La Cité des Livres qui Rêvent – Walter Moers

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Le récit fantastique, onirique et horrifique d’Hildegunst Taillemythes, jeune dragon et poète qui bravera tous les dangers des catacombes de Bouquinbourg, hantées par le Roi des ombres, pour retrouver l’auteur du manuscrit «parfait»…
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Walter Moers est le créateur d’un univers que j’adorais bien avant de lire ses livres. L’univers du capitaine Ours Bleu, qui passait dans l’émission de la Souris Souriante, que je regardais tous les dimanches quand j’étais petite. C’était avant que la version française ne soit diffusée sur Arte. Mais maintenant encore, quand je tombe dessus, je regarde. Parce que l’Ours Bleu, avec ses histoires de marin abracadabrantes, c’est sans doute le déclencheur de ma passion dévorante pour la littérature de l’imaginaire. Du coup, quand j’ai vu que les livres de Walter Moers étaient disponibles juste à côté de mon lieu de travail, j’y suis allée, j’ai regardé, j’ai embarqué.

Hildegunst Taillemythe : poète, auteur

La Cité des Livres qui rêvent ne parle pas de ce fameux ours, mais se passe dans le même monde, la Zamonie, où tout tourne autour des livres. Tout le monde écrit, tout le monde lit. Tout n’est que production écrite. Ce livre est raconté par Hildegunst Taillemythe (von Mythemetz, je l’ai lu en V.O. donc je pourrais pas vous traduire tous les noms, si je tente, il y aura beaucoup de chance que le vrai nom utilisé en V.F. soit différent, vous êtes donc prévenus), un dinosaure (j’ai cru pendant près de la moitié du bouquin que Hildegunst était un dinosaure femelle, à cause de "Hilde", vous voyez, il semblerait que non. Mais en fait, ça ne change strictement rien. Et puis, peut-être que ces dinosaures là sont assexués, hein.) qui vient de la "Lindwurmfeste", la forteresse des lindworms, reptiles souvent rencontrés dans les fables médiévales… Il semblerait que ce soit un nom savant pour désigner les dragons. Cette forteresse est peuplée de… gros reptiles (je vais dire ça, c’est plus simple, et les dinosaures et les dragons, on va se mettre d’accord sur le fait que ce sont des reptiles) (je sens que je vais battre mes records de parenthèses), gros reptiles, donc, qui se passionnent pour la poésie. Ils écrivent tous. Ils sont tous talentueux. Et beaucoup d’entre eux quittent la forteresse pour aller à Bouquinbourg, chercher un éditeur, afin d’être lus dans toute la Zamonie, parce qu’être reconnu chez soi, ça va bien un moment, mais le monde est plus vaste que ça.
Hildegunst, comme tous ses copains reptiles, a un "Dichtpate", un parrain de poésie*, qui va tenter de lui apprendre tout ce qu’il sait au sujet de la littérature. Ce parrain, c’est Danzelot von Silbendrechsler (Danzelot Tourneurdesyllabes*), qui, paradoxalement, n’a jamais écrit qu’un seul livre. Sur le jardinage. Parce qu’il était fasciné par le chou-fleur. Et un poème sur les états d’âme d’une armoire pleine de lunettes sales. Et pourtant, Danzelot est reconnu partout (sauf dans la forteresse), et reçoit régulièrement des demandes de conseils d’auteurs en devenir du continent entier. Une de ces demandes sera lourde de conséquences pour lui et pour Hildegunst, qui quittera le fief des lindworms pour aller à Bouquinbourg. De là, une aventure extraordinaire l’attend, dans les catacombes de la ville, ou des dangers plus grands les uns que les autres l’attendent.
La Zamonie est un continent peuplé de dinosaures (je crois l’avoir brièvement mentionné déjà), de cyclopes, d’asticots-requins* (Haimaden) obèses, de créatures anthropomorphiques, de harpyres* (croisement du vampire et de la harpie), de créatures dont la tâche est d’apprendre l’oeuvre complète d’un auteur par cœur (plus l’auteur est prolifique, plus la créature en question risque de mélanger les personnages, forcément), de chasseurs de livres (c’est comme des chasseurs de têtes, sauf qu’ils cherchent des livres précieux dans les catacombes), de livres à pattes, d’harpires, de géants, et autres créatures incroyables (si vous trouvez un Murch quelque part, envoyez-moi une photo). Les catacombes ressemblent aux étages les plus profonds de la grande bibliothèque de la série "Thursday Next" de Jasper Fforde, et le style d’écriture est semblable à un Terry Pratchett allemand. (Le mot précédent est le 666ème. Oui, ça mérite une parenthèse.)
Des antiquaires loufoques peuplent les rues de la ville, et les catacombes cachent un plus grand secret que Hildegunst ne le pensait. Je me doutais que je passerai un bon moment en lisant ce livre, mais le coup de cœur, lui, je ne l’ai pas vu venir. Lisez-le, lisez-le, lisez-le ! En plus, il est illustré par l’auteur (Walter, pas Hildegunst, hein, un dinosaure, ça a des trop petites pattes pour dessiner, voyons !) et vous noterez l’influence de Gustave Doré pour ce qui est du style "gravure".
* traduction approximative, comme dit plus haut


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Je vous ai déjà dit que c’était vachement bien ?

