspira Le Prince de Machiavel.

L’année dernière, je vous avais parlé de la série Canal Borgia. Partagée entre la fascination et la perplexité la plus complète, j’ai acheté ce livre d’Alexandre Dumas père afin d’assouvir ma curiosité, parce que j’aime beaucoup les romans historiques. Et aussi parce que j’ai gardé un bon souvenir des livres de Dumas que j’ai dévorés adolescente (et que le livre sur Lucrèce Borgia acheté sur une brocante sent tellement fort le vieux bouquin que c’est impossible de le lire ailleurs qu’à l’extérieur, et en février, les terrasses, c’est pas forcément optimal. (Vous avez déjà essayé de tourner des pages avec des moufles ?)).

Ce roman est relativement court, 200 pages, et est écrit d’une traite, sans chapitres, comme une longue litanie. Litanie non seulement par sa forme, mais aussi par son fond. Si vous vous attendez à des détails, à des explications, passez votre chemin, ici, vous aurez la vie de la Trinité Borgia relatée façon jeu d’échec, ou chaque cardinal avance ses pions, ou tout n’est que champs de bataille, meurtres vite expédiés et personnages qui ne font que passer. Tout ? Tout. Sauf ! Les descriptions imagées de la façon d’extraire le fameux poison sont la famille usait tant, et de la façon d’y échapper (laissez-moi vous dire qu’aucune méthode ne serait homologuée par la Peta). Bien entendu, on pourra me répondre que cette histoire est complexe et qu’il fallait bien choisir ce que l’on raconte. Certes. Mais réduire leurs actions à une énumération de crimes ne permet pas d’y voir plus clair, et ne fait que rendre cette famille encore plus obscure et étrange. Peut-être était-ce le but ?

Si vous voulez en savoir plus, lisez les pages wikipédia associées (tout est si imbriqué que ça vous prendra peut-être même plus de temps que de lire ce livre.).

corbeau
Irais-je jusqu’à dire que j’ai été décue ? Oui. Que c’est le pire livre que j’ai lu ? Non. Mais il n’était pas à la hauteur de ce que j’en attendais. Vivement l’été que je puisse lire Lucrèce Borgia (s’il pleut, quelqu’un peut me fournir un masque à gaz ?). Ou que je remette la main sur la pièce de Victor Hugo.
Heureusement que j’ai d’autres livres de Dumas qui m’attendent pour me réconcilier avec lui.
Pour aller plus loin :

Femmes qui courent avec les loups – Clarissa Pinkola Estés

Clarissa Pinkola Estès
Editions : Grasset
ISBN : 9-782246-498513
487 pages

Women who run with wolves
Myths and Stories of the Wild Woman Archetype

Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, comme l’animal sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde.

Pourtant, si éloignées que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin.

De par sa double tradition de psychanalyste et de conteuse, Clarissa Pinkola Estés nous aide à entreprendre la démarche grâce à cet ouvrage unique, parcouru par le souffle d’une immense générosité. A travers les "fouilles psycho-archéologiques" des ruines de l’inconscient féminin qu’elle effectue depuis plus de vingt ans, elle nous montre la route en faisant appel aux mythes universels et aux contes de toutes les cultures, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la Petite Marchande d’allumettes.

La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie.

Il ne tient qu’à nous d’être cette femme là.

Cela faisait des mois que je tournais autour de ce livre, après avoir vu/lu/entendu des femmes dire qu’il avait changé leur vie. Après des mois à tortiller des fesses – est-ce que, si ce livre est réellement bouleversant, je suis prête à en subit les conséquences ? -, j’ai enfin pris mon courage à deux mains, je l’ai emprunté – au cas où, comme les autres livres encensés dont on m’a parlé, il me laisse de marbre -, et je l’ai lu aussi vite que possible. Non pas parce que c’est un livre simple à assimiler, mais parce que j’étais prise dans une sorte de vortex de connaissance et d’affirmations qui résonnaient sans fin dans mon esprit. Je ne saurais dire maintenant si cette lecture va révolutionner ma vie, car il s’agit d’un livre qui se relit plusieurs fois et se vit, mais il m’a d’ors et déjà permis de voir différemment certaines choses.