Merci à Reika et à S. pour avoir corrigé mes fautes d’orthographe, de conjugaison, de frappe et de mots oubliés !

La Chanson du Vendredi #9

Heino a bercé mon enfance, involontairement, on choisit pas ce qu’écoutent les parents. Mais il a sorti en début d’année un album de reprises de chansons de groupes tels que Rammstein, et de mes idoles d’adolescence, Die Ärzte, dont je vous met l’original en dessous. Clip hommage à Shaun of the Dead et autres films de zombies.

Le Médecin d’Ispahan – Noah Gordon

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Londres, en l’an 1021. Orphelin, Rob J. Cole, neuf ans, est recueilli par un barbier-chirurgien et devient son apprenti. Ensemble, ils sillonnent l’Angleterre. C’est une époque où l’on brûle les sorcières, où la vie est dure et la mort vite venue… Mais Rob n’a qu’une idée en tête : devenir médecin et il a un terrible don : il sent si un patient va mourir lorsqu’il lui prend la main. Ayant appris qu’on peut étudier sérieusement la médecine chez les Arabes, Rob n’hésite pas et, à vingt ans, le voilà qui traverse l’Europe pour gagner l’Orient. Comme chez les Arabes on n’admet pas les chrétiens, il va se faire passer pour juif… Le Médecin d’Ispahan est un formidable roman d’aventures. C’est l’histoire d’un homme enflammé d’une passion dévorante : vaincre la mort et la maladie, guérir. Pour atteindre son but, il fuira la brutalité et l’ignorance de l’Angleterre du xie siècle, traversera tout un continent pour découvrir la cour de Perse, le monde étonnant des universités arabes et la chaude sensualité des palais d’Ispahan. Et, dominant tout cela, Le Médecin d’Ispahan est la magnifique histoire d’un amour que rien ne parvient à détruire.

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Les échos que j’avais eu de ce livre ne m’ont jamais réellement donné envie de le lire, malgré mon intérêt pour l’époque médiévale et ce qui en découle. Peut-être que je ne l’aurais jamais lu s’il n’avais pas été abandonné sur une étagère au rayon livre chez Emmaüs et qu’il n’avais pas été en allemand. Ce jour là, j’ai raflé les quelques romans dans la langue de Goethe qui étaient présent, parce que ça faisait longtemps et qu’une langue vivante, ça se travaille. Je vous ai d’ailleurs déjà parlé d’une de ces trouvailles.

J’ai lu Les Piliers de la Terre entre temps, du coup, j’étais préparée à plonger dans l’Angleterre du début du deuxième millénaire. Ce livre-ci est paru quelques années avant le best-seller de Ken Follett, et à quelques points communs avec lui, outre le pays et l’époque. Le Médecin d’Ispahan s’y déroule un siècle avant Les Piliers de la Terre, mais visblement, le prénom Agnes était un prénom populaire pendant ses décennies. Et le destin des femmes prénommées Agnes semble être le même.

Le roman se construit au début comme une sorte de "Roman road trip", où l’on suit l’apprentissage de Rob à être barbier-chirurgien, jongleur et charlatan. Il découvre les pouvoirs et capacités d’un vrai médecin lorsqu’il rencontre un patient atteint de cataracte, qui s’en va consulter un médecin juif, élève d’Ibn Sina, qui parvient à lui rendre la vue. Dès lors, soigner la cataracte et, plus tard, exécuter une césarienne, vont  devenir une obsession, qui vont le pousser à mentir sur son identité et rejoindre Ispahan, une ville "aux milles seins" comme il va la découvrir et l’appeler, à cause de son architecture. Il découvrira un pays gouverné par un shah décadent, ignorant volontairement les lois de la sharia en vigueur, et les contraintes exercées par la religion par rapport à sa soif d’apprendre. Je ne connais que très peu le Judaïsme et l’Islam, je ne peux donc pas me prononcer sur la véracité des propos et préceptes décrits, mais ils me semblent bien documentés et recherchés, de la manière de faire sa prière du matin et de celle d’abattre un animal pour que sa viande soit casher, au personnage d’Ibn Sina, mentor du médecin juif et raison pour laquelle Rob a entrepris ce voyage d’une vie. Ibn Sina, aussi connu sous le nom d’Avicenne. Si ce livre n’a pas vocation a raconter une histoire vraie, ce personnage là a réellement existé sous cette forme-ci.

Le Médecin d’Ispahan raconte aussi la rencontre entre les trois grandes religions monothéistes, entre différentes cultures, et les difficultés de compréhension qui peuvent en découler. Il raconte aussi le besoin viscéral de vouloir poursuivre sa vocation et de devoir contrer les obstacles. Et il nous fait également une démonstration pittoresque des insultes perses, qui sont presque aussi chouettes que celles en alsacien*. Par contre, contrairement à la quatrième de couverture, l’histoire d’amour ne m’a pas semblé être le point principal du roman, qui, pour moi, se trouve plus dans la description des méthodes et connaissances médicales de cette époque et l’influence de la religion sur les méthodes curatives. Époque qui ignorait l’origine de l’appendicite, opération bénigne de nos jours, fatale en ce temps là. Si vous aimez l’Angleterre médiévale, le choc des cultures, et voulez avoir un aperçu de la médecine médiévale de manière ludique, n’hésitez pas !

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Le Roi Pâle – David Foster Wallace

Le Roi Pâle

Apprenti au centre des impôts de l’Illinois, où les nouveaux arrivants doivent recevoir une formation de survie à l’ennui, David Foster Wallace observe les personnages extraordinaires attirés par cet étrange métier. Protagoniste de son dernier roman, il dessine sur un registre épique une parabole de la culture postindustrielle, examine avec inquiétude l’individu pris dans les mailles du système global et propose une nouvelle idée de l’héroïsme.

featherCet auteur m’était complètement inconnu jusqu’à l’automne dernier, où j’ai collecté un certain nombre de journaux gratuits afin d’emballer ma vaisselle avant de déménager. Quel est le rapport, me direz-vous ? Y’en a pas, sauf qu’un numéro du journal Métro parlait de cet auteur en termes dithyrambiques (bon, bon, Métro, c’est pas non plus Le Magazine Littéraire, mais moi, ça me va). Le livre venait de paraitre, et même si le sujet des impôts n’est pas passionnant du tout, j’étais curieuse. Du coup, à Noël, il était sous le sapin, je l’ai commencé en décembre, et l’ai terminé il y a deux semaines. Plus de 600 pages denses et bourrés d’informations concernant les impôts ont eu raison de moi. Parce qu’on y trouve des chapitres entiers sur… la façon dont sont comptabilisés les impôts aux États-Unis. Sans doute passionnant pour un employé des impôts, un économiste, mais pas vraiment pour quelqu’un qui fait des cauchemars à base de maths. L’intérêt du livre ne se situait vraiment pas là dans ce livre. Il se situe dans la fresque des personnages. On suit différents personnages dans les années 70, enfants, sans rapports les uns avec les autres, pour les retrouver plus tard, derrière un bureau, à remplir des formulaires avec un crayon bien taillé.

En ce qui concerne le style, il est fouillis, labyrinthique est le mot utilisé par les amateurs de l’auteur, et est peut être plus complexe à suivre que ses autres œuvres, du fait qu’il s’agit d’un livre inachevé dont les notes éparses ont été assemblées tel un puzzle. Les phrases sont longues et métaphoriques, les chapitres inégaux, non pas dans leur qualité, mais dans leur style. Un chapitre peut faire plus de 100 pages de récit sur un personnage ou sur l’auteur lui même, puis être suivi d’un chapitre télégraphique de 2 pages sur ce qui se passe dans un service des impôts, suivi d’un autre chapitre recensant les pathologies rencontrées par les employées. L’avant-propos est situé, volontairement au chapitre 9, avant-propos entrecoupé de pages entières de notes de bas de pages, chose que je n’avais plus vue depuis Johnathan Strange et Mr Norell. Certains chapitres autobiographiques montrent l’évolution de la personnalité de l’auteur, de déchet nihiliste à inspecteur des impôts investi (oui, c’est possible), et expliquent cette évolution. D’autres racontent d’une manière froide l’enfance de ses collègues, de la victime d’un beau-père abusif au premier de la classe haï de ses camarades. Certains sont des réflexions sur la société de consommation actuelle.

J’ai mis énormément de temps à terminer ce livre sans doute à cause de son atmosphère oppressante, et du rendu précis et photographique de l’ennui de la vie dans les petites villes des États-Unis. J’aurais pu abandonner ce livre aussi, mais après l’avoir laisser reposer pendant plus d’un mois sans l’ouvrir, son appel a été le plus fort et je l’ai terminé, sans regrets. Car malgré l’ennui décrit dans les pages, il a réussi le coup de maître de rendre l’ennui fascinant. Déprimant, mais étrangement fascinant. Même si j’ai survolé les paragraphes d’explications du système des impôts. Parce que l’intérêt du truc n’est vraiment pas là.