A travers les contes, Clarissa Pinkola-Estès analyse la psychologie féminine et tente de libérer la femme libre, sauvage et sage qui sommeille en chacune de nous, étouffée par le poids de la société patriarcale et ses injonctions, et met en exergue les raisons qui poussent la plupart des femmes à se plonger dans des comportements niant leurs besoins profonds (sans pour autant nous conseiller des actions irréfléchies telles que tout plaquer pour partir élever des chèvres au Tibet). Elle évoque aussi le cas des femmes ayant retrouvé leur liberté trop vite, et qui se sont brulé les ailes à vouloir voler trop haut trop tôt, tout comme elle évoque le rapport au corps, souvent biaisé par notre environnement. La psychologie féminine est ainsi décortiquée à travers le prisme de l’analyse jungienne, et le l’inconscient collectif, et rendue plus explicite par le biais de fables venues des quatre coins du monde, chacun de ses contes étant ensuite découpé en plusieurs parties analytiques (non, la petite fille aux allumettes n’est pas qu’un conte nous parlant de la pauvreté et de l’indifférence qu’elle rencontre).

Si, bien évidemment, on ne se reconnait pas forcément dans tous les chapitres (et encore heureux), ce livre semble être une lecture cruciale lorsqu’on décide de se trouver et de s’accepter, voire de commencer à démanteler certaines névroses.

Il s’agit d’un livre qui répond à énormément de questionnements, sans pour autant donner des réponses toutes faites, il nous donne des indices, des clés. A nous de trouver la bonne serrure pour les utiliser, et ainsi devenir la personne à laquelle nous aspirons devenir.

corbeaucorbeaucorbeaucorbeaucorbeau

Certes, la quatrième de couverture semble new-age, mais ne la laissez pas vous empêcher de le lire. En tout cas, il fera partie de mes achats lors de ma prochaine sortie en librairie.

[...] on parle d’elles comme si un seul type de tempérament et des appétits modérés étaient acceptables. Trop souvent, on attribue à la femme une moralité en fonction de la manière dont sa taille, son poids, son allure sont ou non en conformité avec un idéal unique ou exclusif. Quand on les relègue à un état d’esprit, à un maniérisme, à un profil conformes à un idéal unique de beauté et de comportement, les femmes ne sont plus libres : elles sont prisonnières par l’âme et par le corps.

Top Ten Tuesday #8

TTT3WLe Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français Iani.

Les 10 livres que tout le monde a aimés sauf vous (et même que ça me permet de parler de livres que j’avais zappé jusque là (et de dire du mal gratuitement, ne l’oublions pas))

  • Hellraiser, Clive Barker. Vite lu, vite oublié, j’ai enchainé avec le film pour tenter de mieux comprendre l’engouement… Raté… Ce livre n’a eveillé aucun interêt en moi et j’étais bien contente de l’avoir mis, lui et ses personnages caricaturaux, derrière moi (ben oui, un livre aussi court, c’était une question d’honneur de le finir.)
  • Fondation, Isaac Asimov. Alors, c’est pas que j’ai pas aimé. C’est juste que ça ne m’a laissé aucun souvenir marquant. Et que du coup, je crois que je vais en rester là avec cette série de livres.
  • Le sang des 7 rois, Régis Goddyn. J’en ai entendu tant de bien, que comme un autre livre francophone déjà évoqué dans un bilan précédent, il ne pouvait tout simplement pas être à la hauteur. Sans être mauvais, je ne suis pas entrée dans l’histoire, et pour le moment, je n’ai pas d’envie dévorante de connaitre la suite.
  • La Sorcière de Portobelle, Paulo Coelho. Au début, j’étais enthousiaste, puis, le soufflé est retombé. Trop ésotériquement chargé pour moi.
  • La Horde du contrevent, Alain Damasio. Déjà évoqué ici. ‘Nuff said.
  • Les livres récent d’Amélie Nothomb…
  • Pride and Préjudice, Jane Austen… LE marque page est coincé depuis 2 ans et demi aux trois quarts. Je n’y arrive pas. Je… Non… Je… ZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz.
  • Twilights et ses fan-fics publiées. J’ai lu le premier par curiosité, et j’ai entamé la fan-fic pour la même raison. Mon coeur de féministe a failli s’arrêter. Je ne peux cautionner ce genre de choses de nos jours.

Les avis énoncés ci-dessus n’engagent que moi.