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Par contre, ce livre réclame une lecture à la con qui suit, hein.

Morceaux choisis :

[...] endurer longtemps l’ennui dans un espace confiné, voilà ce qu’est le vrai courage. Cette endurance, que vous le vouliez ou non, constitue le distillat de ce qu’est aujourd’hui, dans ce monde que ni vous ni moi n’avons faits, l’héroïsme.

Messieurs, bienvenue dans la réalité – il n’y a pas de public. Personne pour vous applaudir, pour vous admirer. Personne pour vous voir. Comprenez-vous ? Voici la vérité – dans la réalité, l’héroïsme ne reçoit aucune ovation, ne divertit personne. Personne ne se presse pour y assister. Personne ne s’y intéresse.

Cette campagne massive qui place l’individu sur un piédestal va consolider d’énormes marchés de gens foncièrement convaincus d’êtres solitaires, sortis du lot, et on les brossera dans le sens du poil à chaque coin de rue.

Bienvenue à Zombieland

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Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l’idée d’être dévoré. C’est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie… Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d’un fusil d’assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre.
Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s’entendre…

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Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, ce film est sorti il y a un petit moment maintenant, ouiiiii, j’ai un train de retard, sauf que je viens de le revoir ce week-end, en compagnie de quelqu’un qui ne l’avais jamais vu et que j’avais envie de vous en parler. La prochaine fois, je vais vous dégainer Invasion of the Saucermen ou Plan 9 from Outer Space, z’allez voir, tant qu’à faire. Pas que Zombieland soit un nanar, hein. Enfin, un film avec des zombies est, presque par définition un nanar, mais c’est un film bien. Enfin, vous voyez ce que je veux dire. C’est une comédie dans la lignée de Shaun of the Dead (encore meilleur que Shaun of the Dead, d’après la personne à qui je l’ai fait découvrir ce week-end), avec des zombies, du sang, des tripes et du lol.

Le film s’articule comme un road-trip à travers les Etats-Unis, à cause des rumeurs qui disent que la côte opposée est exempte de toute infection. Infection causée par un hamburger. Comme quoi, la malbouffe a bien plus de conséquences que simplement l’obésité, le cholestérol et le diabète. (A moins qu’il ne s’agisse d’une métaphore et ainsi d’une critique de la culture de la malbouffe ?) Le héros, Columbus, un trouillard au colon irritable (oui, si déjà y a des zombies, hein, autant ne pas faire dans la dentelle du coté des héros non plus), nous parle en voix-off et nous explique ses règles à suivre en cas d’attaque zombie. Tallahassee, lui, n’en a rien à cirer des régles, de toutes façons, pour survivre, tous les coups sont permis. Quand à Wichita et Little Rock, deux soeurs magouilleuses, qu’il ait une invasion de mort-vivants assoifés de sang ou non, ben, les régles, elles s’en foutent un peu aussi. Autant dire que Columbus va se sentir un peu seul. Mais forcément, même une série Z pleine de zombie a son petit happy end, et il n’y échappe pas. Il n’échappe pas non plus au trope de la dulcinée à sauver, malheureusement, mais on ne peut pas tout avoir.

Du coup, on apprend plein de choses qui nhous aideront à survivre dans le pire des cas, c’est à dire d’entrainer son endurance, de ne jamais oublier sa ceinture de sécurité, de ne pas allumer les lumières d’un parc d’attraction en pleine nuit, et surtout, que les twinkies, contrairement à toutes les légendes urbaines, ont bien une date de péremption. Et ne me dites pas que le concours du "Zombie Kill of the Week" vous laisse de marbre ?

Un must-see du film de zombie moderne, une comédie déjantée, et en plus, je viens de voir qu’ils en ont fait une série.


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Des milliards de tapis de cheveux – Andreas Eschbach

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Nœud après nœud, jour après jour, toute une vie durant, ses mains répétaient les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, comme son père et le père de son père l’avaient fait avant lui… N’est-ce pas étrange qu’un monde entier s’adonne ainsi au tissage de tapis en cheveux ? L’objet en est, dit-on, d’orner le Palais des Etoiles, la demeure de l’Empereur. Mais qu’en est-il de l’Empereur lui-même ? N’entend-on pas qu’il aurait abdiqué ? Qu’il serait mort, abattu par des rebelles ? Comment cela serait-il possible ? Le soleil brillerait-il sans lui ? Les étoiles luiraient-elles encore au firmament ? L’Empereur, les rebelles, des milliards de tapis de cheveux ; il est long le chemin qui mène à la vérité, de la cité de Yahannochia au Palais des Etoiles, et jusqu’au Palais des Larmes sur un monde oublié…

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D’habitude, je suis plus fantasy, dragons, châteaux et guerriers impitoyables que science-fiction, galaxies lointaines et vaisseaux spatiaux. Mais la couverture et le titre de ce livre là m’ont intrigué, et je l’ai pris sans même lire la quatrième de couverture. Parce que voilà, des tapis, en cheveux. C’était en plein dans ma thématique tapis du moment. Parce que je venait aussi de trouver Le Peuple du Tapis de Terry Pratchett. Oui, je fonctionne par thématique, inconsciemment. L’été dernier, pratiquement tous les livres que j’ai acquis avaient le mot "chien" dans le titre. Sans faire exprès. Et là, c’était le mot "tapis". Les paris pour la prochaine fixette sont ouverts.

Il y a tapis dans le titre,  et des tapis dans le roman. Forcément. Ce space opéra se déroule sur une planète où la Guilde des tisseurs se meurt, ils sont de moins en moins nombreux, et certains tisseurs restants, qui n’ont pas tous la chance d’être prospères, ont le malheur d’avoir le destin qui s ‘acharne contre eux. Chaque chapitre suis un personnage différent, du tisseur de tapis en cheveux, à la fille de riche marchand, en passant par le maître flutiste et l’archiviste impérial. Empereur millénaire qui exerce un pouvoir absolu et qui fait l’objet d’un culte mystique. Il règne sur plusieurs galaxies, et seuls certains privilégiés ont pu le voir, pourtant, chaque famille, dans chaque village, aussi pauvre soit-il, possède une photo de l’empereur.

Cet empereur vit depuis des millénaires, et semble tout puissant, tel un patriarche divin, que des rebelles ont pourtant réussi à éliminer.  Comment ont-ils pu arriver a tuer cet homme tout-puissant, qui a vécu plus longtemps que tous ces prédécesseurs ? Comment ce fait-il que le Palais des Etoiles est exempt de tout tapis de cheveux ? Qu’advient-il de ces tapis ? Et surtout, pourquoi, malgré l’annonce de la nouvelle de la fin du règne impérial, tant de planètes refusent d’y croire, malgré les preuves et le changement inéluctable de leur commerce ?

Si les planètes désertiques mis à part quelques villages balayés par les sables semblent être monnaie courante dans les oeuvres de SF (Star Wars, Dune, et sans doute d’autres, mais je m’y connais bien assez mal pour en citer d’autres), Des milliards de Tapis de cheveux semble être bien plus que l’histoire de tisseurs de tapis obsolètes. On peut y lire (on peut, c’est pas obligé, hein, on est pas en cours de littérature où on analyse chaque virgule non plus) une analyse de la religion, et l’influence de Nietzsche et de son nihilisme : "Dieu est mort", ou bien, ici, "l’empereur est mort". Les habitants des planètes productrices de tapis ont entendu la rumeur de la fin de l’empire, mais l’ignorent, et continuent de faire comme avant, sans trop se poser de questions, parce que sinon, leur vie deviendrai vide de sens. Tout comme la religion sert parfois de béquille aux gens, de guide et de morale.

Des milliards de tapis de cheveux est réellement un roman à lire, même si les considérations métaphysiques ne sont pas votre tasse de thé. Ce serait passer à côté d’une lecture enrichissante, et qui se lit vite en plus de ça.

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La Coureuse – Maïa Mazaurette

Portrait d’une femme qui doute, qui aime. Chronique d’une sexualité qui se veut sans attache, La Coureuse est le livre de notre époque.

"Copenhague m’attend, et dans le miroir avant de partir, une inconnue plus jolie que moi pose la dernière touche de mensonge sur son visage. Rouge. Sur les lèvres. Les fards absurdes cachent des tatouages de guerre, des agressions publicitaires, des stratégies marketing. Il m’aimera. Je l’aurai.

Cette inconnue a des cheveux blond foncé, nouvelle couleur pour une nouvelle aventure, toute une vie à reconstruire. C’est pourmieux devenir une femme, mon enfant. C’est pour mieux laisser pousser les dents sous la poudre."

Maïa vit une passion ravageuse avec un jeune et (très) beau Danois. Parce c’est difficile, elle va s’accrocher et aller jusqu’au bout des compromissions possibles. Parce qu’elle se sert de la féminité comme une arme, le couple devient le lieu de toutes les manipulations. Que fait-on quand on a le prince charmant dans son lit ? Que se passe-t-il après le conte de fées ?

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Fidèle lectrice de Sexactu jusqu’à la fusion avec GQ (je peux pas, la mise en page me rebute), j’ai toujours voulu lire un roman de Maïa Mazaurette. Il se trouve que j’ai commencé par celui-ci, alors qu’il n’a rien en commun avec ses romans précédents, tous à placer dans la catégorie SF ou fantasy, ce qui est bien plus mon rayon. La Coureuse est pourtant plus proche thématiquement de son blog, et aussi des livres qu’elle a écrit en collaboration avec Arthur de Pins. En fait, a bien y réfléchir, j’ai commencé a espacer mes visites sur son blog au début de son aventure danoise. Par lassitude peut être. J’y repasse de temps en temps, juste assez pour mettre en relation les évènements relatés dans ce roman et ceux dont elle a parlé sur son espace virtuel. Parce que ce roman est une autofiction.

Autofiction : n.f., Genre littéraire qui combine de façon ouvertement contradictoire deux types de narrations opposés : l’autobiographie et la fiction.

  • L’autofiction est le récit d’événements de la vie de l’auteur sous une forme plus ou moins romancée.

Autofiction dans laquelle nous rejoignons Maîa revenant de Norvège, où elle vient de tromper son petit ami allemand avec un séduisant jeune entrepreneur danois, Morten (à prononcer Moooo-den). Elle a passé deux ans avec son petit ami, elle considère qu’il est temps pour elle de passer à autre chose, d’aller chasser ailleurs, et sa nouvelle cible est Morten, qui semble l’avoir oubliée. Après l’avoir "chassé", elle se retrouve dans une relation abusive avec un pervers narcissique qui n’est jamais satisfait d’elle ni de l’image qu’elle projette aux autres. Trop grosse, trop française, trop transpirante, pas assez parfaite. Elle se plie à toutes ses exigences, dans l’espoir d’être aimée, non pas pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle s’efforce d’être. Ce rapport de force est d’autant plus amplifié que Morten est plein d’ambition, et qu’il réussi ce qu’il entreprend professionnellement. Parce que l’argent change tout, parce qu’il simplifie la vie, mais complique les rapports entre les gens.

Si, très honnêtement, l’histoire entre Maîa et Morten ne m’a pas plus passionnée que ça, elle analyse avec finesse l’influence du patriarcat sur les femmes, les hommes, et le rapport de force dans les relations de séduction hétérosexuelle. Quelle femme hétérosexuelle ne s’est jamais épilée avant un rendez-vous galant pour se retrouver face à un homme pour qui le plus gros effort pour s’apprêter consistait à avoir pris une douche avant de venir ? Combien de femmes ont dû jouer à la femme fragile pour ne pas faire peur ? Combien de femmes sont complexées parce qu’elles ne ressemblent pas aux mannequins sur papier glacé ? Et combien de ces complexées pensent que leurs bourrelets les rendent indignes d’être aimées ? Elle questionne aussi la place donnée aux femmes et les armes qui restent à notre disposition si nous voulons malgré tout avoir des relations sentimentales : être jolie, docile, légère, intelligente mais pas trop, et les femmes s’y plient parce qu’on attire pas les mouches avec du vinaigre. Constat assez pessimiste et discutable, et sans doute influencé par la relation abusive relatée dans ces pages.

On découvre aussi une Maîa fragile et qui a, malgré son militantisme féministe, bien integré les mécanismes du patriarcat. Qui a toujours vécu pour les autres et qui semble, à 32 ans, ne toujours pas se connaitre, ni forcément s’aimer.

On découvre aussi un portait de technophile accro à "la machine à se couper du monde" qu’est le smartphone, hyper-connectée, tout le temps, partout, à faire croire à ses amis sur la toile que sa vie est bien plus formidable qu’elle ne l’est réellement. Parce qu’on ne peut pas mettre sur Facebook, ce qu’on fait sans que les autres ne le sachent, n’existe pas vraiment, n’a jamais vraiment eu lieu. Parce que si les autres ne s’ébahissent pas de notre vie si fantastique, elle ne vaut pas la peine d’être vécue.

Sur la forme du livre, par contre, il s’agit d’une première édition bourrée de coquilles et d’erreurs de ponctuation, qui seront corrigées, je l’espère, dans les éditions suivantes.

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A lire, pour les analyses de société. Pour l’histoire de couple, vous pouvez aussi lire n’importe quel témoignage de victime de pervers narcissique.

Morceaux choisis :

Ils pensent vraiment que les femmes, ça se réveille un matin avec un utérus qui parle ?

Il se trouve que je suis née femme, donc que les hommes ne m’aimeront jamais comme je suis.

Jamais je ne serais parfaite. Jamais je ne ressemblerai à une photo de magazine. Jamais personne ne m’aimera assez pour m’arracher au cycle des deux ans. Parce que je ne le mérite pas.

Il y a des hommes comme ça, qui savent où trouver les derniers espaces de virginité. Ceux qu’on ignore soi-même.

[...]ce qui ne peut pas être posté sur Facebook n’existe pas, et maintenant que je n’ai plus de téléphone, je ne sais plus où déverser mes émotions. Donc j’arrête d’avoir des émotions.

Je m’attache à mon rôle : être jolie et pas dérangeante [...] Je reprendrai le pouvoir quand j’aurai donnné assez de gages de docilité.

Ce que j’aimerais : réussir à me penser en dehors de l’oeil masculin. Les hommes ont ce luxe [...] C’est possible si je renonce à l’amour : parfaitement impossible, donc.

Ce sont les hommes qui nous font femmes, ce sont eux qui le regretteront. Je suis une femme et vraiment, vous allez me le payer.

La Chanson du Vendredi #8

Lolita – Vladimir Nabokov

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Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-liii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palis pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.

Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chausette. elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.

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Lolita, livre sulfureux, scandaleux. Il failli ne jamais paraitre, et je failli ne pas le lire. Parce qu’il était classé parmi la littérature érotique sur Amazon. Parce qu’il est considéré comme une éloge du pédobearisme (admirez la pirouette pour éviter les requêtes glauques). Parce que la chanson d’Alizée. Mais il était dans la liste longue comme mon bras (ou peut être même les deux), et qu’il a été au programme du CAPES une année ou j’ai eu la lubie de vouloir le passer la rentrée d’après, du coup, je voulais me préparer. (La lubie a duré deux semaines, ensuite, je me suis rendue compte qu’il faudrait, en cas incroyable de réussite, que j’affronte une classe d’adolescents en pleine crise… J’en ai eu assez pendant la mienne, ça ira, merci.) Mais du coup, j’avais ce bouquin sur les bras. Je voulais pas m’en débarrasser avant de l’avoir lu, ben, du coup, je l’ai lu. Logique.

On a donc d’un côté, Humbert Humbert (le pauvre, pas étonnant qu’il soit tordu avec un nom pareil), qui ne s’est jamais remis d’une coucherie manquée à l’adolescence et qui, depuis, fantasme sur les jeunes filles en fleur. Du coup, je sais d’où vient la théorie de l’origine du pédobearisme évoquée également dans ce pilier de la littérature qu’est La Joconde Sanglante.

Chaque nymphette qu’il croise, il la possède, grâce à ses fantasmes, et par son seul désir, sans même les toucher. En soi, c’est inoffensif. Flippant et tordu, mais inoffensif, il ne leur parle pas, et ne les touche pas. Il les regarde juste. Comme un pervers. Certes. Mais pas toutes les jeunes filles sont des nymphettes. Seulement certaines. Avec des attributs totalement aléatoires. Je n’ai toujours pas compris ce qui faisait d’une gamine une nymphette.

Humbert a, en tout cas, une vision étrange de la place de la femme. Son épouse sensée cacher et assouvir ses pulsions secrètes ne devrait pas pouvoir prendre en main son propre destin et disposer de son bien-être. Et, d’un autre coté, lorsqu’il se renseigne au sujet d’une école pour Lolita, il est effaré par l’enseignement qui y est dispensé, qui se rapproche de celui de la ménagére soumise et docile parfaite, ou encore lorsque l’amant de sa femme parle à sa place, comme si elle n’était qu’une pupille passant d’un tuteur à un autre.

Le récit est celui du personnage principal, sorte de confession ultime devant un tribunal, celui de ses amours interdites avec une jeune fille de 12 ans, qui, comme beaucoup d’enfants de son age, jouait à séduire, sans se méfier des conséquences, et se retrouve prises dans un engrenage infernal, dont elle ne sortira qu’en usant de stratagèmes pour enfin s’enfuir.

Comme il s’agit des pensées de l’homme que nous suivons, parfois, on se surprend à le prendre en pitié. Mais très honnêtement, le plus souvent, on a simplement envie de facepalmer. C’est là le souci de ce livre, stylistiquement, il est magnifiquement écrit. Mais le contenu est nauséabond. Je suis perplexe et déchirée entre l’écriture, superbe, et le propos.

Par contre, le classement dans "l’érotique" est plus qu’éronné. Même s’il s’était s’agit ici d’une relation entre adultes consentants, ce livre n’aurait rien eu d’érotique. D’une histoire d’amour à sens unique, peut-être. D’une histoire décrivant la relation entre la victime et son bourreau, sans doute, mais aucunement d’une histoire érotique. Et au vu du sujet, je ne peux que saluer le choix d’avoir omis les scènes charnelles entre les protagonistes, qui n’auraient fait que renforcer mon malaise.

Du coup, je ne sais pas comment considérer ce livre, oui, il m’a mis mal à l’aise parfois. Mais le style est magnifique. Mais… Mais… Arg…

corbeaucorbeaucorbeau

Barbe Bleue – Amélie Nothomb

ANBB

La colocataire est la femme idéale.

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J’avais dit, dans un des premiers articles ici, qu’Amélie Nothomb et moi, c’était fini. Qu’on ne m’y reprendrais plus. J’ai tenu deux ans et demie. Parce que mon livre en cours est trop gros pour être transporté dans mon sac à main. Et que celui là, comme les autres, je savais qu’il serait vite lu. Si vite que je l’ai commencé lors de mon trajet vers le boulot ce matin, et que je l’ai terminé ce soir, 2 gares avant la mienne (et non, je n’ai pas un trajet quotidien qui dure 4 heures.) Donc voilà, il était sur ma liseuse, il était court, et je voulais finalement voir si elle avait retrouvé le verbe qui m’avait tant plu à ses débuts… La réponse est… Non. Et cette fois, je tire un grand trait sur cette auteure. Ce n’est plus possible. Ma liseuse me disait que llivre faisait 83 pages. Ecrit grand, certes, je n’avais pas mis mes lunettes. Pour avoir l’impression de toujours lire la même chose. Une héroïne avec un nom à la con, du champagne à profusion, des bourgeois oisifs et pédants, comme dans Le fait du Prince, que j’avais conspué de son temps. La seule chose qui change, c’est que l’héroïne mange avec appétit et n’est jamais décrite, contrairement à la maigreur dite séduisante des personnages précédents.

Donc, comme la quatrième de couverture est presque aussi longue que le roman, je vais développer. Saturnine (oui, il y’ a une Proserpine aussi. Et une Albumine. Et Thérébenthine. Sans déconner, je blague pas.), en a marre de squatter le clicclac qui sent la clope de sa copine à Marne-la-Vallée, sa copine qui a un boulot chiant à Euro Disney, la pécore (qui ne fait pas la différence entre des homards et des scorpions, pft). Du coup, elle cherche un appart à Paris. Ca tombe bien, un psychopathe qui a fait disparaitre ses huits colocataires précédentes en cherche une nouvelle. Qu’il les a tué est un secret de polichinelle, et personne ne bouge ses fesses, sauf les dames de la haute société qui veulent le voir, ce fameux grand d’Espagne si mystérieux. Parce que oui, le psychopathe est trop noble pour ce monde, donc il vit en ermite depuis 20 ans dans un palace, et tombe amoureux de ses colocataires, qu’il cherche pour ça, d’ailleurs. Saturnine, elle est pas stupide, du coup, elle se méfie. Elle va jusqu’à se lever en pleine nuit, le menacer avec un couteau de cuisine, sans rien lui faire, puis va se recoucher après avoir bu un grand verre de lait dans on énervement. Oui, parce que le champagne, en pleine nuit, ça doit pas aider à digérer. Le lait non plus, d’ailleurs, mais ça doit faire ça qu’à moi. Donc, Eremilio, riche grand d’Espagne qui explose de noblesse, ben, il cherche une femme, mais, une femme qui n’entrera pas dans sa chambre noire, sinon, il lui en cuira. Bon, hein, forcément, elles entrent, et couic. Sauf Saturnine, forcément. Elle se doute qu’il y cachalot sous gravillon (enfin, le cachalot n’a même pas pris la peine de tenter de se cacher sous un gravillon dans le cas présent), et préfère se livrer à de nombreuses joutes verbales avec son colocataire. Joutes très théatrales qui composent pratiquement tout le livre. Et aussi, joutes très artificielles. En même temps, on ne lit pas Nothomb parce que c’est réaliste, mais dans ce livre ci, même le charme de sa plume semble envolé. Ou bien écrasé sous le cachalot, c’est gros, ces bêtes là.

Et je vous ai parlé de la photo moche en couverture ? Non ? Ben, je ne le ferai pas, on m’a toujours dit que c’était mal de tirer sur une ambulance. (Mais quand même, on dirait le maquillage du Joker, avant qu’il ne pète un cable peut être.)

Bon, je ne vais pas tenter de pondre un article plus long que le livre, mais je vous laisse avec quelques morceaux choisis :

Je ne supporte pas l’idée qu’une tache dégradante soit exercée par une femme. Quand j’étais enfant et que je voyais une fille frotter par terre, j’avais honte. [...] J’ai toujours pensé que les hommes étaient destinés aux sales besognes. Si je  me montre si exigeant envers les femmes, c’est parce qu’il y a plus à attendre d’elles.

-Les Espagnols ne capables que d’idéaliser tragiquement les femmes. Je n’échappe pas à la règle.

-Ce n’est jamais un cadeau que de placer quelqu’un sur un piédestal.

-Au contraire. C’est lui offrir une possibilité d’excellence.

-Et à la moindre imperfection, on jette la malheureuse à terre.

L’argent est chose misérable et je ne la respecte pas. L’or est sacré.

corbeau